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Alia Wolf
Mer 19 Nov - 16:41
Comme c'était agréable de sentir ces perles d'eau fraîches rouler sur ma peau, glisser lentement en suivant les courbes de mon corps pour finalement retourner se perdre dans le "flip-flop" continue de l'eau qui m'arrivait un peu au dessus des hanches.
Bien qu'il faisait un froid presque hivernal en cette fin d'automne je ne pouvais m'empêcher d'apprécier ces températures. Peut être était ce à cause de mes origines ? Aucun rapport avec les dieux, mais j'étais "venue au monde" dans un univers bien plus froid et hostile que celui-ci, quelque part dans le nord certainement. En bref, j'avais été habitué à me baigner dans un froid bien plus mordant, autant dire que la fraîcheur me faisait plus de bien que de mal, réveillant mes sens avec son souffle délicat.
Je repoussai une mèche de cheveux qui me dégoulinait devant les yeux avec un soupir de plaisir, se débarrasser de la crasse accumulée était aussi bien venu, mais ce n'était qu'un bonus.
Comment en étais je arrivé à me baigner ce jour là ? Eh bien je m'étais rendue compte que je n'avais pas lavé ma forme humaine depuis bien longtemps, n'étant pas de nature négligée j'avais donc décidé d'en prendre un peu soin. Qui plus est, j'avais trouvé cette adorable petit coin d'eau quelques temps auparavant alors que j'explorais la forêt, alors rien ne m'empêchait de mettre à profit ma découverte !
Il s'agissait d'un grand bassin d'eau clair qui coupait une rivière, une fine casaque qui n'offrait qu'un léger gazouillis apportait l'eau qui s'enfuyait doucement par un petit ruisseau qui devenait de plus en plus étroit en s'éloignant. C'était un coin d'eau protégé par les arbres de la foret, la végétation était plutôt dense et luxuriante.

Voilà quelques minutes déjà que je me baignais distraitement, prenant de l'eau dans mes mains, la portant au dessus de ma tête pour la laisser retomber sur mon visage, dégouliner dans mes cheveux et glisser sur mon corps. J'étais bercée par le chant de la foret, quelques animaux passaient parfois mais je n'avais aucune envie de les faire fuir.
Du moins tant qu'il s'agissait d'animaux sauvages. Or, une fausse note m'interpella, ce n'était ni un cerf ni un lapin. Je me figeai un instant. Aucun doute, un humain approchait.
Je me concentrai alors pour essayer de trouver quoique ce soit de menaçant dans l'air, mais rien, l'individu ne semblait pas dégagé une aura "ennemi". Je n'avais donc rien à craindre du nouvel arrivant bien qu'il semble s'être arrêter non loin derrière moi.
Amusée, je ne dis rien. Devais-je feinter la jeune fille outrée qui se fait espionner dans les bois ? Non, je n'en avais aucune envie.
Après un petit moment où je l'ignorai totalement, essorant mes cheveux que j'avais fait passer devant mon épaule droite, je me figeai de nouveau tout en restant de dos.

- Pourriez vous me donner le tissu qui se trouve sur votre gauche ? Dis-je d'une voix forte et malicieuse, surtout pour qu'il m'entende.

Si mon estimation était exactement, un large tissu plié et déposé sur un petit rochet devait se trouver près de lui. Il semblait certainement vieux mais je m'en contentais lorsqu'il s'agissait de me sécher.
Alors je me retournai pour sortir enfin de l'eau, découvrant le nouvel arrivant.
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Nanna
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Nanna

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Mer 26 Nov - 23:20
La terre, étrange lieu, on y est si lourd, l'air y est si vif, tant de bruit vient à moi, tant de gens y vivent. Parfois je me dis que je devrais y passer plus de temps, plutôt que dans le froid royaume qui est le mien. Mais il y a toujours une raison -pas le temps, pas d'utilité, rien à y faire ou que sais-je encore... Tant de longues heures passées à contempler l'horizon gris et son fil infini, où la perle du temps avance inexorablement. cette petite chose en pierre noire occupait l'intégralité de ma vie, à démêler les nœuds qui se trouvent sur son passage. Heureusement pour moi, elle ne m'affecte pas. Voilà donc la raison de ma présence sur Terre, pourquoi pas après tout, lorsqu'on dispose d'une infinité de temps.

