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Promenons-nous dans les bois, jusqu'à ce que le lutin y soit... [PNJ Enlil ]
Nabouh
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Nabouh Saifi

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Ven 15 Aoû - 9:59
Comment pourrais-je décrire ma situation de façon totalement objective ?
...
Merdique, ouais merdique semble être un bon mot! Je vais vous expliquer pourquoi.
Dès que je me suis réveillé, après ce foutu rêve trop bizarre, j'ai pas pu me rendormir. Forcément, c'est pas tous les jours que votre sommeil se trouve gâché par une sorte de supra entité divine qui vous confie une mission complètement grotesque dans le but de faire de vous son serviteur ( oui je sais, présenté comme ça, on se demande bien ce que j'y gagne hein...). De ce fait, j'ai erré le reste de la nuit dans ma chambre avec une mappemonde, que j'ai dégoté dans une salle de classe ( oui j'ai forcé l'entrée et alors ? Là, c'est une urgence ! ), et j'ai commencé à chercher les forêts les plus susceptibles de renfermer des lutins. J'ai même cherché sur Internet pour vous dire! Quiconque regarde mon historique en ce moment doit se poser de sérieuses questions sur ma santé mentale : "lutin forêt", "où trouver un squelette de lutin ? " " Lutin squelette nature "... et je vous épargne les résultats que j'ai bien pu trouver, je suis passé par les sites fantastiques, les forums chelous pour illuminés et même les boutiques vaudou. Autant vous dire que j'étais loin d'être bien parti, et que la mappemonde ne m'était pas d'un grand secours. Pourtant il fallait bien commencé quelque part! Une forêt lointaine quoi, elle doit se trouver à l'autre bout du monde... Sauf que je n'ai ni l'envie ni l'argent pour voyager à l'autre bout du monde!
En désespoir de cause donc, j'ai choisi de commencer par le plus simple... La forêt de la congrégation où j'ai rencontré Renzapatas, en espérant secrètement que lointaine signifiait loin pour Enlil et pas pour moi! C'est ainsi que commença une aventure champêtre, tel le petit chaperon rouge allant chez sa grand-mère lui apporter un lutin au lieu d'un fromage...

Eh bien vous avez tort!

Il était tôt  lorsque j'étais entré dans la forêt. Le soleil se levait à peine. Mais j'étais ultra motivé ( enfin, autant qu'on peut l'être ) et bien décidé à trouver un squelette de lutin, malgré l’aversion que j'avais à penser ces termes. J'avais prévu un super sac à dos plein de vivres, d'eau avec une tente pliable et des couvertures. J'étais paré pour un trek de la mort!
Sauf que, bien sur, tout ne se passa pas comme prévu... Et bizarrement, je soupçonne ce dieu de pacotille d'y être un peu pour quelque chose. Déjà, je ne faisais que tourner en rond, sans arrêt! Je n'arrivais pas à trouver le bon chemin puisque tout se ressemblait ici. Et le pire, c'est que enfoncé profondément comme je l'étais, je ne pouvais même pas me fier à la lumière du soleil (ce qui de toute façon ne m'aurait pas aidé). Bien sur, mon prodigieux sens de l'orientation pourrait aussi y être pour quelque chose mais je suis sûr que l'autre troufion sur son trône doit bien se marrer et tout faire pour me compliquer la tâche. Parce que ce ne fut pas le seul imprévu. Le premier jour je me perdais donc dans la forêt, seul, fatigué, à la merci des prédateurs... Je trouvais alors un coin dégagé pour planter ma tente et dormir.
SAUF que, par un hasard du destin, cette nuit-là, le vent a soufflé avec une force titanesque. Du coup, non seulement je n'ai pas dormi de la nuit mais je l'ai passé à tenté, en vain, d'empêcher ma tente de s'envoler. Vous pouvez m'imaginer bien entendu, en plein vent, tenant ma tente par un bout, les pieds enfoncés dans le sol, me laissant traîner par la force de l'air tout en jurant tout ce que je savais.

