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C'est quoi ce petit bouton en plastique, là ?
Nanna
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Nanna

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Sam 13 Sep - 15:57
Aujourd'hui était un mardi. Étrange comme nom, il venait je crois de l'une des apparences qu'Inanna avait jadis adoptées. Étrange également cette manie des humains de compter les jours -par tranches de sept- et de leur donner à chacun un nom, de sorte que plusieurs se retrouvaient avec le même, d'une semaine sur l'autre. Pour ma part je n'avais jamais compris ce besoin apparemment viscéral qu'ils avaient de tout compter -quel intérêt pour un mortel de voir sa mort avancer ? Ne pouvaient-ils se contenter d'observer sur eux le passage du temps ? Mais non, il leur avait fallu quantifier, maîtriser, nommer, comme toute chose ici bas. C'était peut-être cependant une consolation, certes bien maigre, de les voir conscients de mon travail. Si ils pouvaient établir des cycles, prévoir à l'avance le nom et la durée des jours, c'était bien parce que le temps s'écoulait régulièrement. Et ça, c'était mon travail. Veiller, de jour comme de nuit, sur un fil infini tendu dans le vide, le redresser, le dénouer et le lisser sans fin pour que rien ne perturbe son cours; pourtant il serait facile de le briser, de le renouer un peu plus loin, de créer des boucles et des doubles épaisseurs, des paradoxes temporels et des incursions plus loin que le présent. Le présent d'ailleurs, je le veillais autant que le fil. Cette petite perle de pierre sombre qui glissait lentement sur son rail, vulnérable à la moindre perturbation. Il fallait être patient, et rigoureux; malgré tout cette tâche me convenait à merveille. Oh bien sûr il m'arrivait parfois d'être accablé par le poids de mes responsabilités. Nous étions bien peu, nous Dieux, sept misérables entités perdues en vaines querelles, pour gérer un monde. J'avais beau savoir que des gens comme Enki accomplissaient sans broncher un travail titanesque, ma tâche de gardien du temps me paraissait insurmontable. Infinie. Quand à ça j'ajoutais celle d'accompagner la Lune toute la nuit en contemplant les sombres secrets que les Hommes me confiaient, et celle d'être le lien entre les enfers si redoutés et méprisés et le monde souriant que l'on représentait sous le Soleil, sans y écrire la Lune, confidente désirée mais compagne de la nuit si effrayante, il m'arrivait de sombrer dans des océans de mélancolie. Je ne m'y noyais pas, j'y trempais juste assez de mon corps pour goûter au sombre abandon du désespoir, avant de revenir sur la berge, nu et plus dépouillé que jamais.