En ce moment l'automne finissait sur cette terre nordique, le froid prenait lentement possession des forêts, depuis ses fjords glacés. J'avais longuement contemplé la cour e la Congrégation, qui portait encore les stigmates du récent combat de mon ami Ershkigal contre cette... pouffiasse, d'après une expression française particulièrement judicieuse, d'Inanna. Les missionnaires n'en avaient pas eu l'air plus perturbés que ça, sans doute habitués à ce qu'entre eux ils appelaient nos "gamineries" (comme quoi c'est parfois blessant de pouvoir entendre sans être vu).
En réalité nous Dieux n'étions pas si idiots. En tant qu'êtres plusieurs fois millénaires, nous avions tous eu le temps de voir, d'observer, d'apprendre e surtout de ne pas oublier. Nos rires si puérils, nos jeux si cruels n'étaient que les vains spasmes d'êtres blasés et aussi plats que la banquise en hiver.

Les derniers rayons de soleil de la journée nimbaient encore de doré les quelques feuilles restant accrochées à leur branche, sous l’œil narquois de sapins que rien n'ébranlait. Mes pas solitaires me conduisaient encore à l'écart de toute présence humaine, en plein cœur de la forêt déshabillée de lumière, à la recherche sans doute d'une hypothétique compagnie qui n'en soit pas une autant que de solitude, me délectant d'une sourde mélancolie comme on reste sous une cascade malgré le poids de l'eau rugissante.

Je suivais depuis quelques instants une rivière bruyante et gelée, quand elle me mena soudain vers l'une des nombreuses présences qui évoluaient autour de moi. Ce n'était pas un humain, ni un animal, mais une Créanne sous sa forme humaine. Je m'avançai, intrigué et curieux, pour découvrir une magnifique créature, qui visiblement savait tirer parti de sa jeunesse éternelle.
Je m'assis tranquillement, diffusant volontairement une aura humaine autour de moi, en observant avec plaisir la beauté du décor et la douceur fraîche de cette fin d'après-midi. Rien d'humain là-dedans, rien de malsain; j'avais été une femme, j'avais été un homme et je n'avais pas de véritable forme, seulement celle-ci que je portais depuis quelques temps.
J'attendais qu'elle finisse, sachant qu'elle m'avait perçu et m'amusant de la situation, elle croyait certainement que je me rinçais les yeux et tenterait une approche séductrice...

Ah, elle semblait avoir terminé. A sa demande dite avec un naturel un peu exagéré, je lui tendis un vêtement surgi de nulle part en lieu et place du chiffon qu'elle m'avait demandé. Un pull et un jean, ce serait adapté aux températures. Quant à moi, j'avais pour l'occasion ma dégaine d'humain, une longue toge orange vif entourant mon corps que j'avais un peu réduit, et le crâne nu, privé de mes habituels cheveux longs et noirs comme la nuit. Un bonze tibétain.
Je lui souris, content de mon petit effet. Elle ne s'attendait certainement pas à ça.

_Bonsoir jeune demoiselle. Vous avez bien de l'audace pour vous baigner ainsi dans le froid commençant... Qu'est-ce qui vous mène si loin des chemins ?

Tournures ésotériques un peu désuètes. Voyons voir à présent quelles seront ses paroles...
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Alia Wolf
Sam 29 Nov - 11:42
La surprise me fit très légèrement écarquiller les yeux. Sérieusement ? C'était bien un moine ou un prêtre que je voyais là ? En tout cas, il avait la tenue et la coiffure adéquate à l'image que je m'en faisais !
Je faillis éclater de rire, mais je me retins. Je n'avais aucune envie de lui manquer de respect, au contraire même, ce genre d'homme avait toute ma sympathie.
Par contre, j'analysais de nouveau et très brièvement son aura, je voulais être réellement sûre de ne rien avoir loupé, car s'il était bien ce que je pensais il devait être plutôt proche des divinités. Il avait donc beaucoup de chance d'avoir était choisi par l'une d'entre elles. Mais non, je ne trouvais rien de louche. Il n'était donc pas l'un des sbires officiels. Juste un croyant.
Enfin bref, me voila rassurée et malgré ma tenue inexistante il me souriait, il ne semblait pas être plus choquée ou perturbée que ça. Je m'étais imaginé que ce genre d'homme rougiraient ou pallieraient à la vue d'une femme nue, mais ça semblait totalement l’indifférer.