-Mais bon sang de crotte de bique! C'est pas du vent, c'est carrément un aspirateur géant là! Je suis censé m'y prendre comment mooouuuuuah ... ? ( là, il y a une variation de sonorité vers les aigus, car le vent vient de redoubler et je manque de m'envoler avec ma tente)

Résultat : le lendemain, j'étais trempé, j'avais froid, j'étais fatigué, et ma tente se balançait au sommet des branches d'arbres, trouée de partout, et surtout inaccessible.

Mais loin de me laisser déjà démoraliser, je continue ma route après un super déjeuner, prêt tout de même à en découdre. Dans ma tête, je me dis que cette forêt ne peut pas être si grande que ça et que, tôt ou tard, je finirais bien par déboucher de l'autre côté. Oui je sais... on est un peu bête quand on ne connait pas la nature. A la fin de la deuxième, je me disais qu'au final, peut-être que tout ne se déroulait pas si mal. Après tout, personne n'a jamais trouvé de squelette de lutin facilement pas vrai ? ( Si tant est qu'on en est déjà trouvé...).
SAUF que, seconde crotte dans ma vie, lorsque je décide de chercher un lieu où dormir, à l'abri sous les arbres ( puisque ma tente est HS ), je me casse la figure dans une sorte de ravin, que je n'avais pas vu dans mon épuisement, pour atterrir en plein milieu d'une rivière. D'abord paniqué, je gigote dans tous les sens en croyant me noyer... avant de me rendre compte que l'on a pied. Soulagé, je rejoins la rive, prêt à soupirer de contentement lorsque je me rends compte que je suis bien léger tout à coup. Je me retourne et, avec les yeux les plus désespérés au monde, comme dans un mauvais film d'aventure, je vois mon sac à dos avec toutes mes provisions partir le long de la rivière, hors de portée. Bien sur, j'aurais pu courir, sauf que de loin, j'aperçois toutes mes vivres se répandre dans l'eau et couler avec lenteur, comme pour m'appeler à l'aide.

-Ma... Ma... Ma nourriture...

Bref, à la fin de cette seconde journée, j'ai froid, j'ai faim, je suis trempé, surement malade, sans abri, fatigué... Et perdu dans la forêt.

Désespéré, je m'adosse à un arbre, pestant de toutes mes forces contre ce dieu de crotte, me promettant que si je reviens vivant de ce périple, j'emploierais mon temps libre à le faire suer comme il m'en a fait suer. Puis calmé, je commence à m'interroger un peu sur ma situation, je n'ai plus rien pour tenir dans la forêt et je n'ai pas encore trouver ce que je cherchais... Ma situation semble légèrement désespérée.
Avec angoisse, et colère, éternuant aussi par moment, la goutte au nez, je finis par m'endormir contre un arbre rêvant de toutes mes forces de trouver ce foutu squelette le lendemain.
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Mar 19 Aoû - 15:55




Enlil & Nabouh


Le ciel infini entourait le dieu de toute part. Tantôt sombre aux lueurs argentées, tantôt d'un bleu éclatant enrichi de touches immaculées, il était sa demeure. Éternellement.
Le regard perdu dans le lointain, le dieu trônait sur l'immémorial siège du pouvoir, le même qu'avaient jadis contemplé les premiers hommes. Son visage pâle, sans expression aucune, cachait néanmoins les méandres d'une réflexion profonde qu'il ne daignait jamais interrompre. Le dieu l'avait commencée il y a bien longtemps déjà, et rien, pas même les visites de ses frères et sœurs, n'avaient réussi à l'en distraire ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Depuis son trône, il répondait aux sollicitations par des phrases sibyllines mûrement réfléchies mais n'entamant pas même le souffle continu de ses pensées. Cela l'amusait. En en disant bien peu il parvenait à faire se mouvoir beaucoup de choses.
Ainsi d'un mot il avait envoyé l'enfant dans une quête impossible qui ne cesserait qu'avec son bon vouloir. Ce n'était pas une quête d'espace, mais de temps. L'enfant devrait faire ses preuves avant d'accéder à l'objet de son désir. Enlil entrouvrit les lèvres pour laisser échapper un souffle, un soupir dédié à celui qu'il avait choisi.

