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Big Bang. [Alex ♥]
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Dave
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David Williams

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Lun 10 Aoû - 23:06
La salle d'entraînement pourrait presque te paraître accueillante, te dis-tu en franchissant le seuil. T'as ta p'tite bouteille d'eau et ta serviette-éponge, que tu balances sans soin sur un banc, avant de te diriger vers un coin rempli de mannequin d'entraînement et de chaînes pour y accrocher les sacs de frappe. Tu bifurques, en sors un des placards que tu finis par faire rouler au sol, avant de le redresser et de l'accrocher aux chaînes à bout de bras. Tu le stabilises, vérifies l'attache une, deux, puis trois fois, avant de commencer à te défouler dessus. Tes mitaines amortissent bien le choc, mais tes mains ne tardent pas à finir ankylosées et complètement moites. Il ne fait pas si chaud, pourtant, à peine 25°C – toi, tu as l'habitude des étés torrides d'Australie, alors ça passe ; mais après avoir passé six mois à cailler, tu préfères autant être recouvert de sueur en moins de cinq minutes.

Les coups que tu portes au sac te secouent le corps tout entier. Tu as l'impression de vibrer, et quelque part, ça te fait du bien, de te sentir aussi vivant. Tu en oublies que ton crâne est régulièrement pris dans un étau, et tu tentes de faire abstraction que ta vie est redevenue un bordel sans nom depuis la disparition de ton dieu. Visite chez le psy, qui n'a pas tardé à te renvoyer chez un médecin, qui a fini par te faire voir un psychiatre. Il a dit que, peut-être, tu n'étais pas malade. Que les médecins d'Australie ne pouvaient pas savoir que tu t'étais fait posséder par une créanne. Que, si tu les écoutais et que tu suivais ton traitement, tu arriverais à aller mieux, et retrouver un semblant de vie normale. Tu t'es accroché à ces mots, comme tu l'as pu. Pour le moment, tu as conscience que c'est l'absence d'Utu qui te cause le plus grand mal. Ces impressions, tes pouvoirs qui ne t'obéissent plus, ton sentiment d'inutilité et, bien vite, la peur de devoir quitter la Congrégation. Passé la phase d'hébétement, c'est celle de la colère qui fait son chemin. Tout s'effondre, et tu ne sais pas quoi faire pour y remédier. Ils te disent que c'est une dépression, que si tu as l'impression que le monde se ligue contre toi, c'est une chose plutôt normale. Alice, elle, est plus inquiète que ça. Elle voit ton médecin, parfois, tu le sais ; et ça t'énerve un peu plus. Alors tu attends, et tu obéis. Dave, t'as toujours été un chien fidèle, j'le sais. Ta sœur te dit de prendre tes médocs et tu le fais. Mais un jour, elle sera plus là pour toi, tu comprends ? Elle sera plus là pour toi, et ça te terrorise. Avoue-le… On dirait presque que t'es revenu dans cet hôpital en Océanie, voire même dans ce cloaque à Londres. Tu fermes les yeux, tu n'y penses plus et tu frappes.

Ton psy dit que ça te fait du bien de te bouger, de faire du sport. Alors tu bouges. De toute manière, t'en as bien besoin. Ça te fait penser à autre chose, et en même temps, tu ressasses. Tu lui as parlé du cadavre dans le jardin de Kathy, puis tu lui as parlé de l'incident en salle de cours, avec la vachette qui a tenté de brouter tes cheveux. Sans émotion dans la voix ni sur le visage, mais le cœur alourdi d'une honte que tu n'as même pas songé à lui cacher dans tes propos. Quand tu ressors, parfois, tu te sens moins seul. Et après, tu as envie de taper dans quelque chose. Parce que tu sais que tu n'as pas été tout à fait honnête, et que tu ne lui as pas tout dit.

Un nouveau coup, et le sac se balance un instant d'avant en arrière. Ton souffle est erratique, et un peu d'électricité semble remonter le long de tes bras endoloris. T'en profites pour enlever puis remettre le bandeau qui te retient les cheveux après t'être épongé le front avec ta serviette. Tu bois un peu d'eau et, en reculant d'un pas pour te tourner, un mec qui passe te rentre dedans. Dans ton sursaut, tu te renverses une partie du contenu de ta bouteille dessus.

- Ah putain, tu râles, avant de t'essuyer le visage trempé et de lever des yeux assassins vers le fauteur de troubles. T'étais obligé de te planter derrière moi ? J'm'en suis foutu partout. Reste pas en plein milieu du ch'min.

Ton nez se plisse un peu et tu sembles capter que tu l'as déjà vu quelque part ; où, en revanche, c'est une autre question. T'es embarrassé et agacé à la fois de t'être retrouvé nez à nez avec ce type, comme ça, et tu recules tout en lui faisant face pour mettre plus de distance entre vous. Tu détestes quand il y a un écart trop court entre toi et tes interlocuteurs.

- Allez, bouge. Tu gênes, tu rajoutes en rebouchant ta bouteille et en chopant ta serviette une nouvelle fois.

En repassant, t'hésites à le cogner de l'épaule pour lui faire sentir ta mauvaise humeur. Ce mec a une gueule qui te revient pas. De toute manière, tout le monde est parfaitement au courant que la sympathie et toi, ça fait deux.

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Alexander Aestas

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Mar 11 Aoû - 12:24

C’est quelque chose que je n’ai pas l’habitude de dire. De base, ça ne me correspond pas. Je crois que souvent, les parents le disent à leurs enfants lorsqu’ils font des bêtises.

« Ma patience a des limites. »

La mienne a atteint les siennes, de limites. « Quoiiii ?! Alors comme ça, le petit Alexander peut perdre patieeeence ?! ». Je suis humain, moi aussi. Je veux bien être gentil, mais au bout d’un moment quand on me le reproche, c’est un peu énervant. Oui, juste un peu, pas de quoi péter un câble. Mais l’accumulation de tous ces évènements ces derniers temps font que je suis à bout de nerf, et un rien m’énerve. Bon, il faut dire que depuis que je me suis engueulé avec Lily, je ne parle plus à grand monde, alors ça ne se voit pas vraiment, que je suis d’humeur exécrable. Mais moi je le sais, mes propres réflexions m’énervent, et finalement je me retrouve d’encore plus mauvaise humeur.

Mais quels sont tous ces évènements qui mettent le « pauvre petit Alexander » sur les nerfs ? Déjà, de base, l’éclipse. Les migraines qui surgissent au beau milieu de la nuit, c’est fatiguant à force. Sans parler des pouvoirs qui n’en font qu’à leur tête. Bon ça ça va, je les gère mieux, mais bon.

Ensuite… Tyarisse. Je ne l’ai pas revue depuis la fête, et entre temps elle est partie en mission. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’inquiète vraiment pour elle. Sa déesse ne semble pas des plus tendres, et de plus c’est la déesse de la guerre, m’amenant à supposer que ce ne sera pas une mission « calme » comme la mienne. J’espère que ça ira…

Et enfin… ma sœur. Il y a peu, elle s’est trouvé un nouveau petit ami. Quel est le problème, si elle est heureuse ? Pour le moment, il n’y en a pas. Mais disons que j’ai un peu anticipé. La dernière fois, qui est-ce qui a dû la ramasser à la petite cuillère et la reconstruire morceau par morceau suite à une rupture ? C’est moi. Et la voir ainsi m’a fait mal. Je ne veux pas qu’elle souffre à nouveau comme elle a souffert à ce moment-là. Par conséquent j’ai tendance à me méfier de ses petits copains. Et ça, elle n’a pas apprécié. Je crois qu’elle a perdu patience, et elle s’est énervée. D’ordinaire elle ne s’énerve jamais contre moi, pas comme ça. Elle était vraiment en colère, et m’a très sèchement demandé de m’occuper de mes affaires. A ce moment, avec l’accumulation de tout le reste, j’ai moi aussi haussé le ton. Ça l’a surprise d’ailleurs. Mais toujours est-il qu’elle me fait clairement la gueule depuis ce moment-là, et moi je n’ai pas le cœur à aller la voir. Cette solitude de ces derniers jours m’arrange bien au fond, ça m’évite de m’énerver contre les autres et de leur faire involontairement du mal.

Je déambule dans la Congrégation. Je n’avais pas envie de ruminer mes pensées coincé dans ma chambre. Au moins, la Congrégation avait l’avantage de me changer les idées, entre deux migraines.

Je m’arrête au niveau du cratère –putain, ça c’était un pétage de plomb de la déesse de Tyarisse… comment voulez-vous que je reste serein moi ?-, les mains dans les poches de mon jean et regarde de loin un bâtiment dans lequel je n’étais jamais allé encore. Réservé à l’entraînement, je crois. Je hausse légèrement les épaules. C’est vrai qu’il serait bien que je m’exerce à la maitrise de mes pouvoirs, pour Nanna. En plus, ça ne ferait de mal à personne, si je m’énervais contre un mannequin. Peut-être que ça m’aiderait, en fait.

Décidé, je me dirige donc dans cette direction. J’ouvre la porte de la salle, et écarquille un peu les yeux en voyant qu’il y a déjà quelqu’un. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait quelqu’un. Hm, je préfèrerais être seul… j’avise l’autre porte à l’autre bout de la salle. Probablement y en a-t-il une autre, vide, derrière. Je me dirige donc vers elle mais, en reculant, l’autre occupant de la salle me rentre dedans. Un faible grognement s’échappe de ma gorge. Je m’apprête mécaniquement à m’excuser, cependant l’autre commence à râler d’un ton on ne peut plus désagréable :

— Ah putain ! T'étais obligé de te planter derrière moi ? J'm'en suis foutu partout. Reste pas en plein milieu du ch'min.

Je hausse un sourcil. Ce n’est qu’un peu d’eau, pas la peine d’en faire un drame. Il recule pour s’éloigner.

— Allez, bouge. Tu gênes.

Pas la peine d’être désagréable, j’allais y aller.

Il repasse à côté de moi, d’un pas vif, suffisamment près pour me frôler. C’est quoi son problème, à lui ? A croire que je m’étais jeté devant lui pour le faire trébucher quoi !

Qui es-tu, pour te montrer aussi désagréable ? On ne t’a jamais appris la politesse ?

Ma voix s’était faite sèche, et je lui rends son regard sombre.

Ma patience a des limites. Et je suis doucement en train de les franchir, ces limites. Pour une des premières fois de ma vie. Comment disait-on, déjà ? Ah oui, « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

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Dave
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Mar 11 Aoû - 20:41
Bon. Alors là, c'est clair, t'es définitivement d'humeur exécrable. T'as beau essayer de te convaincre que, non non, tout va bien, tu n'as pas de raison de péter les plombs plus que ça, les mots sortent d'eux-mêmes, brusques et sévères. La réaction produite aurait certainement pu être atténuée si tu avais eu à cœur de ne pas froisser ton interlocuteur, mais tu t'en fiches à un tel point qu'il devient impossible pour toi de ne pas lui faire sentir toute la force de ta colère. C'est même pas contre lui que t'es en colère, au final ; ça t'agace juste de te sentir aussi agacé par tout, tout le temps, et d'avoir l'impression que le monde entier t'agresse. Tu te rends pas forcément compte, d'ailleurs. T'en viendrais presque à penser qu'il s'est planté là exprès, pour te faire chier, et rien que cette pensée stupide te ferait grogner de dépit si tu avais été seul dans la pièce. Toujours est-il que non, tu n'es définitivement pas seul, et l'importun qui te lance un regard lourd commence doucement à te taper sur le système. Au pire, il ferme juste sa gueule et il te fout la paix ? Ça marche pas, ça ? Non ? Faut absolument qu'il renchérisse ? Il veut quoi, que tu lui foutes ton poing dans le nez pour lui faire comprendre que c'est pas le moment de t'emmerder ? Pas comme si tu le ferais, mais un peu d'intimidation en prenant môsieur au col ne risque pas de lui faire grand mal, tout juste à le pousser à se pisser dessus, et ce serait une peine tout à fait méritée. Bon. Le fait qu'il fasse un ou deux centimètres de plus que toi risquerait d'être un peu handicapant, mais si tu y mets suffisamment du tien et que tu lui offres ton visage le plus effrayant, il devrait dégager rapidement, nan ? Tu te retournes et le détailles de haut en bas plusieurs fois, avant de planter tes yeux dans les siens et étirer ce qu'il te semble être un sourire crispé, mais n'est en réalité qu'un rictus méprisant. Tu refais un pas vers lui, articulant bien chaque mot pour être certain qu'aucun ne t'échappe.

- Qui je suis ? Ça t'importe ? On en a rien à foutre. En revanche, j'te conseille de retourner pleurnicher ailleurs. Dans les jupons d'ta mère ou d'ton dieu, par exemple ? Ça ne te dit pas ?

Pas de leçon à recevoir d'un gamin, tu grommelles mentalement. Il est plus jeune que toi, c'est évident et tu l'sais, mais tu peux pas t'empêcher de le provoquer tout de même. On se demande qui est le plus intelligent des deux, hein. Enfin bon. Ce faisant, tu le toises de toute la hauteur de ton égo, et tu finis par incliner la tête sur le côté, doucement.

- Au passage, la politesse c'est comme le respect, ça s'mérite. Je suis pas d'humeur à supporter qu'un gosse me fasse la morale. Maintenant que t'as compris, lâche-moi, tu veux ? J'aimerais éviter de faire un truc que j'vais regretter, là.

La menace est à peine voilée ; c'est bien Davy, tu ferais presque des efforts. Que dirais-tu de prendre des cours de socialisation ? Genre apprendre à dire "Ouais bon, ça va, désolé" et à fermer ta grande gueule, avant de te créer encore plus d'emmerdes ? Tu t'es déjà suffisamment fait remarquer pendant le cours d'initiation à l'égorgement – putain mais quel cours de merde, comme si t'avais besoin de ça – merci bien, alors pense à ta frangine, et essaie de calmer le jeu. Non, ne tire pas sur tes mitaines de cette manière pour les renfiler correctement, ça va mal passer j'te dis. Bordel, mais t'écoutes un peu ? Ne sers pas la main comme ça plusieurs fois, il va vraiment croire que tu le menaces ! Tu contrôles un peu ton corps ? Comment ça t'as des fourmis dans la main ? Mais j'en ai strictement rien à foutre que t'aies des fourmis dans la main !