- Bonsoir jeune demoiselle. Commença-t-il, Vous avez bien de l'audace pour vous baigner ainsi dans le froid commençant... Qu'est-ce qui vous mène si loin des chemins ?

Avec un sourire amusé je sortis de l'eau, le froid recouvra ma peau mais je ne le laissai pas paraître, j'étais habituée à des températures comme celle-ci, j'étais une créature du froid. Sans aucune pudeurs apparentes je me rapprochai de lui.

- Eh bien, c'est un endroit tranquille d'habitude pour se baigner. Vous ai-je gêné ? Dis-je, un brin amusée bien que très respectueuse.

D'ailleurs il me tendait des vêtements qui n'étaient pas les miens, un peu trop modernes et unisexes à mon gout. D'ailleurs, ces vêtements éveillèrent quelques questions en moi comme par exemple "se baladait-il toujours avec des vêtements de rechange à prêter?" , mais je ne me doutais pas une seconde que j'avais devant moi l'authentique dieu de la nuit. C'est d'ailleurs plutôt ironique pour une créanne quand on y pense, heureusement qu'il n'avait pas eu l'envie de me tuer tout de suite, j'étais bien loin de pouvoir tenir tête à un dieu.
De toute façon je n'étais pas au courant de son identité, et quand bien même, je ne l'aurais pas attaqué, j'aurais certainement fui. Il n'était même pas mon dieu.
Enfin, sans le moindre doute je saisis les vêtements, le gratifiant un sourire de remerciement, c'était le minimum. Je les enfilais malgré que ma peau soit encore humide et mouillée à certains endroits.
Ils m'allaient à la perfection, tout à fait ma taille, ce qui était tout aussi surprenant que la présence de cet homme ici. Il n'y avait pas de monastère dans les parages non ?

- Et si ce n'est pas indiscret monsieur, que faites vous ici ?

Evidemment, je me doutais qu'il n'était pas là pour mater, du moins ce n'est pas ce que j'aurais imaginé venant d'un homme ressemblant tant à un moine. Et puis ma question était plus "que faîtes vous à Stockholm ?".
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Nanna
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Jeu 11 Déc - 20:02
Cette apparence je ne l'avais pas inventée, c'était celle d'un moine qui vécut il y a quelques siècles, dans le temple hindouiste exilé du lac Lama, en Sibérie; il était aussi un fidèle émissaire qui avait choisi de rester dans son monastère afin d'étendre le rayonnement des dieux aux hindouistes. A sa mort j'avais conservé dans un coin de ma tête son apparence et depuis je la revêtais de temps à autres. C'était bien pratique et assez déconcertant pour ce monde contemporain et si cosmopolite. La jeune Créanne sortit de l'eau avec grâce, sans pudeur apparente. Décidément, toutes celle que je rencontrais ces temps-ci semblaient faire un usage très... libéré de leurs corps.

- Eh bien, c'est un endroit tranquille d'habitude pour se baigner. Vous ai-je gêné ?

Je souris intérieurement devant le respect qu'elle me témoignait. J'étais ce soir certes humain, mais un humain particulier, avec des heures de méditation et d'exercices derrière lui. Comme j'aimais ce sentiment. La toute-puissance. j'eus un petit sourire mégalomane que je dissimulai en "sourire-bienveillant-du-moine-à-la-fin-du-film"
Elle enfila rapidement les vêtements que je lui avais donnés. Ils étaient parfaits, à ma grande satisfaction, même si le sourire qu'elle me rendit avait une saveur un peu forcée. J'aimais tellement mettre les gens mal à l'aise, quoi qu’ici il n'y avait encore que l'ombre d'une gêne; cette Créanne devait s'amuser de la même manière que moi pour y résister si bien.