L'enfant s'était longuement préparé à partir pour sa quête. Le dieu l'avait observé depuis le ciel, attentif aux moyens qu'il emploierait. Peut-être fut-il amusé de constater qu'il avait le même réflexe que des milliers d'autres en se rendant sur la banque de savoir humain. Peut-être pas. Mais il est certain que ses yeux absorbés avaient suivi sa progression au travers de la ville, qu'ils avaient attentivement noté le moindre fait du garçon. Nabouh. En y repensant le dieu eut l'ombre d'un sourire. L'humain était plein de bon sens, et il n'était pas parti bien loin, il n'avait pas non plus laissé l'ampleur de sa tache lui faire croire qu'il devrait se rendre aux antipodes pour trouver l'objet.

Depuis l'immensité bleutée de son royaume, Enlil posait son regard sur l'enfant. Il n'avait rien fait lorsqu'il s'était perdu, lorsqu'il n'avait pas pu se restaurer, ni lorsqu'il avait perdu la totalité de ses vivres. Nul besoin d'aider le garçon pour tout ceci, sa maladresse y était amplement suffisante. Peut-être avait-il seulement ajouté un peu de vent cette nuit-là, quand son toit tendait à rejoindre le ciel. L'amusement lui était incommensurablement précieux, évidemment bien plus que le sommeil d'un enfant.

Celui qu'il mettait à l'épreuve paraissait d'ailleurs traverser des difficultés significatives. Le dieu se laissa doucement tenter par l'idée de l'aiguiller sur le bon chemin; après tout cela faisait maintenant plus de deux jours qu'il tournait en rond...
Notant intérieurement les insultes à son égard proférées par Nabouh et dont il devrait -peut-être- lui rendre compte, il donna naissance à un gâteau, rond et clair, embaumant l'air de ses senteurs vanillées, qu'il déposa à côté de l'endormi.
Puis il s'assit négligemment au sommet du ciel, attendant que le garçon s'éveille pour voir sa création disparaître entre ses mains qu'il devinait rageuses et désespérées.
Cela resterait malgré tout un signe pour l'enfant qu'il n'était pas seul... et surtout une incitation à agir de lui-même. A réveiller son pouvoir. Car pour ce faire la colère était remarquablement efficace.

Les jambes jetées par-dessus de l'accoudoir sans aucune distinction, le dieu se plut à créer sur son visage de marbre un léger sourire. Cette quête insensée commençait à présenter quelque intérêt.
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Nabouh
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Nabouh Saifi

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Sam 23 Aoû - 14:25
J'ai mal dormi... Mais vraiment mal! Le sol est franchement inconfortable, les racines toutes durs, j'ai de la mousse dans des endroits privés et je suis presque sûr que des bestioles ont élus domicile dans mes habits. Je grommelle, les yeux toujours fermés, me recroquevillant encore davantage. Il fait froid le matin dans une forêt. Cette nuit avait été glaciale pour moi, malgré la protection que l'arbre m'accordait. J'avais passé la moitié du temps à grelotter avec de tomber littéralement de fatigue, et de m'endormir d'un sommeil agité. J'en avais marre, je voulais rentrer chez moi, dans mon pays si chaud... C'est sur cette pensée réconfortante que je m'étais endormi.
Un bon éternuement me tira définitivement du sommeil. Je commence par ouvrir un oeil, puis l'autre, encore dans le brouillard. J'essuie d'un revers distrait mon nez qui coule, contrarié tout de même d'être tombé malade en plein été. Parce que chez moi, ce n'est pas envisageable comme chose! Mon ventre grogne. Je me masse distraitement l'estomac, étouffant un soupir de désespoir. Je n'ai rien à manger, je suis encore fatigué, et courbaturé maintenant par-dessus le marché, et je sens que je vais bientôt me perdre définitivement dans ces bois. Ce ne sera pas un squelette de Lutin, mais le mien que l'on trouvera et ramènera dans le temple de l'autre Bourreau divin. On gravera sur mes os "mort pour son dieu".

