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Le moment de sourire.
Dave
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David Williams

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Sam 4 Avr - 13:28

Alice & Dave







La lumière entre vivement dans la chambre lorsque les rideaux sont tirés. Une fois la fenêtre ouverte, un courant d'air agréable rafraichit un peu la pièce. Perdue dans mes pensées, je m'appuie contre le rebord de la fenêtre en laissant mon regard courir sur la cour de la Congrégation, et le merveilleux cratère qui y trône.
Depuis mon arrivée ici, plusieurs mois plus tôt, j'admets plutôt difficilement toutes les choses qui surviennent. Choses tenant en général plus de la mauvaise blague que du quotidien que l'on pourrait s'attendre en venant vivre à Stockholm. Ces histoires de dieux, de missionnaires et de créannes ont déjà eu un mal fou à entrer dans mon petit crâne, les premiers temps. Mais à peine arrivée, deux divinités se sont littéralement entretuées dans la cour - l'origine du cratère, vous savez ? La voici ! Les cours dispensés ici nous préparent assez peu à ce genre d'événements ; mais si vous voulez mon avis, ils devraient un peu plus axer leur formation là-dessus. Histoire d'éviter que nous ne soyons tentés de faire une crise cardiaque en étant réveillés au beau milieu de la nuit par des arbres auréolés de ténèbres, et des hurlements stridents à l'extérieur. Pas que je n'aie pas l'habitude à présent, mais sincèrement, cet endroit peut être véritablement… effrayant ?

À cette pensée, un léger sourire ourle mes lèvres. Je me recule et attrape mes sous-vêtements, un collant en laine, un chemisier et une jupe pour me changer, puis attrape ma brosse pour démêler rapidement mes cheveux. Hop, un élastique qui traîne, une queue de cheval rapide, et on va dire que je suis prête. On est dimanche aujourd'hui - pour ceux qui auraient du mal à suivre, cela signifie qu'on a notre journée de libre. À l'idée de pouvoir vagabonder tranquillement dans Stockholm avec deux-trois personnes, missionnaires ou mediums qui partagent pour la plupart les chambres les plus proches de la mienne, je ne peux qu'être ravie. D'autant que l'une d'entre elle est revenue de mission la veille ; elle en a, des choses à nous raconter.

Toute enjouée et trépignant d'impatience, j'attrape mon trio inséparable (pull-veste-écharpe. Je vous épargne le bonnet à pompons, il paraît que j'ai l'air d'une gamine de cinq ans avec ça) et les enfile à la hâte. C'est complètement dépareillée, l'écharpe traînant à moitié par terre, que j'ouvre la porte à la volée pour sortir. Avant de me diriger d'un pas sautillant vers celle d'à côté, et d'y tambouriner avec la grâce d'une autruche avec un gant de boxe. Lorsque le battant s'ouvre enfin, laissant entrevoir un visage las de fatigue, je joins les mains en lui lançant mon plus beau sourire. Et probablement le plus effrayant, paradoxalement.

- Mel, Mel, Mel, allezzz, t'es pas prête ? Pourquoi tu es pas encore habillée ? Allez, dépêche-toi, on doit rejoindre Ivan ! On avait dit neuf heures !

La rouquine me renvoie une expression affligée. Hum. Allez, un autre petit sourire pour la route ?

- Il est huit heures, je suis rentrée en plein milieu de la nuit… Tu pourrais pas avoir pitié de moi des fois ?
- Mais non, mais c'est pas grave ! J'aime pas le changement d'heure, il nous fait perdre du temps ! J'ai jamais compris comment ça marchait, de toute manière, ça sert vraiment à rien.
- Sérieux, Alice… Laisse-moi dormir… gémit-elle en essayant de refermer la porte de sa chambre. Vas-y toute seule, je suis trop crevée.
- Je proteste ! Tu as pas le droit de me laisser, Mel, s'il te plaît ! je la supplie en retenant la poignée comme je peux. Je vais jamais savoir quoi lui dire à ce type, moi !
- Tu sais bien monologuer, non ? Mets ton extraordinaire don à l'épreuve !
- Mais--
- Bonne nuit Alice.

Et elle s'enferme. Non mais je rêve, elle a poussé le loquet ?!
J'esquisse une moue boudeuse et donne un petit coup contre le battant de bois.

- Méchante ! J'te boude ! Compte plus sur moi la prochaine fois que ta déesse tarée te martyrisera !

