Poster un nouveau sujet Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
 :: La Congrégation :: Bâtiment administratif :: Bureau du Directeur
La fin d'une échappée (Lewis)
Geshtinanna
Messages : 124
Localisation : ...
Loisirs : ...
Humeur : ...
avatar
Lloyd
Ven 24 Juil - 17:31
Ainsi me voilà de retour à la Congrégation. Il est tôt, je suis partie à l'aube de la maison d'Alexander, en laissant un petit pendentif d'or blanc près de sa tête, sur son oreiller. A ce moment-là je n'ai pu m'empêcher de songer que celle qu'il choisirait aurait beaucoup de chance, avec sa gentillesse et sa grande beauté. Je réprime un sourire lorsque mes pensées s'égarent vers celui que j'aime, sa douce étreinte et ses yeux si profonds. Comme il me manque ! J'aurais sans doute dû rester avec lui, ou l'emmener avec moi, ou du moins j'aurais aimé le faire, si c'était possible.

Je lève les yeux sur le bâtiment prétentieux que m'a indiqué Alexander hier soir. D'après lui c'est ici que je pourrai trouver le directeur de la Congrégation, un certain Lewis Steek. J'espère de tout coeur qu'il saura me renseigner sur la situation dans laquelle je me suis plongée et peut-être m'orienter pour savoir quoi faire. Puis-je rester? Je ne sais encore si cet endroit me plaît ou si je préfère mon pays. Si l'homme est suffisamment renseigné il saura me dire ce que je risque en rentrant. Vais-je me faire tuer, anéantir, emprisonner, ou pourrai-je dissimuler au Panthéon l'ampleur de mon erreur ?

J'entraperçois mon reflet pâli dans une vitre lisse comme la glace. Tout est si parfait ici. J'ai vaguement enfilé ma tunique par-dessus un pantalon tout juste acheté ce matin, fait d'une toile bleue très confortable et chaude. Je ne porte plus mes bijoux, qu'Alex m'a aidée à retirer, et au final je ressemble presque aux jeunes gens mal réveillés qui se dirigent vers ce qui ressemble à une taverne.
Je voudrais me dire sûre de moi, mais la perspective que Mr Steek ne sache rien ou qu'il ne daigne pas me prendre au sérieux me terrifie. A vrai dire je n'ai jamais tant dépendu d'un humain. Mon père m'a pourtant enseigné qu'il ne faut rien attendre des Hommes, et toujours veiller à ne pas dépendre d'eux, mais je n'ai pas le choix. Et puis il ne saura pas à quel point j'ai besoin de lui... Je veillerai à ne rien laisser paraître.

Je gravis les grands escaliers de marbre avec toute la dignité dont je suis capable vers une grande porte qui doit cacher celui que je cherche. Le grand vantail entrouvert laisse s'étaler au sol l'ombre d'une belle femme assise à son bureau. J'imagine qu'elle sert d'intermédiaire entre le directeur et les Missionnaires. Curieux comme les hommes importants aiment se cloîtrer loin de tout. Même mon père n'y a pas échappé. Je m'avance doucement, les pieds caressés par les rayons de soleil matinal, et l’Émissaire me fait distraitement signe d'approcher. Je souris en visitant ses pensées - elle ressasse sa nuit de folie avec un parfait inconnu. C'est une Missionnaire d'Inanna, du nom de Nath. D'une voix très sérieuse en absolu contraste avec son esprit elle me demande de décliner mes nom et classe.
J'hésite brièvement avant de répondre, ça va lui faire bizarre d'entendre du Sumérien...

_Bonjour Mademoiselle ! Je... je viens de loin et j'aimerais rencontrer le directeur...

Nath relève vivement la tête et me dévisage, interloquée, avant de se lever précipitamment pour aller murmurer quelques mots à la porte du fond. Puis sans un mot elle ouvre davantage la porte puis s'écarte pour me laisser entrer. Le parquet craque sous mes pas comme je détaille la pièce. Sombres parements de bois sur les murs, grandes bibliothèques s'arrêtant avec dépit au plafond, et partout des papiers, des papiers couverts d'une écriture noire et serrée. Mais peu importe. Je scrute l'homme -enfin l'homme, c'est beaucoup dire- qui trône nonchalamment sur un grand fauteuil, dos à la lumière.

Certes il a complètement changé de coiffure, s'est rasé la barbe et a refait sa garde-robe mais c'est bien lui. Lui ! Ici ?! J'ai envie de pleurer tellement je suis soulagée de voir quelqu'un que je connais, qui me connaît, et qui sait à coup sûr tout sur moi, comme je sais -ou savais- tout sur lui. Je m'élance sur quelques pas, m'appuyant face à lui sur son bureau, n'en revenant pas. Si quelqu'un peut m'aider au monde, c'est bien lui. Mon presque alter ego, certainement aussi insupportable qu'à mon départ.

_Marduk ?! Toi ici ? Mais... comment ?! Que fais-tu à la tête de tous les Missionnaires ?!

Voir le profil de l'utilisateur

Steek
Messages : 497
Localisation : Juste derrière toi, pour mieux te manger mon enfant...
Loisirs : Avoir l'air classe et faire ch*er le monde !
Humeur : Va savoir, mon coco~
avatar
Lewis Steek

Personnage...
Pouvoir: Pouvoir ? Quel pouvoir ?
Dieu: Non renseigné
Age: Quand on est poli on demande pas.
Mar 28 Juil - 11:35
Il y a de ces matins où on a envie de rien.
Outre la rime simpliste qui nous donne l'impression d'être un philosophe, je veux dire. On regarde par sa fenêtre le travail de toute une vie, on le parcourt et on se dit qu'on aurait pu faire mieux. Ou dans mon cas, qu'il y avait mieux à faire. On est en fait complètement déçu par le spectacle, après tout ce n'est pas quelque chose dont on pourrait être fier...
Non, même si je le voulais, je ne pourrais pas être fier de la Congrégation. Elle es futile, elle se maquille, accueille des meurtriers sous couverts de bonnes intentions... Hypocrite, quelque part. Sûrement parce que ses créateurs le sont également. Nous étions donc un de ces matins où cet endroit me paraissait laid et irrespirable, et où je m'en servais volontiers comme excuse pour échapper à mon travail. C'était devenu ça, l'établissement entier me servait à ne pas le gérer. Étonnant n'est ce pas ?
Je soupirais lorsque mes yeux se tournèrent vers mon bureau, Nath y avait encore posé des dossiers. Elle ne voyait pas qu'il n'y avait déjà plus de place ? Sur la pile, un post it avec une mention simple « A signer ». Même pas un petit « et votre charmante secrétaire viendra vous le chercher ». Elle aurait du apprendre à imiter ma signature, depuis le temps...
C'est alors que, toujours plongé dans mes réflexions anti-constructives, j'entends qu'on frappe à la porte. Je reconnais ma secrétaire, m'apprête à lui envoyer un ultime juron -je lui avais pourtant bien spécifié que je ne voulais pas être dérangé- mais avant que je n'ai pu faire autre chose que lever les yeux, une aura cachée attira fortement mon attention. Une aura bien connue, bien cachée certes, mais beaucoup trop familière pour que je l'oublie. Par contre...
Son visage étonné me coupe les mots. Elle ne porte pas de bijoux, mais son visage n'a rien perdu de sa beauté. La finesse de ses cheveux, la couleur de ses yeux, tout chez elle transpire la puissance et la classe. Je me demande comment les humains peuvent laisser passer ça. Lorsqu'elle prononce mon nom, Nath a un petit sursaut et par un regard, je lui intime de fermer la porte. Pourquoi elle a l'air si surprise, au juste ? Je pensais qu'elle avait deviné depuis la fête...

