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J'espère que tu ne viens pas faire Justice, Utu.
Inanna
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Localisation : Allongée entre les racines d'un arbre centenaire.
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Inanna

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Jeu 1 Mai - 22:35
Utu & Inanna

La Lune laisse voir un croissant blafard dans le ciel d'encre, éclairant à peine les environs. Un feu de camp s'en charge pourtant à quelques dizaines de mètres, en contrebas. La cime des arbres se découpe en d'immenses ombres tortueuses et sévères. Adossée à l'un d'entre eux, je prends une longue inspiration, silencieuse et déterminée, une lueur sauvage illuminant mes iris sombres. Le vent souffle dans les branches et les lianes en les agitant dans un bruissement familier. Le doux fracas de ma colère. Celle de la guerre. De la puissance malveillante et amère qui approche à pas menus et légers, invisible. Le parfum mielleux de leur mort prochaine m'offre un nouveau souffle.
Les humains. Eux qui s'imaginent être les créatures suprêmes de l'univers ; se sont-ils regardés en face ? Ils grouillent comme des insectes. Se multiplient aussi vite que des parasites nuisibles. Ils inventent des machines destinées à faire plier la nature ; mais la Nature ne ploiera jamais face à eux. Moi, courber l'échine devant leur misérable technologie ? Et pourquoi ne pas me raser la tête et me transformer définitivement en homme des cavernes, dans ce cas-là ? Ce que ces crétins d'homo sapiens (hommes « savant »... on se demande où se trouve la science dans le fourbi qui leur sert de cerveau) imaginent pouvoir dominer leur retournera un jour en pleine face. Et tant pis si ces messieurs-dames n'apprécient pas le retour de faveur.
Un léger sourire, un peu malsain, tire mes lèvres en coin. Non loin de là, les derniers hommes du camps se couchent, plongeant ses alentours dans un calme plat. Chaque bruit est perceptible. Chaque son décuplé. Ma respiration fait écho à la brise lourde d'odeurs qui emplit la forêt. Les poumons de la planète.
Chez moi.
Un pas. La plante de mes pieds se pose sur le sol avec un bruissement étouffé. Les bêtes sauvages commencent à rôder autour de leur camp. Je ne suis pas la seule à les avoir pour proie. Il serait si facile de leur ôter la vie en apparaissant soudainement derrière eux, ou en envoyant l'un de mes missionnaires faire le travail à ma place. Cependant, parfois, il faut bien avouer que la chose manque un peu de piquant.
La chasse est beaucoup plus amusante lorsque nous prenons le temps de la savourer, à leur hauteur, avec leur corps faible et pourtant fait pour la guerre. Car quelle créature est-elle mieux dotée pour le combat que l'homme ? Je vous le demande.
Mes doigts enserrent doucement le bois de mon arc, alors que je continue ma lente et prudente avancée. Mon dos est presque voûté, mes jambes pliées pour pouvoir me dissimuler dans les fourrés. Je ne serais pas étonnée de les voir me tirer dessus avec leurs fusils ; ce qu'ils ne savent pas, c'est que ces armes n'ont aucun secret pour moi. Chaque mécanisme m'est connu. Bien que mon corps ne soit pas à l'épreuve des balles, il est évident qu'ils ne peuvent rien contre moi. Qui le pourrait ? Mis à part les autres dieux, et quelques créannes anciennes et malveillantes comme le monde en connaît des centaines. Mais en ces lieux, en cet instant précis, ne m'appartiennent que les étoiles se reflétant dans mes yeux et ce visage assombri par le sérieux et le soleil, recouvert de peintures de guerre à l'image du peuple indigène que je soutiens. Les plumes accrochées à mon collier se soulèvent et s'abaissent au rythme de ma respiration, de plus en plus calme et profonde.
J'entre dans le camp, aux aguets. Surveillant chaque recoin, chaque ombre mouvante sur le sol et dans les arbres, la démarche souple et attentive. Piètres hommes. Pensaient-ils réellement pouvoir détruire ma forêt, que j'avais mis tant de temps à construire, la seule à avoir survécu à leurs caprices, avec leurs odieux bulldozers ? Voir la forme carrée et métallique au milieu de ce paysage enchanteur m'emplit soudainement de rage. Un rictus cruel se colle sur mes traits auparavant si calmes. Si je n'avais pas si peur de mettre le feu à la moitié de la sylve, je crois que j'aurais détruit cette carcasse mécanique en la faisant exploser. Je me contenterai de la mettre en pièces, morceau par morceau. Mais chaque chose en son temps.
Je m'approche des tentes où les travailleurs sont endormis. Ils n'y sont pour rien ? Certes. Ils ne font que leur travail ? Peu importe. Je fais le mien. Protéger mes terres et l'écosystème que j'ai créé.
Et l'Amazonie est mon territoire. Malheureusement pour eux.
Leur chef se trouvera de toute manière bien vite en mauvaise posture... Autant profiter de mon temps libre pour effectuer une petite mission afin de retarder les travaux. Et me défouler un peu par la même occasion...
Lentement, je déplace le tissus de la tente pour me permettre d'entrer, et contemple les deux loques assoupies au sol. Né de la poussière, tu retourneras à la poussière.
J'ai un nouveau sourire lorsque je décoche mes flèches, soupirant d'aise lorsque leur crane se fend dans un craquement sourd. L'un d'eux se réveille et crie ; je le fais taire immédiatement, espérant qu'il n'alerte pas les autres. Nanna, je crois bien que tu seras à nouveau témoin de mes méfaits cette nuit. J'espère que la perte de tes petits destructeurs adorés ne t'empêchera pas de fermer l’œil... Je m'en voudrais de t'infliger cela. Vraiment.
Un rire sans joie m'échappe bien malgré moi alors que je ressors, et que le canon d'un fusil se pointe dans ma direction.

– Lève les mains ! Bien haut ! lâche l'homme en grondant dans un portugais très lent, alors que l'un de ses camarades se dirigeait vers l'intérieur de la tente.

Mon regard s'assombrit mais j'obéis, levant les mains sans pour autant lâcher mon arc. L'autre lâche un cri en tombant sur les corps ensanglantés de ses collègues.

– La garce ! La garce les a butés ! Tire lui dessus !

Je tourne la tête vers lui lorsqu'il ressort, et me jette souplement dessus, sans crier gare. L'homme armé tire dans le vide par réflexe alors que j'égorge son compagnon de la pointe d'une de mes flèches, d'un geste vif et précis. Il tire une seconde fois et m'érafle l'épaule, mais n'a pas le temps de me viser au thorax. Il s'effondre au sol, le front transpercé. J'ai un claquement méprisant de la langue en posant ma main sur la légère blessure au bras gauche.
Arrachant un bout de leurs vêtements pour le bander, je m'occupe de saboter le moteur et m'éclipse, plongeant le campement dans les ténèbres.


Le ciel se colore lentement de rouge, d'orange et de rose alors que le jour se lève enfin  sur le Brésil. Accroupie près d'une source, je me passe de l'eau sur le visage afin d'en enlever la peinture mêlée au sang. La source claire se teinte légèrement de carmin, et j'en apprécie la fraîcheur avec un soupir de contentement. Les choses les plus simples sont parfois les meilleures...
Ma peau pâlit lentement, retrouvant une couleur à peine bronzée. Je détache mes cheveux en les laissant tomber sur mes reins, et me débarrasse de toute trace d'hémoglobine sur mon corps en profitant de la vue imprenable – une magnifique cascade  entourée d'arbres gigantesques. J'ai encore un peu de travail dans le coin, aussi je ne risque pas de pouvoir profiter de la merveilleuse source de mon royaume avant midi...
Je me redresse en sentant une aura particulière et parfaitement reconnaissable dans mon dos, à l'orée des arbres. Sans attendre, je bande mon arc et vise la silhouette, étirant un sourire pincé.

– Eh bien, Utu. Que me vaut le suprême plaisir de ta visite ? je lâche d'une voix légère qui contraste parfaitement avec mon expression, sans ciller. J'espère que tu ne t'ennuyais pas trop durant ta petite course quotidienne.

Et surtout qu'il ne comptait pas sur moi pour le divertir. Ou encore moins me faire la morale...







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Utu
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Utu

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Ven 2 Mai - 14:19
J'ai passé une journée... Tout bonnement affreuse.
Et même ça me tire un rire ironique. Qu'est ce que la fin d'un jour lorsqu'on l'est soi même, je vous le demande. Je donnerais toute ma vie, jusque dans son infime partie, pour pouvoir vivre la fin d'une journée en simple observateur. Pour me poser, rien qu'une fois, contempler le panache de la nuit, ses voiles sombres, sans avoir ensuite à courir après ma propre lumière. Je voudrais, pour une fois, m'éteindre, laisser ce monde un peu seul, je suis sûr qu'il se déroulerait très bien. Les hommes n'ont pas besoin de Justice. Ils n'ont pas besoin de ma Justice, celle d'un Dieu véreux, capable de retourner sa veste.

_ Ahem. Maître ?

