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{Tanzanie} Un léopard dans la savane [Fauve]
Nin
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Nin Hursag

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Lun 19 Mai - 21:03
Le soleil se lève sur le désert, colore les dunes sombres d'ocre alors que les étoiles et le ciel palissent. Je contemple le spectacle avec un sourire doux. J'aime regarder Utu éclairer le Sahara à l'aube, l'atmosphère a quelque chose de calme, presque magique. Le ciel qui s'éclaircit doucement et passe du noir de la nuit jusqu'au blanc lumineux et aveuglant du jour, les dunes ocres qui d'inquiétantes deviennent bienfaisante en projetant leurs ombres sur les touaregs et les caravanes. J'aime l'Afrique, sa sagesse, son âge et je pleure avec elle sur son innocence et ses traditions. Les hommes blancs ont détruit son âme malgré les quelques hommes que j'y ai respecté.
J'ai pleuré la mort de Nelson dans mon coeur, récemment je l'avais beaucoup observé et j'ai ressenti une forme de fierté pour lui. Son pays est magnifique, ce qu'il a fait pour lui m'a rappelé le dévouement qu'ont pu avoir des peuples ou même simplement des rois pour nous. Il m'a rappelé la Grèce, Rome, Sumer, ces temps où nous n'étions pas que des chimères pour la plupart des hommes.
L'Afrique est une Terre encore à moitié sauvage, verte et luxuriante, ocre et désertique. Elle est belle, indomptée, et parfois je vois le sourire d'Inanna dans les frondaisons de la jungle Congolaise. Je dirige mon regard vers le Kenya dans la savane. Je me sens désolé de ne pas avoir protéger les tribus qui vivent là bas de la civilisation occidentale. Ils y ont beaucoup perdu, une partie de leur culture et de leur savoir surtout mais aussi un quelque chose de spécial, une forme de sagesse que je ne retrouve plus chez les hommes actuels.
Il ne savent pas se contenter de ce qu'ils ont, ils veulent toujours plus comme si piller le peu de ressource que j'ai encore ne leur suffisait pas. Ils creusent toujours plus loin pour me prendre mes derniers biens, enterrent leurs erreurs dans mon ventre pour les dissimuler. Je me sens malade un peu plus chaque jour. Cette situation ne fait que s'empirer depuis quelques siècles, ils ont perdu le respect de la nature il n'y a plus que l'argent et le moyen de l'obtenir qui les intéresse.
Une petite étincelle familière attire mon attention et je me matérialise en Tanzanie au milieu de la Savane. Un troupeau de gnou ont en train de mâchonner à l'ombre des arbustes, allongé dans les hautes herbes. Je cherche du regard ce qui a attiré mon attention avant de détecter l'aura typique d'une de mes créannes. Elle ne semble pas agressive et il ne me semble pas l'avoir déjà rencontré. Je me déplace instantanément derrière elle et étire un sourire doux. Un Léopard, absolument superbe. Je la détaille un instant, ce doit être une femelle vu sa taille. Je m'accroupis derrière elle silencieusement avec un petit sourire.

-Bonjour, je ne crois pas t'avoir déjà rencontré. Tu sais qui je suis ?

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Lun 19 Mai - 23:57


   

   
Un léopard dans la savane.

   
L'
aube se lève et la savane s'éveille. Si l'Afrique est un théâtre, alors c'est en Tanzanie que se joue l'une des plus belles pièces. Un nouvel acte commence et les acteurs entrent en scène. Petit à petit les plaines s'animent. Tous – et ce, sans exception – suivent ce rythme qu'est La Vie. Cruauté et Poésie s'entre-mêlent. Ici les places sont chers, mais dans ce chaos séjourne toujours un semblant de paix. Alors le Fauve contemple et profite de ce spectacle qui – chaque matin – se présente à elle. Fauve sous sa tenue de Fauve. Une bête parmi d'autres. La Créanne se plaît ainsi. Sauvage. Libre.