_ Marduk ?! Toi ici ? Mais... comment ?! Que fais-tu à la tête de tous les Missionnaires ?!

Je croise les jambes et me recule dans ma chaise, un petit sourire aux lèvres. Toujours aussi naturelle, à ce que je vois. J'essaye de la percer du regard. De quand vient-elle à votre avis ? Je crois que j'ai sous les yeux une rare antiquité... Je crois que je vais éviter de la vexer.

- Geshtinanna ! Quelle surprise ! Je ne sais que dire...

Je penche la tête d'un côté, puis de l'autre. Je crois que j'ai un peu perdu avec les traditions et les usages. Ce dialogue ne s'avère pas si évident. Je délie mes jambes et me lève, réajuste mon col et tends ma main vers la sienne. L'acceptation du contact était autrefois le signe de confiance et d'acceptation du dialogue, commençons par ça.

- As tu pris connaissance de l'époque à laquelle tu es ? Les temps ont bien changé ma chère, l'ère des Demi-Dieux est terminée, ceux qui ont la faveur des Dieux sont les Missionnaires. Ma nouvelle mission est de veiller sur eux. Et toi donc, ma vieille amie, que viens tu faire ici ? Est ce ton père qui t'envoie, ou ton retour de l'au delà a connu des perturbations ?

Quelle hypocrisie. Quiconque a vécu le procès qui a eu lieu après son petit voyage dans ce futur sait ce qu'il s'est passé et comment elle sera punie pour ça. Mais je ne pense pas qu'elle veuille savoir, et quand bien même elle voudrait je ne pense pas être en droit de lui dire.
J'attends qu'elle accepte ma main, commençant à retrouver la logique. Et n’appréciant pas du tout ça. Si elle est là, c'est sûrement que les choses vont commencer à bouger. Le départ d'Utu prend d'un coup une dimension totalement différente. Sûr qu'il l'a vu venir celle là. Et l’Éclipse commence à avoir des airs de bataille de gosse aussi, même si je pense pas qu'il ait cédé à un de ses caprices de gamins. Enfin j'espère pas. Parce qu'après tout, je suis pas certain qu'il ait eu très envie de revoir la fille de son frère adoré...
Voir le profil de l'utilisateur http://leschroniquesdesumer.forumactif.org



Geshtinanna
Messages : 124
Localisation : ...
Loisirs : ...
Humeur : ...
avatar
Lloyd
Mar 28 Juil - 14:21
Je le dévisage de la tête aux pieds, ses chaussures parfaitement cirées, son pantalon aux plis réguliers, sa chemise d'un blanc d'ivoire, son beau visage au front haut qui n'a pas pris une ride depuis tout ce temps, et ses yeux enfin, qui me scrutent comme je scrute les siens. Je ne m'en remets pas de le rencontrer ici, alors même que je me pensais complètement seule. Comment ai-je pu ne pas penser à lui ? L'indéfinissable Immortel, toujours en plein cœur des événements comme à son habitude...  Juste assez en retrait pour agir sans se salir les mains, il a donc vécu les 5000 ans qui nous séparent alors que je n'en ai qu'un vague résumé. Il est donc désespérément... vieux. Aurais-je pensé à sa naissance le voir ainsi ?

Derrière moi l’Émissaire retient sa surprise; elle ne devait pas savoir son nom, sans doute ? S'il se fait appeler Lewis Steek après tout il peut presque passer pour un humain comme les autres, en cachant son aura. Quoique sa classe naturelle dénote sans trop d'équivoque son grand pouvoir, songé-je en contemplant ses mouvements aisés et puissants. Voilà un allié inespéré qui saura me guider, malgré mes réticences à connaître l'ampleur de son expérience, que je ne partage plus.

- Geshtinanna ! Quelle surprise ! Je ne sais que dire...

Il penche la tête avec élégance, avant de se lever et de me tendre la main, ce geste qui m'est si familier venant de lui. Je la prends et la serre de toutes mes forces, comme pour m'assurer que ce contact tiède et ferme est bien celui de Marduk. Je lui souris, encore un peu ébranlée. J'ai eu beaucoup trop de choses à intégrer ces derniers jours, et sa présence n'est certainement pas la dernière. O combien est étrange le futur de ceux que nous connaissons ! Tous... Tous ont donc vécu sans moi ces longues années en sachant sans doute que je reviendrais un jour. Je leur dirai de m'attendre, dans très longtemps, avant de partir je leur dirai que je reviendrai. Il doit donc... S'en souvenir, de cet adieu que je n'ai pas encore dit ?
Je voudrais lire ses pensées mais en suis incapable; je n'oserais pas, de toute façon.

- As tu pris connaissance de l'époque à laquelle tu es ? Les temps ont bien changé ma chère, l'ère des Demi-Dieux est terminée, ceux qui ont la faveur des Dieux sont les Missionnaires. Ma nouvelle mission est de veiller sur eux. Et toi donc, ma vieille amie, que viens tu faire ici ? Est ce ton père qui t'envoie, ou ton retour de l'au delà a connu des perturbations ?

Je plante mes yeux dans les siens, pleins de doutes et semblant me cacher l'essentiel. Hypocrite, comme toujours. Il sait forcément pourquoi je suis ici...

_On m'a dit combien de temps me sépare de mon départ, oui. Et les autres Demi-Dieux... J'imagine qu'ils sont tous morts à présent, aucun Dieu ne voulant risquer de réitérer l'erreur qu'a faite Père en me donnant naissance ? Mon ami... C'est toi qui es vieux à présent, bien plus que moi. On dirait que tu exécutes bien ta tâche, à en voir cette Congrégation. Mais malgré tout, comme les pouvoirs divins me semblent avoir décliné depuis l'âge d'or où je suis née ! Les tiens n'y ont pas échappé je présume.

Je marque une petite pause, rassemblant mes pensées.

_Ne me fais pas l'affront de me demander les raisons de ma présence ici. Ne t'avais-je pas dit que nous nous reverrions ? Enfin je... te le dirai dès mon retour, tu dois t'en souvenir n'est-ce pas ? Sans doute ne m'attendais-tu pas si tard, mais certain événements... l'éclipse je crois, dont on m'a tant parlé, ont dû favoriser ma venue. Je ne te le dirai pas, Marduk n'a pas à connaître son futur. Tu ne le savais pas. Mais je, tout ceci... L'éclipse, le cratère, les Créateurs, mon arrivée... N'augurent-elles pas des événements de la plus grande gravité ? Je ne suis qu'un témoin passager mais durant les heures passées ici j'ai au moins pu voir ça. Tout cela ne me concerne pas et pourtant j'aimerais y participer ! Tu sais quels sont mes idéaux et combien ce terreau semble fertile pour mettre en place mes idées... Enfin je ne suis pas là pour ça.