- Et si ce n'est pas indiscret monsieur, que faites vous ici ?

Question épineuse, d'autant plus que je n'avais pas vraiment de raison d'être ici. Volontairement je restai assis, drapé dans ma toge orangée qui ne m'aurait pas protégé du froid de l'hiver -si j'y avais été sensible, j'entends. Je levai la tête vers elle, un sourire voilé aux lèvres:

_Étonnant de la part d'une jeune fille de vôtre âge d'avoir ses habitudes si loin de la ville; mais rassurez-vous, pour moi un corps n'est que l'une des nombreuses merveilles qui coexistent ici-bas, quoique je doive bien avouer que le vôtre soit des plus réussis.

D'un geste de la main, je lissai quelques plis de mon vêtement, réfléchissant à ma réponse.

_Quant à ma présence ici, eh bien figurez vous que je vis sur la Lune et que, me languissant de la Terre, je descendis le long d'un rayon, puis, remontant un ruisseau, je vous ai trouvée. C'est donc un pur hasard qui m'amène devant vous, et à ce propos, si je peux faire quoi que ce soit pour vous satisfaire, n'hésitez pas à m'en faire part !

Je me levai lentement, sentant étrangement chacun de mes os, de mes muscles, rouler sous ma peau, indiquant ainsi la fin d'un espace de conversation. Mon ennui enfin brisé, je comptais bien passer la soirée en compagnie de la Créanne, qui avait l'air d'une personne pour le moins... Intéressante. J'eus une petite toux, propre à mon "âge", et qui allait finalement très bien avec mon langage du soir. Dieux, ce que j'aime me déguiser.
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Alia Wolf
Sam 27 Déc - 16:50
L'homme ne réagit pas suite à mes propos. Sans pour autant confirmer que cette question était trop indiscrète à son gout, il resta assis face à moi.
En y réfléchissant, la raison de sa visite ici avait peut être un rapport avec les dieux ? S'il était un moine c'était fort probable, bien que n'étant pas un élu, il avait peut être entendu parler de la ville, moi même j'étais venu en ce lieu grâce au bouche à oreilles. Enfin bref, je pouvais bien me faire des centaines de théories ça ne changerait rien, il n'y avait que lui qui pouvait me répondre. Ma curiosité me poussa à insister mais je me retins. Décidément je m’intéressais beaucoup trop aux dieux et à leurs sbires.
Après un instant de silence, il leva son visage vers moi, me dévoilant son sourire.

- Étonnant de la part d'une jeune fille de vôtre âge d'avoir ses habitudes si loin de la ville; mais rassurez-vous, pour moi un corps n'est que l'une des nombreuses merveilles qui coexistent ici-bas, quoique je doive bien avouer que le vôtre soit des plus réussis.

Un sourire, cette fois plutôt amusé, étira mes lèvres. Le compliment me touchait, mais il m'était surtout très agréable d'entendre un homme s'exprimer de la sorte, cela faisait bien longtemps que je n'en avais plus entendu. Pourtant l'utilisation d'un langage soutenu était réellement un plaisir aux oreilles, trop peu d'hommes parlaient ainsi à mon gout.
Il lissa son vêtement, faisant une pause avant de reprendre :

- Quant à ma présence ici, eh bien figurez vous que je vis sur la Lune et que, me languissant de la Terre, je descendis le long d'un rayon, puis, remontant un ruisseau, je vous ai trouvée. C'est donc un pur hasard qui m'amène devant vous, et à ce propos, si je peux faire quoi que ce soit pour vous satisfaire, n'hésitez pas à m'en faire part !

Mon sourire s'élargi, était-ce une métaphore ou quelque chose comme ça ? Car j'avais beau être venue au monde il y a longtemps, je savais très bien qu'on ne pouvait pas vivre sur la Lune. Et puis, d'après ce que j'avais pu comprendre jusque là il n'était qu'un simple moine. Un humain banal.
L'homme se redressa, il toussota. Je le trouvais amusant, et puis ce n'était pas comme si j'avais beaucoup à faire, était-ce une faute que d'envisageai de passer un peu de temps avec lui ? Seul l'avenir allait me le dire.