Je baisse les yeux. Plus que quelques heures avant de quitter l'Asie. Pourtant je sens que je vais être occupé. Je reconsidère ceux que j'ai sous les yeux. Trois Dieux mineurs faibles, oubliés depuis trop longtemps, qui se disputent pour le brevet de l'invention d'une arme. Soit. Ces Igigis sont terribles. Après qu'on leur ai donné des droits, qu'on ai accepté qu'ils arrêtent de bosser pour nous, ils veulent s'approprier la légitimité d'inventions purement humaines ?
Je secoue doucement la tête. Ce n'est pas étonnant. Ils font comme ils peuvent pour essayer de survivre malgré le manque de croyance des gens d'aujourd'hui. Ils cherchent la moindre chose à laquelle s'accrocher pour ne pas disparaître, parce que eux n'ont pas la même légitimité que nous à rester en vie. Parfois le choix que nous avons fait, nous Dieux majeurs, de les sacrifiés sur l'autel de la recherche de puissance me donne froid dans le dos. Comment leur en vouloir ? Eux qui ne pensaient jamais voir la lumière de la mort les approcher, bientôt peut-être ils iront grossir les rang d'Ershkigal. Et ils attendent mon jugement. Pour leur survie.
Mais moi, que puis-je leur donner au juste ? Je ne peux pas partager en trois. La Justice, tu parles ! Les deux tiers disparaîtront par ma faute. Je hais ce boulot, j'en ai les conséquences, je hais ces rayons qui leur font sans cesse croire à une renaissance. Je ne suis pas un juge, je suis un bourreau.

_ En décret des lois qui régissent ce monde, je me devrais d'attribuer tout ce qui est du domaine de la Création à un Dieu anciennement serviteur d'Enlil. Seulement, les armes sont plutôt du domaine de ma chère sœur Inanna. Le brevet revient donc à Ashnan, déesse de l'agriculture de son état.

Titre qui ne lui revient plus depuis des décennies, malheureusement. Ce n'est qu'une ancienne trace des honneurs dont elle était couverte. Je vois Lahar, Dieu du bétail, râler à côté d'elle. D'après lui, c'est toujours à elle qu'on donne raison. Je me lève, près à continuer mon parcours journalier. Enfin, journalier... A quand la nuit, mon ami ?
Sans attendre leurs protestations, je m'élève dans le ciel, un fin rayon par une fenêtre. Leur dispute de couple date de plus de 6000 ans, ce n'est pas maintenant non plus que j'y mettrais un terme. Ni même demain. Ils trouveront toujours de quoi revenir, je le sais.
Et même si ça commence à m'énerver, je ne peux pas leur en vouloir.


~*~


Courir. Toujours, je n'en finis plus. Une fuite sans fin à la recherche du calme, de la fin de la désillusion. Je cherche la fraîcheur de la nuit. Et quand je semble enfin la saisir elle m'échappe, comme son maître. Mes rayons l'effacent. Cette journée encore n'est pas prête de se finir.
Je contemple mon reflet brillant dans les lacs que j'illumine. Je suis la Lumière du monde, de quoi je me plains ? Si je le souhaitais, je pourrais ne pas éclairer la Lune, elle se mourrait sans moi. Alors pourquoi n'ai je pas le droit d'approcher ? Je soupire. Pas la peine de se prendre la tête. Pas maintenant.
Je prépare les lueurs rougeoyantes pour sonner le glas de l'éveil à toute l'Amérique. Toujours, pousser les rayons de ma beauté au delà des frontières, des conflits, donner aux hommes cette lumière dans leurs yeux, dans leur vie, cette lumière dont ils dépendent pour vivre. Je suis le centre de leur vie. C'est cette seule pensée qui me permet d'être puissant et d'exister.
Alors que je tisse mes voiles autour des arbres, jouant avec les ombrages de l'Amazonie, le bout de mes doigts étendus semblent frôler une puissance en rien comparable aux Dieux mineurs. Un seul rayon, un seul contact m'a suffit à savoir à qui j'avais affaire. Ce qu'il venait de se passer.
Le contraste entre l'air d'altitude qui balayait ma peau tendrement et le carnage, l'odeur du sang au sol ma causa un choc. Encore. Elle ne s'arrêtera donc jamais. Le ventre noué, je reconstituais mon essence magique pour me matérialiser près d'elle, dans un flash lumineux trop violent pour la douceur du matin mais assez bien fait pour passer inaperçu.
Elle ne se fait pas attendre. Elle se retourne vers moi, l'arc bandé, les cheveux détachés tombants magnifiquement autour de son visage. L'air agressif, sur un si beau visage. Ma chère sœur. Notez l'ironie. Son regard est si acéré qu'il ne fait aucun doute sur sa nature, même si les bienfaits de ma lumière en éveil jouent en sa faveur.

– Eh bien, Utu. Que me vaut le suprême plaisir de ta visite ? J'espère que tu ne t'ennuyais pas trop durant ta petite course quotidienne.

Quel contraste. J'avoue que quand on est pas habitué ça fait presque peur. D'ailleurs je ne suis pas sur que cet arc pointé sur moi le soit uniquement pour rire. Il y a un temps ou je la vénérais pour ça. Mais c'était il y a longtemps, très longtemps à l'échelle de ma vie actuelle. Je sais aujourd'hui que ses formules de politesses ne sont que le fruit d'un entrainement raffiné pour tromper. Une parade de paon.
Je souris en levant lentement les bras, comme un gamin pris sur le fait d'une grosse bêtise. Oui je suis le Dieu de la Justice, ça veut pas dire que ça se voit.

_ Quoi de plus normal de venir dire bonjour à ma sœur favorite ? Ha mais suis-je bête, il semble que tu ais passé une belle nuit blanche.

Me déplaçant à la vitesse permis par mon pouvoir, je me retrouve en moins d'une seconde devant les corps. L'espace est aléatoire pour les Dieux, vous savez. Du moment que je suis dans la forêt, elle me voit, m'entend et me sent. Peu importe la distance.
Leur sang imbibe le sol. Elle ne leur a laissé aucune chance. Sa colère a détruit leurs ambitions. Je peux la comprendre, certes, les hommes sont agaçants sur bien des points. Mais je n'approuve pas ses actions et elle le sait. Je soulève mollement le bras d'entre eux et mime une grimace enfantine.

_ Ben dis donc, tu les as bien amoché Ina... Je suppose que tu sais qu'il y a d'autres méthodes. Bien moins... Salissantes.

Je me relève en me tournant vers sa position. Avec un sourire. Toujours.

_ Je n'approuve pas.

Elle le sait. Comme toujours. Elle ne changera rien. J'ai beau être la Justice, les morales à deux balles comme "tuer c'est pas bien", c'est bon pour les nigauds. Et pas de chance, Inanna est loin d'être simplette.

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Inanna
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Inanna

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Ven 2 Mai - 20:40
Utu & Inanna

Utu et son sourire. Utu et son masque de bons sentiments et faux semblants bien plus hypocrite que le mien. Semblable à un rayon de soleil, à un gamin hyperactif et agaçant, toujours à courir dans tous les sens, toujours à se faire voir. Le Soleil n'est jamais dans l'ombre, lui. On le vénère de tous temps, continue à prier silencieusement pour qu'il apparaisse, afin de ne pas gâcher une merveilleuse journée avec des nuages gris. Les humains sont égoïstes et ne pensent plus qu'à leur propre confort. Ils ne s'intéressent plus à la beauté des choses. Simplement à ce qui leur conviendrait le mieux sur l'instant. Égoïstes et gaspilleurs. Ils ne connaîtront jamais plus la ferveur de nos anciens croyants. Les seuls à prier, de nos jours, adressent leurs pensées à une entité étrange, hors du temps, de l'espace, de tout. Leur Dieu Unique. Quel choc ressentiraient-ils en apprenant que nous sommes pluriels ? Je me le demande parfois avec curiosité.
Malgré mon agacement apparent, et mon allure de guerrière amazone hargneuse, je garde un visage composé, et le fixe longuement. Sans prendre le temps d'abaisser mon arc. La corde tendue entre mes doigts m'offre une sensation sécuritaire qu'il me manque parfois en présence de mes collègues. Toujours à craindre une attaque en traître. Lui qui a pu laisser derrière son cher Nanna n'aurait aucun remords à me traîner dans la boue. Quelle justice représente-t-il ? Entre ses mains, ce titre ne vaut plus rien. Un simple mot lancé, sans rien derrière. Trancher pour des histoires stupides et sans intérêt. Et lorsqu'on lui demande un jugement avisé, on se heurte à un mur. Un regard détourné. Quelques mots. Une connerie du type « Inanna, tu as fait une connerie, assume. »
Mon regard feuillage prend des teintes plus orangées.
La rage, sourde et invisible. Qui enfle dans ma poitrine à chaque fois que je croise ce regard vide et ces mimiques amusées, trop forcées pour être réelles. Quand seras-tu honnête avec toi-même, cher 'frère' ? Toi qui ose encore me nommer ainsi...
J'ai un claquement méprisant de la langue alors qu'il réapparaît dans le campement que j'ai quitté tout à l'heure. Lentement, j'abaisse mon arc, et pousse même l'inconscience jusqu'à le faire disparaître. Peu importe, ce n'est pas le moment de le menacer ; je ne suis pas stupide. À peine sa seconde phrase achevée, je sens déjà venir le même discours moralisateur qu'il me sert depuis des siècles. Bien que des scènes comme celles-ci se soient surtout répétées dans les dernières décennies. Après tout, je ne déteste pas fondamentalement les humains. Ils n'existeraient pas sans nous, mais nous serions privés d'une importante source de pouvoir sans eux. Simplement... Depuis leur révolution industrielle, ils ne cessent de croître, de s'étendre, de se multiplier ; et avec eux, les dégâts se font de plus en plus importants. Pourquoi les autres Dieux ne cherchent-ils pas à le comprendre ?
Je me redresse et me relève, remet élégamment une mèche châtain derrière mon oreille en l'écoutant palabrer sur mon soi disant massacre. S'il souhaite réellement voir ce qu'est un massacre, je peux tout aussi bien lui en servir un véritable, un de ces jours... Ça lui fera les pieds.
Un soupir, et je me trouve à quelques pas de lui, bras croisé, et l'observant d'un air las.