Je détourne le regard, troublée. Marduk n'est plus le même, il est si vieux... La Missionnaire me gêne, elle ne doit pas trop en savoir, pour son bien, le mien et celui de mon ami. Moins je laisserai de traces mieux ça vaudra. Je ne peux m'empêcher de trembler, comme sous le poids de ma faute, que personne ne peut porter à ma place, même si Père tentera sûrement de le faire.
Les larges épaules de l'homme me cachent les rayons du jour. Ce sont toujours les mêmes, elles... Je me glisse dans ses bras et pose ma tête dans son cou pour lui murmurer ces quelques mots. Ma gêne attendra pour se manifester, il ne faut pas que la jeune femme entende ces mots.

_J'ai besoin de ton aide, Marduk. J'en sais déjà beaucoup trop, il faut que je reparte au plus vite, avant d'interférer sur le cours des événements, si ce n'est déjà fait. Je suis ici depuis hier matin et j'ai déjà l'impression d'avoir précipité les choses. Aide-moi à repartir, je n'aurai pas la force de le faire seule, l'éclipse m'ayant servi de catalyseur à l'aller. Et je t'en prie... Dis-moi ce qui m'attend à mon retour.
Voir le profil de l'utilisateur

Steek
Messages : 497
Localisation : Juste derrière toi, pour mieux te manger mon enfant...
Loisirs : Avoir l'air classe et faire ch*er le monde !
Humeur : Va savoir, mon coco~
avatar
Lewis Steek

Personnage...
Pouvoir: Pouvoir ? Quel pouvoir ?
Dieu: Non renseigné
Age: Quand on est poli on demande pas.
Mar 28 Juil - 22:26
Elle sait donc le temps qui la sépare de son époque. Comment fait-elle pour garder la tête aussi froide ? Elle n'est pas un Dieu, même si certains ont eu tendance à l'oublier, elle est même plus proche des humains que n'importe qui. Quand aux autres Demi-Dieux... Je ne peux qu'approuver. Je me demande si lui préciser que la plupart sont morts de causes naturelles la ravira vraiment, alors je préfère éviter. Elle a déjà conscience que c'est de sa faute... Enfin sa faute, là est un bien grand mot. Son engence doté de dons trop puissants, je dirais.
Je ne sais pas si j'excécute bien ma tâche, mais une chose est sûre les pouvoirs divins sont quasiment morts depuis la belle époque. C'est pas pour rien qu'on l'appelle la Belle Epoque non plus. Quant à mon âge, elle n'est pas obligée de me le rappeler sans cesse, elle ne devrait même pas connaître mon visage de cette époque, vu son espérance de vie... Elle parle beaucoup devant Nath cependant, et cela commence à être gênant.
Il me semble que ses paroles s'emmêlent entre passé, présent et futur, pourtant j'arrive plutôt à suivre. Le temps vous savez, c'est quelque chose de très relatif, n'en déplaise à Nanna... Elle me rappelle encore et pourquoi je fais mal mon job. Oui, il se passe des choses ici, pas toujours très sympas même, c'est le lot de choses surnaturelles qui va avec les Dieux. Enfin, elle doit être habituée à plus... Soft je ne dirais pas, je dirais plus « normal ». Parce qu'au moins à l'époque, les problèmes avaient une logique.
Je ne me démonte pas et garde mon attitude calme. Je la sens à la fois ouverte et méfiante. Je dois l'être aussi. J'ai changé, elle non.

- Aussi folle qu'elle soit, la situation est contrôlée. Pas forcément par les forces les plus attendues, j'en conviens. Ce ne sont pas les problèmes de ton époque, tu devrais les oublier.

Je ne laisse pas mon regard ciller. Je sais ce que je fais. Je dois être le seul sur cette foutue planète, avec Utu et Enlil peut-être, mais je sais ce que je fais.
Elle s'approche et je suis je l'avoue un peu surpris lorsqu'elle pose sa tête sur mon épaule. Si proches si tôt ? Mon regard croise celui de Nath et je comprends. D'un regard, je la congédie et, après une hésitation, elle franchit la porte en sens inverse. Geshtinanna en profita pour me glisser quelques mots à l'oreille.

_ J'ai besoin de ton aide, Marduk. J'en sais déjà beaucoup trop, il faut que je reparte au plus vite, avant d'interférer sur le cours des événements, si ce n'est déjà fait. Je suis ici depuis hier matin et j'ai déjà l'impression d'avoir précipité les choses. Aide-moi à repartir, je n'aurai pas la force de le faire seule, l'éclipse m'ayant servi de catalyseur à l'aller. Et je t'en prie... Dis-moi ce qui m'attend à mon retour.

Je suis d'accord, il faut qu'elle reparte. Ca ne m'étonne pas qu'elle ait été attirée ici, je pense qu'un transfert avec les més aurait été un vrai suicide. Mais avec le départ d'Utu, elle a du se retrouver attirée comme une limace par de la bierre. Charmant, je sais. Mais le retour... Le retour jusqu'à son époque, elle ne peut pas le faire, pas sans mon aide.
Je soupire, éloigne Gestinanna de moi et laisse un de mes doigts parcourir un mèche qui avait du être tressée il y a peu. Elle faisait vraiment attention à son apparence, dis donc...

- Tu sais bien que je n'ai pas le droit de te le dire... Tu en sais trop sur notre époque, tu en savais déjà trop avant de venir, l'excès de puissance dont la nature t'as doté te coûtera bien plus que ta vie. Tu ne seras ni morte ni vivante, projetée dans la mer des origines. Néanmoins, tu devras te plier à la sentence, ou ce futur n'existera pas. De ce que tu en as vu, vaut-il la peine qu'on le détruise ?

Je romps le contact et repasse derrière mon bureau.

- Je t'ai dit ce que tu voulais savoir, alors que tu as toi même dit que tu ne me révèlerai rien. Je te propose un marché. Soit tu délivreras une information à Marduk en revenant soit je te ferais oublier ce que je viens de te dire.

Je saisis un dossier pour le ranger dans un tirroir de mon bureau.

- Quelque soit ton choix, sache je te renverrais chez toi comme tu le désires.