Bon. C'est ça, retourne-toi et remets-toi devant ton punching-ball en l'ignorant, ça passera très bien. Allez, tape dedans, comme ça.

Bon sang, David, t'es vraiment bête.

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Alex
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Mar 11 Aoû - 22:02

Il ne m’aurait pas mal parlé, j’en aurais juste rien eu à foutre de tout ça. De mauvaise humeur ou pas, je n’aime pas faire des reproches aux gens. Mais celui-là, franchement…

— Qui je suis ? Ça t'importe ? On en a rien à foutre. En revanche, j'te conseille de retourner pleurnicher ailleurs. Dans les jupons d'ta mère ou d'ton dieu, par exemple ? Ça ne te dit pas ?

Un ricanement m’échappe, puis je hausse un sourcil. Pleurnicher ? Moi ? Je ne sais pas quelle est sa définition de pleurnicher, mais nous n’avons manifestement pas la même.

Parce qu’à la base, on ne traite pas son interlocuteur comme un sac poubelle, selon les règles de la courtoisie… mais si tu le prends comme ça… et… ma mère ? On évitera de l’embêter pour une embrouille aussi futile provoquée par un blondinet qui veut manifestement frapper sur tout ce qui bouge, hein ? Et puis… mon dieu ? C’est un bordel sans nom depuis l’éclipse, alors pareil, on évitera de le déranger inutilement. Et puis, as-tu seulement déjà vu un dieu qui vient réconforter son pauvre missionnaire ? Tu es plutôt du genre naïf, non ?

Un maigre sourire étire mes lèvres. C’est le genre de choses que je ne dirais jamais en temps normal. Mais là, tout sort à flot, je ne réfléchis même pas vraiment à ce que je dis. Parfois j’en ai assez qu’on me traite comme le déchet du coin de la rue. Et lui manifestement ne me considère pas plus que cela.

Il penche alors la tête sur le côté. Il m’arrive souvent de le faire, mais généralement c’est pour ponctuer une interrogation. Lui affiche un regard mélangeant mépris et moquerie.

— Au passage, la politesse c'est comme le respect, ça s'mérite.

J’arque un sourcil.

Ça se mérite ? Eh bien, vu ton comportement, les gens ne doivent pas vraiment bien te parler. Tu ne donnes pas très envie qu’on te respecte, là dans l’immédiat.

…oui, vraiment le genre de choses que je ne dirais jamais en temps normal.

— Je suis pas d'humeur à supporter qu'un gosse me fasse la morale. Maintenant que t'as compris, lâche-moi, tu veux ? J'aimerais éviter de faire un truc que j'vais regretter, là.

Je hausse les épaules. Il n’est pas d’humeur, le pauvre petit ? Très sérieusement, je m’en fiche. Je n’ai pas envie de l’aider pour quoique ce soit. Moi non plus, je ne suis pas d’humeur à être patient avec des gens aussi exécrables. S’il s’était montré un peu plus sympathique, je me serais excusé, je l’aurais aidé à nettoyer l’eau qui s’était renversée, et je serais parti. Normal, quoi, peu importe mon humeur. Mais là… pourquoi fallait-il que je tombe sur ce type aujourd’hui ? M’emporter ne m’apportera que des ennuis. Mais dans un certain sens, je crois que ça me défoule un peu.

Est-ce que j’apprécie de le provoquer ? Non. Bien sûr que non. Je n’aime pas être en mauvais termes avec qui que ce soit. Mais je n’ai pas vraiment le cœur à me calmer. Quand on est provoqué, ou insulté, on trouve généralement une certaine énergie afin de défendre sa fierté, chose que ne fais pas en temps normal. Là… je me laisse aller, je suppose. Je m’en voudrai, plus tard. J’en suis quasiment certain.

Mais on verra, pour plus tard.

Il se détourne, pour se mettre à nouveau face à son punching-ball. Du genre à frapper sur tout ce qui bouge –ou ne bouge pas d’ailleurs-.

Le regretter ? Eh bien, ne le fais pas, dans ce cas-là. Tu sais contrôler tes mouvements non ? Si tu ne veux pas faire quelque chose, ne le fais pas si tu peux l’éviter.

Oui, je lui fais la leçon.

Oui, je sais que je le provoque d’une certaine manière. Ou du moins, que je réponds à ses provocations. Je suis vraiment à bout de nerf, je crois…

Il ne faut pas que ça aille plus loin, il faut que je me taise… Sinon… je sais que moi aussi je le regretterais.

Et oui, je sais aussi que je ne respecte pas vraiment moi-même ce que je viens de lui dire.

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Dave
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David Williams

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Mar 11 Aoû - 22:41
Ahah. Ok. Tu vas lui défoncer la gueule.

Autant tu le laisses faire son petit speech tranquille, ça t'énerve et t'as envie de lui faire bouffer ses dents, mais tu laisses couler. La mention de l'éclipse fait tilt dans ton esprit et tu captes bien vite que tu l'as effectivement vu à la fête, parler avec un dieu que tu comprends rapidement être le dieu de la nuit. Là, il te faut un peu de temps pour encaisser, et tu ne le fais pas réellement avec le sourire. Il parle trop. Il parle beaucoup trop. Certainement est-ce la raison pour laquelle ses mots passent au-dessus de ta tête durant quelques instants. Le temps qu'il te faut pour le relancer de manière assassine, un peu plus virulemment maintenant qu'il t'a rappelé ta maigre situation de missionnaire privé de tout contact avec ton dieu. Ça t'énerve. Ça t'énerve tellement que ce soit un pédant comme lui qui te dise quoi faire. Alors que tout ça, tu le sais ; tu le sais bordel. T'y tiens même pas, à ton dieu. Mais s'il revient pas, tu vas faire quoi ? Tu vas retourner en Australie ? Être perdu dans la nature ? Y a bien Kathy, dehors, que tu connais, mais sinon, y a qui ? Qui ça ? T'es tout seul Dave, putain, t'es tout seul. Warren, tu l'aimes bien, mais c'est pas comme si tu pouvais vraiment le considérer comme un pote. Si tu pars de la congrégation, t'es sûr qu'il te laissera tomber aussi sec. C'est certain. C'est certain, putain, tu le sais.

Alors tu remets nerveusement tes mitaines en place, pour faire passer l'envie que tu as de lui coller ton poing sur le pif, et tu retournes à ton occupation précédente. Tes coups se font plus rageurs, et tu essaies de ne pas penser au fait que ce petit con s'imagine mieux valoir que toi. On évitera de le déranger inutilement. Putain. Putain. Calme-toi, Dave. Son dieu n'est pas parti. Son dieu n'est pas parti. Son dieu a chassé le tien, mais c'est pas une raison. Nooon, ce n'est pas une raison, bien entendu. Allô ? Y a quelqu'un ? T'entends c'que je dis ? Continue à frapper et ignore, ça vaut mieux pour vous deux. T'as pas très envie de te faire engueuler par l'infirmière en sortant. Ni qu'elle redise encore une seule fois le mot "instable" devant toi. Ou éclipse. Ou Utu. Ou simplement "normal". Parce que ce n'est pas normal tout ce qui arrive.

Tout ton corps se crispe lorsque sa voix résonne une nouvelle fois dans ton dos, et là, tu sais que c'est foutu. Genre définitivement foutu. Tu fermes les yeux alors que ton poing atterrit une nouvelle fois contre la cible, sans s'en décoller cette fois. Tu ne bouges plus.

Tu sais contrôler tes mouvements Davy, non ? Non. Non, tu ne sais pas. Instabilité, hein. Contrôle. Instabilité. C'est pareil. C'est tout pareil. Tu tournes vers lui un regard qui paraîtrait las à quiconque ne te connaîtrait pas. Il est simplement vide. Alors tu fais craquer ta nuque et t'avances à nouveau vers lui, lentement, et reprends la parole.

- Bon, nous allons mettre quelques petites choses au point.

Une pause, durant laquelle aucun de nous deux ne parle.

- Déjà, j'suis pas ton clebs. Ce qu'en pensent les gens, j'm'en tamponne allègrement le coquillard. Surtout les pauvres petits minables dans ton genre, qui se plaignent de ne pas avoir l'attention de leur si merveilleux dieu. C'est bien ce que tu viens de faire, là ? "Mais pour quelle raison viendrait-il me voir, moi, si minuscule et pitoyable petit missionnaire ?" Bouhouhou. J'en pleure de tristesse, tu vois.

Un sourire.

- Et au passage, je suis désolé de ne pas contrôler mes mouvements. Je te jure. Parfois, j'ai des poussées… inopinées.

Et, sans attendre, tu l'attrapes par les épaules fermement et lui assène ton front contre son visage, en espérant bien que son nez craque sous l'impact. Connard.

Un peu sonné par le coup, je le lâche cependant, me recule puis le contemple avec un sourire large. Prêt à utiliser mes poings s'il s'attaque à moi en retour.

- Oups, j'ai glissé.

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Alex
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Alexander Aestas

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Mer 12 Aoû - 10:44

Calme-toi, Alex. Il faut absolument que tu te calmes.

Je ferme les yeux une, deux, trois secondes. Reprend le contrôle, merde. C’est quoi mon problème, aujourd’hui ? Pourquoi est-ce que je lui réponds comme ça ? Je ne suis pas susceptible, d’habitude. La manière dont les gens me parlent, qu’elle soit respectueuse ou non ne m’affecte pas d’ordinaire. Pourquoi est-ce que ses propos à lui me tapent sur les nerfs ?

Oh et puis, ça importe peu. Dans tous les cas, il ne faut pas que ça aille plus loin. Même si là je ne le sens pas dans l’immédiat à cause de la colère, la fatigue et tout le reste, je sais que je regretterai de lui avoir répondu sur ce ton. Insolent. Ça ne me ressemble pas, d’aussi mal me comporter avec autrui. Ne pas me respecter moi-même est une chose, ne pas respecter les autres en est une autre.

Je pince un peu les lèvres. Il faut que je prenne sur moi. Ce n’est pas à mon humeur exécrable de ces derniers temps de prendre le dessus sur mes actes et mes mots.

J’inspire par le nez avant de reprendre la parole :

Ecoute, on devrait s’arrêter là. Ça vaut mieux pour tout le monde.

Cependant, soit il ne m’entend pas, soit il ne m’écoute pas. Et au ton qu’il emploie lorsqu’il me déverse un nouveau speech, je sens que je suis allé trop loin et qu’il ne veut très clairement pas qu’on s’arrête et qu’on fasse comme si rien ne s’était passé. Je serre légèrement les dents. Putain, t’as été con, Alex…

Il a mal interprété mes mots, en plus. Je ne me suis pas plaint, à ce que je sache. Nanna n’a pas que ça à faire et je le sais. Je fronce les sourcils.

Je n’ai pas dit ça. Nous sommes des serviteurs et nous n’avons pas à demander aux dieux une attention particulière. Ce ne sont pas nos amis.

C'est nous qui devons nous préoccuper de nos dieux, pas l'inverse.

J’entends à peine sa réplique suivante. Il me prend violemment par les épaules, et, heureusement pour moi, j’ai le judicieux réflexe de bouger légèrement la tête. Au lieu de me péter le nez, son front s’écrase sur ma pommette gauche. J’entends mes dents grincer et je retiens un grognement de douleur.

Il recule, un grand sourire aux lèvres. Non, manifestement il ne voulait pas en rester là. J’ai essayé pourtant, j’ai pris sur moi pour me calmer, c’était mieux pour nous deux. Mais cette fois-ci, contrairement à d’habitude, je n’ai pas la patience d’insister. De toute manière il ne m’écouterait pas.

Je suis en tort, et je le sais. Mais c’est trop tard maintenant pour revenir en arrière. J’ai été trop loin, et je dois assumer.

Je lève instinctivement les doigts pour effleurer ma joue. Ça ne saigne pas, ce n’est pas grave, mais ça fera un gros hématome.

Je lui jette un regard glacial.

J’ai essayé. Mais au bout d’un moment, quand on me cherche, on me trouve.

Pourquoi étais-je venu là, à l’origine ? M’entraîner à maîtriser la poussière ? C’est parfait ça, non ? D’autant plus que ce n’est pas forcément très douloureux, la poussière. Tout dépend de ce que je fais avec. Je ne suis pas obligé d’être excessivement violent. Juste de quoi lui faire fermer son clapet.

—  Tu veux te battre, hein ?

Je lève la main, paume vers le ciel, et observe la poussière qui se créé. Un mouvement sec, et la petite quantité de particules grises s’en vont s’enrouler autour de ses poignets, de les bouger afin de les lier ensemble. Puis la poussière se solidifie. Elle ne tiendra pas longtemps ainsi parce je n’ai pas l’habitude de m’en servir, mais ça me permettra au moins de m’approcher en ayant l’assurance qu’il ne puisse pas utiliser ses mains. Je m’approche donc, en fixant ses yeux plein de mépris. Alors, je lui donne un coup de pied sur le côté de la cheville. Ça n’a pas pour but de lui faire mal, mais de le faire trébucher. S’il tombe, dans le pire des cas il se cassera le coccyx ou la hanche, puisqu’il ne peut pas utiliser ses mains pour amortir sa chute.

En revanche, s’il a assez d’équilibre pour se rattraper avec seulement ses jambes, c’est moi qui serais mal. Le carcan de poussière qui enserre ses mains ne tiendra pas plus longtemps, et il est suffisamment proche pour me frapper. Je sais pertinemment qu’à ce moment-là je n’aurai pas le temps de reculer, il est nettement plus rapide que moi.