– Ils ont été prévenus. Ils ont déjà détruit les forêts de la moitié du globe ; il n'est même pas question que je leur laisse l'occasion de détruire la mienne. Après l'ultimatum vient la sanction.

J'hésite à lancer un « C'est ainsi que tu procèdes, je crois bien ? » mais me retiens au dernier moment. Je ne veux pas encore créer d'esclandres.

– Je sais parfaitement que tu n'approuves pas, Utu. Et je n'ai pas non plus besoin que tu te déplaces en personne pour me le faire remarquer, dans ton éternelle bienveillance.

Bienveillance, mes fesses. S'il pouvait me traîner chez Enlil pour m'humilier et me faire passer l'envie de toucher à une arme pour quelques semaines, je sais qu'il le ferait. Tous les Dieux ont décrété depuis quelques millénaires qu'il était bon de me haïr et de me faire payer le moindre de mes actes – eh bien parfait. Je suis déjà passée de l'autre côté une fois, et je n'aurais pas peur de recommencer si le prix en retour n'était pas si lourd à payer.
Dans mon cœur, le bruissement d'une feuille morte oubliée depuis longtemps. Je frémis à peine. Laisse simplement ma mâchoire se décrisper un instant.

– Tu n'as pas besoin d'être constamment derrière mon épaule pour me citer le code civil, tu le sais très bien, je lâche en jetant un œil indifférent aux corps entassés. Un conseil. Arrête de perdre ton temps pour ça.

'Ça', ou le nom très affectueux que je donne à nos amis les humains. Ils ne méritent pas tant d'attention de notre part. Pas ceux-là. Il est vrai que je ne suis pas tendre, et que je peux être carrément cruelle par moment. Mais les meurtres gratuits ne sont pas réellement ma tasse de thé, même si quelques rats disparus de la surface de la terre ne me fait ni chaud ni froid. Il devrait le savoir depuis le temps... Enfin peu importe, je ne compte pas me justifier face à lui, j'ai mieux à faire. J'ai abandonné depuis le temps. Ce n'est pas comme si l'avis de la Déesse la plus sanguinaire du Panthéon pouvait importer.
Mon regard s'ancre au sien. Je peux y lire le reproche et la déception, une fois de plus. Mais qu'est-ce que j'y peux ? Je suis née ainsi, et ils ont contribué à ce que je devienne pire encore. Tous autant qu'ils sont.
De plus... sans injustice, il n'y a pas de justice. Ils sont tous bien trop contents de ne pas faire le sale boulot eux-même.
Que voulez-vous... Ainsi va la vie, même pour nous.







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Utu
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Utu

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Mar 6 Mai - 14:37

Il ne lui faut que quelques secondes pour se retrouver à mes côtés, les bras croisés, un soupir au bord des lèvres. Si l'arc est désormais rangé, je ne me fais aucune illusion sur la position actuelle. Elle n'a pas baissé sa garde, au contraire. Je sens sur mon peser son regard de mépris, il me transperce de part en part. Oui, tu dois sûrement te demandé comment je peux te faire des reproches ? C'est mon boulot. Juste ça; Et je le hais.
Mais après tout tu n'en as absolument rien à foutre de tout ça non ? Tout ce qui t'intéresse ce sont ces loques humaines bonnes qu'à être massacrées. Voir couler le sang. Alors je comprends que tu ne veuille pas entendre parler de ces sermons. Que tu en as assez de voir ma tête, moi qui n'ai plus aucune légitimité dans ce monde. Magré tout je ne peux pas te laisser faire ce que tu veux, Inanna. Ce serait contraire à ma nature. Même si au fond, je ne sais plus vraiment ce que je suis, maintenant.

– Ils ont été prévenus. Ils ont déjà détruit les forêts de la moitié du globe ; il n'est même pas question que je leur laisse l'occasion de détruire la mienne. Après l'ultimatum vient la sanction.

C'est à mon tour de soupirer. Vraiment, elle n'apprendra jamais. Que croit-elle au juste ? Que c'est parce qu'elle tue quelques exécutants que le problème va s'arranger ? C'est désormais tout le système créé par les hommes qui nous filent entre les doigts. Mais évidemment, je n'ai rien à dire, moi le traitre, je n'ai qu'à me taire. De toutes façons personne n'écoute ma voix, elle ne vaut plus rien. Ce n'est pas un hasard si Inanna et moi avons les mêmes discussions depuis près de 6000 ans.
De toutes façons, elle trouve toujours une raison pour tuer. Peut-être est ce aussi dans sa nature ? Mais il lui ai pourtant si facile de changer, comparé à moi... Je l'envie tellement. Je la hais aussi. Elle ne se rend pas compte de la chance qu'elle a d'être libre, de pouvoir vivre le jour et la nuit comme elle le souhaite. Elle en fait un si mauvais usage...
Il faudra que je lui demande, un jour, ce que c'est pour elle, sa notion d'ultimatum...

– Je sais parfaitement que tu n'approuves pas, Utu. Et je n'ai pas non plus besoin que tu te déplaces en personne pour me le faire remarquer, dans ton éternelle bienveillance.

Pourquoi autant d'amertume dans ses paroles ? Dans son regard ? Qu'est ce qu'elle croit ?! Que je n'ai pas assez payé ? Que j'ai le choix, de faire ce "magnifique boulot", de devoir courir sans cesse après a lune en sachant très bien que je ne pourrait jamais la rattraper ?! Même avant, quand Nanna ne me fuyait pas, je ne pouvais que rarement le voir, lui parler, et elle, que me reproche t-elle ? De profiter de la seule liberté que j'ai de bouger sur cette terre, celle de rendre la Justice ?! Si il n'y avait pas ça, il ne fait aucun doute que Nin -même si je le respecte énormément- ne me laisserait pas frôler sa terre, profiter des merveilles qu'ils ont faites pour elle et que je ne fais qu'éclairer.
Ingrats. Vous m'agitez sous les yeux une merveille, cette création commune, puis vous me reprochez d'en approcher ? Les Dieux sont ingrats.

– Tu n'as pas besoin d'être constamment derrière mon épaule pour me citer le code civil, tu le sais très bien. Un conseil. Arrête de perdre ton temps pour ça.

Je me relève, essaye de na pas laisser mes épaules s'affaisser, de garder ma colère et ma tristesse pour moi. Même si je sais qu'elle peut les sentir. Elle me déçoit, profondément. Si je ne suis pas constamment derrière son épaule, que se passerait-il, au juste ? Rien. Je suis inutile. Je ferais mieux de me retirer dans le ciel, loin, sur une de mes étoiles, laissez ces abrutis de Dieux, ces humains stupides se débrouiller tous seuls. Je ne manquerais à personne, au moins.
Ha mais si, suis-je bête ! Que seriez vous sans ma lumière ? Que seraient les fleures de ma chère sœur sans leurs besoins quotidiens en rayons chaleureux ? Rien. Rien de plus que de vulgaires tiges blanches, sans odeur si charme. Comment serait ce monde sans l'espoir que je représente ? Ha, maudite ironie...
Je soutiens son regard. Je souris. Si je ne perdais pas mon temps autour de votre foutue planète, tu n'aurais pas de pouvoir, chère sœur. Voilà à quoi je sers. Et même si je déteste ce que je fais, j'ai horreur qu'on passe outre les règles que j'établie en conditions de ce passage sur terre.
Je ne suis pas faible, ma chère. Je devrais vous laisser tous tomber, mais je ne fais pas. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est de l'espoir. Encore et toujours, j'espère que vous comprendrez, un jour. Peu importe le temps que ça prendra.
Dans un mouvement souple, j'étends mes muscles un à un, étire mes bras au ciel et la lumière augmente un peu. Le soleil suit son cours. Je vous prie de ne pas l'oublier.

_ Peut-être que tu méprise ce "Code civile", ma vieille amie, mais tu devrais t'y pencher... Il y a des choses très intéressantes sur la nature humaine dessus.

Je ne parle évidemment pas de celui des humains, mais du mien, ho combien plus complet et intéressant. La loi divine a aussi ses codes, figurez vous. Pour mieux pouvoirs les transgressez, comprenez...
Intéressé, je jette un coup d’œil aux blessures des corps restants. L'odeur du sang, salée, me tire une nouvelle grimace.

_ Par exemple, chaque mort sauvage chez les hommes réclame vengeance. Je n'ose pas imaginer ce qui risque d'arriver aux indigènes que tu as voulu sauver.

C'est à mon tour de la transpercer. Vois-tu, Inanna ? Tu ne peux pas tuer tout le monde. Tu ne pas changer tout le monde non plus.
Qu'on soit là ou pas, le monde ne cessera pas de tourner.

