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C'est l'histoire d'un être qui attend...
Utu
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Localisation : Dans la lumière~
Loisirs : Être avec Nanna, taquiner mes Missionnaires et faire tourner le Soleil
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Utu

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Pouvoir: Celui de te zigouiller la figure si tu m'embêtes ♥
Dieu: Utu
Age: On s'en fout du moment que je suis canon.
Sam 12 Sep - 14:05

J'ouvrais les yeux. C'était dur pour moi de rester éveillé longtemps. De maintenir ce monde. Je sentais ses frontières, censées être infinies, se refermer, doucement. Je me sentais brûler de l'intérieur. Et rien n'aidait. Le paysage était complètement dévasté, la surface lisse du lac de lumière était brisée de toutes parts et les restes de la très vieille et resplendissante ville s'effritaient à une si grande vitesse que des débris chutaient des immeubles continuellement. Un chantier, un champs de bataille après le passage de quatre armées.
Je soufflais, difficilement. Me levais. Passait une main sur mes vêtements plein de poussières solaire. J'avais perdu la notion du temps. Depuis combien de temps étais-je ici ? Deux jours ? Deux mois ? Deux ans ? Vingt ou deux cent ? Impossible de le savoir. J'étais seul, et je finirais seul par disparaître ici. Je finirais en ruines comme ce royaume. Il m'est d'ailleurs de plus en plus dur de maintenir cette forme, mon corps ne veut que rejoindre la lumière.
Je passe une main sur mon visage. Étrange sentiment pour un Dieu que la fatigue. Pourtant je ne fais que suivre le parcours de tous ces Dieux mineurs que nous avons abandonnés. Leurs noms me reviennent d'ailleurs difficilement maintenant, mon regard et mes souvenirs sont embués.
Je dors trop. De plus en plus, de plus en plus longtemps. Mais je n'ai que ça à faire, penser me fait mal, bâtir me tue. Parfois, je me réveille. Sûrement à cause de quelque événement sur cette foutue terre que j'ai abandonné et qui ne cesse de me le rappeler-
Je perds l'équilibre et trébuche. Arg, mon crâne... Un visage souriant m'apparaît. Le visage d'une jeune fille que je connais bien. Que j'ai beaucoup apprécié, fut un temps. Son regard est toujours éclatant. Toujours souriante, toujours forte, comment fait-elle... Je suppose qu'elle est arrivée, maintenant. Comme tu dois être perdue ici, sans ton père, sans personne pour te guider. Je serai bien resté, crois moi ma chère amie, mais tu n'aurais pas pu venir sur le même plan que moi.
J'inspire doucement, chassant la vision. Tu dois être content maintenant, Nanna. Ta chère fille est de retour dans ce monde, pour un court instant. Haha. Son arrivée a du chasser un Dieu majeur tel que moi, quelle ironie. J'aurais bien aimé te recroiser, Geshtinanna. Vraiment.
Je serre les lèvres. Rien ne sert de penser, maintenant. Je me dirige d'un pas lent vers la petite boîte qui flotte au milieu de rien. Une petite boîte de lumière, comme celle que j'avais donné à Dave. Si il avait pu imaginer sa puissance, sûrement l'aurait-il gardé pour lui. Je passe une main douce sur les rebords, caresse ces faibles rayons... Une secousse secoue la boîte et une douleur se propage dans ma main, remonte le long de mon bras et me pousse à terre. Je tousse, suffoque.
La petite boîte s'agite de toutes ses forces. Des sons stridents en sortent, son image vacille un instant et je me concentre pour la reformer.

_ Je sais, je souffle.

Je sais que vous voulez sortir, que vous voulez vous enfuir loin, retourner sur cette terre pour qu'on ne vous oublie pas. Vous l'auriez fait depuis un moment si je ne vous avais pas enfermés au fond de moi. Vous n'êtes pas les lois du monde créées par An pour rien. J'inspire doucement, me relève. Mais je ne peux pas vous laisser sortir, pas encore. Il est trop tôt.
Les visages de Lawrence et Marduk apparaissent dans mon esprit. Puis le noir, le vide total.

_ Il leur reste tant de choses à faire...