- Eh bien, si vous acceptiez de rester un peu en ma compagnie j'en serais très honorée. Vous me semblez être un homme agréable, bien que vous soyez un habitant de la Lune.

Cette dernière remarque était dite sur le ton de l'humour, car je ne croyais pas vraiment à sa venue de la Lune. Ce n'était, à mes yeux, qu'une phrase énigmatique d'un homme que je prenais pour un moine. Je ne me doutais pas un seul instant de la véracité de ses propos.
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Nanna
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Ven 6 Mar - 18:11
Cette jeune créanne était décidément très agréable, pas du tout agressive et presque pas aguicheuse comme d'autres. Elle souriait maintenant à mes paroles tandis que je les déversais comme un flot limpide dans l'espace silencieux de la clairière. L'air brillait doucement sous l'éclairage déclinant et semblait presque tinter comme du cristal.

- Eh bien, si vous acceptiez de rester un peu en ma compagnie j'en serais très honorée. Vous me semblez être un homme agréable, bien que vous soyez un habitant de la Lune.

Tiens, amusant, elle semblait tout de même prendre un peu au sérieux ma venue de la Lune et son ton ironique était mêlé d'une lointaine méfiance. Mais c'était ainsi; quelque chose en moi avait toujours suscité de curieux sentiments chez les autres, ma manie de me déguiser peut-être, ou encore mon manque d'à-propos... J'adorais également alterner les paroles les plus creuses avec d'autres lourdes de sens, ou encore me faire passer pour un idiot et lâcher de temps à autres une brillante phrase. Cela déconcertait les gens en ma présence, enfin presque tous, certains parvenaient parfois à me prendre à revers, ceux qui avaient les mêmes habitudes certainement.

-Je ne puis vous assurer être agréable; mais je passerais volontiers un peu de temps en votre compagnie, qui m'a l'air tout aussi plaisante. Voudriez-vous marcher quelque peu avec moi, jeune fille ?

Sans trop attendre sa réponse je lui lançai un sourire au regard pétillant façon vieillard bienveillant avant de m'engager dans la forêt sur un chemin partant à l'opposé du ruisseau. Nous allions certes nous éloigner loin de la ville en partant par là, mais je n'avais pas besoin de lit, et certainement qu'elle non plus si l'aura sauvage d'une louve que je sentais en elle était bien réelle. Lui tournant le dos et m'engageant dans l'obscurité croissante, je me sentais grandir intérieurement et gagner en puissance. Une excellente raison pour moi de passer le crépuscule sur terre; la victoire quotidienne de la nuit sur l'astre du jour me confortant dans ma voie. Les ombres grimpaient sur les troncs des arbres et les oiseaux se taisaient. Quelques bruissement résonnaient autour de nous, assez peu. Cela ne m'était pas coutumier: d'ordinaire les animaux étaient instinctivement attirés par mon aura divine, surtout les nocturnes. Je crois que c'est mon pouvoir qui les attire, puisqu'ils en sont en partie faits. Comme les Créannes.  
Ca y est c'était presque la vraie nuit à présent, et je crois bien que quelques rides avaient disparu de mon visage depuis le début de l'entre-deux. Cette force en moi m'était à ce point irrépressible que je ne pouvais m'empêcher d'en montrer un peu. Oh, si peu. Et puis j'étais tout-puissant. Je ne craignais pas.

-La nuit est belle, n'est-ce pas ? Je suis certain que vous l'aimez, vous aussi, me trompé-je ?

Et un sourire, toujours le même, vieux et sage, comme moi me dis-je parfois. Quoique la sagesse ressemble plus à mon cher Nin. Je dois être la haine. Peut-être. A moins que ce ne soit Ina; auquel cas que serais-je ? La mélancolie ? La tristesse ? La paix peut-être, je tirais tant de sérénité de la contemplation du vide. En cela j'étais un peu moine, moi aussi. Mais je ne croyais en rien. En rien à part en moi, Dieu. La Nuit se doit d'offrir asile et oubli à ceux qui ont perdu la paix. Je suis peut-être la paix. Je vais essayer.
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