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Inanna
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Inanna

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Sam 10 Mai - 15:22
Utu & Inanna

L'éclat mordoré de mes yeux ne s'efface pas. Il perdure, illuminant mes iris de la couleur de la discorde et de ma haine, celle-là même qui déchire tant de peuples, tant d'hommes entre eux. Ces si faibles hommes qui pensent pouvoir nous asservir et user de nos ressources comme bon leur semble, au point de se battre pour une chose qui ne leur appartient pas et qu'ils ne respectent pas ; Utu ne connaît pas ça. Il ne connaît pas la douleur de voir une partie de soi disparaître de la surface de la terre. Il ne la connaît pas, tout simplement parce qu'il se fixe loin derrière l'horizon, impénétrable et inatteignable. Le Soleil majestueux qui nous domine tous, d'une manière ou d'une autre. Ce Soleil destiné à éclairer, à guider ; mais quel guide est-ce, au juste ? Que croit-il pouvoir faire ? Nous sommes des Dieux, nous aussi. Certes pas aussi imposants. Mais que feraient-ils sans la Déesse de la Nature, agissant sur les plantes qui elles-même maintiennent les hommes en vie ? Nous avons tous notre rôle à jouer dans ce monde ; et si l'un d'entre nous venait à disparaître, le monde ne tournerait plus de la même manière. Alors que peut-il me faire ? Me priver de mes pouvoirs ? Mais aucun d'entre eux ne pourrait à la fois porter le poids de la Haine et celui de l'Amour sur leurs épaules. Alors que feraient-ils ? Me supplieraient-ils de continuer ? Ou bien me l'ordonneraient-ils simplement ? Comme on ordonnerait à une femme de faire le ménage. Allez, Inanna ! Tu peux bien faire ça. Te faire haïr. Détester. Pour offrir un peu de divertissement à ces pauvres Dieux qui s'ennuient. Allez, va ! Va créer des conflits, ou règle les ; mais surtout, bien sûr, fais attention ; les terribles armes créées le sont à cause de toi. Porte le poids de tes fautes, Inanna. Porte le poids de notre haine et notre colère ; après tout, c'est bien toi qui n'en fait qu'à ta tête. Mais tu nous amuses bien. Alors nous te laissons la vie et tes pouvoirs, dans notre grande mansuétude. Parce que de toute manière, nous n'avons pas le choix. Et qu'il faut bien une paire de fesses féminines à reluquer dans le lot, au final.
Ahah. La bonne blague. Je me ris de ces Dieux qui se croient manipulateurs. D'eux qui s'imaginent pouvoir me contrôler. Comme les hommes souhaitent le faire. Ils mettent toutes leurs forces à créer des armes de plus en plus destructrices et nocives, à dominer chaque arbre, chaque plante et chaque fleur ; et ils tuent, encore et encore, au nom de l'Amour d'un dieu qui n'existe pas. L'Amour. La Haine. Les deux fléaux de l'humanité. Les deux fléaux des Dieux.
Et c'est moi qui en suis l'allégorie. Le plaisir malsain d'aimer et de détruire, de désirer ardemment ce que l'on a pas. De garder pour soi ce que l'on a déjà. De conquérir ce que l'on cherche. Et le posséder. Depuis toujours, et jusqu'à la fin des temps.
Tel est mon pouvoir. Tel est ma sentence. Car qu'est-ce qui est plus facile à haïr que l'Amour lui-même ? Voilà des milliers d'années que la question tourne et se retourne dans mon esprit. Finalement, je n'ai pas grand chose pour moi.
Un sourire exécrable étire mes lèvres en coin alors que le Dieu solaire se relève. Ses yeux sont un véritable puits de sentiments que je ne connais que trop bien. Ils me définissent depuis si longtemps... Il sourit à nouveau. Ce sourire doux qui me donne envie de lui arracher le visage pour le faire disparaître à tout jamais. Peu importe son apparence, son sourire est toujours le même. Lumineux. Mais ô combien hypocrite. Pourquoi t'obstines-tu à briller ? Pour qui le fais-tu ? Pour eux, ou pour toi ? À moins que ce ne soit encore l'une de ces promesses ridicules que tu t'es faites après ta trahison. Ce qui, venant de toi, mon cher frère, ne m'étonnerais pas spécialement.
Je tourne lentement mon regard vers la carcasse fumante de tôle et de verre du bulldozer que je me suis amusée à démembrer cette nuit. La nature humaine... L'homme n'a plus de nature. Ils ne le méritent plus. Plus depuis qu'ils ont inventé ces machines. Plus depuis qu'ils ont cherché à tuer leur Mère, et à l'empoisonner avec leur radioactivité. Depuis cent ans, ils ne sont plus des hommes. Simplement des bêtes monstrueuses et repoussantes. Des bêtes qu'il faut exterminer, les unes après les autres.
Un soupir, et je lève les yeux vers le ciel, toujours en gardant le silence. La vengeance ? Je connais assez bien la chose, Utu. Après tout, lorsqu'on vit des millénaires, nous avons tout notre temps pour être rancuniers. Croit-il m'effrayer avec ses mots ? Je ne les crains plus depuis longtemps. J'avance de quelques pas, contournant l'un des corps, pour effleurer le tronc d'un arbre d'une main légère et délicate.

– Deux d'entre eux se sont pris une balle dans le dos il y a trois jours, je laisse tomber dans le silence, les yeux fixés sur les sillons creusés dans le bois. Eux aussi réclamaient vengeance.

La forêt toute entière réclame vengeance ; pour tous les hommes, pour toute la Terre pillée et souillée. À l'agonie.
Je ferme les yeux un instant. « Indigènes. » Appelle-les sauvages, tant que tu y es. Ils sont des hommes eux aussi, Utu. Comme ceux que tu te plais à protéger. Pourtant, eux ne nous blessent pas. Ils vivent en communion avec nous, parmi les arbres qui leur offre protection et vivres ; ils aiment la terre et le ciel, le soleil et la lune, le vent et la pluie. Ils acceptent la mort comme une étape franchie dans la conquête de l'âme. Et qui les protège ? Personne, mis à part eux-même. Même moi n'en ai pas été capable.
Mon cœur douloureux s'apaise un instant. Autour de nous, des pousses apparaissent ; les petits arbres grandissent, reprennent leurs droits sur la terre dépossédée et poussent vers le ciel, en quête de la chaleur d'Utu ; sois-en fier, vieux frère. Même si je ne t'apprécie pas, je te respecte pour m'offrir la possibilité de donner la vie à mes enfants. Les seuls que mon ventre plat de mère infertile pourra jamais faire naître.
Cela fait, je m'accroupis souplement au sol, et prend une poignée de terre entre mes mains, que je laisse s'écouler lentement, hypnotisée par son odeur humide et sa couleur sombre.

– Ils nourriront la terre qu'ils pillent de leur corps et de leur âme, je souffle d'une voix douce, reportant mon regard à nouveau vert dans les siens.

Je me tourne ensuite vers Utu et le fixe intensément, sans animosité aucune pour une fois. Alors que je me remets sur mes deux jambes, le vent agite doucement les branches de mes arbres, dans une symphonie de bruissements légers.

– Tout acte a une conséquence, ne le dis-tu pas toujours ? Laisse-moi les gérer moi-même. Je ne suis pas sotte ; du moins je le crois, je rajoute en esquissant un sourire  à demi moqueur.







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Utu
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Lun 19 Mai - 22:35

Je ne voyais que trop bien les reproches cachés dans le regard de ma sœur. Comment les ignorer, quand ils sont et restent les mêmes depuis des millénaires, que les Dieux sont tout aussi incapables d'oublier que de pardonner, ou même simplement de changer leur regard de l'autre pour le comprendre, ou même simplement, le voir ? C'est triste à dire mais nous nous côtoyons depuis tellement longtemps que nous ne nous connaissons plus.
L'égoïsme des uns passe par dessus la bonté des autres, si bien qu'au fur et à mesures, nos rencontres se font moins courantes, moins signifiantes, plus irritantes, car étrangement similaires. Tout le temps même. J'en viens même à me demander si Nanna n'y est pas pour quelque chose dans cette répétition inlassable de nos vies. Comme si on avait peur du changement, peur qu'il nous arrive quelque chose d'irréparable, trop peur pour oser s'approcher et se dire clairement ce qu'on pense, parce qu'on ne le sait que trop bien. Et on ne veut pas changer.
Et je fais parti de ces Dieux, ces Dieux qui baissent les yeux ou soutiennent les mêmes regards depuis si longtemps déjà qu'ils finissent par s'en lasser. Alors je baisse les yeux devant elle, comme toujours. Parce qu'à ses yeux ma Justice ne vaut pas un clou, la vie humaine n'en parlons pas et parce que je suis le traître. Et les traîtres, ceux qui ne tiennent pas leurs engagements, leurs rôles, les traîtres qui changent, ceux là sont inférieurs. Pourtant même dans mes codes il n'existe pas de lois qui impose aux Dieux de rester infiniment les mêmes connards qu'au jour même de leur naissance. Quand bien même l'aurais-je écrite qu'elle n'aurait rien changée.
Le silence dure, ma chère Inanna. N'est ce pas la preuve que nous n'avons rien à nous dire ? Pourquoi suis-je encore là alors ? Ne te poses-tu jamais la question toi, de savoir quel est notre but en ce monde ? Ou bien fait-elle trop mal et tu aurais peur de ne pas en trouver la raison ?
Tu me décris les atrocités commises sur les peuples que tu aimes. Mais ne sont-ils pas les mêmes que dans des centaines d'autres endroits, ailleurs ? La vengeance n'amène que la vengeance. D'ailleurs j'oubliais que c'est ta raison d'être, chère sœur. Massacrer pour voir le sang et la guerre tarir cette terre, que tu feras renaître ensuite. Je n'aime pas ce cycle infernal. Je n'aime pas la raison pour laquelle nous existons, même sans a connaître.
Joue avec la terre, regarde comme elle t'hypnotise. Mais les humains encore plus, ne te mens pas. Je vois dans ton regard cette soif qu'ils ont tous, de ne jamais s'arrêter avant d'avoir atteint leur objectif. Quel est le tien ? Mis à part de détruire les hommes impurs de cette terre... Hommes dont tu vénères les impuretés qui mènent à leurs guerres ? Ina, tu a toujours été trop dure à comprendre pour moi, mais une chose reste éternelle : tu ne changes pas. Le jour où la surprise s'éprendra de nos êtres, les Dieux auront peut-être enfin à parler entre eux. Sauf peut-être Enki, qui sait, lui serait le seul à changer un jour, tant on ne sait pas jusqu'où vont les profondeurs de son être.
Maintenant tu me regardes. Tu me dis en face ce qui depuis toujours rêve de sortir de tes lèvres.