Même si tu ferais mieux de ne pas le désirer.
Voir le profil de l'utilisateur http://leschroniquesdesumer.forumactif.org



Geshtinanna
Messages : 124
Localisation : ...
Loisirs : ...
Humeur : ...
avatar
Lloyd
Mer 29 Juil - 10:48
La situation est contrôlée, dit-il, mais par qui, là est la question... Ce chaos ne me semble pas fortuit, et lui non plus n'est certainement pas dupe; il n'y a que très peu d'êtres capables de présider à cette gigantesque symphonie des événements, des causes et de leurs conséquences. J'en connais trois: An, dont je n'ai pas entendu parler depuis ma venue, ce qui semble vouloir dire qu'il s'est retiré du Monde conformément aux attentes d'Enlil, Enlil lui-même, nouvellement à la tête du Panthéon qui depuis toujours a toujours semblé... tout orchestrer, aussi incroyable que cela puisse paraître, et enfin Marduk, dont les dires semblent signifier qu'il contrôle beaucoup moins de choses qu'il ne le souhaiterait.
Enlil... Tout cela ressemble aux projets fous dont il m'a parlé, il y a maintenant bien longtemps de cela, mais est-ce réellement possible de mener des projets sur autant de temps ? Quelque nouvelle puissance n'a-t-elle pas pu surgir, avec ses propres buts ? Le Conseil des Créannes peut-être...
Marduk m'éloigne doucement de lui et laisse ses doigts s'égarer dans mes cheveux; la Missionnaire partie, ce geste prend une tout autre signification... Je m'efforce de ne pas rougir.

- Tu sais bien que je n'ai pas le droit de te le dire... Tu en sais trop sur notre époque, tu en savais déjà trop avant de venir, l'excès de puissance dont la nature t'as doté te coûtera bien plus que ta vie. Tu ne seras ni morte ni vivante, projetée dans la mer des origines. Néanmoins, tu devras te plier à la sentence, ou ce futur n'existera pas. De ce que tu en as vu, vaut-il la peine qu'on le détruise ?

Mon cœur semble s'arrêter de battre au son de ses mots si graves. Être plongée... dans la Mer des origines ?! C'est donc ce qui m'attend, cet état de demi-vie dont je ne sais rien si ce n'est qu'on n'en revient jamais. Je ne serai même pas morte; aux Enfers j'aurais pu passer du temps avec Ershkigal, que j'apprécie beaucoup. Cette perspective effaçait en moi la peur de mourir. Mais à présent... Il semble que ces quelques heures de doutes et d'incertitudes fassent partie de mes dernières. Comme j'aurais aimé en vivre de plus heureuses ! Elles m'auront seulement permis de rencontrer Katharina ainsi qu'Alexander et sa sœur, de pauvres êtres que je ne reverrai jamais.
Ne parvenant pas à calmer ma respiration, je me laisse tomber sur un fauteuil, face à Marduk. Je ne sais à quoi ressemble le regard que je lui lance tant le nombre d'émotions qui s'y mêlent est grand. Doute, incertitude, bonheur de le revoir, excitation et curiosité envers ce nouveau monde, mais aussi dépit d'arriver à la fin de ma courte vie, colère, et peur... La peur immense qui voudrait me submerger.
Comment peut-il m'annoncer tout cela si calmement ?! Pour lui c'est du passé c'est ça ? Cela a déjà eu lieu il y a des millénaires, je suis presque une étrangère à présent ! Je serre les poings, tremblante.

- Je t'ai dit ce que tu voulais savoir, alors que tu as toi même dit que tu ne me révèlerai rien. Je te propose un marché. Soit tu délivreras une information à Marduk en revenant soit je te ferais oublier ce que je viens de te dire. Quelque soit ton choix, sache je te renverrais chez toi comme tu le désires.

Du chantage. A-t-il toujours été si odieux ?! Je sens des larmes trop retenues forcer le passage vers mes yeux, mais je ne peux me permettre de les laisser couler, je dois garder le contrôle de la situation... Je joins mes mains pour me rassurer, sentant tout au fond de mes poches mes bijoux d'or fin. Je me raccroche désespérément à ce contact, ce sont ceux que Père m'a offerts... Père, j'aimerais que vous soyez derrière moi pour m'épauler. Que feriez-vous à ma place ?
Je redresse la tête sans pouvoir empêcher une larme de tracer son brillant sillon sur ma joue.

_Ce futur en vaut bien un autre j'imagine. Ce chaos... Peut-être tout cela aurait-il pu en être autrement, mais tu es, toi et ton monde, une hypothèse pour l'instant. Seulement... Tout cela me plaît, mes idéaux semblent sur le point de s'accomplir, et ces événements ont l'air de répondre aux désirs de quelqu'un... Je ne souhaite pas détruire ce futur, ni ces instants qui doivent faire partie de mes derniers. Tu sais que je ferai face à ma sentence sans rien laisser paraître, j'en suis capable ! Alors ne me demande pas de changer ton passé. Ne me demande... que ce que tu as déjà entendu de ma bouche, à mon retour de ce voyage. Ma peine sera déjà assez lourde ainsi...

Impossible à présent d'empêcher mes larmes de s'épancher devant tant de sombres perspectives. Je les essuie d'un revers de la main, la mort dans l'âme. Mais c'est mon destin, semble-t-il, même si je suis capable de le changer, je n'en ai pas le droit, par égard pour toutes ces existences, et pour mon père. Il ne me reste qu'à rentrer et y faire face comme si de rien n'était, avant de plonger pour l'éternité dans la Mer et rejoindre Nammu.
Voir le profil de l'utilisateur

Steek
Messages : 497
Localisation : Juste derrière toi, pour mieux te manger mon enfant...
Loisirs : Avoir l'air classe et faire ch*er le monde !
Humeur : Va savoir, mon coco~
avatar
Lewis Steek

Personnage...
Pouvoir: Pouvoir ? Quel pouvoir ?
Dieu: Non renseigné
Age: Quand on est poli on demande pas.
Mer 29 Juil - 22:52
Elle est si hésitante. Si vacillante.
Pas du tout le souvenir que j'avais d'elle, une femme forte, belle, prête à tout pour soutenir ses idéaux envers et contre tous les êtres divins, forte tête pour son époque avec des idées qui révolutionneront le monde des millénaires plus tard. Pas cette petite fille perdue et si peu sûre d'elle. Le saut dans le temps a du être trop rude. Car tout ce qu'elle espère voir accompli à son époque l'est dans la notre, elle doit se retrouver en face de son miroir avec d'un côté son idéal et de l'autre sa faute. L'un en face de l'autre, ne pouvant être séparés.
Je la regarde s'effondrer, face à un choix, face à son avenir, face à mes propos. Sont-ils si odieux ? Je ne pense pas, question de point de vue. Je dois avoir bien changé depuis. Elle non, choque des culture sûrement. Mais j'ai compris après tout ce temps qu'on ne peut rien obtenir, rien contrôler en se contentant d'aimer les hommes comme elle le fait si bien.
Je ne suis pas sûr, je sais avec certitude que ce monde n'est pas une hypothèse. Je serai prêt à faire en sorte qu'il ne le soit pas, qu'il soit inéluctable. Je sais que nous sommes à un des nœuds du temps de Utu et Nanna, que ces nœuds sont plus stables que n'importe quoi d'autre dans l'univers, même son retour, ses paroles là bas ne pourront effacer ce futur là. Je ne la laisserai pas.
Elle sait désormais ce qui va lui arriver, et elle n'y renonce pas. Elle dit qu'elle sera forte -je le sais, je l'ai vu faire. Pas une fois sa voix n'a vacillé, pas une fois son regard n'a imploré la pitié des Dieux qui l'ont jugés en cours divine pour la seconde fois. An lui même ne semblait pas lui faire peur.
Je la regarde. Il faut que je lui dise ce que j'ai envie qu'elle me transmette, à moi, celui d'avant. Et au souvenir de ces mots, je ne peux m'empêcher de sourire. Je pensais qu'elle les avait dit d'elle même, parce qu'elle n'avait peur de rien, je me rends compte aujourd'hui que c'était un message que je m'étais moi même adressé, et qui avait autant d'importance pour moi que pour elle.
Je soupire et la regarde dans les yeux, pris d'un coup d'un mélange de nostalgie et de tendresse.