Pas de réponse. Mes joues se gonflent et je croise les bras en me reculant, sans trop savoir quoi faire. Mon pauvre estomac crie famine, mais il va bien falloir que j'attende Ivanek, mon petit tchèque adoré, avant de prendre mon petit déjeuner, comme prévu… Arg. Le choix cornélien : vivre ou mourir de faim ! Peut-être qu'il ne m'en voudra pas trop si j'annule aussi ? Il est sympa en général, hein, je dis pas. Mais il a tendance à mal contrôler ses cailloux quand on s'entraîne. Et un accident est si vite arrivé ! (Il ne me ferait pas ça ? Pas à moi, tout de même ? Je suis beaucoup trop mignonne pour qu'il me fasse ça ! Ahah. Espoir quand tu nous tiens… Mais bon, il est pas comme ça. Je crois.)

Un peu déçue, j'attrape mon portable dans ma poche pour envoyer un message à Ivan et lui dire que Melina ne viendrait pas. Mine de rien, je suis affamée. Faut que je passe à la cafétéria pour me prendre quelque chose à manger sinon je vais tomber en hypoglycémie. En tournant à un angle, je manque de rentrer dans un type - héhé, la faute au portable, je regardais pas désolééée monsieur - et lève les yeux pour m'excuser. Avant de rester bloquée un moment.

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Dim 5 Avr - 20:15
La personne à côté de moi grogne et passe son chemin devant mon manque de réactions ; derrière lui, par-dessus son épaule, quelqu'un a attiré mon attention. Dave.

Dave.

On a tous les deux mis quelques secondes à réagir. Probablement autant pour comprendre ce qu'il se passait que pour décrypter le visage de l'autre, son expression, reconnaître sa forme. La première chose qui me frappe, ce sont ses yeux. Durs et ternes, un peu comme lorsqu'il revenait de permission. Cette violence et cette agressivité dans son regard me choquent un peu, comme toujours lorsque je le vois comme ça ; aujourd'hui plus encore que je ne m'attendais pas à le voir, ni ici, ni après autant de temps.

Je me jette à son cou et retiens un sanglot qui se bloque dans ma gorge. Il reste tout d'abord raide, droit comme un piquet, avant que ses bras ne se resserrent autour de moi avec hésitation.
Je pensais que je le reverrai plus jamais. Quand l'hôpital m'a appelée pour me dire qu'il s'était enfui, je n'ai vraiment pas su comment réagir. Comment peut-on réagir dans ces moments-là, au juste ? Honnêtement, je me disais qu'il avait simplement fait comme papa ; qu'il était parti, comme ça, et qu'il serait mieux ailleurs. Mais comment il aurait pu se débrouiller seul ? Sans ses médicaments, son psychiatre, sans personne pour le guider, comment il aurait pu ? Je l'imaginais déjà mourir dans un coin, ou se faire intercepter dans une quelconque prison, un quelconque hôpital. Et là… là, il est ici ? À la congrégation ? Ça me semble tellement aberrant, tellement lointain, je comprends pas bien. Je comprends pas bien, et après tout, même si des tonnes de questions tourbillonnent dans ma tête, je m'en fiche.

De trop longues secondes passent ; je suis comme bloquée sur un mode pause, incapable de dire quoi que ce soit. Je savoure juste le moment, sa chaleur, sa présence tout simplement. Les yeux humides, je me recule un peu pour le regarder, caresse sa joue avec douceur.

- Dave…

Mon sourire tremble. Il est si différent ; est-ce que c'est possible de l'être autant ? Il me regarde avec incompréhension, tristesse et colère. "Pourquoi ?" Je crois que c'est ce qu'il essaie de me dire, mais ça ne veut pas sortir. Comme toutes ces fois où il me fixait, parfois pendant des heures, en attendant que je parle, que je devine ses pensées. Il n'a pas toujours été comme ça, mon Dave. Pas toujours, non. Il était un peu taciturne mais pas muet, pas aussi renfermé. Parfois, je me demande pourquoi il a voulu partir. Pourquoi il a voulu se laisser détruire à ce point-là.

Je comprends pas.

Qu'est-ce qu'ils ont fait de toi ?

- Où est-ce que tu étais passé ? je l'interroge, la gorge nouée, sans réussir à retirer mes mains de ses épaules. Comme s'il allait s'envoler.

Ses lèvres se pincent. Son regard fuit. Il ne veut pas me regarder ; il a honte. Honte de l'expression que je prends, cette expression triste et autoritaire à la fois que j'utilise pour faire des reproches aux autres. À lui, surtout.