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Jeu 13 Aoû - 15:18
Connaissez-vous la théorie du "coup de boule, rien à foutre" ? C'est une théorie qui indique que, quel que soit ce que votre vis-à-vis peut bien vous dire, vous montrer, quitte à s'excuser platement, vous supplier ou autre connerie, vous ne comptez absolument pas le prendre en compte et renoncer à lui foutre un coup dans les dents. Là, la théorie du "coup de boule, rien à foutre" prend de plus son sens le plus littéral lorsque toi, petit Dave, t'es décidé à lui envoyer ta tête dans le nez. La rencontre brutale se fait entre ton front, rapidement endoloris, et sa pommette, qui prendra probablement assez vite une teinte violacée. Un sourire satisfait orne à présent tes lèvres – comme un connard, comme on le dit dans le jargon – et tu te recules pour admirer ton œuvre. Le jeunot est sonné quelques instants, alors qu'il porte la main à sa joue et me lance un regard dénué de toute courtoisie. Ça m'arrange, je comptais pas du tout me mettre à lui lécher les bottes. Ma tête s'incline sur le côté et je le fixe, avant de retenir un rire.

- Avoues-le, toi aussi t'en rêve. Pourquoi tu te défoulerais pas, hein ?

Dave, tu n'es pas sûr de toi sur ce coup-là. Tu sais que tu vas le regretter, mais tu le provoques encore. Tous les mecs ne réagissent pas à la provocation, ou pas tout le temps, mais dans un tel état d'agacement voire de colère, il est difficile pour quelqu'un de ne pas céder à la tentation. Alors tu prends garde à ce qu'il s'apprêtera à faire, en observant ses gestes, sa posture, l'endroit où se posent ses yeux. S'il y a bien une chose qui ne te fait pas peur, c'est de te prendre une dérouillée. T'es un peu rouillé à ce niveau-là, et même si tu as déjà eu l'occasion de combattre contre des créannes, là c'est d'un missionnaire qu'on parle. Peut-être qu'il n'a pas les mêmes bases que toi, mais tu sais qu'il a des pouvoirs ; et tu sais que ses pouvoirs à lui, ils marchent et ils ne crachotent pas des étincelles pour te faire croire que non, c'est bon, nous sommes toujours là et nous n'avons pas totalement disparu. Pendant trois secondes, t'as même espoir qu'il soit un annulateur – mais bon, entre nous, on sait tous que t'as jamais eu énormément de bol dans ta life.

De la poussière s'amasse au-dessus de sa paume tournée vers le ciel, et tu retiens une grimace de dépit. Fait chier. Ça fait quoi, ça, comme pouvoir ? Ça essaie de t'étouffer en rentrant dans tes narines, c'est ça ? Qu'il essaie, et tu lui pètes les dents, nom de dieu.

Mais cette foutue poussière entoure maintenant tes poignets et te les colle l'un à l'autre ; tu as beau tirer dessus comme un forcené, ils ne se détachent pas. Ta mâchoire contracte et tu vois à peine venir son pied qui te fauche la jambe gauche. Déséquilibré, tu tombes vers l'arrière, mais attrape son bras de tes deux mains pour l'entraîner dans ta chute. Ce faisant, tu t'écrases sur les fesses puis le dos, grimaces de douleur et lui renvoie directement un coup de poing dans le nez, en remontant tes deux bras. Ouais ben ouais, cherche pas, mec, même avec tes deux mains liées en une, tu te laisseras pas faire. Lui a pu se retenir, t'as de la chance qu'il soit un peu surélevé par rapport à toi.

- Alors comme ça tu contrôles la poussière, hein ? Un pouvoir pitoyable, venant d'un dieu pitoyable, et pour un mec pitoyable, tu ricanes en cherchant à lui mettre un coup de genou. Tout concorde, c'est merveilleux.

Un nouveau coup, ou plutôt une poussée des bras sur son corps pour le pousser à rouler sur le côté et te permettre de te remettre au moins en position assise. Comme ça, c'est clair que c'est pas évident. T'essaie de te remettre debout, tout en sachant qu'il peut très bien contre-attaquer pendant ce temps.

- J'espère que ton dieu sera pas trop déçu. Ce serait triste que tu te fasses laminer par quelqu'un comme moi.

Provocation, toujours.

"Allez sale gosse, bats-toi. Je veux te voir chialer."

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Jeu 13 Aoû - 17:03

Lorsque je lui donne le coup à la cheville, je m’attendais à ce que soit il chute, soit il retrouve son équilibre d’une manière ou d’une autre.

Mais certainement pas à ce qu’il m’entraîne dans sa chute. J’amortis le choc comme je peux avec mon autre main, mais à peine mes genoux heurtent le sol qu’il m’assène un coup de poing, visant toujours le visage. Surpris, je n’ai pas le temps d’esquisser le moindre mouvement pour l’éviter.

C’est le choc.

Je ne saurais dire si mon nez est cassé ou quoi, mais tout ce que je sais c’est que ça fait un mal de chien. Doucement, je sens un liquide chaud s’écouler, sous mon nez, sur mes lèvres jusqu’au menton.

— Alors comme ça tu contrôles la poussière, hein ? Un pouvoir pitoyable, venant d'un dieu pitoyable, et pour un mec pitoyable. Tout concorde, c'est merveilleux.

Ce disant, il tente de m’asséner de nouveaux coups que je parviens à bloquer tant bien que mal avec de la poussière solidifiée. Finalement il me pousse violemment et se remet en position assise. J’aperçois du coin de l’œil ses éphémères menottes grises se volatiliser.

Je me redresse vivement et me remets debout, avant d’essuyer le sang du dos de la main.

Ce n’est plus un regard glacial que je lui adresse.

C’est un regard noir, voire assassin.

Qu’on s’en prenne à moi, avec les mots ou physiquement, est une chose. Ça ne me dérange pas vraiment, du moins en temps normal.

En revanche, qu’on s’en prenne à Nanna, je ne peux pas laisser passer. Premièrement parce que c’est mon dieu, que je me dois de défendre son nom. Deuxièmement, parce que je ne me suis jamais sentis aussi vivant que depuis qu’il m’a appelé. Il m’a fait confiance, et même s’il a des méthodes un peu étranges, il veut me faire changer. Pour ça, je lui suis infiniment reconnaissant. Je ne laisserai personne dire du mal de lui ainsi.

Je me concentre quelques secondes sur l’aura du garçon. Et alors, je comprends. C’est lumineux. Mais fade.

Utu.

Oh. C’est pour ça que ses paroles sont si sèches. L’éclipse. Son dieu est parti.

Je hausse un sourcil.

T’es un prêtre-toi d’Utu, n’est-ce pas ?

Sans attendre de réponse, j’enchaîne d’un ton sec :

Tu n’as pas à rejeter la faute sur Nanna. Ferme-la, c’est tout. Tu ne sais rien. Tu n’as pas de commentaires à faire.

Moi non plus, je ne sais pas. Ni lui ni moi ne savons ce qu’il s’est passé durant cette éclipse. Il ne peut donc pas accuser seulement Nanna, et je ne suis pas en droit d’accuser Utu.

On ne sait rien. Alors, qu’il se la ferme.

— J'espère que ton dieu sera pas trop déçu. Ce serait triste que tu te fasses laminer par quelqu'un comme moi.

Je fronce les sourcils.

Qui te dit que c’est moi qui me ferai laminer ?

Je recule d’un pas, puis deux. Je ne sais pas me battre au corps-à-corps, lui si, manifestement. Il est plus rapide, aussi.

Très clairement, mon seul avantage sur lui reste mon pouvoir, le sien a dû aussi être perturbé suite à l’éclipse.

Au niveau de mes doigts, la poussière s’assemble pour former une dizaine de petites boules, qui se solidifient. D’un seul mouvement, elles se ruent toutes à pleine vitesse vers lui. Enfin, à pleine vitesse… assez pour lui faire mal, mais pas assez pour le blesser. Sauf peut-être si l’une d’elles le touche au visage, ça saigne assez facilement à ce niveau-là.

Je ne te laisserai pas dire du mal de Nanna.

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David Williams

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Son nez craque ? Oh super, parfait. Ton sourire s'étire, lentement, et tu apprécies le liquide carmin qui coule le long de son menton. Manquerait plus qu'il te tâche, et là ce serait la fin du monde. Nan, c'est pas vrai, c'est une blague. T'as déjà assez de raisons de lui cogner dessus – et le fait que tu en aies très envie en est probablement la raison principale et déterminante. Pas besoin de plus ou de moins ; c'est parfait. Tout est parfait. Lorsque tu le repousses sur le côté, tu as bien senti qu'il s'est protégé avec ses pouvoirs mais tu t'en fous un peu. Au moins il te bloque plus au sol, et ça t'aura permis de te relever en ayant les deux mains dégagées. Tu t'étires les bras et lui renvoie un sourire mesquin lorsqu'il te lance un regard assassin.

"Fixe-moi comme ça si tu le souhaites. Tu ne me fais pas peur."


Puis son visage s'imprègne d'une certaine… compréhension, après qu'il se soit essuyé la bouche avec le dos de la main. Et tu serres les dents en l'entendant prononcer le nom de ton dieu. Un sourire. Ne pas rejeter la faute sur Nanna ? Est-ce que c'est une blague ? Est-ce qu'il croit vraiment que tu vas gober cette immonde connerie ? Pas de commentaire à faire ? Pas de commentaire à faire, putain ? Est-ce lui qui se retrouve si démuni ? Est-ce lui qui se retrouve avec un dieu perdu il ne savait où, sans rien, sans nouvelles, sans nouvel appel, sans pouvoirs, sans la moindre petite once de certitude quant à son avenir ? Son dieu, son foutu dieu, il a été la cause du départ d'Utu, peu importe sous quel angle tu tentes de le voir. Ils se sont rencontrés, et Utu a disparu. Tout est entièrement de sa faute. Pourtant, ce n'est même pas ça qui t'agace le plus ; ce qui t'agace le plus, c'est cette manie qu'il a de réagir au quart de tour dès qu'il s'agit de son dieu…

- Quoi, pauvre petit chou est vexé ? Pourtant les faits sont là.

Tu souris une fois de plus, mauvais, alors que des petites billes de poussière se forment autour de lui. Elles ont à peine le temps de foncer dans ta direction que tu te concentres pour utiliser ton pouvoir et te déplacer à grande vitesse sur le côté, en choppe seulement une ou deux au passage, dans le bras. Tu bénis tes réflexes et te précipites devant lui, toujours en utilisant ton don. Un flash dans les yeux pour l'éblouir, puis un coup dans le ventre ; tu te recules à nouveau, suffisamment loin pour avoir le temps de réagir s'il se déplace, avant de désactiver ta vitesse éclair. Ton souffle est un peu plus rapide, ton cœur bat fort dans ta poitrine ; ça t'use d'utiliser tes pouvoirs de cette manière, d'autant que tu t'es déjà bien défoulé sur le mannequin tout à l'heure. Tu te masse le bras gauche, où deux marques rouges se font voir. On dirait qu'il vient de te lancer des cailloux.

- Y a qu'une seule raison pour laquelle j'en suis aussi certain : j'ai décidé de ne pas perdre. Pas contre une personne de ton acabit. Ce serait assez triste.

Puis tu ris, te fais craquer le dos et la nuque. Tu souffles doucement, sur un ton léger :

- C'est tout ce que tu peux faire ? Pauvre chose. Nanna serait déçu. Tu crois qu'il regrette de t'avoir pris comme missionnaire ? J'espère qu'il le regrettera. J'espère qu'il regrette aussi d'avoir chassé Utu. La lune n'est même plus belle, depuis qu'il est parti. Ce n'est qu'un morceau de roche troué de cratères.

De petites billes lumineuses se forment dans ta paume, et tu joues avec un moment. Tu sais que tu n'as ni la force ni le niveau pour créer une illusion, alors tu songes à une autre stratégie. Te prépares à nouveau à te déplacer à grande vitesse pour éviter ses attaques, s'il décide d'en lancer une nouvelle.

- Il l'a bien mérité. Et il mériterait pire encore.

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Alexander Aestas

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A peine les billes de poussière se sont-elles lancées vers lui qu’il se déplace sur le côté. Même si « se déplacer » n’est pas vraiment correct. J’écarquille un peu les yeux : c’était quoi, ça ?! C’est pas humain une vitesse pareille ! C’est ça son pouvoir ? Toujours avec cette vitesse extraordinaire, il se rue vers moi. Vue cette vitesse de déplacement, et, malgré tout, la faible distance qui nous séparait, je ne peux même pas espérer l’esquiver. En revanche, j’ai le réflexe, normal je crois, de me protéger le ventre d’une main, le haut du torse, au niveau de la cage thoracique, de l’autre. Un flash lumineux survient alors, et des tâches noires dansent devant mes yeux. Je sens dans la foulée son poing s’écraser sur la paume de ma main, au niveau de mon nombril. J’esquisse une grimace de douleur, mais c’est certainement moins pire que si je n’avais pas mis ma main. Je tords mon poignet, de manière à pouvoir attraper sa main, cependant il recule. Ma vue redevient normale peu à peu, même si une tâche rouge persiste dans mon champ de vision.

Il rit, avant de reprendre la parole :

— C'est tout ce que tu peux faire ? Pauvre chose. Nanna serait déçu. Tu crois qu'il regrette de t'avoir pris comme missionnaire ? J'espère qu'il le regrettera…

Je le regarde, d’un œil surpris et noir à la fois. A croire que ce garçon lit dans mes pensées. Ça, c’est l’une de mes plus grandes inquiétudes. Décevoir Nanna. Ce que j’ai probablement dû déjà faire. En quoi l’ai-je déjà aidé, depuis le départ ? En rien. C’est en partie pourquoi il me tient particulièrement à cœur de faire ravaler ses paroles, à ce missionnaire.

— …J'espère qu'il regrette aussi d'avoir chassé Utu. La lune n'est même plus belle, depuis qu'il est parti. Ce n'est qu'un morceau de roche troué de cratères.

Je ne peux même pas faire de commentaires là-dessus, parce qu’au fond il a raison. Qu’est-ce que la Lune dans le Soleil ? Plus grand-chose. Mais il en va de même dans l’autre sens. Que sont le Jour et la lumière sans la Nuit et l’obscurité ? Pas grand-chose non plus. Ce sont des choses contraires mais indissociables.