- Tu sais, je ne considère pas ce futur comme une hypothèse. Il n'est pas parfait, nombre de ses points sont encore obscures et je ne sais même pas ce qui peut se profiler à l'avenir, cependant je sais que ça n'ira que de mal en pis. Pourtant... Ce futur a permi la naissance d'êtres... Particuliers. Formidables, qui semblent même échapper au monde divin. Des êtres qui ont le pouvoir, je le pense, de faire changer les choses, voir même les Dieux.

Elle a déjà cité les Créateurs, mais ils ne sont pas les seuls. Les Créannes ont changé. En bien ou en mal, personne ne pourrait le dire. Et puis il y a Renzo. Il ne saura jamais que j'ai parlé de lui en si bons termes, mais peu importe qui l'a créé, d'où il est issu, il ne se pliera jamais qu'à lui même. Un humain parmi les Dieux. Si Renzo venait à disparaître, nul doute que le monde deviendrait tout de suite beaucoup plus ennuyeux de banalités divines.
Je penche la tête amusé et lui ébouriffe les cheveux.

- Je pense que tu t'entendrais bien avec certains phénomènes. Et puis je ne t'ai pas encore présenté ma Vache-Crabe !

Peut-être décèlera t-elle un futur plus lointain encore, peut-être un futur qui l'est aussi pour moi à travers ces mots... Ou peut-être pas.
Je me redresse. Je suis toujours plus grand qu'elle, on dirait. Tant mieux, j'aurais pas aimer rapetisser avec l'âge...

- Quant à ce que j'ai entendu de ta bouche il y a si longtemps maintenant... « Aie confiance ».

Je souris. Voir des vieux amis, ça vous donne toujours un coup de vieux. Là on peut dire que j'ai rajeuni d'au moins 5000 ans...
Voir le profil de l'utilisateur http://leschroniquesdesumer.forumactif.org



Geshtinanna
Messages : 124
Localisation : ...
Loisirs : ...
Humeur : ...
avatar
Lloyd
Jeu 30 Juil - 16:03
Je dois être forte à présent. Je ne souhaite pas que les derniers souvenirs que Marduk gardera de moi soient ceux d'une fille fragile, même si je me sens tellement perdue devant l'immensité de tous les possibles dès à présent ! Je n'aurais jamais dû venir, certes; mais comment ne pas faire usage d'un tel pouvoir, si puissant, si... merveilleux ? J'ai souhaité me voir quelques années plus tard, constater ma jeunesse à peine entamée, me prouver mon existence de Demi-Déesse ! Je me suis retrouvée projetée à des milliers d'années de là, si tard que presque personne ne se souvient de moi ni de mes semblables, au déclin du monde divin tout entier, alors qu'il semble presque toucher à sa fin.
Si ce que m'a dit Marduk est vrai, il doit exister une deuxième version de moi, plus vieille de 5000 ans, conservée sans une ride au fin fond d'un caveau, l'esprit mêlé à la Mer originelle. Une deuxième moi... Si vieille, ou peut-être a-t-elle été tuée depuis, mais j'imagine que non, cela expliquerait cette sensation d'instabilité et de faiblesse que je ressens depuis mon arrivée. Nos existences entrent en conflit mais je dois probablement l'emporter sur l'autre, à moitié éteinte. Je n'avais pas pris conscience... Nos deux êtres doivent contribuer d'autant plus au déséquilibre des forces de ce monde; même sans rien faire je bouleverse le futur ! J'espère seulement que ce sera en faveur des Humains, ils méritent tant...
Marduk sourit comme pour lui-même, avec nostalgie, avant de soupirer en me fixant avec une étrange insistance que je ne comprends pas. Il me parle d'une voix presque douce qui sonne comme une étrangère dans sa bouche.
De mal en pis, n'est-ce pas ? Je le crois aussi, enfin, ça dépend pour qui... Après le chaos vient toujours le calme, une fois que l'un des partis est annihilé. Je ne prétendrai pas pouvoir le faire moi-même mais les événements semblent s'en charger d'eux-mêmes... Faire descendre les Dieux de leur piédestal. Je me suis toujours dit que personne mieux que moi ne pouvait le faire, peut-être est-ce encore plus vrai aujourd'hui, si je suis bien la dernière Demi-Déesse, il suffirait d'une étincelle, d'un rien, pour déclencher une cascade de réactions dans ce réseau si complexe, que les Dieux ont tendu à l'extrême pendant des millénaires. Désormais, tout semble possible.
Il me parle d'êtres échappant au divin, des anomalies comme moi j'imagine, quoi que d'un autre genre certainement. ce que l'on peut imaginer et que les Dieux s'efforcent de ne pas créer est infini : Missionnaires trop puissants, Humains immortels, enfants de Créateurs et de Missionnaires, ou même Créannes possédant l'un de ces derniers. Tout ce qui peut échapper au contrôle des Dieux peut aussi exister dans ce monde si désordonné. J'aimerais les rencontrer, forger avec eux une alliance et mener bataille jusqu'à la fin des temps s'il le faut.
Il se redresse avec un léger sourire qui me rassérène quelque peu et m'ébouriffe les cheveux, dans un geste affectueux qu'il ne semble pas avoir fait depuis très longtemps. Je lui rends son sourire, heureuse qu'au moins cela n'aie pas changé. L'ancien Marduk semblait tellement moins grand, moins sûr de lui, plus accessible aussi, alors que lui se comporte presque en stratège omniscient, confiant dans ses plans.

- Je pense que tu t'entendrais bien avec certains phénomènes. Et puis je ne t'ai pas encore présenté ma Vache-Crabe !

Pourquoi dit-il de si étranges choses depuis quelques instants ? Que veut-il induire... Il sait bien que tout ceci est impossible, que seul le Néant m'attend pour me garder captive à jamais avec lui. Il n'y aura pas de présentations avec une vache-crabe ni avec ces phénomènes. Je le dévisage, essayant de lire en lui sans y parvenir une fois de plus ; son visage est toujours sous sa parfaite emprise et rien n'y transparaît. Après tout, peut-être ne voulait-il rien dire de plus, seulement me rassurer avec un faux espoir si trompeur !
Mais peut-être... que mon éternité ne sera pas si longue ? Non, hors de question de se raccrocher si pitoyablement à des chimères ! Je dois faire face à mon sort, et ce ne sont pas ses yeux indéchiffrables qui m'y aideront.