Alors que je commence à délirer à cause de la faim, une odeur attire mon attention, malgré mon nez bouché. Je jette un coup d'oeil de tout côté sans rien noter de spécial, puis baisse enfin le regard près de l'arbre où j'ai dormi. Mes yeux s'écarquillent de stupéfaction. Je me les frotte vigoureusement pour être sûr que je suis bien réveillé mais l'apparition reste là. Un énorme gâteau à la vanille, jeune clair, se tient entre les racines du végétal. Je m'en approche avec lenteur, de peur qu'il disparaisse. L'odeur se fait plus forte maintenant, et les bruits de mon estomac aussi. Je me lèche les babilles, les yeux à moitié fous et me jette directement sur ce cadeau divin. Ben oui... je me doute qu'il est pas apparu tout seul. Et je ne connais qu'un Dieu qui m'ait envoyé dans cet endroit lugubre.

-Merci Enlil! criais-je en me jetant sur le gâteau.

Encore une fois, je parle trop vite. Au moment même où mes doigts se posent sur la crème vanille, que je devine onctueuse à l'extrême, le gâteau s'évanouit comme un nuage de fumée, emportant tous mes espoirs d'être rassasier avec lui. Un peu bêta, je reste fixé sur l'endroit occupé par le gâteau auparavant, les yeux dans le vague, la mine horrifiée. Mes traits s'affaissent progressivement jusqu'à qu'une terrible expression de colère apparaissent sur mon visage. Les poings serrés, je balance un grand coup de pied dans les racines de l'arbre ( me faisant mal au passage ) avant de brandir mes poings vers le ciel, où je soupçonne mon Dieu de se cacher.

-Finalement je retire ce que j'ai dit! Vous êtes horrible, cruel, mauvais et ... je trouve pas d'autres mots mais mes pensées en regorgent croyez-moi!

Oui je suis en train de crier seul, comme un fou, dans la forêt après le ciel. Mais s'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que ce soi-disant dieu de pacotille m'entend! Puisqu'il m'observe, autant lui faire entendre quelque truc plaisant.
En rage, je remets mon manteau correctement sur mes épaules et entame une marche de forcené, martelant le sol de mes pas, tout en vociférant sur les interventions divines, vociférations qui m'auraient fait condamner à la mort sur le bûcher dans mon pays d'origine. Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, comme les jours précédents, il fallait que j'enchaîne les bourdes aujourd'hui. En colère, je shoot dans tout ce que mon pied frôle de près ou de loin. Un caillou se trouvant sur mon chemin est expédié avec force, plus fort que je ne l'aurais cru, tout droit dans... un nid de frelons.
Le visage décomposé, je contemple un nuage noir de ces sales bêtes à la piqûre douloureuse tourner dans tous les sens avant de se diriger magiquement vers... moi! J'esquisse un sourire nerveux, comme dans les films, avant de prendre mes jambes à mon cou. Je crois que je n'ai jamais couru aussi vite de ma vie, j'avale les distances comme un jaguar, terrifié à l'idée de mourir à cause d'un groupe d'insecte faisant autant de bruit qu'un moteur. Malgré tout, ces sales bêtes, ça vole vite! Je ne sens pas les premières piqûres, emporté par l'adrénaline. Je retrouve la fameuse rivière où j'ai perdu mon sac, et plonge sans hésitation à l'intérieur. J'avais vu ça dans un film et vous savez quoi ? Ben ça marche. Une fois que quelques-unes, les plus débiles surement, se sont noyées, tout le groupe stagne au-dessus avant de finalement se lasser et de repartir. Moi qui m'était toujours demandé si ça marchait vraiment : j'ai testé, j'ai approuvé!

J'émerge enfin des eaux et ressens alors pour la première de nombreuses douleurs sur mon visage et sur les mains. Je sens quelques piqûres, douloureuses au possible, et grimace. Je marche sans m'en rendre compte, plutôt concentré à tâter mes blessures pour voir si ça ne gonfle pas trop. J'ai lu quelque part que frotter avec des feuilles pouvait atténuer la douleur et le gonflement mais vu ma chance, je suis sûr de tomber sur une plante vénéneuse. Je me contente donc je frotter doucement mes joues et le dos de mes mains, laissant échapper de petit grognement de douleur à chaque fois. Cette fois, c'était trop! Je n'en peux plus! Je veux rentrer chez moi, je en veux plus faire cette stupide quête de crotte qui , si ça se trouve, est impossible à accomplir. A tous les coups il m'a dit ça pour se payer ma tête, pour faire une bonne blague à ses collègues divins et rigoler un bon coup, et moi je tombe dans le panneau comme un crétin! Quelle connerie je vous jure, de croire qu'un Dieu s'adresse à vous! J'aurais dû faire demi-tour dès l'instant où Renzo m'a parlé de ça!