Rares sont les « Protégés » qui s'aventurent ici. Ils se préfèrent en Ville. Les Hommes se terrent sous un amas de béton froid et difforme, bien à l'abri. Ils renient la Nature et la Terre. Et en échange de quoi ? Rien. Ce n'est que du superficiel. Les Humains sont des sots, peu des uns rattrapent les autres. Alors le Fauve s'éloigne de cette faune. Avec sa solitude comme seule et fidèle compagne …  la Créanne rode, en quête d'un semblant de calme et de repos. C'est qu'elle a aussi des limites notre Fauve. Parfois c'en est trop et elle s'impose une pause. Alors la voici.

La Créanne a regagnée son refuge, recouvre ses forces et son énergie. Le Fauve attend. Elle attend que ses récentes blessures ne deviennent que cicatrices. Le Léopard a gagné le couvert des arbres. Les hautes herbes s'intègrent à son magnifique camouflage et donne un sentiment de sécurité à l'animal. Un vent chaud se lève. Les pattes du Fauve s’enfoncent dans la terre. Elle perçoit les moindres vibrations. Ce lieu devient son domaine. Son contact la rassure et l'apaise. Le temps d'un instant la Créanne se relâche, le sommeil la gagnerait presque. C'est donc ça … la Paix.

Et puis elle apparaît. Une présence douce, réconfortante et familière. Fauve le sent. Fauve le sait. C'était – depuis sa naissance – imprégné en elle. Cette présence était la sienne. Nin Hursag. Le Fauve se libère de Morphée, ses yeux sont à nouveau ouverts. Son regard vagabonde et croise – inévitablement - celui de son Maître. Fauve se fige. Si c'est un Rêve, alors elle le trouve plutôt cruel. L'animal soulève son corps endolori et fait face à l'apparition. Sécurité perdu. Inquiétudes retrouvées. Oreilles plaquées à l'arrière et mouvements lents. Babines légèrement retroussées, une bien trop maigre consolation. Fauve est perdue et apeurée. Elle l'a – à ses yeux – si longtemps cherché et voilà qu'il apparaît de lui-même à ses côtés. Dame Fortune s'amuse on dirait.

La Créanne détail en silence l’intéressé. Ce Dieu rayonne. Ce Dieu n'est que prestance. C'est donc à cela qu'il ressemble … Fauve peut enfin mettre un visage à celui dont elle issue à présent. Le visage de celui qui – suppose-t-elle - a orchestré sa traque durant ces deux ans. Qui est-elle. Là est tout le problème. Une Créanne. Un déchet. De la fascination on passe subitement à la colère. Le Fauve est triste et amer. Elle aurait tant aimée que cette réponse soit connue de son Maître … Mais son Dieu est bien loin de tout ça, ou n'en a que faire. Elle le déteste et pourtant, il est et reste son Maître. Tel un chien à qui on inflige des coups. Fauve revient et espère toujours. La Créanne rengaine alors ses « armes » et s'extirpe de sa forme animale. Le sourire bienveillant de Nin Hursag la calme et le silence se brise. Enfin.


- Nin Hursag. Comment faire autrement...Dit-elle doucement. Fauve n'est plus un Fauve, mais une enfant. Faible et insignifiante.

- Pourquoi êtes-vous venu ? Pourquoi maintenant ? Ses mots sonnèrent comme une complainte. Si seulement cela avait été – dés le départ – aussi simple. Elle se serait épargnée bien des tourmentes et bien des combats. Au lieu de ça, elle dut attendre. Attendre que son Maître ne daigne s’intéresser à elle, ne serait-ce qu'un instant.