Comment savoir... Comment lui faire confiance ?

« Aie confiance »

Il sourit. Est-ce encore une coïncidence ? Ne dois-je pas regarder ses mots au-delà de leur sens premier ? Ou est-ce seulement mon esprit désespéré qui s'invente des espoirs ? Je me détourne de son visage et m'approche de la fenêtre, perdant mon regard parmi les mille arbres de la forêt.

_Je le sais. Je ne puis que voir tous les possibles qui s'ouvrent à moi sous de pareils auspices. Moi non plus je ne souhaite pas changer tout ceci, mais je suis effrayée à l'idée de le rayer de l'histoire par un seul de mes mots, ce pouvoir est si grand ! Toi aussi tu comprends cela n'est-ce pas ? Pouvoir réécrire un monde, presque par inadvertance, juste en le disant ? ... Tu sembles me cacher beaucoup de choses, mais peu importe, mieux vaut pour tous que je ne sache rien de plus que ce que je devine. Néanmoins... Je te le dirai ; aie toi aussi confiance en moi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te permettre de vivre cette vie, et de mener à terme tes projets.

Je me retourne vers lui avec et le fixe droit dans les yeux en retenant un soupir.

_Marduk. Je dois partir au plus vite, j'ai l'impression que ma simple présence ici joue le rôle de détonateur à je ne sais quoi d'immense, et cela me ravit autant que la peine que j'encourrai pour cela me terrifie. J'aimerais tant rester pourtant, ton époque semble l'accomplissement de la mienne. Je t'en prie... Renvoie-moi d'où je viens.

Ma gorge se serre en prononçant ces mots fatidiques. Oh comme il est cruel de prononcer sa propre sentence ! Mais mes yeux sont secs à présent, et mes appuis sont fermes. Je ne reculerai plus.
Voir le profil de l'utilisateur



Steek
Messages : 497
Localisation : Juste derrière toi, pour mieux te manger mon enfant...
Loisirs : Avoir l'air classe et faire ch*er le monde !
Humeur : Va savoir, mon coco~
avatar
Lewis Steek

Personnage...
Pouvoir: Pouvoir ? Quel pouvoir ?
Dieu: Non renseigné
Age: Quand on est poli on demande pas.
Ven 31 Juil - 0:04
La motivation, l'espoir ça se sent à des kilomètres. Quand ça remonte vous avez toute la pièce qui reprend au moins un degré, ou en perd un selon la saison, parce que c'est toujours plus agréable de perdre un degré quand il fait 40 à l'ombre et que jusqu'aux dernières nouvelles l'espoir est censé être un sentiment agréable. Et je le sens revenir dans notre Demi-déesse présente. Les Dieux ont-ils le sang chauds ? Allez savoir... J'espère pour elle sinon elle va attraper une belle crève.
Contrairement à moi, elle ne perd par contre pas le Nord. Je crois que j'ai été trop gentil avec elle, tout ça dans l'espoir de maintenir l'illusion de mon ancienne personne... Ai-je vraiment tant changé ? Je me vois mal lui demander ça de but en blanc, elle me répondrait sûrement que oui. A l'époque je devais être plus accessible. Mais plus cruel aussi. Beaucoup, beaucoup plus cruel.
Elle regarde par la fenêtre, cette œuvre que je pensais avoir raté quelques instants auparavant. Si raté ? Je ne sais plus. Tu sèmes le doute vieille amie, comme toujours, tu as ce don de remettre tout en question constamment. J'ose espérer que cette époque aurait pu t'aller à merveille.
« Toi aussi tu comprends cela n'est-ce pas ? Pouvoir réécrire un monde, presque par inadvertance, juste en le disant ? » Hoooooo oui. Un rictus entre l'amertume et le sourire se forme sur mes lèvres. Sommes nous vraiment dans la même situation ? Je pourrais tout simplement faire en sorte qu'elle ne puisse pas changer ce futur, après tout elle est maintenant entièrement dépendante de moi. Ai-je seulement la force de lui ordonner cela ? Elle a peut-être raison. Il faut que j'ai confiance en elle. Aveuglément, comme elle a confiance en moi sans en voir plus clair dans mon jeu. Que se serait-il passé si j'avais été vraiment mauvais, malsain ? Sûrement quelque chose de très grave.
Je sais quelles rumeurs et en quels termes mes élèves parlent de moi, ils seraient sûrement bien surpris de me voir agir ainsi. C'est pour ça que ce sont des stupides élèves et que je suis le Directeur, quoique.
Et puis elle me supplie. Elle me supplie de la renvoyer d'où elle vient, sachant très bien ce qui l'attend là bas... Je m'étais trompé, à l'époque. Ce n'était ni de la force ni de la détermination dans son regard. Elle ne défiait qu'elle même, elle connaissait son sort et c'est contre lui qu'elle avait décidé de se battre. Ce n'était pas de la force mais de l'anticipation. Sa détresse, elle l'a exprimé ici même, en ces lieux, de façon à ce que personne de là bas ne puisse la voir faillir. Elle est aussi humaine, après tout.
Je viens en face d'elle, nos regards toujours l'un dans l'autre. N'y voyez rien de romantique, ses goûts en amours sont très loin des miens, et j'aime autant son petit ami que les chaussettes sales de Renzo. Quoique s'il me voyait flirter avec elle il n'aimerait sûrement pas trop ça...
Je prends une inspiration.

- La confiance... Nous reparlerons de cela plus tard.

Je me concentre. Essaye de puiser dans toutes ces réserves que je garde cachées, que je n'utilise presque jamais. Cette infime chance de Création Originelle. Je crois qu'après ça un paquet de Dieux vont me tomber dessus mais c'est un risque à prendre, il vaut mieux moi qu'elle, pour le coup.
Je réajuste mon col, enlève mon portable de ma poche et éloigne mon ordinateur. On sait jamais. Je joins mes mains devant moi comme le ferait un mort, ferme les yeux. Les ouvre.

- L'instant suivant, Geshtinanna, fille de Nanna et de Nintu, avait rejoint son époque sans encombres, donnant l'illusion à tous qu'elle y était parvenue par ses propres moyens.