A bout de force et de patience, je m'arrête brutalement et pousse un énorme cri qui résonne dans toutes la forêt, évacuant tout ma frustration à travers ce petit moment de relâchement. Une fois mes cordes vocales bien entamées, je baisse la tête, désespéré et me laisse tomber sur mes rotules, prêt à fondre en larmes. Oui je sais, c'est pas viril DU TOUT mais j'en ai rien à foutre! Je suis fatigué, j'ai faim, j'ai froid, je suis malade, je suis perdu, j'ai mal partout... Même à Koh-lanta ils ont un médecin pour s'occuper d'eux, et de la nourriture! Moi j'ai rien de tout ça!
Je relève alors les yeux, attiré par une force un peu étrange. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais je sens comme une distorsion, comme si quelque chose qui n'était pas là à la base, basculer dans la réalité! Atterré, je fixe un truc bizarre devant moi, que je n'avais pas remarqué avant. Sur un rocher plutôt large, aussi grand que moi qui suis à genoux, se tenait des ossements, tout petits, mais ressemblant à s'y méprend à ceux d'un être humain, à quelque exception près. Tout excité, et surtout surpris, je me relève brutalement, contemplant la scène devant moi comme si j'assistais à un miracle.

-Donnez un coup de tonnerre si j'hallucine, deux coups si c'est vraiment ce que je pense...

J'avance de deux pas, et me stoppe aussitôt. Je suis sûr que c'est qu'une illusion. Comme le gâteau... Tout ça va disparaître quand je poserai ma main dessus...
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Mar 26 Aoû - 21:30
Un persistant mais léger sourire sur les lèvres, le dieu avait regardé l'enfant. Sans doute n'était-il pas très dégourdi. Sans doute n'était-il pas si fort, et sans doute il serait bientôt arrivé au bout de sa combativité. A tout cela il fallait encore ajouter sa naïveté, d'avoir cru être aidé d'un Dieu.
Enlil posa ses yeux rouge absolu sur la tignasse ébouriffée de l'enfant. Malgré les injures répétées produites à son encontre, il l'avait aidé, quoi que certainement pas comme il l'espérait. Peut-être était-ce surprenant de la part de celui qui avait le pouvoir de donner naissance à toute matière, de n'apporter aucun soutien tangible à un enfant d'homme en détresse. Mais il avait toujours été impossible de prévoir les faits et gestes du dieu. Il y veillait soigneusement, chaque seconde de sa longue existence.
Ainsi l'avait-il seulement aiguillé sur la voie qui le mènerait au pouvoir. Enlil aurait depuis longtemps pu abandonner le garçon à lui-même, mais une seule petite chose l'en empêchait. Ce fil ténu qui le retenait était immensément fragile; il ne tenait qu'à l'amusement passager d'une entité plus vieille que le monde.

L'objet de ce sourire, dérisoire marionette tournant en rond au creux de sa main, tenait jusqu'à présent son rôle tacite et venait de démontrer l'une des seules utilités de ce que les hommes appellent "culture": elle avait au moins enseigné à cet enfant quel réflexe avoir face à un essaim d'insectes.
Avachi sur son fauteuil aussi rigide que son pouvoir, le dieu, la tête posée sur une main, arborait à présent l'ombre d'un sourire gauchi. Son regard brûlant, enfoui sous une chevelure immaculée, donna naissance à l'objet de l'insensé périple du garçon. Un squelette de lutin. Créé expressément pour l'occasion, quoiqu'il n'aie jamais porté de chair.