   

   

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Nin
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Nin Hursag

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Sam 24 Mai - 11:06
Elle se lève et se retourne, fixe son regard de fauve dans le mien. Muscles tendus et crocs dévoilés au soleil d'Afrique, aplatie comme un chat acculé. Je me recule légèrement pour la rassurer alors que je la détaille. Je ne me rappelle pas avoir créé une créature aussi magnifique. Léopard. Taillé pour la chasse, la traque. Léopard. Des yeux de fauve cerclés de noir et une robe tachetée. Elle est jeune pour une créanne, son aura est encore faible, pourtant elle ne semble pas sans expérience.
Elle se transforme en une jeune femme à qui je souris. Elle est belle oui, une chevelure de feu et un corps élancé, tout en elle rappelle le fauve qu'elle est. Je vois dans son regard qu'elle m'a reconnu, peut-être même cherché. Je ne suis pas quelqu'un qui s'occupe beaucoup de ses créannes, je laisse mes missionnaires s'occuper de ça comme ils l'entendent. Pour ma part je ne cherche pas particulièrement à les rencontrer mais je ne les chasse pas non plus.

Nin Hursag. Comment faire autrement...

S voix est douce, un peu basse, ça me rappelle un peu le bruit du vent sur les dunes du désert, un beau son. Je lui souris doucement. Elle a quelque chose à me dire et je l'encourage à continuer d'un petit signe de la tête.

- Pourquoi êtes-vous venu ? Pourquoi maintenant ?
-Je t'ai simplement vu. Tu es jeune, je n'ai pas une conception du temps très normale : pour moi tout va très vite. Si je t'ai blessé je m'en excuse ce n'était pas mon intention.


Je glisse lentement une main dans ses cheveux, avec douceur et précaution. J'ai déjà rencontré des créannes comme elle : en quête de reconnaissance. Je ne considère pas ça comme très sain mais je l'accepte si ça peut leur donner un but. Je ne me vois pas comme leur maître ou leur créateur, je pense simplement que comme tous les êtres elles doivent trouver leur propre façon de vivre. Je ne me considère pas comme une vérité absolue heureusement, c'est pour ça que je laisse mes missionnaires et mes créannes vivre comme ils le souhaitent.

-As-tu un nom ? Je demande doucement.

Un nom et une histoire même ? Quel âge as-tu est une autre question. Elle est très jeune je pense, pas plus de cinq ans. Je ne crée pas de créanne très souvent il me semble comme je suis quelqu'un d'assez placide. Je tente de me rappeler à quelle occasion ça a pu m'arriver récemment mais je ne vois pas trop quand. Peut-être lors d'une discussion avec Inanna...

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Sam 24 Mai - 17:34


 

 
Un léopard dans la savane.

 
N
in Hursag, le Souriant. Fauve avait donnée bien des visages à son Dieux durant ces deux ans, mais elle ne se l'était jamais représenté comme quelqu'un de particulièrement avenant. C'était idiot en un sens. Fauve ne conserve après tout que peu de souvenirs de sa naissance. Quelques images – tout au plus – revenaient les premiers temps. Un Monde de rocailles, un monde de silence. Une silhouette – ou plutôt une ombre – y veillant constamment. Fauve s'était contentée de ça durant un temps. Et puis ces maigres souvenirs se dissipèrent eux aussi. Du réconfort on passa à un profond malaise, poussant le Fauve à se mettre en quête. En quête de réponses, en quête de vrai. Mais il fallut que les Émissaires s'en mêle. Sa frustration devient colère et le Fauve – jusqu'à lors passif – devient particulièrement mauvaise. Elle en dirige une partie à l'encontre de Nin Hursag, le suppose responsable. Que voulez-vous. Fauve est incomplète. Elle gère encore mal les émotions Humaines et s'emporte facilement. Et maintenant. Maintenant Fauve se sent bête. Bête de s'être montrée aussi amère. Le Fauve détourna le regard.

« Vous n'avez pas à l'être. Vous êtes un Dieu. » Dit-elle calmement, retrouvant un semblant d'assurance. Fauve reste un Fauve et rebondi aisément.

« Et c'est à vos protégés que j'ai eu affaire. » Souffle-t-elle.