– Tout acte a une conséquence, ne le dis-tu pas toujours ? Laisse-moi les gérer moi-même. Je ne suis pas sotte ; du moins je le crois.

Certes tes yeux n'ont pas de haine. Mais ce sourire, ne peux tu pas l'empêcher ? Te rends-tu comptes de ce que tu fais ? Tu prends plaisir à dénigrer mon rôle, Inanna, à me montrer que mon utilité est seconde ici. La Justice, crois-tu que j'ai le choix de l'appliquer ou non ?! Crois tu que je vais encore baisser les yeux parce que je suis le dernier à avoir à donner mon avis ?! Je ne baisserais pas les-
Une douleur. Intense. Ma poitrine brûle comme si on y avait fait un barbecue. Pas littéralement, juste à l'intérieur. Un froid glacial se repend en moi. Celui de la nuit. C'est sa signature. Celle de mon frère le plus proche. Sa signature lorsqu'il commet un forfait. Je baisse les yeux. Nanna. Que crois tu donc ? Que je ne sens pas quand toi, tu trahis mes règles ? Aussi loin que tu sois je peux sentir ta colère sur le monde. Et je ne peux rien dire. Alors j'abandonne. Encore cette fois, je vais devoir être indulgent avec Inanna, envers ses crimes, pour ne as avoir à te sanctionner. Le juge ferme les yeux. Comme toujours.
Je me relève, un sourire au lèvres. Un sourire béat, comme un enfant devant un magasin de jouet. Comme un parfait idiot, celui que je suis. Je ne la fixe pas, j'échappe à son regard. Je tourne autour des cadavres. Je pousse légèrement la tête de l'un d'entre eux, comme on jugerait un morceau de viande. J'ai mal. J'ai mal tellement je suis affreux.

_ Bon bon, comme tu es une grande fille, on va dire que pour cette fois ça va !

Prononcer ces mots me déchire. Ce n'est pas mon rôle d'être indulgent. Je me glisse derrière elle avec agilité et saisis une de ces mèches. Il faut une sanction. Au moins une.

_ Mais en échange de mon amabilité, je veux ta plus belle mèche de cheveux.

Ridicule, vous allez dire. Oui, ridicule. Voilà ma Justice. Et je suis sûre que pour elle, sa mèche de cheveux vaut bien plus que trois vies humaines.
Je hais les Dieux.

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Inanna
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Jeu 29 Mai - 11:47
Utu & Inanna

L'éclat de colère qui apparaît dans ses yeux m'arrache un soupir de plus. Quand comprendras-tu, Utu ? Parce que oui, tu ne saisis pas. Cherches-tu ne serais-ce qu'à savoir pour quelle raison je te dis tout cela ? Non, bien sûr que non. Pour toi, que ce soit de la colère ou de la tristesse, de l'amour brisé ou de la haine, tu t'en fiches. Tu t'en fiches tant que ça a trait à moi, ta pauvre cloche de sœur, trop assoiffée de sang pour voir ce qui se trouve devant mon nez. Mais je ne suis pas stupide, Utu, bon sang. Regarde moi ! Regarde moi, et ose me dire que tu me comprends ! Ose me dire que tu n'as pas tort de penser que je te méprise sans raison ! Si tu veux que je te respecte, alors fais la, ta Justice. Fais la moi respecter, par la force de ton ire et la puissance de tout ton être. Mais avoue-le, tu es trop faible pour ça, Utu. Bien trop faible pour accepter de me punir. Aurais-tu peur de moi ? Tes pouvoirs sont pourtant plus grands, plus puissants ; tu brilles, Utu. Tu brilles, oui, mais d'un éclat si mat et si désuet que je me demande encore comment tu peux encore accepter de faire sonner le glas de la Justice.
Il baisse les yeux ; baisse les yeux comme le ferait un chien face à une créature plus forte que lui. Il se soumet. Abandonne. Quel lâche. Il garde ses mots enfermés à l'intérieur de lui, reste silencieux sous mon regard de jade. Qu'est-ce qu'un Dieu incapable de gouverner ? Pas grand chose, pour moi en tout cas. Même si peu à peu nous nous retrouvons tous dans le même cas.
Je lève les yeux vers le ciel, à présent entièrement bleu. Peut-être est-ce parce qu'il n'aura jamais la possibilité d'être lié à la terre que nous ne pouvons pas nous entendre. Peut-être aussi qu'il ne le désire tout simplement pas. J'ai un sourire amer à cette pensée. Pas sûr que qui que ce soit le souhaite, au fond. L'Amour sera toujours haï, je le crois bien. Mais qu'importe, à présent... Qu'importe, maintenant que des millénaires ont déjà passé leur chemin. Qu'importe, maintenant. Je ne suis plus certaine qu'il y ait le moindre intérêt à tergiverser sur ce problème.
Sa voix me fait redescendre sur terre ; je reporte mon attention sur lui, observant son sourire écœurant d'hypocrisie qui me fait frémir de dégoût. Je savais qu'il ne le ferait pas. Il est trop faible. Trop faible, jusque dans son cœur. Pourquoi confier la Justice à un tel énergumène ? Il s'implique trop. Laisse ses sentiments interférer dans toutes ses affaires. Il ne pourra jamais parvenir à rien de cette manière ; s'en rend-il seulement compte ? Parfois j'en doute.
La flamme du combat s'est tarie en moi. Je n'ai pas envie de lutter pour le faire réagir. À quoi cela servirait-il ? À rien, certainement. Peu importe, dans ce cas. Que je me démène ou pas, que quelqu'un le fasse à ma place ou non, ça ne changera jamais rien. Quelle connerie...
Je tourne à peine la tête pour le suivre des yeux, alors qu'il se place dans mon dos. Mes muscles se tendent imperceptiblement – lui le verra, je le sais. Il est attentif aux réactions. Mais interprète tout comme il lui plaît. Les humains appellent cela de la paranoïa. Peut-être sommes-nous tous ainsi, finalement. Au moins ai-je le bonheur de ne me concentrer que sur les gestes, et non les paroles.
Ses doigts effleurent mes cheveux avec une vivacité mais délicatesse à la fois. En un geste mesuré, parfaitement contrôlé, il en attrape une mèche. Et ses mots me tirent un sourire pâle. Un peu indulgent, certainement aussi. N'a-t-il vraiment trouvé rien de mieux ?

– Une mèche de cheveux ? je souffle, presque ébahie par la stupidité de ses paroles.

Mon nez se plisse. Mes yeux se ferment. La colère bouillonne à nouveau, monte petit à petit. Mais mon visage est lisse, dénué de toute expression.

– Tu me déçois Utu. Tu n'assumes rien.

Les mots m'ont échappé malgré moi, sans que je ne parvienne à les contrôler. Pourquoi une telle réponse, mon frère ? Au final, qui méprises-tu le plus ? Moi, ou ta Justice de midinette ?
Souplement, je me dégage de lui et m'éloigne d'un pas, faisant apparaître un couteau entre mes doigts fins. Je plante mon regard dans le sien un instant, sans me détourner. Mes traits restent durs et fermés. Ce type est incapable de bouger son cul. Il ne faut pas s'étonner de la décadence de l'espèce humaine. Vraiment, je le déteste. Du plus profond de mon être.
J'attrape mes cheveux, comme pour les attacher en une queue de cheval. Un soupir. La lame les tranche net, laissant mes boucles tomber au sol en une masse conséquente.

– Prends donc celle qu'il te plaira. Je te les offre toutes.

Même si je ne sais pas si tu les mérites.
Je me détourne, sentant mes cheveux à présent courts me balayer la nuque. Le fait a quelque chose de gênant ; je me sens dénudée sans. Mais qu'importe, ils repousseront aussi vite que je le souhaiterai. Pas tout de suite, néanmoins.
Vois-tu, Utu, je sais que tu verras là un acte de provocation. Tu seras bien trop stupide pour comprendre ce que j'essaie de te dire.
Mais peu importe. Nous avons encore quelques millénaires devant nous.