J'inspirai brusquement, secouant mon corps allongé sur un tapis de poussière. Mes yeux s'ouvrirent pour se perdre dans un ciel sans limite et aussi noir que le Néant primordial. Mon royaume.
Ressaisis-toi.
Aujourd'hui était un mardi; c'était aussi un jour de plus, sans nom pour moi, et le jour des Créannes. Ah, ça peut paraître bizarre. La seule raison d'être de ce jour -unique et exclusivement aujourd'hui- était mon ennui. Ah, peut-être ma curiosité également : parfois j'engendrais ces créatures sans vraiment m'en rendre compte et je les virais de mon antre ans même y faire attention. Ce n'était pas nécessairement méchant, mais j n'avais pas besoin d'un être si jeune traînant dans mes jambes et posant ses naïves questions. Cependant, j'étais pris d'une subite envie d'en rencontrer une, ne serait-ce que pour voir à quoi elle ressemblait -peut-être à moi ?- et comment elle se débrouillait en bas.
J'orientai mes sens vers l'extérieur; il faisait nuit en Amérique. La première présence de Créanne que je repérerais serait la bonne, pas la peine de tergiverser trop longtemps. J'eus un sourire satisfait en repérant la trace caractéristique d'une de mes créatures, dans un bâtiment de la cosmopolite Seattle. Va pour Seattle donc. Je descendis de mon asile d'obscurité à un minuscule square occupé par un ivrogne somnolent. Mon corps devint tangible et je vacillai une fois de plus sous son poids qui m'était inhabituel. Je m'étais donné une apparence plus humaine: j'étais plus petit que mon habituelle haute taille, un peu moins large aussi, ce qui n'empêchait pas ma veste de cuir et ma chemise d'être tendues sur mes épaules. J'avais bien évidemment quitté mon habituel lot de bijoux d'or blanc, inappropriés pour ces temps de standardisation effrénée. J'avais cependant conservé mes cheveux -longs, j'y tenais beaucoup- dénoués sur ma veste, prenant comme d'habitude la couleur de la nuit quand j'étais sous la Lune.
Je fus heureux de retrouver une apparence humaine et son lot de sensations terrestres, et me mis en route pour la maison qu'occupait ma créature. J'espère qu'elle serait contente, je m'étais fait beau pour elle. Cette remarque me tira un sourire amusé tandis que je m'avançais les mains dans les poches en ignorant le regard éberlué du soudard. Javais bien calculé mon coup, il ne deviendrai pas médium pour si peu, persuadé sûrement qu'il devait mon apparition à son ébriété.
Je souris à nouveau lorsqu'une femme se retourna sur moi sous les lumières criards des derniers commerces ouverts. La solitude devrait être rompue plus souvent, rien que pour ça.
Voilà, la maison était juste devant moi. Je traversai la rue pour me retrouver face à un panneau de bois -dérisoire protection contre l viol d'une vie privée. J'avoue avoir été déconcerté à ce moment-là, peu habitué de ce genre de situations. J'envisageai un court instant de créer la clé correspondant à la serrure, mais cela pourrait malheureusement être très mal interprété. A ce moment-là j'avisai un petit bouton sur le mur, accompagné de l'étiquette "ring the bell". Je masquai mon étonnement pour d'éventuels passants en voyant une si étrange marque de protocole, en pensant que ce devait encore être une vaine invention humaine, avant d'appuyer sur le plot de plastique -je haïssais le plastique- un court instant. Laissant retomber ma main inerte contre mon corps, je songeai à justifier ma visite d'une attention; ce serait un bouquet. Je pris garde à ne pas être vu lorsque je fis apparaître une gerbe de chrysanthèmes blancs. Ce serait une excuse.

[Hrp: désolé, c'est un vrai pavé ! Ne te sens surtout pas obligée de faire plus (=  ]

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Ven 26 Sep - 15:53
Kimberley en avait vu de belles en plusieurs années de vie en Amérique. Elle en avait traversé des États, rencontrés des gens -et surtout des hommes- presque aussi étranges qu'elle. Mais, après tout ce temps à découvrir et redécouvrir ces lieux, elle sentait à présent l'ennui tomber sur elle.

Ce soir là aussi, la belle Créanne occupait une maison ne lui appartenant pas. Elle s'était trouvé un tout nouvel amant, plutôt riche et beau, pas trop con et pas trop intelligent. Elle en faisait un peu ce qu'elle voulait tout en restant un minimum correcte. La maison était spacieuse, bien soignée et rangée -par la femme de ménage-, sobrement décorée... Ça l'apaisait ce côté zen. Pendant quelques instants, jusqu'à ce qu'elle ressente à nouveau l'ennui. Elle voulait bouger, voir des choses nouvelles et rencontrer des gens comme elle, ou pas loin d'être comme elle.

Finalement, au bout de la troisième crise de nerfs, elle se décida à prendre un bain. Brûlant de préférence.
Seule dans la spacieuse demeure pour quelques jours encore, la jeune femme ne se gênait pas pour faire et prendre ce qu'elle voulait, quand elle le voulait, comme elle le voulait.

Elle détacha ses longs cheveux blonds, se dévêtit et se glissa lentement dans le bain fumant, embuant les miroirs de la salle d'eau principale. Elle se laissa couler, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus que son nez et au-dessus de non-immergés. Elle ferma ensuite ses yeux océans et profita de l'instant pour imaginer maintes et maintes choses.

La sonnette la sortie brusquement de sa rêverie cassant au même moment toute sa tranquillité fragile. Elle sortit de l'eau, se sécha rapidement et s'entoura d'une peignoir qu'elle avait fait faire juste pour elle. Fin, léger, s'arrêtant à mi-cuisse et au décolleté presque indécent. Kimberley noua également ses cheveux en un chignon un peu négligé mais dévoilant parfaitement son cou.
Elle arriva rapidement à la porte et vacilla légèrement.

Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits et entre-ouvrit la porte. Ce que la jeune femme vit l'étonna d'abord. Un homme, peut être aussi âgé qu'elle, les cheveux noirs comme la nuit, longs, tombant sur une veste propre. Sa tenue était impeccable. Elle remarqua ensuite le bouquet de fleur blanches dans ses mains. Se serait-il trompé de maison ? "Bah, ce sera toujours le truc le plus intéressant de la journée."

La blonde ouvrit finalement entièrement la porte, gardant une main dessus et sourit à l'homme en face d'elle. Étrangement, elle se sentit mal à l'aise. Mais elle passa dessus.

-Bonsoir.. Vous vous êtes perdu ?, dit-elle doucement.

Nanna
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Dim 5 Oct - 8:15
J'attendis tranquillement devant la porte en savourant l'air frais de la nuit-de ma nuit-. Quelques passants s'attardaient encore sous les lampadaires orangés, vaines tentatives des hommes de produire de la lumière d'eux-même; cela n'arrivait pas à la cheville de mon frère, Utu. Pour une fois, la pensée de ce nom ne m'ébranla qu'à peine: cette nuit était sans lune, sans le reflet inquisiteur de la lumière de l'astre du jour sur la terre, il n'y avait que le regard aveugle de ma chère Lune, discrète compagne des noctambules. L'apogée de mon pouvoir.
J'entendis quelques bruits à l'intérieur de la maison, ce qui me tira un petit sourire satisfait. Elle était curieuse, cela promettait une discussion intéressante. Je rajustai tranquillement le col de ma veste tandis que de l'autre côté on ouvrait, et je sentais que c'était ma Créanne.
Finalement le bouton de plastique était plutôt efficace, songeai-je en composant un léger sourire. La créature qui ouvrit la porte était revêtue -ou plutôt dévêtue à vrai dire- d'une apparence féminine sans doute très attirante d'un point de vue humain. A nous deux, êtres surnaturels à la beauté tout aussi surnaturelle, nous devions former une drôle de paire. La jeune femme, puisqu'il fallait l'appeler ainsi, portait une sorte de... vêtement d'intérieur et paraissait sortir d'un bain, ses cheveux encore dégouttant sur ses épaules délicates. Une aura d'assurance se dégageait d'elle, ce qui me conforta dans ma vision des choses: visiblement quand on était gratifié d'une beauté et d'une jeunesse éternelle, on ne vivait pas trop mal. Et même bien au vu du petit bout d'intérieur que je devinais sous son bras.
Elle finit par ouvrir la porte en dévoilant entièrement son corps à peine couvert et me sourit à son tour, un peu gênée peut-être, en me posant une question des plus classiques.

_Bonsoir.. Vous vous êtes perdu ?

Je ris intérieurement. Ma tenue produisait l'effet escompté et avait trouvé en cette créanne une cible privilégiée. Autant continuer dans cette voie, alors.
Je montai sur le perron, toujours armé de mon sourire et de mon bouquet, et me penchai vers elle en plongeant mes yeux dans les siens, bleus comme la mer.

_Pas du tout, jeune demoiselle.

Je saisis doucement la main qu'elle posait sur la porte -presque tendrement- et lui remis le bouquet de chrysanthèmes tout en entrant dans la maison. Je me renversai en arrière sur un sofa judicieusement placé, appréciant le décor pur, quoique trop fermé à mon goût. Il faut dire que quand on a l'habitude d'avoir l'infini de l'espace comme plafond une maison peut sembler un peu exigüe.
Je brûlais de connaître cette enfant, ce petit chef-d’œuvre né par erreur de l'une de mes émotions. Laquelle était-ce ? Depuis combien de temps vivait-elle du côté des humains ? Comment faisait-elle face aux inévitables questions sur son âge ?
Je croisai les jambes en lui jetant un regard un peu insolent -dans la mesure où un Dieu pouvait être insolent vis-à-vis d'une de ses créations bien sûr- accompagné de mon fidèle demi-sourire qui je crois ne me quitterait pas cette nuit.

_Si tu devines qui je suis je partirai. Mais je doute qu'à ce moment-là tu le veuilles encore. D'ici là je répondrai à tes questions, si tu réponds aux miennes. Quel est ton nom ?
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