L'enfant demanda un signe. Il fut entendu, mais aucune réponse ne fut donnée. Les Dieux ne répondaient pas aux ordres de leurs serviteurs.
Mais l'enfant n'était pas encore prêt. Enlil le laissa pourtant s'emparer du trophée, peut-être songea-t-il à la cupidité  humaine, peut-être était-il fier, ou rien de tout cela, son visage redevenu marbre insondable n'en laissait rien savoir.
Seules, peut-être, la subite naissance d'un chien sauvage non loin de là, l'arrivée d'un vent violent traînant avec lui sa suite de nuages parés d'épais voiles liquides, et l'idée confuse que quand l'enfant retrouverait enfin le calme son sac serait vide, pouvaient témoigner -si peu- de la suite indestructible des songes d'Enlil.
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Nabouh
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Nabouh Saifi

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Mar 2 Sep - 13:00
Je reste figé, contemplant l'objet de ma quête ( oui un peu comme les chevaliers! ) avec un regard proche du ravissement. Enfin, enfin... Après tous les écarts de la nature à mon encontre, après avoir manqué de mourir de froid, de faim, d’assèchement, de douleur et de fatigue, je touche enfin au but. Et puis, à le voir, c'est comme s'il m'appelait, comme s'il attendait mon arrivée depuis l'instant où j'ai pénétré dans cette forêt. Le squelette semble luire d'une lumière maligne, intrigante, qui accroche mon regard. Posée sur ce rocher, j'ai vraiment l'impression de me trouver dans un roman arthurien, sauf que c'est moi qui vient de découvrir excalibur. A l'exception près que mon butin est plus répugnant et mille fois plus convoité! ( Vous imaginez même pas combien je suis soulagé de le voir enfin...)
Je m'approche lentement de la pierre, encore sous le choc et observe les os de plus près. La première chose à laquelle je pense, c'est que ce Dieu de pacotille a fait un remarquable boulot de dépeçage ( oui je sais c'est gore! ). Les os sont aussi blanc que les fesses d'un Anglais qui n'a pas vu le soleil depuis sa naissance. Je remarque aussi la petite taille du squelette entier. Pour un peu, on pourrait le confondre avec celui d'un nain de jardin ( s'ils en avaient un, of course! ). Avec un air de convoitise proche de la folie furieuse, je m'apprête à m'emparer de ce joyau lorsqu'un hurlement résonne dans le bois. Inquiet, je tourne la tête dans tous les sens, guettant un nouveau signe de présence autre que la mienne. Ce signe ne tarde pas à se montrer. A quelques mètres seulement, j'aperçois une sorte de chien sauvage, au vu de son corps, qui me regarde avec des yeux... enflammés je dirai.

J'esquisse un bref sourire, pensant quelque part dans ma tête que je dois encore rêver. Mais la course du chien, qui a visiblement l'intention de me sauter dessus, paraît tout à coup bien réelle à mes yeux. Je louche sur ses dents et ses babines écumantes, lâche un petit jappement ( oui oui, je peux être très viril quand je veux) et me mets à courir comme si ma vie était en jeu ( ce qui est probablement le cas!). Toutefois, avant de partir, je ne peux retenir le geste de m'emparer du trésor. Après tout ce que j'ai suer pour en arriver là, il est hors de question que je reparte sans. Mon bras fouette l'air et s'empare du squelette. Un grand sourire s'épanouit sur mes lèvres, se transformant bien vite ne grimace horrifiée. Sous mes yeux, le squelette disparaît d'un nuage de fumée, laissant ma main aussi vide que lorsque je suis arrivé. Je manque de trébucher au même moment mais je me rattrape de suite, conscient que je ne suis pas seul. Sans me soucier d'où je vais, ni de comment, ni des obstacles sur ma route, je commence à sprinter aussi vite que me le permettent mes jambes fatigués, priant pour qu'elles ne me lâchent pas au mauvais moment. Avisant un arbre proche de la pierre, mon plan en fait qu'un tour dans ma tête, et je fonce direct escalader le tronc. Pile au moment où j'atteins la première branche ( sans oublier un magnifique dérapage dû à cette foutue écorce instable), j'entends des mâchoires claquer en-dessous de moi, à quelques centimètres seulement de mon pied. Je m'installe de tout mon long, ne laissant rien pendre vers le bas, de peur que ce clébard ne le prenne pour son prochain os à ronger. M'attendant à le voir disparaître comme mon magnifique gâteau de tout à l'heure, je suis surpris de constater qu'il semble ne vouloir aller nul part. Je fronce alors les sourcils et commence à crier tout seul après mon bourreau de Dieu.