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Mar 3 Juin - 9:14

Je ne sais plus comment me comporter. D'un côté je voudrais sanctionner, mon pouvoir, mon être entier ne veut pas laisser innocente la mort d'êtres inférieurs, mais ma tête, elle, est ailleurs. Ailleurs loin, en Europe, cette foutue Europe, cette foutue Suède. Ce foutu frère.
Mon coeur se déchire. Je boue intérieurement, à mesure que je lève l'astre sur cette Terre, je boue de la colère qui monte. Apaisée honteusement ensuite par ma faute, encore et toujours, trop lourde à porter. Bon sang ! Mais que croit-il ! Que crois tu Nanna, je te le demande ! Que sous prétexte que je cherche ton pardon tu as le droit de braver ma Justice ?! Il faudrait arrêter un peu, je ne suis quand même pas là juste pour faire beau ou pour servir de prétexte à ta colère. Même si je suis celui qui est la raison de ta colère...
J'abandonne à nouveau, un léger souffle aux lèvres, sentant sur moi le regard pesant de ma soeur, elle bien fautive et présente en ces lieux. Je ne veux plus chercher son regard, j'en ai assez, et plus la lumière perce à travers les branchages plus mon humeur prends les couleurs de l'abandon et de mon légendaire humour qui me laisse échapper à tout. Comme le cycle du Soleil, mes humeurs sont un cycle, infini, où je suis enfermé.
Je ne t'en veux pas de ne pas comprendre, Ina, mais est ce bien normal de te sentir autant agressée par ma présence. Je secoue lentement la tête, résistant à un autre soupir. Je vois que je te déçois. Tu me le dis d'ailleurs, tu ne te gènes pas et ça me tire un sourire. Tu as toujours été comme ça. Sans gène aucune, comme Enki quelque part, et je dois avouer que parfois c'est libérateur de nos propres pensées informulées. Bon, sauf qu'on ne s'en sert pas de prétexte quand on tue.
A nouveau je sens une infraction. Une terre tremblante sous les pieds des humains qui s'affolent. Non. Nin serait avec lui ? Bon sang mais ils ont craqué cette nuit, tous à faire des conneries le même jour... Ou la même nuit ? Raaaa, bon sang ça aussi ça m'énerve.
Un couteau sort de nulle part, dans les mains de ma soeur. Tout ses cheveux tombent au sol, comme des feuilles mortes en automne. Une masse enchevêtrés de boucles fines, les meilleurs cheveux du monde, les plus beaux et les plus naturels. Son acte et ses paroles me brisent le coeur. Est ce par haine envers moi qu'elle les a tous coupés ? Pour me montrer à quel point je suis injuste ? Je m'en veux, ces si beaux atouts dont tu es fière...
Des fois j'ai du mal à y croire. J'arrive même à regretter ce que je viens de lui demander de faire. Pour des vies humaines ? Suis-je trop indulgent ou trop aveugle ? Je m'énerve. Moi même, tout seul, la haine d'Inanna se repent en moi, son poison... J'inspire, lentement. J'expire. Je souris. La haine, ce n'est pas moi. La nostalgie oui, l'injustice profonde oui, mais la colère n'est pas mon attrait. Je suis le Soleil, le Dieu des astres, là pour illuminer la vie de mes couleurs.

_ Merci bien ! C'est rare de te voir plier si rapidement.

Dans une lumière douce, les cheveux si fins se détachent du sol, lentement, viennent rejoindre les airs et sont consumés par un rayon de lumière, aussi fin qu'eux. Le prix. Pour chaque infraction commise, un du, un prix pour le rembourser. Les corps sont toujours là, et ma lumière semble uniquement leur donner l'air de simples dormeurs, sur le bord d'un chemin. Des dormeurs qui ont eu le malheur de croiser le chemin d'un Dieu.
Je joue avec un petit cercle de clarté, pas plus grand qu'un anneau, qu'une bague. Je joue avec pour poser mes yeux sur la déesse, préférant me concentrer à mon jouet plutôt qu'à elle, mais lui témoignant tout de même de mon attention. Je souris à nouveau. La titiller, voilà ce que je peux encore faire.

_ Et si je n'assume pas, ce n'est peut-être pas tout à fait de ma faute non ? Tu dis toi même que les humains son injustes, ne sont-ils pas juste le reflet de nous ?

Tiens. Je découvre des choses en les disant parfois. Je ne me pensais pas si philosophe ! Je passe un main dans mes cheveux, laissant échapper un rire libéré.

_ Enfin je dis ça ! Mais j'en ai rien à foutre d'être injuste. Et manque de bol, il n'y a qu'un seul Dieu de la Justice et c'est moi !

Mes yeux viennent se ficher dans les siens. Alors, ma soeur ? Cette version de moi est elle plus à ton goût ?

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Inanna
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Mar 3 Juin - 20:25
Utu & Inanna

Utu est ailleurs.
Son regard n'est pas posé sur moi, mais bien plus haut sur les terres ; mes sourcils se froncent. Autre chose doit attirer son attention. Quelque chose de plus important que mes méfaits. Ceux d'un autre Dieu.
Les Leurs.
Mon regard se porte sur l'Europe. Je ressens leur présence là-bas, divine et imposante. Dévastatrice. Ils ne prennent ni la peine de se cacher, ni celle de modérer leurs excès. Mes enfants tremblent sous cette terre violente et amère, désillusionnée depuis tant d'années. Nin. Mon beau Nin. Pourquoi ce soudain éclair de colère ? Cela ne te ressemble pas ; toi qui me modères toujours, me remets dans le droit chemin, tu peux aussi laisser éclater ton courroux de cette manière ? Eh bien. Je suis autant ravie de le voir si dynamique qu'agacée par le fait de n'avoir pu le voir se déchaîner de mes propres yeux. La chose est suffisamment rare pour qu'on ait envie de la savourer comme il se doit lorsqu'elle arrive.
Autre chose m'agace. Utu, ce regard si lointain, désintéressé de mes petits actes minables pour ne le poser que sur notre crâneur de frère. Bon sang, Utu, regarde-moi. Regarde-moi, et arrête de toujours chercher le sien ; tu n'existes même plus pour lui. À quoi cela te servirait-il d'aller le voir maintenant ?
Mes cheveux chutent au sol, et tes yeux suivent enfin leur lente descente. Il ne comprend toujours pas, je le lis sur son visage. Le voit à nouveau comme un signe de colère, de moquerie ; mais pense-t-il que je couperais une partie de moi par simple provocation ? Pour le faire réagir, oui. Pour lui faire comprendre, peut-être. Que sa Justice, je peux y croire. Mais seulement s'il s'en donne les moyens. Seulement s'il m'en donne les moyens. Tu ne vois pas ce qui crève les yeux, mon frère. Mais je ne ferais plus dans les signaux de fumée, à présent.
Ses yeux sont troubles. Je l'ai plus perturbé que je ne saurais le croire, visiblement. Peut-être est-ce lié à ce qu'il se produit à Stockholm ? Sûrement, oui. Il pense à Lui. À Nanna. C'est pour ça qu'il abandonne si facilement. Trop facilement. J'en suis presque déçue. Sans pour autant en être totalement étonnée. Le lien qui les lie, je le connais parfaitement. Je n'y suis pour rien cependant. Bien que je comprenne ce qu'ils ressentent. Moi aussi, j'ai déjà eu peur d'être séparée de Nin. Moi aussi, j'ai cru, un jour, qu'il me tournerait le dos, moi qui l'avais déjà tant déçu. Et blessé, cette fois-là, après la guerre. Par ces armes dévastatrices créées des mains des hommes. Ces hommes sans cœur. Sans âme. Ils ont brisé l'autre partie de moi-même. Et on failli nous séparer, tous les deux. Pour une chose que je n'ai ni encouragée, ni souhaitée. Mais voilà. Les hommes nous déçoivent. Et je le suis depuis ce moment. Je ne les ai pas toujours haï...
Alors oui, les situations ne sont pas comparables. Mais je comprends ce qui le pousse à vouloir courir jusqu'à eux. Enflammer leur univers, dans un flash de lumière aveuglant.
Je soupire en voyant le sort réservé à mes cheveux. Si beaux cheveux... Vous me manquerez quelques temps, mes amis.
Son regard passe sans s'arrêter sur les corps, avant de se poser sur moi. Ce sourire. Essaies-tu de me faire regretter mes actes, mon frère ? Je n'aime pas passer pour plus cruelle que je ne le suis. J'ai tué tant d'homme, participé à tant de guerres. Comment pourrais-je encore ressentir quelque chose en ôtant la vie de l'un de ces insectes ?

– Je ne plie pas, Utu.

Ma voix est un souffle dans le vent. Je ne plie jamais. Du moins, pas face au Soleil.
Il reprend la parole. Il m'agace. Il parle, parle ; ce n'est jamais intéressant. Il me désespère. Que veut-il que je réponde à ça ? Il sait parfaitement que je vais encore être désobligeante. Alors pourquoi s'acharne-t-il ? Lui à me harceler. Moi à le provoquer. Peut-être qu'au fond, les Dieux sont juste des cons. C'est vrai que ça expliquerait certaines choses, d'un seul coup.
Mes lèvres se pincent. La Justice, c'est lui. L'Injustice, c'est aussi lui. C'est un traître à son propre rôle. Peut-être pour cela que je le hais tant. Mais après tout, que l'on soit un traître ou que l'on respecte ce que l'on doit être, fourbe et cruelle, sadique et malicieuse, il y en aura toujours un pour faire la gueule et se plaindre. Parce que c'est mal. Mais le mal, c'est moi. C'est ma nature. Ma nature d'être délivrée de toute contrainte. L'homme ne fera jamais plier la nature, c'est ce que je pensais. C'est ce que je pense encore aujourd'hui. La nature n'obéit pas à des lois arbitraires. Et toi, Utu, c'est ce que tu fais. Tu écris des lois arbitraires, et tu les fais respecter en fonction de ton humeur. Tu n'es pas fait pour être le Juge des cieux, je le crains fort. Navrée de te décevoir.

– Mais même si c'est ton rôle, pour moi tu ne seras jamais la Justice tant que tu ne cesseras pas d'être un gamin immature et incapable de contrôler tes propres sentiments, je lâche d'un air agacé, croisant les bras sur ma poitrine en le toisant.

Hum. Je n'aurais peut-être pas dû dire les choses de cette manière. Mais bon, ça aurait pu être pire.

– Les hommes tirent leurs défauts de leurs Dieux. Je sais que je suis la pire d'entre nous. Merci de me le rappeler si judicieusement, par ailleurs, je souris amèrement, le ton acerbe. Mais si tu restes cloîtré dans ton délire de « Je suis la Justice donc je fais ce que je veux », honnêtement... Ne compte pas sur moi pour te suivre. La Justice se doit d'être Juste si elle veut être respectée, par eux comme par nous. Et toi, t'es juste... complètement stupide ?