Les Émissaires. Là encore c'est toute une histoire avec ces mortels. Fauve a déjà eu affaire avec quelques protégés de Nin Hursag. Elle respecte la plupart d'entre eux et n'a jamais tuée d'Humains. Eux ne sont pas toujours aussi tendres, mais elle les comprend. Les Créannes tuent les Émissaires et ne font pas toujours dans la dentelle. Ce n'est pas le cas de Fauve, mais très vite naquit la bien étrange politique du : Sait-on jamais. De ce fait et dans la mesure du possible, elle évitera les combats. Mais son aversion envers les Émissaires n'en reste pas moins présente, viscérale. C'est sûrement ce qui la perdra. Fauve se préfèrera chasseresse que proie, et peu importe ladite proie dés que le Fauve sort de sa cage. Si elle évite autant la compagnie des Hommes, ce n'est donc pas pour rien. Sa solitude la ronge autant qu'elle la préserve en fin de compte.

Un instant perdue dans ses pensées, c'est Nin Hursag qui la ramena à la réalité. Il posa une de ses mains sur la tête de Fauve, provoquant chez elle un sursaut. Surprise. Prise de court. À son contact l'animal se détendit complètement et toute fatigue disparue en un instant. C'était plutôt agréable, mais Fauve se gardera bien de le dire à ce moment là. Fauve est un Fauve, pas un chien. Quoi qu'un peu plus docile.

Elle le contemple à nouveau, sans dire un mot. Sa présence la rassura, son aura l'apaise. Elle le détail à son tour. L'homme est beau, mais c'est le moindre des privilèges pour un Immortel. Un visage paré d'un magnifique sourire et sans âge. Un regard doux, mais quelque peu mélancolique. La Terre souffre. La Terre subit. Fauve le sait. Elle a bien vu que ce que l'être Humain lui fait subir. Ils creusent un peu plus, la détruise. Plus ils en ont et plus ils réclament. L'Homme est un poison. L'Homme est égoïste. Et puis, le silence se rompt. Un nom ? Oui et non. Il y avait Al-Misrî, l’Égyptienne. C'est ainsi que les nomades – ceux qui la recueillirent – la nommèrent. C'est plus un signe d'appartenance à la troupe qu'autre chose en fait, et seul le « clan » en question le connaissait. Non. Il n'y avait bien que ce surnom...

« Fauve. » Répondit-elle doucement. « Tout le monde m'appelle Fauve. »

Elle leva les yeux en direction de la main de Nin Hursag, celle-ci toujours posées sur sa tête. Elle recula donc légèrement celle-ci et s'en délivra.

« Et désolée pour "ça". Je suis dure au réveil. »
. Ajoute-t-elle calmement. Elle parlait bien évidement de son attitude plutôt farouche et menaçante. Ne trouvant qu'un trait d'humour en guise de pirouette sur le moment. La Créanne s'assit. La jambe droite en tailleur et la gauche repliée contre elle-même. Ses mains se joignirent entre-elles et se posèrent à son genoux gauche, ainsi présenté à hauteur du torse.

« Vous êtes bien différent que dans mes souvenirs...  Mais c'était il y a deux ans, et dans d'autres circonstances. » Dit-elle doucement dans son mouvement.


 

 


Nin
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Nin Hursag

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Jeu 5 Juin - 12:44
Je souris doucement. C’est vrai que je n’ai pas à être désolé, je lui ai déjà donné la vie. La seule que nous autres, dieux, pouvons encore créer. Je ne le regrette pas en la voyant d’ailleurs. Les rares de mes créannes que je rencontre me déçoivent rarement. Quel que soit leur « camp ». Je n’ignore pas la petite guerre que certaines livrent avec les missionnaires mais ça ne m’intéresse pas. Ce sont leurs affaires.

-Mes protégés… Ha oui, les humains sont parfois si impulsifs. En règle générale je laisse mes émissaires se conduire comme ils l’entendent tant qu’ils ne dépassent pas les bornes en mon nom.