Utu et Nanna sont indissociables.

En théorie, du moins. C’est pour ça que nous souffrons tous autant de l’éclipse…

— Il l'a bien mérité. Et il mériterait pire encore.

Je lui jette un regard assassin, avant de baisser les yeux vers les billes de lumière avec lesquelles sa main joue.

Sur la défensive, je me prépare à bouger si jamais il tente quelque chose. Pendant ce temps, je me concentre, tout en m’efforçant de ne rien laisser paraître.

Mon dieu n’a pas chassé le tien. Penses-tu ton dieu assez faible pour se faire chasser par un autre ? Quelle vision as-tu donc de lui ? Si Utu l'avait voulu, il aurait pu ne pas partir. N'as-tu pas confiance en lui ?

Une masse de poussière se forme lentement derrière lui. C’est plus lent que si c’était à côté de moi, et c’est plus fatiguant pour moi de la créer. Mais je continue.

Nanna aussi a souffert de l’éclipse, ne crois pas que ça a eu seulement des conséquences sur Utu.

La poussière commence à se solidifier.

Je te l’ai dit, tu ne sais pas, pas plus que moi ce qu’il s’est passé entre ces deux-là. Tu ne peux pas dire que l’entière faute vient de Nanna.

Une perle de sueur coule au niveau de ma tempe. Mince, je ne pensais pas que ce serait aussi compliqué de créer et gérer de la poussière à distance… cependant, j’y suis parvenu. Un battement de paupière. Et la masse de poussière vient s’écraser dans son dos. Si avec ça il n’a pas au moins la respiration coupée, c’est qu’il a une cage thoracique en béton. Avec un peu de chance, il pourrait même perdre l’équilibre et tomber à plat ventre.

Avant qu’elle ne disparaisse, je force la poussière à se solidifier une dernière fois. Un coup au visage. Hé, je ne vois pas pourquoi je serais le seul à me faire exploser le nez et la pommette, hein.

Je reste là, haletant, à guetter ses réactions. Je n’ai pas l’habitude d’utiliser mes pouvoirs comme ça. Je dois faire attention, sinon je vais vite m’épuiser.


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Dave
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David Williams

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Ven 14 Aoû - 17:41
T'es plutôt fier, sur ce coup-là. La tête qu'il a tirée en te voyant bouger valait des millions, pour sûr. Tu regrettes simplement qu'il ait eu la formidable idée de parer ton coup. Bahh, t'aurais dû le voir venir, et tu restes plutôt satisfait du ravalement de façade que tu as déjà entamé. Il n'est pas très vif, celui-là, en tout cas. Il se contente de te fixer d'un œil noir ; noir comme le néant dans ta tête, noir comme ton humeur, noir comme la nuit. En fait, tu rirais presque du cliché que vous représentez, tous les deux ; lui, missionnaire de la lune, brun sombre aux yeux acier, et toi, missionnaire du soleil, blond aux yeux marron chaud, qui vous battez pour une cause que vous n'arrivez même pas à déterminer. Est-ce que ce n'est pas une vengeance, au fond ? Peut-être que tu ne serais même pas venu le frapper s'il avait été missionnaire d'Enlil ou d'Enki, par exemple. T'en sais rien, et au final, est-ce que ça a de l'importance ? Tu as besoin de te passer les nerfs, et il représente probablement tout ce que tu hais ; probablement tout ce que tu n'es pas. T'es pas beau gosse, t'es pas beau parleur, t'as pas d'avenir et ton dieu s'est barré tu ne sais où. Est-ce que t'as vraiment une utilité dans ce monde ? Aucune idée. Pas de but, pas d'objectif ; t'es un élément libre qui ne trouve un sens dans cet univers gigantesque que lorsqu'il est plongé au cœur des événements. Tu n'es pas fait pour étudier, tu n'es pas fait pour attendre que les choses se passent. Alors qu'est-ce que tu fous-là, Dave ? Pourquoi on t'a choisi, si c'est pour t'abandonner quelques mois après ?

Penser ton dieu faible, non. Mais tu as vu les faits, et tu as très bien que la lune, elle, est restée. Alors non, tu ne le penses pas faible. Mais tu as simplement perdu la foi. Toi qui n'as jamais cru en rien, tu t'étais trouvé une boussole ; c'est comme si tu venais de te rendre compte qu'elle était détraquée. Qu'on t'avait guidé dans la mauvaise direction. La chute est rude. Difficile à supporter. Tu souris, détraqué. Mais tu as mal.

- La confiance disparaît quand on perd espoir.

Les mots ont à peine le temps de flotter dans l'air qu'une masse conséquente s'abat sur ton dos. Tu chutes vers l'avant et te rattrape d'un genou et des bras ; la douleur fuse, remonte le long de ta jambe comme un courant électrique. Des larmes de douleur perlent au coin de tes yeux un instant, avant que tu ne relèves le regard vers Alexander. Un coup sur le côté du visage ; un liquide chaud coule sur tes lèvres. Enfoiré. Un rire t'échappe. Ça a eu le mérite de te remettre les idées en place. Un peu.

- Non, en effet. Mais toi, tu ne peux pas savoir. Tu ne peux pas savoir ce que ça fait, d'en arriver à te demander si tu ne vas finalement pas devoir retourner d'où tu viens. Reprendre ta vie d'avant. On ne sait pas ce qu'il s'est passé. Et je ne veux pas non plus savoir ce qu'il arrivera.

Tu te redresses, lentement. Scrutant tout autour de toi, cette fois. Suis son regard, tu verras s'il prépare quelque chose, à nouveau. Ne sois pas si déconcentré.

- Tu sais quoi ? T'es vraiment pitoyable à prendre sa défense de cette manière. Tu crois qu'un dieu a besoin d'être défendu ? Ton dieu, il est faillible. Comme tous les autres.

Toi, Dave, tu ne le fais pas. T'es égoïste, et tu penses qu'à toi. Y a ce pincement au cœur quand tu songes à la divinité, mais surtout, il y a tes angoisses. Et c'est ça qui vous différencie tellement. Tu ne penses pas à autrui.

Un nouveau sourire. Tu ne prends même pas la peine d'essuyer le sang qui coule de ton nez. Le goût métallique qu'il laisse dans ta bouche te rend un peu extatique. Un temps. Tu réactives ton pouvoir pour te jeter sur lui. Il atterrit sur le dos, et tu amortis ta proche chute avec son corps. Pas toujours contrôlé. Là, tu vas avoir du mal à réutiliser tes pouvoirs. T'es à sec, et la vitesse s'en est fait ressentir. Un tressaillement au niveau de ton œil indique la migraine qui repointe. Puis martèle. Tu t'en fous. Ça te donne une raison de plus de lui coller un poing au visage. Puis de tenter de lui en remettre un, alors que tu le maintiens comme tu le peux au sol de l'autre main.

Ton sang goutte sur son visage.

Non. Tu ne penses pas à autrui. C'est plus simple comme ça.

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Alexander Aestas

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Sam 15 Aoû - 10:38

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi ce garçon ne fait pas confiance à son dieu. Il a toujours ses pouvoirs, non ? Ils lui ont été accordés par Utu, et ce dernier peut les lui retirer à tout instant. Ce qui signifie qu’Utu n’a pas disparu. Je ne sais pas comment fonctionne le monde divin, mais si Utu avait réellement disparu, effacé toute trace de lui sur Terre, je doute que ses missionnaires puissent posséder encore une partie de sa puissance. Pourquoi ne se raccroche-t-il pas à ça ? Il est vrai que je ne peux pas le comprendre. Et si les rôles avaient été inversés ? Si c’était Nanna qui était parti ? A dire vrai, je ne sais pas trop ce que j’aurais fait. Aurais-je détesté Utu ? Je ne sais pas. Non, je ne peux pas comprendre, en effet.

Il se remet debout. J’avise avec satisfaction sa plaie qui saigne.

— Tu sais quoi ? T'es vraiment pitoyable à prendre sa défense de cette manière. Tu crois qu'un dieu a besoin d'être défendu ? Ton dieu, il est faillible. Comme tous les autres.

L’instant suivant, il utilise à nouveau sa vitesse incroyable et, avant même de comprendre, je me retrouve étalé à même le sol, le souffle coupé. Il me faut quelques secondes pour que je reprenne mes esprits, et quelques secondes supplémentaires encore pour respirer à nouveau normalement. Cependant, à l’instant où j’inspire une nouvelle goulée d’air, il me fout à nouveau son poing sur la figure. Je sens le goût du sang envahir ma bouche, et aussi couler sur mon menton. Il m’a ouvert la lèvre, ce petit abruti…

Il se prépare à m’asséner un nouveau coup. J’analyse rapidement la situation. Il s’appuie de tout son poids sur mon corps, et il me bloque le bras droit. Je libère donc le gauche, et donne un coup sur son poing pour dévier son coup, et finalement il ne touche que mon épaule. Dans la foulée, je vise son épaule droite et donne un coup, aussi fort que je le puisse, pour le renverser sur le côté et qu’il me lâche. A son tour de tomber sur le dos.

Alors, ses dernières paroles me reviennent en mémoire. Et font bouillonner quelque chose en moi. Dans mon esprit. Vous savez quoi ? Ça me rappelle l’émotion très noire ressentie le jour de l’éclipse, que je n’arrivais pas à déterminer. Ce n’est clairement pas aussi noir qu’alors. Mais ça s’en rapproche un peu. Un nom sur ce sentiment ? Je crois que c’est de la haine.

Un autre coup part, visant le visage.

Je suis pitoyable à prendre sa défense ? sifflé-je entre mes dents. C’est pourtant notre rôle, non ? Techniquement, les dieux n’ont pas vraiment besoin de nous. Pourquoi nous appellent-ils dans ce cas ? Pour qu'on continue à honorer leurs noms. Pour porter leurs couleurs. Et toi, à côté de ça, que fais-tu ? Tu perds confiance en ton dieu.

Je me remets debout, et essuie le sang –son sang- qui avait goutté sur ma joue. Je le regarde d’un œil glacial.

Cependant, la seconde d’après, une grimace de douleur tord mon visage. Non… non, pas maintenant… ! Encore une de ces migraines… c’est pas le moment… !

L’impression que mon crâne est fendu en deux. Que quelque chose bouillonne en moi.

Alors, j’aperçois du coin de l’œil une quantité de poussière incroyable se créer.  La masse grise informe se sépare alors en une dizaine de boules, d’un diamètre de la taille d’une main à peu près.

Un temps.

Puis elles se ruent toutes sur lui. Pour le frapper, de coups qui sont semblables à des coups de poings je suppose. J’écarquille les yeux. Ce n’est pas moi qui commande ça.

Puis une fois ceci fait, elles se… divisent. En des dizaines de plus petites boules de poussière, de la taille d’une bille.

Dans une espèce d’explosion, elles sont projetées aux quatre coins de la salle. Je pensais qu’elles allaient disparaitre, tomber en un petit tas de poussière sur le sol en rencontrant les murs. Mais non. Elles rebondissent à toute vitesse, partout, les murs, les mannequins. Certaines brisent quelques vitres. Une autre vient me frôler le visage, me coupant la joue. Bon sang, même moi je suis touché… c’est un dérèglement de mes pouvoirs, ça ? C’est vrai que d’habitude, lorsqu’ils n'en font « qu’à leur tête », il se créait simplement une masse de poussière que je n’avais pas demandé, qui éventuellement venait me chatouiller les mains, les pieds ou la nuque. C’est tout. Mais comme là je suppose que j’ai baissé ma vigilance par rapport au fait de les contenir… ça se retourne contre moi. Merde, je dois arrêter ça.

Malgré l’impression que ma tête va exploser, je m’efforce de me concentrer à nouveau.

Trente secondes pour les faire ralentir. Trente secondes encore pour qu’elles s’arrêtent. Et vingt secondes pour les faire disparaître.

Un vertige me prend et je tombe à genoux. Je crois que c’était presque plus épuisant d’arrêter mes pouvoirs que de les utiliser. Le sang continue de couler de ma plaie à la lèvre, et coule maintenant de ma joue. Je tourne les yeux, haletant, vers le garçon blond. J’ai baissé ma vigilance envers lui pendant que j’arrêtais ce bordel.

Un courant d’air froid vient caresser ma peau, entrant par l’une des vitres brisées.

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Sam 15 Aoû - 19:18
La vache-crabe était très fière d’avoir réussi sa fugue. Ça n’avait pas été facile. Les escaliers avaient été ses pires ennemis.

Mais elle y était. Ça y est. L’herbe du terrain d’entraînement était à elle. Miam miam miam !

Alors, un bruit désagréable lui fit mal aux oreilles. Elle redressa la tête, mâchant toujours. Les fenêtres avaient explosé, et du verre avait touché la vache-crabe. Elle était triste d’ailleurs, cette pauvre vache. Pourquoi ? Parce que des bouts de verre, ça pique. Aïe.

Elle s’avança, et passa la tête par l’un des plus gros trous laissés par la vitre explosée.

« Meuuuh », dit-elle, convaincue de ses propos.

La vache-crabe avait toujours été très diplomatique, voyons.

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Dave
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Dim 23 Aoû - 21:32
Cette fois-ci, tu as peut-être légèrement pété les plombs. La douleur, ça ne te fait pas grand-chose ; c'est les mots qui te poussent le plus dans tes derniers retranchements. Remettre en doute ta confiance envers Utu ; quelle utilité ? Tu n'as jamais été rien d'autre qu'un larbin et tu le sais. "Confiance", ça ne veut rien dire, pour toi ; du moins c'est ce que tu crois. La confiance est un fléau. Lorsque tu l'accordes à quelqu'un, tu te retrouves le temps d'après au pied du mur. Pourquoi tu ne comprends pas que tout cela ne veut simplement rien dire, dans ce monde ? Tu as toujours été dévoué, fidèle. Tu as toujours respecté les ordres que l'on te donnait, parfois en rechignant, parfois en les trouvant injustes, mais tu les as respectés. Tu agis, aveuglément et sans réflexion, parfois ; il est tellement plus simple de te comporter de cette manière, pour ne pas avoir à sentir peser sur toi le poids de la culpabilité ou du remords. Tu t'en débarrasses comme on chasse une mouche gênante, d'un mouvement distrait de la main. Alors Utu, parti ? Quelle importance que tu croies ou non en lui ? Quelle importance cette simple foi en une divinité disparue pourrait-elle revêtir ? Hein ? Quelle importance ?