C'est dur, vraiment. Dur de retenir contre leur gré des pouvoirs qui dépassent les miens et qui se rebellent dès qu'ils sont à peine bafoués. Mais les Més s'affaiblissent comme moi, à force d'être trahis et loin de tout. Malgré tout, je le sais, je mourrais bien avant ces entités. Il suffira aux Dieux de venir dans le Néant, chercher cette toute petite boîte et soulever le couvercle pour qu'il disparaisse à jamais. Que je disparaisse. Et les Més ne seront plus soumis à ma sentence. Et tout rentrera dans l'ordre.
Je m'éloigne, tousse. Ferme les yeux. M'effondre. Une fine poussière de lumière morte se soulève sous les drapés de mes vêtements qui tombent au sol. Le sommeil alourdit à nouveau mes paupières. Depuis combien de temps suis-je là ? Quand cela va t-il finir ? Quand vais je enfin m'endormir, sans me réveiller ?
Il y a un conte comme ça, chez les humains...
C'est l'histoire d'une personne qui attend...
Quelqu'un qui ne vient pas...

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Utu
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Lun 28 Déc - 0:39

Retour.
Simple comme bonjour, retour. Retour aux sources, à la terre natale, retour en arrière. Se retourner, voir ce qu'on a fait, accompli, ce qu'on a raté. Se retourner pour fuir, aussi. Un mot tellement abstrait, un principe tellement fou. Retour retour, c'est le moment de s'en retourner. Le moment de revenir. Il y a venir, comme venir au monde ou venir au cinéma demain, et il y a revenir, parce qu'on était parti, re-venir, parce que même en étant parti, il restait quelque chose de nous là bas. Revenir, retourner.
Ces tournent tournent tournent dans ma tête, ma tête tourne, alors que je suis toujours allongé, les yeux clos, allongé et recouvert de poussière froide d'un soleil oublié, au centre de mon Royaume en décomposition. Revenir à ses splendeurs, à ces espoirs. C'est Enlil qui me l'a proposé. Il est là, juste devant moi, je sens sa présence, pourtant je ne peux pas bouger, je ne peux même pas faire jarter son cul de profiteur de mon royaume. Je suis impuissant, à ses pieds, comme un poids mort.
Revenir à la vie.
On peut lutter contre la vie, on ne peut pas lui ordonner de revenir. Excepté lorsqu'on est la vie. Je sens mon royaume accueillir à bras ouvert cette vie là. Traître, va. Je sens qu'Enlil est autant maître que moi ici. Je sens sa main approcher. Me toucher. Et la vie revient. Je la sens se propager dans mes tissus divins, redonner de la force, de la consistance, à manger à l'énergie qui me constitue. Et il glisse sa main jusqu'à la mienne, celle que je ferme avec force. Mais cette main, traîtresse aussi, me lâche, elle s'ouvre, sur cette petite boîte, si petite boîte lumineuse. Qui se réjouit d'être sortie, elle brille de milles feux, je peux reconnaître cette lumière.
Alors Enlil me les prends, il ne me reste vraiment plus d'espoir. Il faudrait que je lui explique mais... Il les fait tourner entre ses mains, je le vois. Ça me tirerait un sourire si je ne le trouvais pas aussi gamin. Je suppose que je vais devoir lui céder les droits dessus. Sur les Més. Il les a déjà eu mais il en avait fait un bien pitoyable usage... Bien qu'on ne puisse pas dire que j'ai fait mieux.
La lumière recommence à affluer doucement en moi, et je sens que je peux bouger. Alors je ne bouge pas. A quoi ça sert ? Il voulait sûrement que je ne fasse qu'entendre ce qu'il a à dire, même s'il n'a rien dit pour le moment. Ce sera sûrement un « désolé, je te prends ça et je me casse ! ». Il y a des choses qui ne me manqueront pas.
Mais une main arriva à nouveau dans mon champ de vision. Une main pleine d'une lumière. Une main qui déposa la forte lumière. Juste devant moi. Les Més, à quelques centimètres de mes yeux. Je me tournais sur le côté avec difficulté. Passait mes doigts sur le bord de cette petite luciole.

_ Je suis vexé tu sais la Luciole, t'es tout moche, tout triste et tout plein de poussière, t'as trahi tout le monde et pourtant les Més veulent toujours t'appartenir. Vexé et jaloux. Putain de jaloux.

Les blablateries d'Enlil m'importent peu. La lumière revient. L'énergie revient. Je souris, pâlement. Ils veulent rester avec moi ? Après ce que j'ai fait aux lois du monde... Ca tient du miracle.

_ Je comptais les prendre mais en fait tu es vraiment pitoyable, enlève cette poussière, on dirait un pouilleux. Un pouilleux ! Allez maintenant remets ta robe mon gars, on t'attend en bas. On a d'adorables personnes qui fait d'adorables grosses bêtises.

Une larme coule sur ma joue. Une larme de lumière.
Je vais pouvoir vivre. Vivre et rentrer.
Rentrer à la maison.

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