J'eu à peine le temps d'ouvrir les yeux. Le temps d'ailleurs que me parut beaucoup plus long. Coup du sort ou encore une petite manipulation ? Elle avait disparu, et celui qui se trouvait à côté de moi dans ce bureau n'était autre que son petit copain.
Avant même que j'ai pu le charrier, mes forces me quittèrent et je tombai sur le sol, à peine conscient. Y'a pas à dire, les Més de l'époque, c'était de la qualité...
Voir le profil de l'utilisateur http://leschroniquesdesumer.forumactif.org



Ersh
Messages : 578
Localisation : Derrière toi... BOUH !
Loisirs : Aujourd'hui j'en suis à 1 220 000 suicides... Bon c'est pas encore un record...
Humeur : Joueuse
avatar
Ershkigal

Personnage...
Pouvoir: Je suis le gars qui t'annonce que t'es mort. C'est cool non ?!
Dieu: Ershkigal
Age: Vous aimeriez savoir hein ?
Ven 31 Juil - 2:04
Le Temps est une chose bien curieuse. Lorsque parfois il peut sembler totalement linéaire, dans d'autres occasions il donne l'impression de se répéter, provoquant ce que l'on appelle une sensation de déjà-vu. Une chose est cependant certaine : le Temps est immuable, ou tout du moins certains événements que l'on peut qualifier de nœud, le sont. Cette entité est immuable et on ne joue pas impunément avec. Même les Dieux ne s'y risquent pas et Nanna y veille. Tenter de jouer avec, c'est prendre le risque de détraquer les règles de l'univers, de remettre en question les fondements de notre existence.

Il y a 5000 ans, lorsque Geshtinanna a effectué son saut dans le temps, elle a déréglé le monde et ses lois. Je ne savais pas, à cette époque, en quelle année elle s'était retrouvée et je ne devais pas le savoir. Ce qu'elle y avait vu ou fait n'avait pas non plus d'importance. Elle avait brisé les Més et devait être jugée et punie en adéquation avec son crime.

J'aurais souhaité qu'elle ne naisse pas Demi-Déesse, que Nanna ne lui octroi pas autant de pouvoirs, quand bien même elle fut sa fille bien aimée. Car si elle n'avait pas possédée toutes ces capacités, jamais elle n'aurait accédé à cette époque lointaine, et elle n'aurait pas été punie. Elle aurait pu rester à mes côtés, venir dans mon royaume six mois par an. Ne pouvait-elle pas se contenter de ce qu'elle avait déjà ? Mais non. Le pouvoir, l'ivresse qu'il procure sont bien trop attrayants. Elle devait le faire. A tout prix. Pour savoir ce qu'elle allait devenir, ce qu'il allait advenir du monde et des humains qu'elle aimait tant. Et c'est justement son côté humain, celui que j'appréciais qui l'a perdue.

Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il se passait. Ou plutôt si. J'ai compris mais ai fait la sourde oreille. Depuis quelques heures je sentais des perturbations dans l'équilibre du monde, de mon monde, sans chercher pour autant à savoir d'où cela pouvait provenir. J'ai senti les tréfonds des tréfonds des Enfers s'agiter imperceptiblement et alors j'ai compris. Compris que ce jour était enfin arrivé. Que Gesh avait effectué son saut dans le temps. Compris que l'époque, le jour, où elle était arrivée de 5000 ans dans le passé, c'était aujourd'hui. Le monde s'agitait, commençait à trembler par sa simple présence, par le simple fait qu'elle se trouve deux fois à la même époque, chose improbable qui ne doit jamais se produire.

Avachi sur mon trône de marbre noir je me redresse, pose mes pieds à plat sur le sol et pose mes coudes sur mes cuisses, appuyant ma tête sur mes mains conjointes. Je soupir.

Je crois que je comprends enfin les actions d'Utu. Car aussi stupide soit-il et peu importe toute la colère qu'il pouvait avoir, jamais au grand jamais il n'aurait ainsi brisé l'Eclipse. Peut-être sa fierté et son orgueil ont-ils joué leur part, tout comme Nanna. Certes. Mais il savait, de cela je m'en rends compte à présent, il savait qu'elle arrivait. Et il savait que peu importe ce qu'il allait advenir, sa venue était inévitable et l'Eclipse a servi de catalyseur. C'est ce qui l'a attirée dans cette époque et pas une autre car les Més étaient affaiblis. Ce petit crétin d'Utu l'avait vu et s'est par conséquent exilé.

Je soupir une nouvelle fois. Je ne peux pas. Je ne peux pas attendre sagement et rester dans mon royaume les bras croisés jusqu'à ce qu'elle s'en aille. Je sais pertinemment que si je la croise, cela créera encore plus de distorsions mais il faut que je la revoie. Je n'ai plus la force de l'attendre. Depuis plus de 5000 ans, je patiente dans l'espoir que mes yeux se reposent à nouveau sur son doux visage. Dans l'espoir que je puisse, encore une fois, toucher ses cheveux soyeux et sentir sa douce odeur.
Il me faut la revoir et je sais où elle se trouve. Car où pourrait-elle être si ce n'est à la Congrégation avec ce petit prétentieux de Marduk.

D'un bond je me lève de mon trône et l'instant d'après je me trouve dans la Congrégation et plus précisément dans l'antichambre du bureau de Steek. Je me retrouve face à sa secrétaire, Nathan Duchemin je crois, qui me fixe d'un air ahuri, les yeux écarquillés de stupeur. Eh bien, n'a-t-elle jamais vu un Dieu apparaître devant elle ?

Un sifflement de frustration s'échappe de ma bouche lorsque je constate où je me trouve. Nous sommes en plein jour, qui plus est dans la Congrégation. Je n'ai pas pu me téléporter directement dans le bureau de Steek car je suis ici sur son terrain.

Mes yeux se portent sur la porte close du bureau. Elle est là, je la sens, cette aura si douce et lumineuse… Je m'avance d'un pas résolu mais la jeune femme m'interpelle.

- A…Attendez… Vous ne pouvez pas…

Je lui lance un regard glacé, qui lui fait refermer sa bouche immédiatement. Ne te met pas en travers de mon chemin cloporte, je n'ai que faire de ta présence insignifiante, voilà ce que clame mon regard. Elle fait un pas en arrière et sans plus attendre j'enclenche la poignée de la porte et la franchit.

Mes yeux se posent alors sur une silhouette que je croyais, même dans mes songes les plus fous, ne jamais revoir. Son corps gracile et élancé, ses cheveux si longs et soyeux qui lui tombent au creux des reins. Une tunique et pantalon de toile qui la couvrent et dissimulent quelque peu ses formes douces. Geshtinanna se tient là, juste devant moi, me tournant le dos.

Puis la voix de Marduk retentit comme un claquement dans l'air.

- L'instant suivant, Geshtinanna, fille de Nanna et de Nintu, avait rejoint son époque sans encombres, donnant l'illusion à tous qu'elle y était parvenue par ses propres moyens.

Mon sang se glace et l'instant d'après, la seule personne se tenant en face de moi n'est autre que Lewis Steek. Comme si Gesh ne s'était jamais tenue devant moi. Comme si sa présence n'avait été qu'un simple mirage.

Je voudrais hurler, crier mon désespoir et ma peine mais aucun son ne s'échappe de ma bouche. Je le sais, c'est ainsi que les choses devaient être et pas autrement. Elle ne devait pas me voir et mon cœur hurle devant cette injustice, il hurle et saigne de savoir ce qui l'attend lorsqu'elle rentrera dans son époque.

Marduk s'écroule à mes pieds et le regard que je porte sur lui n'est que pure haine et mépris. Il vient de briser les Més pour la renvoyer dans son ère. Il n'avait pas le choix, les choses sont ainsi faites, il le sait et je le hais un peu plus pour me l'avoir arrachée à nouveau.