Tu chutes et te prends un coup ; tu rampes le temps de te redresser, difficilement, et bien vite, tu es sur lui. Les coups que tu lui portes parviendraient probablement à apaiser ta rage dans une autre situation. Mais sentir tes phalanges atterrir contre sa peau avec tant de violence te grise. Et tu n'arrives pas à t'arrêter. Ton sang se mêle au sien – j'aurais envie de te dire avec une petite pointe d'ironie que vous avez intérêt à pas être séropositifs – alors que tu continues à le maintenir immobile de ton bras gauche. La moitié droite de son corps est écrasée, mais pas la moitié gauche. D'un mouvement brusque, Alexander te renverse sur le côté et finit par te renvoyer son poing dans le visage. Tu l'encaisses en grognant pendant qu'il se remet sur ses jambes et te toise. Tu t'essuies le visage, ou plutôt étales le sang qui a coulé ; tu observes les iris glacés posés sur toi, et sentirais presque les tiens irradier de rage.

- Ça te concerne en quoi, que j'aie confiance en lui ou pas ? Ça ne change rien. Il n'est pas là.

Les mots t'ont échappés. Amers et mauvais. Pas envers Alexander, mais bien envers ta divinité. Enfin, envers lui aussi. Mais là, tu ressens tout le poids de la fatigue, ton crâne qui se vrille, et tu sais que tu ne pourras plus réellement utiliser tes pouvoirs. Une fois, peut-être. Ça te gêne pas, à la limite. Tu te dis que tu pourras te faire le plaisir de lui latter la tronche à mains nues – tu te le dis, mais au final, tu n'en penses pas moins. C'est un moyen comme un autre de te rassurer, surtout quand son visage se tord dans une grimace d'affliction évidente. Si tu avais eu le temps de te remettre sur tes jambes, ce que tu étais en train de faire, tu en aurais profité pour lui sauter dessus une nouvelle fois. Tu te contentes juste de t'interrompre dans ton mouvement.

C'est pas bon.

T'es pas forcément futé, mais là, pas besoin d'être une flèche pour comprendre que ça va être un beau bordel. La poussière se forme autour de lui, tournoie un moment, avant de former une bonne dizaine de sphères grosses comme ton poing. En face, Alexander semble écarquiller les yeux, et tu lui lances un regard surpris. Méprisant. Avant de te reculer lorsque tu aperçois un mouvement. Elles foncent toutes vers toi d'un même mouvement et te criblent de coups ; tu te retrouves à te recroqueviller pour protéger ton visage et ton ventre par réflexe. Un coup plus fort qu'un autre à l'arrière de ton crâne manque de t'assommer. Fébrile, tu tentes de te soustraire à ces coups, qui te passent littéralement à tabac. Puis un autre coup, à la tempe. Tu perds connaissance durant quelques secondes. Le temps passe, et tu assistes à peine consciemment au spectacle derrière tes paupières à demi closes, et les points qui dansent devant tes yeux.

Lorsque tu reviens pleinement à toi, les balles fusent toujours dans tous les sens. Ta perte de conscience n'a pas dû durer très longtemps, certainement un instant… En tout cas, maintenant, ta joue est appuyée sur le sol, et un goût métallique s'est glissé sur ta langue entre temps. Douloureusement, tu te redresses sur un coude. Observes le missionnaire, qui ne fait pas cesser le massacre. Ta mâchoire se contracte.

- Tu vas finir par nous tuer ! Arrête ça !

Une bille rebondit près de toi et tu te protèges le crâne des mains. Le mouvement te dire un grognement de douleur ; une de tes côtes doit être sérieusement enfoncée, mais pas cassée. Est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il fait ? Tu n'es pas du genre à se plaindre ; mais quand tu l'as provoqué, tu ne t'imaginais pas que tu allais manquer de mourir lapidé par des boules de poussière durcie. Le moindre de tes mouvements tire tes muscles endoloris. Et tu as la vague impression qu'il ne se presse pas spécialement pour mettre fin à ce manège. En le voyant se faire attaquer lui aussi, tu constates qu'aucune pitié ne pointe dans ton esprit anesthésié.

Un temps passe. Tout s'arrête. Il chute au sol. Tu ne bouges pas durant un moment ; le vacarme des billes contre le mur te rappelle celui des balles. Une vitre est brisée, et cette foutue vache qui meugle dans le silence insupportable qui s'étend. Tes oreilles bourdonnent.

Tu lèves les yeux vers le prêtre-roi de Nanna.

- Est-ce que tu es complètement cinglé ? tu siffles avec difficulté, alors que tu te redresses.

Un œil fermé. Ton arcade sourcilière n'a pas aimé. Tu chancèles, mais mets toute ta volonté à tenir sur tes jambes, sur lesquelles tu parviens à te hisser après un temps. T'as des bleus sur tout le corps, comme si tu venais de te faire tabasser par un groupe de boxeurs professionnels. Le coup à ta tête t'a pas mal amoché. Une nouvelle bosse près de la tempe, une autre à l'arrière de la tête. Enfin bon. Tu ne comptes plus. En revanche, lui…

-  Tu es fier de tes petits pouvoirs de pédale, hein ? souffles-tu avec une haine évidente. T'es tellement faible que ne peux gagner que de cette manière, c'est ça ? Relève-toi.

Dave, ta gueule. Tu pourras plus te battre. Tu pourras plus. Même si tu faisais fi de tes muscles défoncés et de ton crâne en charpie, tu ne pourrais rien faire. Ou peut-être que si. Mais ce serait s'attaquer à quelqu'un qui ne peut plus se défendre, maintenant. Mais ça ne t'empêche pas de continuer à le provoquer, lui dire de se battre à la régulière. Tu refuses de plier face à lui. Ce serait admettre ta défaite. Plutôt passer pour un connard.

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Lun 24 Aoû - 11:33

Le calme se fait. J’ai mal partout. Je crois qu’en fait, les billes de poussières m’avaient touché un peu partout, j’allais probablement avoir pas mal de bleus.

Mais… en comparaison au garçon en face, je m’en tire très bien. Honnêtement, son état m’arrache une grimace. C’est… c’est moi qui aie fait ça ? Je… est-ce qu’il fallait vraiment que ça aille aussi loin ? Techniquement ce n’est pas moi qui contrôlais la dernière action mais… j’aurais dû l’arrêter avant…

Je ne prête pas attention à… la vache qui passe sa tête dans l’une des vitres. Je ne savais pas que la Congrégation s’était lancée dans l’élevage bovin…

— Est-ce que tu es complètement cinglé ?

Je tente de fixer ma vision sur le garçon, tente de faire abstraction des vertiges.

Je… il arrive que mes pouvoirs échappent hors de mon contrôle… depuis l’éclipse… ça doit bien te faire ça aussi non ?

Je n’ai pas d’excuses, je le sais. J’entame, d’une faible voix :

Je suis déso…

Mais il me coupe :

— Tu es fier de tes petits pouvoirs de pédale, hein ? T'es tellement faible que tu ne peux gagner que de cette manière, c'est ça ? Relève-toi.

OK, laisse tomber les excuses, les remords et la pitié. Ce type est à moitié dans les vapes, et il trouve encore le moyen de me provoquer. C’est quoi son problème, putain ?!

Un petit rire grinçant m’échappe.

On utilise ses points forts je suppose, hein ? Toi manifestement ton truc c’est de taper directement sur les gens. En attendant, toujours est-il que tu es dans un plus sale état que moi.

Un faible sourire étire mes lèvres, tandis que je me remets tant bien que mal debout.

Eh bien ? Les dons qu’accorde Nanna sont-ils toujours aussi pitoyables ?

Honnêtement, lesdits dons, je ne peux plus les utiliser, j’en ai clairement plus l’énergie. Je manque de tomber à chaque mouvement et des tâches noires dansent parfois devant mes yeux. Je ne pensais pas qu’utiliser intensivement ses pouvoirs aurait autant d’effets secondaires… Mais ce n’est pas pour autant que je suis en droit de flancher maintenant. Après tout ça, ce serait ridicule de s’avouer vaincu pour quelques mots, puisque lui non plus n’a plus l’air en état de se battre.

Je ne peux plus l’utiliser, mon « pitoyable pouvoir ». Mais moi aussi, j’ai encore mes poings. Je ne laisserai pas quelqu’un qui ne cherche même pas à remplir son rôle de prêtre-roi rabaisser mon dieu plus bas que terre.

Je pense que ce n’est plus qu’une guerre de mots, en cet instant. Je titube tant bien que mal de quelques pas vers lui, pour lui faire clairement comprendre que je n’ai pas non plus envie de m’avouer vaincu.

Cependant, un bruit de claquement de porte me fait sursauter.

— C’est quoi ce bordel ?! Putain, mais arrêtez ça !

Des bruits de pas. Puis la seconde d’après, quelqu’un attrape mes poignets et vient les maintenir dans mon dos. Je ne détourne pas pour autant mon regard glacial du garçon blond. Cependant, un deuxième type, plus grand que moi, me prends par les cheveux et exerce une pression de manière à me forcer à lever la tête vers lui. Je ne les connais pas. Je sens simplement à leurs auras que ce sont des missionnaires. J’entends d’autres bruits indiquant que d’autres couraient, et je vois du coin de l’œil deux autres personnes se diriger vers le garçon blond. Je reporte mon attention vers le type au-dessus de ma tête.

— Mais vous êtes complètement timbrés ?! Qu’est-ce qu’il vous prend, à vous deux ?! crache-t-il.

Je plisse légèrement les yeux. Et lui donne un coup de genoux dans l’estomac.

Fichez-nous la paix, c’est pas votre affaire, sifflé-je.

Il ne me lâche pas pour autant, et m’adresse un regard noir. Il jette un regard à son ami qui me tient les bras, et, ensemble, me forcent à m’agenouiller, l’un en appuyant sur mon crâne –putain ma migraine…- l’autre en tirant sur mes poignets. Je suis pris d’une quinte de toux, et le sang qui s’était accumulé dans ma bouche dû à ma blessure à la lèvre gicle sur le sol. L’autre me force à garder la tête baissée.

J’entends une autre voix s’élever :

— Toi, là-bas, va chercher l’infirmière. Oh, et après ça, t’iras ramener la créanne vache-crabe chez Steek, elle a rien à foutre là.

Des bruits de pas qui s’éloignent.

A nouveau, la voix au-dessus de ma tête retentit :

— Vous êtes lamentables les gars. Il s’est passé quoi dans vos petites têtes, sérieusement ?! On est des missionnaires, on est dans le même camp, merde ! On va où comme ça ?! Vous croyez vraiment que nos dieux ont besoin qu’on s’entre-déchire au sein même de la Congrégation ?! Surtout en ce moment ! Nanna et Utu ont clairement pas besoin que leurs stupides missionnaires remuent un peu plus le couteau dans la plaie !

Je ne réponds pas.

J’ai mal au crâne, bordel…

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David Williams

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Lun 24 Aoû - 15:28
Les mots d'Alexander te donnent envie de lui exploser la tronche. Croyait-il réellement que tu allais le pardonner bien gentiment sa perte de contrôle ? Non. Depuis l'éclipse, tu ne contrôles pas grand-chose. Mais c'est surtout un manque de coopération de tes pouvoirs, lorsque tu les utilises pour faire des trucs un peu complexes. Mais jamais ils n'ont cherché à se défouler à ce point sur quelqu'un. Une fois debout, malgré tout, tu restes bien campé sur tes jambes. Tu ne te laisseras pas faire. Tu veux qu'il se relève ; c'est bien facile de t'attaquer avec des pouvoirs quand ils sont décuplés, hein. Bien facile. Pourquoi n'aurais-tu pas le droit de lui mettre quelques coups de plus, dans ce cas précis ? Il le mériterait, songes-tu avec animosité. Utiliser ses points forts ? Certainement. Mais en attendant, vous avez beau être amochés tous les deux, lui n'a plus son atout. Toi, tu as mal, mais tu t'es déjà fait tabasser par le passé. Si tu ne t'étais pas pris ces coups sur la tête, tu serais dans un meilleur état, déjà. Coup de malchance. Il vaudrait mieux que tu t'arrêtes-là, Dave.

- En plus sale état ? tu ricanes alors qu'il se remet debout. Tu t'es bien regardé ? Tu tiens même plus debout.

Quelques secondes de plus, tu le toises. Il reprend la parole et tu observes ses points faibles. Ses jambes sont faibles. Frapper ici en premier, te dis-tu. Tu prends un pan de ton t-shirt pour essuyer ton visage.

- Toujours pitoyables, ouais. Les miens sont pas assez cons pour m'attaquer. Ils t'aiment pas ? Ou t'as un truc à te reprocher ? T'avais envie de te faire mal ? Si t'es masochiste, c'que t'as visiblement l'air d'être, tu n'as qu'à demander à ton merveilleux Nanna de s'occuper de toi.

Ce qu'il ajoute te donne envie de lui tordre le cou, et tu fais quelques pas vers lui, bien décidé à mettre ta menace à exécution. Tu n'aimes pas cracher ton venin. Ce n'est même pas ton genre, habituellement. Cette fois, tu ne veux même pas prendre la peine de répondre. Ne pas remplir ton rôle ? Tu ne remplis pas ton rôle, toi, alors que tu attends sagement depuis des semaines ? Que tu espères pouvoir reprendre tes fonctions ? Tu as tué pour ce dieu. Tu as collé des balles dans la tête de créannes parce qu'il t'a envoyé ici. Puis il a disparu. Comment ne pas lui en vouloir ? Comment rester serein ? Comment agir comme un missionnaire si tu ne sais même pas si tu en es encore un ?

