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 :: La Congrégation :: Temple d'Enlil
Un cadavre en main dans la maison de Dieu
Nabouh
Messages : 207
Localisation : Franchement... loin!
Loisirs : Embêter tout le monde et rire bien fort.
Humeur : Taquine
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Nabouh Saifi

Personnage...
Pouvoir: Inventeur
Dieu: Enlil
Age: 17 ans
Sam 6 Sep - 18:00
Après une longue marche, une perdition plus qu'assurée et fortement longue, une marche franchement pénible aussi parce que, mine de rien, je suis toujours affamé, épuisé, assoiffé et tout le tintouin. Sans compter que j'ai une bonnes dizaines de piqûres d'insectes qui doivent déformer mon si joli corps... Bref, autant dire que le retour ne fut pas de tout repos. Je ne précise même pas que je me suis perdu plus d'une fois en cherchant à sortir de cette maudite forêt, puisque c'est désormais évident et que vous me connaissez bien.
J'en arrive donc au moment où j'aperçois au loin, le temple de ce fichu dieu de crotte à qui je dois rapporter mon butin. Sur le chemin, j'espère de toutes mes forces ne croiser personne, au risque de passer pour un sérieux attarder mental trimbalant les restes de la cage thoracique de sa grand-mère... Les gens sont fous. La route est cependant plutôt calme. Je résiste même à l'envie d'aller embêter la Déesse des hortensias en faisant un large détour parce que... Ben même si je suis tout content à l'idée d'avoir réussi cette mission ( on peut dire que je me sens littéralement pousser des ailes), je préfères tout de même en finir le plus vite possible. Je veux me débarrasser de ces os dégueux qui pourrissent la peau de mon torse, toujours nu au passage et transi de froid. C'est un peu pour ça que je courre dans tous les sens : à la fois de joie, et aussi pour me réchauffer.

Le temple se trouve en hauteur de ce que j'ai compris. Je commence donc une petite grimpette fortement désagréable, qui ajoute à ma mauvaise humeur. Plus je monte plus la chaleur est forte, et surtout, je sens de formidable coup de soleil qui s'abatte avec force dans mon dos et ma nuque. Mais faut pas croire que j'ai vraiment chaud hein! Non, ce sont ces cas infâmes où, alors qu'il fait super froid, vous êtes proche du soleil suffisamment pour avoir chaud ET froid. C'est désarmant et franchement horrible comme situation. Bref, je déteste encore plus ce Dieu pourri.
Pourtant, au fur et à mesure de la montée, je ne peux m'empêcher de me sentir de plus en plus calme, presque serein même. Un peu comme dans mon rêve... Lorsque je me suis retrouvé dans la demeure des Dieux, une incroyable sensation de plénitude m'a envahi. Ici, si la montée me donne tout d'abord de l’urticaire, je sens que plus je me rapproche des hauteurs, plus la beauté du lieu et la magie qui l'imprègne m'apaise ( Ce qui m'énerve, parce que j'aime bien être énervé!)

Je finis enfin par déboucher devant le fameux temple. Il en impose mais beaucoup moi que cette maison de verre à laquelle j'ai eu droit tout d'abord. Je me sens presque déçu, spoilé... Pourtant la demeure est sympathique. Mais lorsque j'entre dans ce temple ouvert, je comprends que la majesté des lieux est là où on ne l'attend spas. Un doux vent, malgré les hauteurs, fouette mon visage, transportant un millier de feuilles avec lui. Je fais alors volte-face et contemple l'étendue du paysage sous mes yeux. Je me croirais presque dans un observatoire, loin au-dessus du monde, d'où je peux voir ne serait-ce que la plus petite action de chacun. Pour la première fois depuis que je suis à son "service", je me prends à apprécier le moment ( sauf pour la maison, mais ça ne compte pas, je ne savais pas qui c'était! )
Je reviens enfin à moi et, toujours décidé à en finir une bonne fois pour toutes, je m'approche de l'autel au centre du temple et dépose mon cadeau dessus.

-Voilà! Livraison spéciale!

En rajoutant un peu, je me place sur un genou et m'abaisse lentement au moment de déposer le "colis" nécrophile sur la pierre.
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PNJ
Lun 22 Sep - 20:05
Tandis que l'enfant gravissait avec peine le promontoire supportant le temple, le dieu se préparait à son apparition. Il descendrait majestueusement du ciel, aurait une petite phrase administrative et formelle, un sourire pour la forme -du moins un demi sourire- et il remonterait aussi vite qu'il était venu. Rester juste assez pour impressionner le fidèle, sans se familiariser. La clé d'un respect sans bornes et voué à perdurer longuement.

Sur Terre, le garçon pestait toujours intérieurement, des plus virulents qualificatifs aux plus enfantines promesses de vengeance. Un bon garçon au fond. Et si amusant -il fallait bien avouer qu'avec son teint hâlé et ses vêtements usés, serrant contre sa poitrine nue un ridicule ersatz de squelette nanifié, il offrait à rire. Et son air emporté n'ajoutait que de l'expression à cette magistrale oeuvre qu'était un humain sous l'emprise de ses (violentes) pensées.- Enlil en conçut même une envie de sourire. Mais il ne fallait pas l'utiliser tout de suite, non, plutôt le garder pour plus tard; après tout c'était ce que le petit homme avait gagné par ses pénibles péripéties. Un rire, un sourire. Et peut-être une ombre d'affection, scellée sous ce visage de marbre fixé vers le sol.

Cette petite chose, cet homme en bas, il le sentait s'imprégner de son aura, qui rayonnait bien loin autour de l'enceinte à proprement parler du lieu de dévotion. Le pouvoir avait ses avantages, comme celui de pacifier cet esprit enflammé de si loin.

Ca y était, l'enfant était entré. Il posa son oeuvre sur une pierre. Théâtralement, décidément ce petit savait y faire. Mais les chevilles du dieu étaient blindées d'une armure à l'épreuve de toute flatterie. Il n'aurait rien de plus que ce qu'il méritait. Rien de moins non plus.

Le moment était venu. Là-haut, très haut dans le ciel, le dieu souleva son grand corps du trône de pierre abritant ses jours. Ses épaules se redressèrent dans une profonde inspiration, il leva ses yeux rouge profond. Et il tomba, ou descendit plutôt, tout de puissance cachée et de marbre blanc, parfait.
Il avait attendu juste ce qu'il fallait à l'enfant pour commencer à douter de son existence. Puis, aparaissant doucement il avait descendu les quelques mètre restants jusqu'au sol. Jusqu'à l'enfant. Et il avait baissé ses yeux sur lui.

Il conserva son air impénétrable en faisant venir le "squelette" jusqu'à ses mains; puis il l'examina. Qui saurait dire ce à quoi il pensait lorsqu'il braqua ses yeux de ang au plus profond de ceux du garçon ? Ce moment dura. Longtemps.
Et comme dans un rêve le dieu entrouvrit ses lèvres.

-Il manque une griffe. Là.


Il désigna du bout d'un doigt accusateur un "pied" lutinesque, avant d'envoyer d'un clignement d'oeil le squelette dans le néant.


-Nabouh. Tu es mon missionnaire désormais. Mes intérêts seront les tiens.


Il laissa planer un moment avant d'ajouter d'un filet de voix:

-Je garderai un oeil sur toi.


Le dieu, satisfait enfin, lui dédia le sourire qu'il conservait si précieusement. Il fleurit lentement sur ses lèvres, atteignit son apogée rayonnante puis disparut avec le dieu. Enlil était parti.
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