Calmement, je m'approche de lui et m'accroupi pour me rapprocher de son oreille.

- C'est un mal nécessaire Marduk, je lui susurre tandis qu'il sombre lentement dans l'inconscience. Mais sache que je ne t'ai jamais autant méprisé et haï que dans l'instant présent.

Dans la seconde qui suit, je disparais pour réapparaître dans mon entre, plus seul et désespéré que je ne l'ai été en 5000 longues, très longues années.

Voir le profil de l'utilisateur



Geshtinanna
Messages : 124
Localisation : ...
Loisirs : ...
Humeur : ...
avatar
Lloyd
Ven 7 Aoû - 8:09
"Nous reparlerons de cela plus tard." J'ai une pensée amère à l'évocation de ce plus tard qui lui est sans aucun doute mille fois plus accessible que pour moi. Il ne semble pas douter que j'en aie un aussi... "nous" et "plus tard", si seulement c'était vrai ! Je le scrute avec attention, gravant dans ma mémoire son visage si sûr de lui, pour incarner l'espoir, la seule chose qui me reste. Père m'a dit un jour que c'était l'espoir qui rendait la vie humaine si cruelle ; je ne demande qu'à le croire mais humaine, je ne le suis qu'à moitié. Je peux bien espérer que ma peine prenne fin avant l'éternité, de toute façon je ne le saurai jamais si ce n'est pas le cas, l'âme flottant à l'écart du Monde et de son temps. Je dois m'en servir pour être forte, pour faire face et ne rien, rien perturber par mes actes, aussi insignifiants soient-ils. Ensuite je pourrai passer 5000 années au moins sans avoir besoin de veiller à rien. Ce ne sera même pas de la paix, juste une extinction temporaire de la conscience de mon existence. C'est Marduk lui-même qui m'a parlé de ça, il y a des millénaires, il y a quelques mois.

Il fait quelques préparatifs, éloignant de lui ces écrans lumineux. Je profite de ces quelques instants de répit pour détailler tout ce qui m'entoure, tout ce qui est particulier à ce temps, à ce lieu, pour ne jamais les oublier. Le parquet sombre qui craque sous ses pas, la lumière de ce demi-soleil filtrant par la fenêtre à carreaux, les étagères de bois verni débordant de codex aux reliures plus ou moins neuves, semblant parfois dater de mon époque, le luminaire de porcelaine suspendu au plafond décoré de moulures, le bureau, imposant, débordant de paperasse et d'appareils électroniques, les vêtements simples de mon alter ego... Même les sons de voix provenant de la pièce d'à-côté, je ne veux rien oublier.

Si je reviens ici, ce sera dans notre futur à tous les deux, et tout pourrait être différent ; que signifie un "plus tard" venant d'un immortel ? Immortel... l'éternité à vivre. Je songe amèrement que ma peine me rendra presque immortelle moi aussi, 5000 ans ce n'est pas rien...
Et si mon corps venait à être détruit dans le temps qui sépare mon départ de maintenant ? Si je mourais alors que mon esprit est si loin du monde ? Non, c'est impossible... Ces frissons qui parcourent mon corps devraient être les marques du conflit se déroulant entre moi du passé et moi du futur ? Et si ce n'est pas ça qu'est-ce que c'est ?

Mon ami semble presque prêt, je voudrais le remercier je ne sais comment de la dépense d'énergie à laquelle il consent pour moi. Je ne sais toujours rien de lui, du nouveau lui... Quelle quantité cela représente-t-il aujourd'hui pour Marduk de me porter 5000 ans dans le temps, en contournant au passage les stricts Més au plus haut de leur forme repoussant de toutes leurs forces mon arrivée ? Aujourd'hui ils sont tellement affaiblis, je ne sens presque pas leur influence, rien d'étonnant à ce que je sois arrivée si facilement... Je réprime un sentiment de colère envers Père et Utu qui les ont tellement inhibés. Si je n'étais pas venue si loin sans doute ma peine aurait-elle été plus douce ! Mais c'est... je ne dois pas me laisser aller à d'injustes accusations. La faute repose tout entière sur mes épaules. Marduk prendra la sienne en m'envoyant à mon époque, je ne peux qu'espérer que les Dieux soient cléments avec lui, après tout s'il ne le faisait pas les conséquences de mon échappée pourraient être bien plus importantes qu'elles ne le sont déjà.

Je frissonne de plus belle, attribuant cela à ma deuxième existence, avant de sentir au creux de ma poitrine cette sensation si familière... Tant de puissance, de bonté, tant de douces ténèbres... Je vois presque ton sourire un peu moqueur et ton regard brûlant... Ershkigal...
Je ferme les yeux pour mieux me concentrer sur sa présence ; il est là, juste à côté...

- L'instant suivant, Geshtinanna, fille de Nanna et de Nintu...


Je voudrais crier, qu'il m'entende, lui dire que je suis là, me réfugier dans ses bras, le laisser m'embrasser pour me rassurer, l'écouter me dire que je n'ai pas à avoir peur tant qu'il est avec moi, lui sourire... Mais il ne faut pas, j'ai déjà bouleversé suffisamment de choses ainsi...

- donnant l'illusion à tous...

La voix grave de Marduk sonne comme un glas à mes oreilles horrifiées tandis que la porte derrière moi s'ouvre brutalement et que l'aura de mon Dieu de la mort me submerge tout entière. Je serre mes paupières, consternée. Un regard à son reflet dans les vitres et toute ma détermination disparaîtra en fumée, me laissant effondrée. J'ai un sourire, un léger sourire doux-amer en laissant mon visage se détendre. Pardon de t'avoir laissé me voir, Ershkigal, j'aurais dû partir plus tôt et t'épargner le désespoir qui doit t'envahir à cet instant. Tu ne m'en voudras pas, mais j'aimerais porter ta peine à tes côtés... Je ne peux qu'emporter ton souvenir avec moi dans le passé, mais je ne pourrai pas t'en parler, je ferai comme si rien ne s'était passé...
Quelques larmes roulent sur mes joues et s'écrasent sans bruit sur le sol. Je les laisse ici, je n'en aurai plus besoin là où je vais...

- par ses propres moyens.

Tout s'éteint. J'ouvre les yeux sur le vide infini de l'Entre-Deux, dont l'obscurité absolue m'est si familière. Mes pieds invisibles ne touchent aucun sol en esquissant quelques pas, vers le contour d'une immense porte se détachant sur la toile du Néant. Je pourrais rester là, entre les deux...

Mes pas se font plus fermes tandis que j'efface les derniers doutes de mon esprit. Je lève les yeux vers la porte avant d'y poser ma main glacée.

Puis je regarde droit devant moi, vers l'horizon bleuté qui apparaît derrière la porte ouverte.
Voir le profil de l'utilisateur



Page 1 sur 1
 
Les Chroniques de Sumer :: La Congrégation :: Bâtiment administratif :: Bureau du Directeur
Poster un nouveau sujet Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.