"Ces pouvoirs sont monstrueux."

Tu t'avances encore et le prends au col.

- La fer-

Tu as à peine le temps de songer à finir ta phrase qu'un boucan se fait entendre. Des mecs déboulent dans la salle d'entraînement. Ils vous sautent dessus pour vous séparer et tu te débats, quand deux types que tu reconnais te retiennent les bras. Mais qu'est-ce qu'ils foutent ? De quoi ils se mêlent ? Un coup de pied dans la jambe de l'un d'entre eux le fait reculer ; tu profites que ton bras soit momentanément libéré pour envoyer ton coude dans l'estomac du second. Ils y vont de plus belle et te bloquent contre un mur en te faisant une clé de bras. Tu grimaces, fermes les yeux pour contenir la douleur. Les mots te parviennent par bribes. Finalement, tu laisses aller ton front contre le mur, y imprimant une tâche de sang. Qu'est-ce qu'ils en savent, eux, de ce que veulent leurs dieux ? Utu n'est plus là, et Nanna tu l'emmerdes. Les autres dieux aussi. Tu t'en tapes de ce qu'ils peuvent vouloir, de ce qu'ils peuvent penser. Pour toi, ce n'est pas eux qui donnent les ordres. Alors tu ignores, et tu décides de les pardonner de ne pas te comprendre. Tu as l'habitude, après tout. Ça ne t'empêche pas de détester ces mecs et leur morale à deux francs six sous, pas plus apte à te tirer du remord que de de te faire comprendre ce qu'ils te disent.

"Les missionnaires sont monstrueux."

Plus aucun mot ne t'échappe après ça, tu t'es résigné. Un peu comme après une bagarre inévitable, à la caserne, où tout le monde maintient les dissidents en attendant l'arrivée du chef. T'es fatigué, et tu ne ressens pas le moindre endroit de ton corps qui n'est pas douloureusement noué. Mais tu tiens debout, et c'est une grande victoire pour toi, qui ne rêves que de tout casser avant de t'enfermer dans ta chambre pour les trois prochains jours. Tu songes avec amertume que ton psy ne sera pas heureux d'apprendre pourquoi tu louperas votre prochain rendez-vous.

"Je n'ai jamais voulu appartenir à ce monde. Qu'est-ce que je fais là ?"

Tu n'as pas eu le choix, on ne t'a pas demandé ton avis. Des points noirs dansent devant tes yeux. Si tu pouvais t'endormir, tu le ferais.

Derrière, les mecs maîtrisent aussi Alexander. Tu ne bouges toujours pas, ne chancèles pas. Ils parlent toujours, et tu ne comprends rien à ce qu'ils disent. De toute manière, tu t'en fous. T'as pas de bonne raison d'avoir agi de cette manière, et tu le sais. T'en as pas non plus des mauvaises. Il n'y en avait pas. Il était là, t'en avais besoin, c'est tout. Maintenant, ça va mieux, presque. Presque. Tu t'es senti vivant, pendant quelques minutes. Ces quelques minutes où vous avez pété les plombs tous les deux.

"Qu'est-ce que je fais là ?"

Le temps passe, et l'infirmière vient. Entre temps, le type qui t'a maintenu immobile te lâche et tu recouvres l'usage de ton bras. Tu lèves les yeux vers lui pour croiser son regard et il recule, troublé. Tu te laisses tomber sur un banc, juste à côté, et observes la femme entrer dans la salle littéralement dévastée. Elle reste sans voix quelques secondes, avant de regarder autour d'elle et de demander aux deux autres de laisser Alexander se relever.

- Vous deux… À l'infirmerie. Tout de suite.

Sa voix n'offre aucune échappatoire et tu grognes de dépit. Son regard signifie très clairement "Je savais que tu allais apporter des problèmes", et ça ne te tire pas la moindre trace de remord. Nan. Tu sais que le remord viendra plus tard. Quand tu seras face à ta chère sœur, qui te fixeras de ses yeux verts étrécis par la colère. Tu t'en fous.

"Qu'est-ce que je fais ?"

D'un geste, tu attrapes ta bouteille et ta serviette que tu passes sur ton visage, et en passant à côté des deux mecs, tu t'excuses brièvement. Pas un regard pour l'être pitoyable qui est au sol. Tu avances, en tentant de ne pas montrer ta faiblesse. Ça, tu ne t'en fous pas.

- Je peux savoir ce qui vous a pris ?!

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Alexander Aestas

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Mar 25 Aoû - 15:42

S’ensuit un silence plutôt lourd, jusqu’à ce que quelqu’un, l’infirmière manifestement, entre dans la pièce. Je suis dos à la porte, je ne la vois pas, mais je l’entends intimer aux deux types qui me tiennent de me lâcher. Puis elle nous demande d’un ton assez sec de la suivre à l’infirmerie. Je me relève donc, adresse un regard d’excuses au type à qui j’ai foutu un coup de genou dans le ventre, et suit la femme et le garçon blond à l’extérieur.

Je baisse les yeux vers le sol tandis que je marche, pour éviter de me retourner et de constater l’étendue des dégâts. Je n’ai pas à faire ça pendant trop longtemps, l’infirmerie est juste à côté.

Une fois à l’intérieur, elle désigne d’un geste de la tête le lit aux draps blancs, pour que l’on s’y asseye. Je ne suis pas vraiment en droit de dire quoique ce soit. La colère et l’adrénaline diminuent peu à peu, et je me demande vraiment comment j’ai pu en arriver là. Je prends soin de m’assoir le plus au bord du lit possible, le plus loin possible de l’autre.

— Je peux savoir ce qui vous a pris ?!

Elle nous fixe d’un regard dur. Honnêtement, j’ai l’impression d’être un enfant en train de se faire gronder pour avoir fait une bêtise. Peut-être n’était-ce pas plus que cela, d’ailleurs. Des conneries de gamins.

Je détourne les yeux.

Rien, répondis-je instinctivement.

Un rire grinçant échappe à la femme.

— Rien ? Ne me faites pas rire, Alexander !

Je frissonne à l’entente de mon nom. Je ne l’avais vue qu’une seule fois auparavant, et elle s’en souvenait quand même. J’ai l’impression d’être remis brutalement à ma place.

— Vous avez vu dans quel état vous êtes, tous les deux ?!

Je ne réponds pas. Oui, clairement je me comporte comme un enfant. Elle pousse un soupir.

— Vous êtes têtus comme des mules, tous les deux. Bon, à la limite moi je ne suis pas là pour ça. Alexander, allez prendre une serviette dans le placard sous le lavabo, et nettoyez-vous le visage, vous êtes dans un état lamentable. David, retirez votre t-shirt –pas de protestations !-, que je puisse déterminer s’il est nécessaire que vous passiez des radios ou non.

Oh… j’espère que je ne lui aie pas cassé les côtes, quand même… j’y suis pas allé si fort que ça, si ?...

Je me relève donc sans rien dire et m’approche du petit lavabo dans le coin de la pièce. Juste au-dessus, un miroir. Je m’attarde sur mon reflet. Lamentable, oui. Le menton et les joues barbouillés de sang séché, un hématome sur la pommette, la lèvre inférieure explosée… un faible soupir m’échappe. Comment as-tu pu en arriver là, Alex ? J’attrape un morceau de tissu propre dans le petit placard, l’humidifie et entreprends de nettoyer le sang. Ma lèvre continue de saigner un peu, mais ça devrait rapidement cicatriser…

La voix de l’infirmière me tire alors de mes pensées :

— Quelqu’un de l’administration devrait nous rejoindre ici. Il sera apte à vous donner votre punition. Vous n’espériez pas vous en tirer sans rien, hein ? Des heures de colles s’imposent, jeunes gens !

Je repose la serviette, qui avait pris une teinte rougeâtre, sur le bord du lavabo, puis m’adosse contre le mur. Ou plutôt m’affale, ou du moins m’appuie très fortement contre le mur, j’ai l’impression que mes jambes vont me lâcher.

S’il n’y avait pas eu cette « personne de l’administration » qui devait venir, j’aurais bien demandé à m’en aller, sans qu’elle m’examine. Ma mère est elle-même est infirmière, et bon, à la limite je préfère que ce soit elle qui soigne mes blessures si besoin est… là j’ai juste envie de rentrer chez moi… mais bon, on va attendre…

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Dave
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Mer 26 Aoû - 22:35
Vos pas résonnent dans les couloirs et tu gardes les yeux bien fixés devant toi. Pour être très honnête, tu n'as pas l'habitude d'avoir réellement honte de tes actes. Il est tellement plus simple de continuer à vivre en regardant toujours devant soi, le dos très droit, le visage inexpressif. Ce n'est pas que tu n'aimes pas ressasser le passé, mais tu en es certainement incapable. Tu vis d'instincts, comme les animaux vivent selon leurs peurs et envies. Les remords t'assaillent le temps d'un moment, lorsqu'on te reproche quelque chose, et après, tu oublies. Avant, tu préférais le reléguer au passé, et te dire qu'il ne servait à rien de s'appesantir sur des détails. Maintenant tu oublies, mais ton comportement change. Tout change, en toi, constamment. Tu te retrouves, et puis te perds. Tu aimerais bien pouvoir te retrouver un peu. Retrouver celui que tu étais, plus que quelques temps, ce sourire et ces rires, cette douceur parfois, cette sincérité, aussi. Là, tu n'es plus que boule de nerfs et de haine, de tristesse et d'amertume amalgamée, accumulée. Ce n'est pas ta faute, t'a-t-on dit. Mais il fallait que tu fasses des efforts. Que tu acceptes d'être aidé, et que tu acceptes de prendre ces foutues pilules. Tu souffles. Il n'y a rien que tu haïsses plus que les médicaments qu'on te demande de prendre aveuglément.

Enfin, vous arrivez dans l'infirmerie et tu te retiens de grommeler en revoyant les lieux. Tu n'y as pas souvent été, mais la disposition des meubles, extrêmement impersonnelle, ne te rappelle pas de très bons souvenirs. Tu tentes de réprimer le lourd sentiment de malaise alors qu'elle vous désigne le lit. Durant un moment, tu restes debout à côté, sans oser t'asseoir. Trop perdu dans tes pensées, et perturbé par la présence de ton précédent adversaire. Tu ne lui jettes toujours pas le moindre regard, incapable de t'imaginer interagir avec de quelque manière que ce soit. Au final, tu finis par obtempérer lorsqu'un regard assassin de la femme te parvient. On dirait qu'elle contemple deux gosses qui ont fait une connerie ; toi, tu ne peux pas t'empêcher de penser que la chose est totalement ridicule. Tu es un adulte, tu n'as pas besoin que l'on se comporte comme si tu avais dix ans. Et tu détestes ça. … En particulier lorsqu'on te parle de cette manière. N'ont-ils pas fini d'agir de manière aussi moralisatrice ? Tu fais bien ce que tu veux…

Ton regard s'évade vers la fenêtre, alors que l'homme à côté de toi (apparemment nommé Alexander) ne trouve rien pour expliquer votre geste. Pas comme s'il y avait eu grand-chose à raconter. Que dire de plus, après tout ? Rien. Il n'y a rien eu. À part une rencontre entre deux personnes qui n'auraient pas dû tomber l'une sur l'autre. Tes dents grincent un peu et tu te retiens de répliquer, te contente de rester silencieux le plus possible. Puis relève les yeux vers l'infirmière lorsqu'elle t'intime d'enlever ton haut. T'exécutes en grimaçant ; des bleus commencent à se former petit à petit sur les marques rougeâtres provoquées par les sphères de ton ennemi. T'essaies de pas faire attention à ce que l'infirmière te dit pendant qu'elle te passe du désinfectant. Tu soupires. Grimace lorsqu'elle appuie sur l'une de tes côtes.

- Des heures de colle… soupires-tu, si bien que seule l'infirmière est en mesure de l'entendre.

Mais quel âge pensent-ils que vous avez, tous les deux ? Tu détournes instinctivement la tête lorsqu'elle effleure ton arcade. Elle ne tarde pas à te poser une bande stérile. Le pansement, te dis-tu, ne dois pas te donner une super belle gueule.

- Vous ne méritez que ça. Est-ce que vous vous rendez compte ? Entre missionnaires ? Si nous commençons à agir de la sorte à la Congrégation, que risque-t-il de se passer lors des missions ? On ne vous demande pas une bonne entente, mais au moins une entente cordiale.

Puis, lorsqu'elle a fini de s'occuper de toi, elle te lance :

- Rien n'est cassé, dieux merci. Apprenez à utiliser vos dons d'une meilleure manière, plutôt que de les utiliser pour vous taper dessus.

Puis elle se tourne vers Alexander, étire une moue que tu n'aperçois pas. Tu remets ton haut en grimaçant.

- Allez, à ton tour. Ton haut.

Toi, tu te lèves et évites de dire quoi que ce soit. Tu t'approches du lavabo pour te nettoyer le visage, toi aussi, pendant que la femme installe son patient sur le lit. Tu t'approches de la fenêtre, incapable de dire quoi que ce soit, et appuie ton épaule contre le mur. Finalement, tu l'entends dire :

- Bon, il me manque des compresses. Restez ici. Si le moindre objet a bougé durant mon absence, ou si vous vous êtes approchés l'un de l'autre, je vous jure que vous n'aimerez pas ma réaction.

Et, sur ce, elle sort. Le silence se fait de plomb. Tu lèves les yeux vers Alexander. Cette fois, tu ne dis rien, mais ton regard signifie beaucoup.

C'est de la haine.

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Alexander Aestas

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Ven 28 Aoû - 17:40

Je ne dis toujours rien tandis qu’elle le soigne et qu’elle nous fait la leçon. Il n’y a rien à dire. Ce qui est fait est fait.

Je cesse alors de détailler le plafond lorsque j’entends la voix de l’infirmière dirigée dans ma direction, et baisse les yeux vers elle, tandis qu’elle ordonne d’un ton sans appel :

— Allez, à ton tour. Ton haut.