Ah. Bon, d'accord, ça pouvait être pire au final. Je me savais franche, mais peut-être pas à ce point. Allez Inanna, t'es une langue de vipère, assume maintenant !

– Enfin, ce n'est qu'un point de vue, je rajoute d'un air goguenard, consciente de, certainement, aller légèrement trop loin. À moins que tu ne sois pas d'accord avec moi, mon cher frère ?

Trouvant la souche d'un arbre coupé, je m'assied dessus en croisant élégamment mes jambes nues, lui lance un sourire éclatant d'hypocrisie.

– Peut-être que Nin et Nanna seront d'un autre avis, qui sait. Ne devrais-tu pas aller le leur demander ?







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Sam 7 Juin - 16:46

Je la sens se crisper, devenir menaçante. Je sais qu'elle ne m'attaquera pas -elle serait bien folle- mais je peux voir d'ici tout le désaccord qu'elle met dans le moindre de ses mouvements. Elle ne plie jamais ? Hooo, c'est bien vrai. Pourtant pour une fois elle a accepté. Accepté de se plier à son antithèse même, la Justice. Je crois bien que c'est nouveau, c'est une sorte de progression. Ou de régression, si on considère la somme si infime que je lui ai demandé...
Je n'ai pas besoin de la regarder longtemps, même un seul à la volée comme ça me confirmait ce qui allait se passer. Je me pinçais légèrement l'intérieur de la lèvre. Allez vas-y dis le, toi qui pense que tu peux tout de permettre ! Ma sœur tant adorée qui rêve de me balancer mes quatre vérités ! Tu crois que je ne le sais pas, peut-être ?! Vous êtes tous pareils, Dieux de pacotilles, même moi ! Ha, je perd mon sang froid. Mais les mots peuvent faire si mal...
Elle me toise. Elle croise ses bras devant sa poitrine avantageuse, me regarde comme si j'étais le dernier des déchets, un déchet qui veut se recycler lui même. Les regards aussi font mal Inanna. Tu le sais j'en suis certain, mais reproduire ça maintenant... Toute cette affaire n'a rien à voir et tu le sais.
Quelque part, loin au bout du monde, une faille s'ouvre dans une rue paisible. Les cris des dormeurs réclament Justice. Je me fige.

– Mais même si c'est ton rôle, pour moi tu ne seras jamais la Justice tant que tu ne cesseras pas d'être un gamin immature et incapable de contrôler tes propres sentiments.

Je souris, étonné. Tiens, ça aura été moins dur que ce que je pensais. Aurais tu peur des mots chère Ina ? Ou alors manquerais-tu tout simplement de volonté ? Peut-être ne me détestes tu pas vraiment... Je me balance d'un pied sur l'autre, doucement. Un gamin immature... Bien, ça m va si c'est là toute l'image que vous avez de moi. Je préfère être le gamin indécis que le traître. Et la Justice, aussi aléatoire soit-elle, sera toujours de mon ressort même si tu te refuse à l'accepter. A moins que tu ne souhaites me la prendre comme tu convoites les royaumes ? Je te la donne, elle ne vaut rien.
Je continue à jouer avec mon petit rayon de soleil condensé. Je la sens amère. Elle va continuer. Allons y, j'ai hâte de voir la façon dont elle va exposer sa pensée, avec son tact habituel...
Elle parle. Elle continue. Mi-offusquée mi-énervée, une pointe de sarcasme et des mots sous silence. Qu'attends tu que je fasses, au juste ? Je n'ai pas besoin que tu me suive, je veux que tu respecte la Loi, pas la mienne, mais celle de celui que je hais le plus. Celui dont toi non plus tu ne voudrais pas entendre parler du retour. Elle trouve que ma Justice n'est pas juste ? Le devrait-elle ? Si je veux l'appliquer comme il se doit, je devrai la traîner devant Enlil, lui demander de s'expliquer, de s'exprimer, peut-être même de la punir. Est ce ça que tu veux que je sois ? Est ce mal de chercher à faire des compromis, à ne vouloir être détesté de personne, même quand c'est trop tard ?
Je ne suis pas désolé. J'assume ce choix qui m'a été imposé il y a 6000 ans, dans cette bourde monumentale de ma part. Depuis cet événement, la Justice a été amputé d'un de ces membres, le cœur, et si ma sœur pense pouvoir lui en fournir un autre, qu'elle le fasse. Mais si longtemps après, est ce encore nécessaire ? Non, la Justice n'est plus unique, c'est le mienne et je l'exécute comme je veux, que ça lui plaise ou non. A moins qu'elle préfère que je la condamne à un séjour aux Enfers pour toutes les fautes que je n'ai pas bien sanctionné. Je peux être ce tyran, si elle veut.
Elle semble fier de son point de vue. Mais j'ai appris à m'en défaire, de ses avis, ils sont ceux des sentiments et non de la logique. Paradoxale, pour moi qui règne avec le cœur n'est ce pas ? Malgré tout ce que tu pourras dire je t'ai toujours empêché des embrouilles plus grosses que toi Inanna, tu devrai la remercier, cette Justice infâme.
Ha oui et elle peut se la garder, sa pose d'aguicheuse. Ça aurait plus d'effet sur Enlil que sur moi.

– Peut-être que Nin et Nanna seront d'un autre avis, qui sait. Ne devrais-tu pas aller le leur demander ?

Je me crispe pour de bon. Elle sait. Ça ne m'étonne pas mais ça me dérange. Tu veux qu'on en parle ?! Très bien ! Quel culot ma sœur, franchement tu ne manques pas à ta détestable réputation. Mon cœur se serre plus fort, malmené entre des émotions trop différentes. Tu me cherches, je le sais. Mais il y a des choses que je ne veux pas qu'on dise.
Oui je suis un incroyable enfoiré, traître, tout ce que tu veux je te le concède, mais on ne parle pas de Nanna. Tu tues des gens, ma sœur, ça n'a aucun lien avec lui. Lui c'est... Différent. Différent parce que c'est ma faute. Je pourrais lui pardonner ton meurtre si il lui prenait l'envie de te tuer. Lentement, je déplie mes mains, les décrispe dans des mouvements souples et laisse un sourire crispé se balader sur mon visage. Sourire que j'adoucis. La lumière se fait plus vive, plus forte. Elle perce les feuilles pour arriver jusqu'à moi avec plus d’agressivité. Je sens la puissance des rayons m'imprégner et une étincelle surgit entre mes doigts. Toute petite.
Je regarde Inanna, comme calmé. Je voudrai t'atomiser, là à l'instant ma sœur.

_ Alors maintenant tu me dis même ce que je devrai faire ? Tu ne sais pas à quel point tu es dangereuse pour toi même...

Un rire dément sort de ma gorge, clair et tranchant. Un flash lumineux se repend sur le sol à mes pieds, pour disparaître intensément, ne laissant de son passage qu'une fleure carbonisée.

_ Tu sais ce qu'il va faire, le gamin irresponsable et stupide ? Il va la coller, la méchante Inanna qui a tué, parce que c'est ce qu'il est censé faire, pas vrai ?!

Je secoue la tête. Je boue. Je boue de colère. Je connais assez ma faute pour qu'on ne vienne pas me la foutre sous le nez. Je suis encore la Justice Ina, et je la serais jusqu'à ce que les Dieux disparaissent. Je la hais, tu la hais mais tous les deux on ne pourra pas la refuser, quelle qu'elle soit. Je balaye l'air du bras, laissant une lueur pâle dans l'air.

_ Mais comme je suis clément et que je ne suis pas non plus un exemple, je la laisse partir sans trop l'embêter, ma chère Inanna ! (Mon sourire reste, mon regard se fait carnassier) Enfin. Si elle décide de me titiller je peux tout aussi bien revenir sur mon compromis.

Insiste et je veillerai personnellement à te détruire. Je ne suis pas méchant Ina. Une seule chose, on ne parle pas de Nanna.

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Inanna
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Inanna

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Mar 10 Juin - 14:30
Utu & Inanna