C'est assez étrange. En un an, j'ai eu le temps de m'habituer à son absence. Il était enfermé, et moi, je ne pouvais pas me déplacer tous les jours pour lui tenir compagnie. Il ne m'en voulait pas, parce qu'il est incapable de le faire. Mais il attendait. Et quand j'étais là… il avait l'air si heureux. Enfin, à sa manière. Autant qu'il puisse l'être. Mais il souriait, parfois. Il était plus tactile, de nouveau. Il était moins agressif, je crois. En tout cas, maintenant… Maintenant quoi ? Je me retrouve face à lui, et cette fois, je me rends d'autant plus compte de l'absurdité de cette situation.

- Tu étais partie… souffle-t-il, toujours sans me regarder.

Et mon cœur se serre.

Je m'approche encore pour le serrer dans mes bras, au bord des larmes. Inspire longuement.

Il ne faut pas pleurer. Il ne faut pas.

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Dim 5 Avr - 21:06
La porte se referme derrière nous et je m'installe sur le lit pendant que David dépose ses affaires dans un coin de sa nouvelle chambre. Il est arrivé tôt ce matin, apparemment. Une chambre lui a aussi été assignée ; assez rapidement, semble-t-il. Il ne parle pas beaucoup, comme toujours, perdu dans ses pensées. Dans les couloirs, il s'est simplement accroché à ma main comme un enfant qui aurait peur de voir sa mère repartir sans lui.

Sans rien dire, sans le brusquer, je le regarde faire. Il n'a pas beaucoup de fringues ni d'objets personnels dans son sac ; le temps de placer le tout dans des placards, ça n'est pas si long. Au final, il se tourne vers moi et se balance d'un pied sur l'autre. Le moment de parler, hein ? Tu n'as jamais aimé ça, Dave, je le sais bien. Tu as toujours détesté devoir te justifier, expliquer aux autres les raisons de tes choix. Souvent, y en avait pas, de raison. Ou alors c'était des raisons un peu débiles. Complètement délirantes. Mystiques ?

- David, je l'appelle pour attirer son attention. Tu veux bien me raconter ?

Il s'approche et se laisse tomber sur le lit, fixe ses mains qu'il tortille. Ses sourcils sont froncés et il se met à me raconter, brièvement, qu'il a été appelé par un Dieu, Utu de ce que je comprends. Certes. Ça ne m'aide pas beaucoup. Il évoque la Corée. Se tait. Il ne continue pas. Tremble un peu, je crois. Ma main se pose sur la sienne et je la caresse doucement. Allez, David. S'il te plaît, ne te renferme pas comme ça.

Il ne reprend pas. Il ne reprendra pas, en fait. Un soupir m'échappe avant que je ne me décide à parler. Pour occuper l'espace sonore.

- Pardon de t'avoir menti, je fais la moue, embarrassée. Je voulais pas. Mais je pouvais pas te dire qu'un Dieu m'avait appelée. Tu ne m'aurais pas crue, je crois…

Quoique… Un pauvre sourire se dessine sur mes lèvres. Je me sens un peu bête de l'avoir laissé tomber de cette manière. Mais est-ce que j'avais réellement le choix …?

Je me mets à lui raconter les derniers mois. Mon dieu, ma mission ; Enki est assez spécial, je trouve. Mais quand on le compare à tous les autres, vu ce que j'ai déjà pu entendre, ça me… Je ne sais pas. Je me dis que j'ai eu de la chance, au final. Il ne me donne pas des missions au-dessus de mes moyens. Et j'en suis contente ; je suis un peu une trouillarde. Je n'ai jamais été très fan d'aventure. Pas comme mon frangin, après tout. C'est vrai…

Puis je lui dis quel est mon pouvoir ; contrôler l'eau, tout ça. Je trouve ça assez génial, en fait. Puis je lui parle des cours, de nos profs. Ils sont gentils, pour la plupart ; même si Mr. Steek est quelqu'un d'assez effrayant - il tient bien sa réputation de directeur sadique, je crois. Il suffit de se souvenir de sa réaction lors de l'altercation entre dieux dans la cour ; tout le monde a été époustouflé de le voir réagir de cette manière. Et, surtout, d'avoir une telle autorité sur les divinités. (D'un coup, les petits chieurs du fond de l'amphi ont arrêté d'ouvrir leur bouche ; ça nous fait des vacances…)

Enfin, je lui parle de Ivanek et Melina. Deux personnes très sympa qui me tiennent compagnie depuis le début de l'année. Et lui promets de les lui présenter.

Comme d'habitude, il reste silencieux. Se contente d'hocher la tête, sourire parfois. Comme intimidé.

Sa main se resserre sur la mienne.

La vie à la Congrégation ne sera plus la même pour moi. En espérant que ce soit en bien. David est tellement spécial...

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