J’étire une faible grimace.

Non, ça va, je vous assure…

— C’est moi qui décide ici jeune homme, ne joue pas les durs avec moi ! Ton haut !

Je me pince un peu les lèvres. Ce n’est pas que je veuille jouer les durs, c’est juste que je déteste enlever mon haut. Même en présence de gens en qui j’ai parfaitement confiance. Je n’aime pas que la cicatrice qui me barre le torse se voit. Je n’aime pas la voir. Je la déteste.

Je m’exécute cependant, tentant de retenir la grimace qui me vient en bougeant ainsi les bras. Des courbatures. Je me rapproche, et laisse l’infirmière faire, me contentant de fixer le mur derrière elle.

Elle m’examine rapidement. Elle désinfecte les plaies, et examine ma lèvre. Mais bon, pour avoir une mère infirmière, je sais que généralement ça guérit tout seul ce genre de plaies. Eventuellement des points des suture si c’est vraiment profond mais bon…

Elle se relève et va fouiller dans un tiroir.

— Bon, il me manque des compresses.

Elle se retourne vers moi, puis jette un regard à David, avant de continuer :

— Restez ici. Si le moindre objet a bougé durant mon absence, ou si vous vous êtes approchés l'un de l'autre, je vous jure que vous n'aimerez pas ma réaction.

Puis elle sort.

Silence.

Je tends le bras pour attraper mon t-shirt, puis le remets avec un certain soulagement. Je sens alors le regard de l’autre dans mon dos. Je me mets debout et me retourne vers lui. Son regard se fait haineux. Et le mien se fait glacial.

L’ambiance est quelque peu… électrique. Tendue, très tendue. Le conflit n’est clairement pas clos. Et je ne sais pas s’il le sera un jour. En tout cas, je n’ai pas vraiment envie de faire le moindre pas vers lui pour le moment. Pas après tout ce qu’il a dit.

Alors, quelqu’un toque à la porte et entre, brisant cette espèce de lutte de regards noirs. Je ne détourne pas les yeux de David pour autant. Du moins jusqu’à ce qu’une voix s’élève derrière moi :

— Ah, euh… l’infirmière n’est pas là ? Bon… Je ne sais pas si c’était vraiment une bonne idée de vous laisser seuls ici tous les deux mais bon…

Là, je me retourne. Je ne connais pas cette personne, mais probablement est-ce la personne qui doit nous filer nos heures de colle.

Dans la seconde suivante, l’infirmière revient. Elle salue le nouvel arrivé d’un signe de tête, puis va ranger son stock de compresses dans le tiroir.

L’homme se racle la gorge, et sort un papier de sa poche.

— Alors, donc… en théorie, vu jusqu’où vous êtes allé, vous auriez dû être exclus… mais bon, vous êtes des missionnaires, alors ça ne marche pas vraiment comme ça… donc nous sommes obligés de vous punir, vous devez donc vous rendre utiles à la Congrégation. Étant donné l’étendue des dégâts… vous allez commencer par nettoyez la salle d’entraînement, hein. C’est pas comme s’il y avait du sang et des morceaux de verres partout, mais bon quand même. Ensuite… on vous donnera vos tâches au fur et à mesure.

Il tourne les talons, et se rapproche de la porte. Il s’arrête cependant, la main sur la poignée, et se retourne une dernière fois vers nous :

— Ah oui, j’oubliais. Bien évidemment, vos colles, du moins une bonne partie d’entre elles, seront à faire ensemble. Et bien évidemment, interdit de vous servir de vos pouvoirs d’une quelconque manière.

Et il sort.

Un faible grognement m’échappe. Des heures de colle, avec lui ? Putain… joyeux moments en perspective, les amis…

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Dave
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David Williams

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Lun 31 Aoû - 14:14
Regard noir. Assasin, dirais-tu même. Peut-être que, dans d'autres circonstances, vous auriez pu vous apprécier. Là, pour le coup, tu sens tout ton corps palpiter sous les coups qu'il te prodigués et t'espères que l'infirmière sera assez sympa pour te fournir un tube de crème, ou au moins un peu d'arnica pour en remettre ce soir. Lui ? Tu t'en tapes. Qu'il se déplace avec autant de difficulté est amplement mérité. C'est bien lui qui parlait de prêtres-roi, du fait que vous étiez tous les deux les représentants de vos dieux ? Alors de quel droit a-t-il utilisé ces pouvoirs pour une histoire personnelle ? Se croit-il au-dessus de tout le monde pour se permettre de faire des leçons de morale à tort et à travers, et à ne même pas suivre ses propres paroles ? À quoi cela sert-il d'avoir du respect pour son dieu si on ne fait pas preuve du même respect dans nos actes ? Toi, au moins, as-tu le seul mérite de ne pas t'en vanter, et de ne pas faire chier les autres sur des sujets personnels. Tu n'espères pas de compréhension de sa part à ce propos et très franchement, tu n'en as rien à faire.

Toi, tu relèves le regard vers la personne qui entre dans la pièce, délaissant avec plaisir l'enfoiré qui a manqué de te tuer. Aucune mesure dans ses actes. Un coup porté n'est pas synonyme de vouloir terrasser l'autre, mais plutôt de lui apprendre la politesse. Jusqu'à ce que l'un abandonne. Pas jusqu'à en faire crever un. Si tu trouves une pierre, tu te promets de lui apprendre ce que ça fait, d'être lapidé au point de perdre connaissance après un coup porté à la tête. Instinctivement, tu portes tes doigts à ton arcade sourcilière en dérangeant trop de muscles trop douloureux. Putain. Tu vas lui péter la gueule.

Le mec de l'administration entre et tu le fixes d'un œil vague, vide. T'en as rien à branler de ses divagations d'abrutis, et t'essaies de faire en sorte que ça se voie pas trop sur ton visage. Tu soupires à peine lorsqu'il ressort et retire tes mitaines tâchées de sang et humides de sueur, avant de te diriger vers la porte sans un mot. L'infirmière revient à ce moment-là et te jette un regard que tu n'apprécies pas, et que tu soutiens en signe de défiance. Quoi ? Encore quelque chose à dire ? Elle s'apprête à parler lorsque tu la coupes.

- Où sont les balais ?
- Il y a un placard dans la salle d'entraînement… commence-t-elle, et elle a à peine le temps de finir sa phrase que tu t'en vas déjà. Attends, je n'en ai pas fini avec-- (Elle s'interrompt.) Tu as intérêt à repasser en partant !

Tu reprends ton calme aussitôt en dehors de l'infirmerie, où la femme termine de s'occuper du missionnaire. Tes muscles peinent à te soutenir mais tu veux en finir avec cette salle d'entraînement avant le repas du soir. Si tu t'assieds à nouveau, tu sais que tu ne te relèveras plus, alors autant y aller tant que tu es debout. Les gens te lancent quelques regards durant le temps qu'il te faut pour rejoindre la salle dévastée, et tu observes autour de toi d'un œil neutre. T'es d'avis que c'est pas tes pouvoirs qui ont causé toute cette merde, et tu comprends pas pourquoi c'est aussi à toi de t'en occuper. T'attrapes un balais et commences à déblayer les bouts de verre, la mâchoire contractée. Et encore, même ça, ça te tue. Tu songes avec ressentiment que les seuls membres qui ne te font pas mal, ce sont tes pieds. Tu souffles bruyamment, en silence, en méditant sur ce qu'il s'est produit. Fais des pauses de temps en temps en t'appuyant sur le balais, avant de le poser contre un mur, de boire et te passer de l'eau sur le visage près de la fontaine à eau. T'en as vraiment marre.

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Lun 31 Aoû - 17:09

Je suis du regard David qui sort de l’infirmerie, après avoir demandé où étaient les balais. L’infirmière pousse un soupir, avant de se tourner vers moi.

— Tu peux le suivre, j’en ai fini avec toi. Reviens me voir si l’une de tes plaies ne cicatrise pas correctement. Ah, et fais bien comprendre à David qu’il faudra qu’il revienne me voir.

Je hoche la tête et m’approche de la sortie. Avant que je ne sorte, je l’entends dire :

— J’espère que vous avez bien compris que vous n’aviez pas à agir de la sorte. Réfléchissez-y.

Je sors et referme la porte derrière moi. Je sais que je n’avais pas à agir de la sorte. Je n’aurais pas dû lui répondre, je n’aurais pas dû le provoquer moi aussi. Alors, pourquoi l’ai-je fait ? Je ne comprends pas. Je ne me comprends pas. Certes, Utu et Nanna ne s’apprécient guère. Certes. Mais… était-ce vraiment une raison pour que le même schéma se répète au niveau de leurs missionnaires ? Clairement pas. Certes, c’est quand David s’est mis à me provoquer en mentionnant Nanna que je me suis réellement énervé. Cependant… je lui avais déjà porté un coup avant même qu’il ne parle de lui. De fait… je n’ai pas le droit d’essayer d’apaiser ma conscience en brandissant le nom de Nanna. Assume un peu tes conneries, Alex, te cherche pas d’excuses.

J’entre à nouveau dans la salle d’entraînement, où David avait déjà commencé à passer le balai. A tête un peu plus reposée, je me rends compte de l’étendue des dégâts : quasiment aucune vitre n’est restée entière, le sol brille de débris, et çà et là du sang séché assombrissait le parquet. C’est moi qui ai fait ça…

Je ne dis rien, mais serre un peu les dents. Je me dirige vers le placard qu’il avait laissé ouvert, en sors un sac poubelle et prends une balayette avec la petite pelle qui l’accompagne, puis vais m’accroupir –une grimace de douleur étire mes lèvres- pour ramasser et jeter les petits tas de débris que David avait formé en passant le balai. Le silence se fait de plomb. Je le brise en disant :

Tu devrais me laisser faire, pour les débris de verre. C’est moi qui suis à l’origine de ce bordel-là, alors c’est à moi de le ramasser.

Ce n’est pas particulièrement une preuve de gentillesse, ça me semble simplement normal. Je nettoie ce que j’ai cassé et sali. Par contre j’irai pas nettoyer mes propres tâches de sang, puisque c’est à cause de lui qu’elles sont là.

Je finis de ramasser les tas de morceaux de verre, en me disant qu’il allait probablement falloir que je repaye des fenêtres. Il va falloir que je retourne bosser au restaurant où j’allais de temps à autre…

Je me redresse et inspecte la salle, à la recherche d’autres éclats brillants, mais je n’en vois pas. En fait, dans l’idéal, il faudrait un aspirateur, mais dans cette salle là il n’y en a pas. On devra se contenter de passer la serpillère…

Je retourne vers le placard, et en sors un sceau dans lequel il y avait déjà une bouteille de produit, ainsi que des serpillères. Je me dirige vers le point d’eau de la salle, là où était David. J’attends qu’il se décale un peu, remplis le sceau d’eau, et mets du produit dedans, avant de lui tendre une des serpillères, sans un mot.

Il n’y a rien à dire. Je n’ai rien envie de lui dire. Je me sens plus calme, à présent. Et je n’ai pas envie d’aborder un nouveau sujet susceptible de causer encore plus de tensions.

Garder le silence, c’est probablement ce qu’il y a de mieux à faire, dans l’immédiat.

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Dave
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David Williams

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Lun 14 Sep - 9:41
Faudrait vraiment penser à lui faire comprendre de fermer sa gueule, une bonne fois pour toute. T'espérais que le silence s'étendrait malgré son arrivée dans la pièce, mais au final, c'est un peu trop demander à monsieur Alexan-truc qui te dit de, je cite : "le laisser faire pour les bouts de verre". Il croit quoi, que vous êtes à la maternelle ? T'as envie de te débarrasser de cette corvée le plus rapidement possible, alors tu ne lui jettes pas le moindre regard et l'ignore, continuant ta tâche. Il se rend compte, juste pour information, que si vous nettoyez tout à deux et pas chacun votre tour ça prendrait, allez... genre deux fois moins de temps ? Mais bon, c'est vrai que c'est peut-être un peu trop demander à ce type. Faut le comprendre, il a pas l'habitude de se battre, c'est pour ça. Assumer, ça veut dire assumer ses provocations autant que ses coups, et non pas faire comme si chaque chose n'était due qu'à une seule personne. Ça ne veut pas dire "bon j'ai cassé une vitre alors je ramasse des bouts de verre mais toi tu t'occupes de ce que t'as causé ohlala". T'en soupirerais de dépit si ça ne t'avait pas autant agacé. Mentalité de cour de récré, bordel.

Au final, l'indifférence te convient bien aussi et tu gardes ton balais pour rassembler les bouts de verre étalés dans toute la pièce. T'es encore en train de t'occuper de rassembler les débris tombés dans un coin, à la main, parce que le balais n'arrive pas à y passer, quand Alexander se ramène avec un seau, et une serpillère. Qu'il te tend. Tu retiens vraiment très difficilement un sourire crispé et te relève en lui passant à côté, la main gauche pleine de verre que tu jettes à la poubelle. Puis tu prends une des serpillères dans le placard. Il a cru quoi ? Que t'allais t'en occuper seul ? C'est mignon, l'espoir ! Déjà, il a de la chance que tu lui fasses pas bouffer les franges de ladite serpillère, parce que tu serais d'assez mauvaise humeur pour.

- N'espère même pas me laisser m'en occuper seul. Partage des tâches, tu connais ?

Ce faisant, tu trempes la serpillère dans le seau, l'essore, puis t'occupes de la passer à partir du coin le plus éloigné de la porte, pour t'en rapprocher petit à petit, en te chargeant de la zone de gauche. La porte s'ouvre dans ton dos, et tu jettes un regard ennuyé par-dessus ton épaule. Avant de grimacer. Et de grimacer à cause de ta grimace.

Alice se tient dans l'encadrement de la porte et fixe d'un air abasourdi les vitres explosées, les quelques tâches sang encore présentes sur le sol et fait ensuite l'aller-retour entre Alexander et toi-même, une lueur de stupeur dans le regard. Puis de colère. Elle ignore le missionnaire de Nanna pour foncer vers toi, lèvres pincées.