Inanna, tu vas trop loin. C’est la première pensée qui me traverse l’esprit alors que je commence à parler. Agacée. Utu m’énerve. Son sourire candide m’énerve, ses réactions m’énervent, ses paroles, son regard—Si je pouvais me jeter sur lui pour le secouer dans tous les sens, je suppose que je me sentirais mieux. Mais c’est une mauvaise idée, pour tout dire. Alors je dis toutes les saloperies qui me passent par la tête, en les enrobant de miel. Espérant qu’il réagisse. Qu’il s’énerve. Je veux le voir réagir. Sortir de ses gonds. Qu’il m’attaque, ce cher Utu. Puis qu'il s'en aille, et me foute la paix. Mais peu importe ce qu’il arrivera ; il ne le fera pas. Mais je veux voir jusqu’où je peux aller. Pour qu’il comprenne ce que ça fait, de se faire humilier. De remuer le couteau dans la plaie. Jusqu’à la folie la plus pure. La rage. La fureur profonde. Inavouable. Celle que l’on ressent lorsque tout le monde vous fait comprendre qu’il est contre vous.
Utu se crispe. Me lance un regard assassin, tout en gardant son éternel sourire exécrable. Immédiatement, je sais que j’ai perdu. La lumière se fait plus vive, plus ardente, plus violente ; ma mâchoire se serre un peu mais je ne réagis pas, me contente de continuer à le fixer avec un faux semblant de ravissement écœurant. Malgré la colère qui me hante, fantôme d'un passé trop peu glorieux pour que je souhaite m'en rappeler. Et pourtant. Les images défilent devant mes yeux, s'accélèrent encore ; ce royaume des morts, le visage cruel d'Ershkigal, sa victoire. Victoire totale sur une déesse humiliée et traînée dans la boue, obligée de vendre la personne qu'elle aime pour sauver sa propre peau. Je n'ai pas choisi d'accepter ça, on me l'a imposé. C'est sa Justice de merde qui me l'a imposée. Lui qui déteste tant punir des innocents, des gens qui n'étaient même pas concernés par cette affaire. Je préfère autant être traînée devant Enlil plutôt que de subir encore ça.
Utu et moi sommes trop différents. C'est, semble-t-il, la chose fondamentale que j'avais oubliée aujourd'hui. Lui ne se laissera jamais entièrement submerger par ses sentiments, tout simplement parce qu'il est dans sa nature de se contenir. De répondre. De ne pas oublier. D'analyser. Il est à la fois l'avocat et le procureur des Dieux, leur accusateur et leur juge. Alors il reste là. À me fixer de cet air méprisant, à me menacer de ses pouvoirs, sans en faire réellement usage. En guise d'avertissement.
Alors j'ai perdu.
Et ça me frustre autant que ça m'impressionne. J'avais oublié à quel point Utu pouvait être imposant. Ça a, quelque part, un côté rassurant. La Justice reste inflexible, même lorsque la Guerre frappe à ses portes, et les fait sortir de leurs gonds. Je pourrais presque en être déçue... Ce ne sera pas aujourd'hui qu'Utu se mettra en danger.
Ses mots manquent de me tirer un sourire en coin, de même que le rire qui s'échappe d'entre sa gorge. Mais le rayon qui carbonise l'une de mes fleurs me fait clairement comprendre qu'il vaut mieux éviter de continuer sur le chemin de la moquerie. Pas par peur – je n'ai pas peur de ses flammes, ni de sa lumière. Dites là que c'est une forme de sagesse si vous le voulez. Ce n'en est pas. Je n'ai simplement pas envie de devoir reconstruire ma forêt après son passage. Il lui serait si facile de tout balayer ; même ma colère et mes coups n'y feront rien. Contre bien des dieux je me retrouve en désavantage ; si ma force et mon esprit stratégique me permettraient éventuellement de gagner, je me sais moins puissante que tous mes homologues masculins. Même si ça me tue de l'avouer. Ça a sûrement été fait exprès. Pour éviter que la Guerre ne cherche à dominer le monde entier, très certainement ! Enfin, ça ne m'empêche pas, hein. Jusqu'ici, je pense être l'une de ceux qui rapportent le plus de « fidèles ». C'est injuste ! Je ne peux même pas réagir à ça.
Mon nez se plisse. Bon, d'accord. En réalité, Utu est complètement timbré c'est ça ? En plus d'être mégalo je veux dire. Enfin, nous le sommes tous un peu. Je l'admets, je l'admets. Mais là, dans le genre grand manitou qui se veut flippant, c'est déjà pas trop mal... Il n'a pas besoin de faire des jeux de lumière pour rendre ça plus vrai, il sait très bien que je ne me laisserai pas impressionner pour si peu de toute manière. Enfin... « Si peu. » Je risque juste de me faire carboniser ici et maintenant.
Mais sinon, tout va bien.
(Bon, il faut avouer que je l'ai un peu cherché. Mais qu'il arrête de sourire bon sang, comment fait-il ?!)

– Très bien, je lâche simplement, calme impérieux face à la chaleur qui irradie de mon collègue. J'arrête dans ce cas.

Je me relève et me passe une main dans les cheveux d'un geste habitué, avant de soupirer. Mes cheveux... Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai été assez stupide pour tous les couper. Enfin, peut-être qu'il se bougera un petit peu maintenant, au moins. Ou peut-être pas. Enfin, je ne sais pas, ce n'est pas à moi qu'il faut le demander !
Mes yeux se lèvent vers le ciel ; je fixe l'astre solaire un instant. Ahh, Utu... Tu es si étrange.

– Juste une chose. Tu devrais les retrouver. Je sais que tu ne souhaites que ça. Et tu ne me feras pas croire le contraire.

Inanna, ton instinct de survie s'est-il donc amélioré ? « Les retrouver » ; c'est bien, c'est bien. Je progresse, non ?
Lentement, je m'étire.

– Merci pour ta... clémence, c'est ça ?

J'ai un soupir, me retiens de ne pas rouler des yeux. Utu est un gosse. Pire que moi. Sauf qu'à lui, on ne lui dira rien... Puisque c'est lui qui décide qui mérite d'être traîné en Justice ou non. L'injustice totale. Ce n'est pas son travail que je méprise, c'est sa manière de le faire. Mais je crois me répéter...

– Allez, je te laisse faire ton boulot, je souris en coin. Je dois faire le mien. Mine de rien.

Pas de repos pour les guerriers.
Un dernier signe et je disparais en le saluant à peine. Il vaut mieux que je m'écrase, pour une fois.
Va donc rendre ta piètre Justice, Utu, et laisse moi suivre mes propres lois.







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Utu
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Mar 17 Juin - 13:51

Je la sens hésitante. Ou non, plutôt sûre mais consciente de ce qu'elle est en train de faire. Elle essaye de m'énerver, et ça marche à merveille, je suis un vrai idiot. Mais j'y peux rien. Je ne veux pas qu'on me reproche ce que tout le monde dis tout bas. Contradictoire pas vrai ? Je ne veux pas qu'on en parle mais je voudrai l'entendre. Peut-être qu'au fond, savoir ce que les autres pensent, ç a suffit ? Peut-être. Non, de toutes façons, jamais rien de va.
Ma respiration se calme au fur et à mesure que j'essaye d'arrêter ces rayons qui jaillissent de partout. Aucun self contrôle je vous jure. Je voudrai lui en balancer à la gueule, m'énerver pour de bon, péter un vrai câble et dire tout ce que je pense mais... Ce n'est pas le moment. Ce n'est jamais le moment. Je me sens honteux d'user comme ça de ma puissance, c'est ridicule. Un Dieu de la Justice incapable de se contrôler quand on parle d'un vieux procès ? Mais qu'est ce que je fais...
Elle ne se laisse pas avoir à de si pitoyables démonstrations, évidemment. Ce serait trop facile, trop indigne. Je suis le seul à avoir l'air ridicule ici, j'ai l'impression de ne pas la comprendre, ou plutôt si, de savoir qu'elle pourrait éclater de rire là maintenant. En apparence, je la fixe toujours, droit et lumineux, mais mon regard est perdu entre ici et là bas, le passé et l'avenir, le sérieux et le ridicule. Je suis perdu, je ne sais même plus où je vais, ni d'où je viens, j'ai l'impression de me réveiller lobotomisé et que tout le monde m'a oublié.
Mes rayons me bercent de leur chaleur et m'ordonnent de me retirer, d'aller loin, sur ces autres planètes, où je pourrais profiter d'une tranquillité divine, où personne ne pourra rien me reprocher, ou dans mon royaume, seul, à essayer de reconstruire quelque chose. De toutes façons, personne n'a besoin de moi ici non ?
Je secoue la tête, réveillé par les premières paroles de ma sœur. Elle arrête ? Non, ses yeux disent le contraire. Elle a l'air complètement décontractée et passe même une main dans ses cheveux. Je serre imperceptiblement les dents. Soupire, pendant que tu y es ! Alors c'est vraiment tout ce que ça t'inspire ? Ben oui évidemment, tu sais que je ne le ferai jamais, que je ne partirai jamais, que je serai toujours et infiniment le même crétin, là pour faire semblant d'avoir un rôle. Mais arrêtez de fermer les yeux. Un jour ça va arriver, un jour je vais juste me barrer comme ça, la seule chose qui me retient à ce monde est la faute que j'ai commise, mais un jour je serai capable de m'en débarrasser, je partirai comme le gamin que je suis et vous n'aurez plus qu'à vous démerder avec un monde anarchique, puis vous y arrivez si bien ! Merde !
Elle parle encore. Bien sûr que je vais les rejoindre, et je pourrai même pas te punir à cause d'eux, et je ne pourrai pas les punir à cause de toi. J'espère que t'es contente. Oui je vais y aller et affronter le regard de mon frère, profite, ça sera pour toi une vraie garniture de sentiments comme tu les aimes, avec les épices sur le dessus et la sauce bien dégoulinante de haine. Si tu lui demande, je suis sûr que Nanna est prêt à offrir du hard core si tu lui demande.
Et oui, remercie moi de ma divine clémence et va décapiter les hommes comme tu le souhaites, allez pendant qu'on y est ramène moi aussi leurs cheveux pour te jouer encore plus de moi ! Bande de Dieux incapables ! Il faut même une Justice pour nous vous vous rendez compte ou pas ?! Reste toujours insouciante et irresponsables, après tout tu payes jamais les pots cassés ! J'en ai plus rien à foutre de la Justice, démerdez vous tous seuls !
Mon cœur se sert alors que mon visage est toujours le même, froid et souriant à la fois. Si c'était si simple. Renier sa nature comme ça, parce que ça vous énerve, si seulement... Je me retourne dans un mot, les flux lumineux se baladant désormais plus régulièrement sur mon corps. L'esprit balayé, je me tourne vers l'Europe. Balayé par ta haine ma sœur. Ta haine qui s'éteint dès que je regarde dans sa direction, remplacée par la tristesse. Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire là bas ? Ma nature m'y pousse, c'est tout. Je serre à nouveau les dents.
Dans un flash, je disparaîs. Sans un mot. On me demande peut-être d'être juste, mais pas d'être poli.


~FIN~

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