-Vous êtes un vrai MALADE! Vous voulez ma peau ou quoi !? Si je meurs il n'y aura plus personne pour vous serviiiiiiiiiiiir...

Avant d'achever ma phrase, dans ma colère, je bascule sur la côté, et me retrouve en mode paresseux sur je branche. Je cherche à retrouver ma position initiale avec l'énergie du désespoir lorsqu'une fabuleuse pression s'abat sur mon dos et me tire en arrière. Elle se relâche presque aussitôt et je retrouve ma position allongée sur la branche, sentant un vent très désagréable me souffler dans le dos. Je jette au chien un regard noir, notant dans sa bouche la présence d'une bonne partie de mon T-shirt. Je saisis ce qu'il reste de ce dernier sur mon dos à deux mains, et constate que le peu de tissus encore intact ne sert, pour ainsi dire, à rien! Avec rage, je retire le tout, frissonnant au contact de l'air sur mon torse nu. Je frictionne mes bras avec force pour trouver un peu de chaleur, quand un truc froid qui me tombe sur le dos me fait trembler. Je pensais que ce devait être un insecte ou je ne sais quoi mais je sens des dizaines d'autres comme ça qui me tombe dessus. Avec effarement, je constate que le ciel est couvert et que la pluie est en train de tomber dans la forêt.
Ahuri, je regarde le filet d'eau épais chuter, transi de froid sur ma branche alors que je cherche à m'abriter au mieux. Je contemple le spectacle à la bambi, n'en revenant pas de la suite de malheurs qui s'enchaînent et à quel point ce foutu Dieu doit être un sadique, manipulateur complètement dérangé. Dire que je l'avais classe au premier regard!
Un grognement me rappelle le chien qui attend toujours sous ma branche. Il plante ses griffes dans l'arbre, comme pour monter lui aussi. Avec un grognement de rage, je saisis de minuscules branches parmi le feuillage et lui balance dessus avec force, espérant lui défoncer le crâne.

-Allez! Du vent! Du balai! A la niche!

Pour le coup, pour une personne de l'extérieur, je dois ressemble à un fou furieux. Mais dans un sens, c'est un peu l'impression que je me donne aussi. Toutes ces épreuves, associés à la fatigue, à la fin, à la lassitude m'ont fait perdre les pédales. Sans compter le fait de trouver l'objet tant recherché, pour qu'il s'évanouisse sous vos doigts au moment où vous penser enfin en avoir finis!
Oubliant le chien ( aussi parce que je n'ai plus de projectiles...), je m'affale contre le tronc et rumine ma colère, ma rage, mon dégoût. Pourquoi ça m'arrive à moi hein? J'ai rien demander, je vivais tranquille dans mon pays, j'aimais ma vie, j'avais des amis alors qu'ici je ne connais personne, ce pays froid ne me plait pas et je ne veux pas y recommencer ma vie sous prétexte d'une prétendue divinité disparu depuis 6OOO ans qui veut que je sois à son service!

-J'en ai marre, marre, MARRE!! Je veux pas rester ici!! Je me moque de cette foutue mission, de ce fichu cabot rongé par les parasites ou même de vous - dis-je en levant les yeux au ciel- qui semblait bien vous amuser depuis votre trône! J'abandonne cette mission spéciale nécrophilie, râlais-je avec force.

Tandis que je râles, je sens un phénomène étrange se produire. Toute ma frustration et ma colère semble ouvrir quelque chose en moi, comme une porte qui attendait depuis longtemps qu'on l'ouvre qui ne demandait que ça. A ce moment-là, j'ai l'impression qu'un rugissement de tonnerre fait rage en moi, un formidable déferlement de puissance me submerge, me donnant l'impression de tourner à grande vitesse sur moi-même. Associés à mes cris, je sens peu à peu ma colère partir et je fixe mes mains, ébahi. Alors qu'auparavant je serrais les poings de fureur, je contemple avec un ahurissement proche de l'idiotie le squelette dans mes mains, ressemblant à s'y méprendre à ce lui de la pierre. Il est plus terne cependant, moins délicat et on dirait que les os sont rongés par une chose invisible mais le résultat est là, c'est bien le squelette que j'ai vu tout à l'heure.
Abandonnant toute colère, je saute de joie sur ma branche, manquant de faire une chute assez grave au passage, lâchant de petites exclamations de joie, une fois la surprise passée.