- Je peux savoir ce qu'il s'est passé ?! Alain est venu me prévenir que vous vous étiez-- mais vous vous êtes entretués ou quoi ?! s'exclame-t-elle avec rage, en observant ton visage.

Elle passe sa main sur tes épaules, ton dos et ton torse et tourne un regard mauvais vers Alexander lorsqu'elle n'obtient qu'une crispation de ton corps et ta mâchoire. Aucune réponse.

- C'est quoi votre problème à tous les deux, sérieusement ?

Toi, tu roules des yeux et te remets à passer la serpillère. Ça n'enchante pas beaucoup Alice, mais peu importe. C'est bien la dernière personne que t'aurais souhaité voir là pour te faire culpabiliser. Parfois, elle se prend un peu trop pour votre mère. Et là, elle commence à sérieusement devenir rouge colère, parce que tu l'ignores comme tu ignores l'autre missionnaire. Sans lui accorder le moindre regard. T'en rirais presque si tu ne faisais pas ça pour terminer au plus vite ta tâche et éviter qu'elle se mette à te lancer des objets hétéroclites au visage et à te traiter d'imbécile. Puis, très franchement, si les deux pouvaient poser leur attention l'un sur l'autre, ça t'arrangerait bien aussi...

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Alexander Aestas

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Jeu 17 Sep - 19:51

J'entreprends donc de sortir le matériel nécessaire pour passer la serpillère. Je prends le sceau avec les produits dans une main, et le seul balai-serpillère (si je puis dire), et le sac poubelle dans l'autre. Le sac poubelle parce que bon, si jamais on retrouve de gros morceaux de verre il valait mieux l'avoir pas très loin, et puis qu'il fallait aussi le mettre dans un endroit qui ne gênait pas. Je retournerai chercher un balai brosse et un de ces morceau de toile qui sert de serpillère après...

Je me dirige donc vers le point d'eau de la salle, et tends silencieusement le balai-serpillère à David, en posant le sac poubelle dans un coin, avant de remplir le sceau d'eau et de la mélanger avec le produit.

Sa voix s'élève alors, sèche :

— N'espère même pas me laisser m'en occuper seul. Partage des tâches, tu connais ?

Un soupir m'échappe. Même sans taper sur les autres ce garçon est insupportable.

Eh bien, excuse-moi de ne pas avoir trois bras, hein.

Je repasse à côté de lui pour retourner vers le placard, prenant soin de lui donner un coup d'épaule au passage, tout en tâchant de ne pas croiser son regard. Pas bien méchant, mais certes c'était de la provocation aussi. Oh et puis, tant pis...

Je retourne chercher le matériel qu'il me manquait, puis m'attelle également à nettoyer le sol, dans la zone à l'opposé de là où David était.

Quelques minutes plus tard, j'entends la porte s'ouvrir. Je redresse la tête, m'attendant à voir rentrer une autre personne de l'administration. Mais non.

Une jeune fille venait d'entrer. Elle observe pendant un temps la scène d'un œil stupéfait, puis se dirige vers David au pas de charge. Allons donc, ils se connaissent ?

Elle lui parle, avec une certaine colère dans la voix. Elle remarque ses blessures, puis se met à l'observer sous toutes les coutures.

Puis elle se tourne vers moi, me fixant d'un œil noir. Je soutiens comme je peux son regard, m'efforçant de ne montrer aucune animosité. Cette demoiselle ne m'a rien fait, et au fond elle a raison de m'en vouloir. Cependant, ce n'est pas maintenant que je vais me répandre en excuses ; elles ne seraient pas sincères. Ce garçon, qui qu'il soit, quoi qu'il ait pu vivre, il n'avait pas à parler de Nanna ainsi, il y a un minimum de respect à avoir. Peu importe ce qu'il m'ait dit, c'est toujours ce que je pense. J'ai tendance à être plutôt têtu, même si j'essaie de ne pas le montrer.

— C'est quoi votre problème à tous les deux, sérieusement ?

Je reprends mon travail, pensant que David allait lui répondre puisqu'il la connaît. Mais non. Il l'ignore. Ou plutôt, nous l'ignorons tous les deux. Apparemment, c'est parti pour qu'on nous pose la même question tout au long de la journée, peut-être même dans les prochains jours, et honnêtement ça me saoule déjà. Quel intérêt de savoir pourquoi on a fait ça ? En quoi ça les intéresse ? Nous avions nos motivations, et cela nous concerne.

Un long silence s'ensuivit. Pour être franc, la présence de la demoiselle ne me plait pas beaucoup. C'est plus oppressant que ça ne l'était déjà. Je m'arrête dans ma tâche, et relève la tête vers elle.

Excusez-moi, mais si vous êtes venue seulement pour nous faire des reproches, je pense que nous allons suffisamment en recevoir venant de l'administration dans les jours à venir. Donc, sans vouloir être impoli, si vous n'avez pas d'autres raisons d'être ici, merci de ne pas vous en mêler plus que nécessaire, et de nous laisser finir de faire le nettoyage ici.

Mon ton s’était fait un peu sec, je crois. A vrai dire, l’idée de recevoir des reproches d’une personne que je ne connais pas, et qui semble à peine plus âgée que moi me contrarie un peu. Beaucoup, en fait.

Je soutiens son regard en penchant la tête sur le côté, en direction de la porte.

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Dave
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Lun 5 Oct - 10:26


Quand Alain est venu me retrouver, j'étais avec Ivan, occupée à tenter de lire un bouquin rempli de signes incompréhensibles pour pouvoir enfin terminer la dissertation qu'on devait rendre d'ici trois-quatre jours. Déjà, je n'étais pas d'humeur excellente - c'est le don des études de civilisation ancienne en langue ancienne. Là, j'ai cru que j'allais péter les plombs.

Alors certes, David est grand, il fait ce qu'il veut. Mais en ce moment, je ne sais pas. Il pète complètement les plombs, ça me fait de la peine de le voir comme ça. Lorsqu'il parle, il est agressif. Même avec moi. Il me répond sur un ton généralement sec, cassant, et m'assassine assez régulièrement du regard. Ça ne me plaît pas. Pour commencer, parce que je ne suis pas son chien. Ensuite, parce qu'il a cette attitude revêche, voire carrément insupportable. Il mérite des claques. Même si je sais qu'il est dans une mauvaise passe, en général, j'arrive suffisamment à le contenir pour qu'il ne fasse pas de problème.

Mais David est un problème. (Et il en a un. Aussi. Mais c'est une autre histoire.)

Mon cœur cogne dans ma poitrine avec l'inquiétude, alors que j'arrive enfin en vue de l'infirmerie. Je passe à l'intérieur, croise la moue réprobatrice de l'employée et arrive finalement vers la salle d'entraînement. Alors là, si je m'attendais à la retrouver dans cet état...

Lentement, je pousse la porte, et aperçois Dave en train de passer la serpillère dans le fond. Ni une, ni deux, je me précipite dans sa direction pour à la fois l'engueuler et vérifier qu'il va bien. Il a des contusions partout, et son regard fuit le mien. Il a honte, mais il ne le dira probablement pas. J'ai envie de lui donner un coup de pied pour lui remettre les idées en place. Je ne le fais pas. Je ne le fais jamais, de toute manière.

Puis, enfin, je reporte mon attention sur l'autre missionnaire. J'aurai tout le temps de secouer mon frère tout à l'heure. De toute manière, ce n'est pas comme s'il avait l'air ravi à l'idée de me parler, hein. Il n'a pas prononcé le moindre mot, et rien que ça, ça m'agace.

Je sens la colère bouillonner en moi, regarde l'autre homme, à peine plus jeune, de haut en bas. Il ne me répond pas non plus, et je sens ma patience s'étioler petit à petit. Mes joues se mettent à chauffer lorsqu'il prend la parole, enfin.

- Ne pas m'en mêler plus que nécessaire ? je l'interroge avec mauvaise humeur, en appuyant sur chaque mot. C'est impoli ! J'ai cru que j'allais mourir d'inquiétude, et tu me demandes de partir ? C'est vrai, à la fin ! Si vous ne vouliez pas de reproches, vous n'aviez qu'à vous contrôler ! C'est complètement stupide d'utiliser vos pouvoirs l'un sur l'autre, surtout depuis qu'Utu-

David ricane, et je fais volte-face pour le fusiller du regard. Il soutient mon regard quelques secondes.

- Oh, tais-toi, tu m'énerves.

Il lève les yeux au ciel et se détourne. L'autre garçon, en face, continue à me désigner la porte de la tête. En fait, je crois que je commence à comprendre pourquoi ils se sont tapés dessus.

Les mecs et l'égo.

- Pas la peine de me regarder comme ça, je ne bougerai pas tant qu'il n'aura pas terminé, je soupire en me dirigeant vers les bancs, et en marchant aux endroits déjà secs.

Manquerait plus que je me fasse encore engueuler pour ça.

Je reprends une inspiration et tente par ce biais de reprendre mon calme. Mes yeux courent tout autour, et, en observant les vitres brisées, je comprends que ce n'est pas Dave qui a fait ça. Ses pouvoirs ne le peuvent pas, surtout pas en ce moment. Pourquoi est-ce qu'il s'est senti obligé de s'opposer à quelqu'un alors qu'il se savait en mauvaise posture ?

- Désolée de m'être emportée, je reprends, en espérant qu'il ne m'ignorera pas encore une fois alors que j'essaie de désamorcer le conflit. J'imagine qu'il le méritait un peu, mais... enfin. Il faut essayer de se contrôler. Ça pourrait être dangereux. Déjà là, quand je vois vos têtes...

Un soupir, et je m'appuie contre le mur, en observant la salle avec un vague sentiment de tristesse.

- C'est dur de ne rien pouvoir faire, dans ces moments-là. Tu veux bien me dire ce qu'il s'est passé ? David ne m'en parlera pas. Il ne me dit jamais rien, je soupire avec dépit.

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Jeu 8 Oct - 19:52

Ne pas m'en mêler plus que nécessaire ? C'est impoli ! J'ai cru que j'allais mourir d'inquiétude, et tu me demandes de partir ? C'est vrai, à la fin ! Si vous ne vouliez pas de reproches, vous n'aviez qu'à vous contrôler ! C'est complètement stupide d'utiliser vos pouvoirs l'un sur l'autre, surtout depuis qu'Utu…

S’il était arrivé quoique ce soit de vraiment grave, si elle est une proche de David, elle en aurait été informée. Je peux comprendre qu’elle s’inquiète, cependant c’est pas la peine d’en rajouter une couche, au niveau des sermons.

Lorsqu’elle mentionne le dieu du Soleil, plus loin, David ricane. Et ça ne plait pas à la demoiselle. Je hausse les épaules et retourne à ma tâche. Au sens propre du terme d’ailleurs, il y a une tâche de sang par terre…

Je relève les yeux pour désigner à nouveau la sortie à la jeune femme. J’aimerais en finir au plus vite avec ce nettoyage, et rentrer chez moi. La seule chose que j’aie envie de faire, c’est m’enfermer dans ma chambre, et de jouer du violon pour me vider la tête. C’est tout.

— Pas la peine de me regarder comme ça, je ne bougerai pas tant qu'il n'aura pas terminé.

Je hausse les épaules. Tant qu’elle ne me parle pas, pas pour me passer un savon que je me prendrai probablement par une bonne partie des autres personnes de mon entourage, ça ira je suppose. Je l’observe du coin de l’œil s’installer sur un banc, déterminée à attendre. Je lève les yeux au ciel, et retourne à nettoyer le sol.

Jusqu’à ce qu’elle brise à nouveau le silence :

— Désolée de m'être emportée. J'imagine qu'il le méritait un peu, mais... enfin. Il faut essayer de se contrôler. Ça pourrait être dangereux. Déjà là, quand je vois vos têtes...

Je ne tourne pas les yeux vers elle, et me retiens de pousser un soupir. Je n’ai pas tellement envie de discuter avec elle. De discuter avec qui que ce soit, en fait. Enfin. Elle prend probablement sur elle pour faire taire sa colère et son inquiétude, afin d’établir une conversation calme. Elle n’y est pour rien dans cette histoire. Même si ça ne me plait pas particulièrement, il fallait bien que je lui réponde, au bout d’un moment.

Essayer de se contrôler… penses-tu que nous ne le savions pas ? Nous savions tous les deux que c’était stupide. Mais aucun de nous n’a vraiment cherché à éviter le conflit.

Si nous l’avions fait, nous nous serions séparés aussitôt et nous aurions simplement continué notre route. Au fond, je crois que lui comme moi souhaitions passer nos nerfs sur quelque chose. Sur quelqu’un, dans le cas présent.

— C'est dur de ne rien pouvoir faire, dans ces moments-là. Tu veux bien me dire ce qu'il s'est passé ? David ne m'en parlera pas. Il ne me dit jamais rien.

Je lève le regard vers elle. Je remarque alors qu’elle a des traits communs avec le blond. Ils se ressemblent.

Tu es sa sœur, n’est-ce pas ?

Je reste silencieux quelques secondes. Ma sœur, comment réagira-t-elle ? Je crois qu’elle aurait deux types de réaction plutôt différents. Dans un sens elle sera contente que je ne me sois pas laissé marcher sur les pieds, et dans l’autre sens elle sera probablement en colère que ça soit allé aussi loin. Que j’en sois venu à être blessé, et à blesser l’autre. Elle ne m’a jamais incité à être violent…

Je suppose qu’il n’y a pas vraiment d’explications valables. Disons qu’au départ c’était une série de provocations, et que ça a dégénéré. Chacun a trouvé les mots qui énervaient l’autre.

Je serre un peu les dents, avant de donner rageusement un coup de pied dans un morceau de verre qui trainait là, l’envoyant près du sac poubelle.

Je suppose que nous sommes tous, d’une certaine façon, tendus depuis l’éclipse.

Probablement que ça ne doit pas être une excuse à ses yeux.

Mais c’est un fait.

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