-Génial, moi aussi je suis un Dieu!

Puis, me rendant compte de ce que je venais de dire, je me mis à réfléchir. Qu'est-ce qui a bien pu se passer ? C'est alors qu'une conversation avec Renzo me revint, d'abord brumeuse puis parfaitement claire : Les serviteurs des Dieux reçoivent des pouvoirs en échange, un pouvoir du moins... Perplexe, mon regard descend vers le squelette dans mes mains. Genre, moi mon pouvoir, c'est de créer des squelettes par la pensée? Je vais pouvoir le rejoindre dans la team Halloween avec ça. Blasé, je pousse un long soupir avant de remarquer autre chose. Il n'y a plus de bruit autour de moi. Juste un total silence. Je baisse les yeux et constate que le chien a disparu, puis entraperçoit des rayons de soleil, chassant les nuages de pluie au loin. Je descends prudemment ( une fois n'est pas coutume) de mon arbre et contemple le spectacle. Plus de rocher ni rien... Tout a disparu, comme si je m'étais imaginé tout ça! Je fais quelques pas dans la clairière, prenant les rayons du soleil sur peau nu, savourant la chaleur qui se répand alors de nouveau dans mon corps... C'est fini, enfin fini. Plus de poursuite, de faim ou quoique ce soit. Mon estomac gargouille, je l'ignore. Ma mission... est achevée. Je serre les os pourris dans mes mains. J'ai réussi! C'est gagné, comme dirait Dora!

Après deux ou trois petit bonds de joie, je me dirige vers la prochaine en courant, ravi de pouvoir enfin en finir avec ça : le temple d'Enlil!

Hrp: C'est pas super j'ne suis désolé... J'espère que ça te va, sinon je change!

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Ven 5 Sep - 17:21
[HRP: c'est tout à fait satisfaisant, je suis mort de rire ! ]

Le garçon était passé par tous les stades d'agacement et de désespoir avant de se retrouver sur cet arbre fragile, guetté au sol par un hybride autant chien que loup. Il avait crié, injurié son Dieu, avait même dit vouloir abandonner sa mission. Sur ce dernier point le dieu avait éveillé son attention, et rapidement sondé l'esprit exténué de l'enfant. Une seule trahison et tout le fragile édifice qu'il s'efforçait de bâtir depuis des dizaines de siècles s'écroulerait. Bien entendu, jamais quelqu'un de prévoyant comme lui ne confierait ne serait-ce qu'un millième de ses plans à la même personne. Même dans le cas de sa mort imminente.; cela pourrait toujours parvenir aux oreilles curieuses du bouffon des enfers. Enlil n'en préférait pas moins les servants à la loyauté sans faille; par précaution.
Mais ce qu'il avait vu n'était rien d'autre qu'un abattement passager, des paroles trop légères et proférées sous le coup du désespoir. Plus tard, lorsqu'il saurait que l'immense puissance du dieu était derrière lui, il ne faiblirait plus. Pour cette raison, il avait daigné ciller un instant et remettre le corps de l'enfant d'aplomb sur sa branche.
Tout en essuyant stoïquement une nouvelle série d'injures, le dieu, soudain plus attentif aux évènements terrestres, se pencha en avant afin de mieux appréhender ce moment fascinant. Celui qu'il avait contribué à créer depuis le début : le déferlement divin des pouvoirs en l'être humain. Ce moment intense signait chaque fois le début de la vie de l'humain en tant que Missionnaire; si parfois certains en étaient morts, ce ne serait pas le cas de ce garçon, cet étonnant garçon qui avait inconsciemment créé une pâle copie du véritable objet.
Un sourire aussi léger qu'un voile de brume flotta un court instant sur le visage immortel du dieu. Tout était parfait, comme prévu, et à l'avenir tout le serait encore. Il y veillerait.
Enlil effaça d'un battement de cils chien et pluie, et attendit, satisfait, l'arrivée du jeune garçon à son temple. Si sa maladresse ne le tuait pas d'ici-là, demain il serait Missionnaire. Et pour longtemps.
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