Elle sursaute alors que ma main effleure ses cheveux avant de se détendre. Je retiens un petit rire, on m’a déjà dit que j’étais apaisant mais il semble qu’elle m’a prise au mot pour ce cas. C’est flatteur de voir que je peux encore faire cet effet à quelqu’un. Elle n’est pas si grande – devant moi tout le monde parait petit – mais son aura féline la grandit un peu. Elle se dégage de ma main en me répondant. Fauve donc… C’est un nom qui lui va bien, les créannes se nomment elles-mêmes et j’aime la consonance de ce mot. Je le prononce en faisant lentement couler les syllabes sur mes lèvres. Elle est fière aussi et ça se voit. J’aime bien cette fierté, elle lui servira dans la vie. A condition de ne pas en abuser.

-Je ne me rappelle pas de toi. Pourtant les naissances de créannes sont assez violentes en général. Tu as deux ans, tu dis ?

Deux ans… C’est plutôt récent alors. Elle doit être issue d’un sentiment assez neutre si elle est pacifique. Sérénité ? Possible, mais je ne pense pas. Peut-être ne le sait-elle pas après tout. Je ne suis pas comme Inanna qui crée des créannes assez régulièrement avec ses coups de sang. En même temps je n’en attends pas trop de son aspect guerrier. Mes créannes sont moins souvent agressives quoi qu’il m’arrive aussi d’être en colère… Comme l’autre fois à Stockholm. Je n’ai rien senti cette fois d’ailleurs, j’espère que je n’ai pas créée une Colère.

-Duquel de mes sentiments viens-tu ? Je suis curieux. Tu es plutôt neutre donc j’aurais pensé à quelque chose d’assez plat, peut-être la quiétude…

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Ven 6 Juin - 10:55


 

 
Un léopard dans la savane.

 
F
auve ne détourna pas son regard du sien, mais fut prise de court par la question de Nin Hursag. Quel sentiment. Étrange, cette question ne lui avait jamais effleurée l'esprit jusqu'à maintenant. Elle n'y avait même jamais donnée grande importance. Peut-être parce que les émotions humaines, en seulement deux ans, ne s'étaient pas encore imbriquées en elle correctement. Et lorsqu'un flot se déverse sur Fauve … elle se ferme, tout simplement. Elle se sait ingérable et dangereuse autrement. Fauve se sait depuis le début victime de terribles coups de sang. La Créanne ne dit mot, réfléchit. La Quiétude dit-il ? Impossible, ou alors elle était sacrément bien enfouie. La Tranquillité, au pire. Fauve se raccroche à ses premiers souvenirs. À sa naissance, qu'avait-elle ressentie ? Quel « sentiment » avait semé ses graines et, année après année, enfonçait plus profondément ses racines. Fauve trouva et eu un sourire gêné.

« Solitude » Dit-elle d'un ton faussement amusé et détaché.

Il est vrai que la plupart des Créannes sont confrontés à cela. Le fait qu'ils ne subissent d'aucune manière le poids des âges leur impose une vie de baroude, à l'écart des Humains – Et loin des Émissaires, au passage. Lorsqu'elle avait été recueillie par les nomades, elle savait d'ores et déjà tout ça. Et même leurs anciennes croyances n'auraient rien changées à cela. La séparation était inévitable. En revanche, Fauve admet qu'elle a beaucoup apprit auprès des nomades. Leur simplicité l'a touché. Elle les respecte et espère que ce peuple et ces coutumes survivront aux affres de la guerre.

Toujours est-il Fauve ne s'en est jamais plainte. En fait, elle se complet dans ce sentiment là. La Solitude la pèse, mais ne la ronge pas. Sordide et fidèle compagne. Même Fauve dans sa tenue de fauve l'entretient. Un léopard vit seul, ne dépend de personne. Elle n'a même jamais croisé d'autres membres de son espèce. Menacée, pour ce qu'elle en sait. L'Afrique est petit à petit puisée dans ses richesses. Le Terre est éventrée. Des populations sont décimés. Conflit stupide entre deux ethnies. Pourquoi l'Homme s'entre-déchirent ainsi. Ne sont-ils pas tous d'une même espèce eux-même. Stupides. Égoïstes. Des enfants gâtes et pourris. Les Dieux pardonnent, subissent. Cette simple perspective la raidit. Changeons de sujet, très vite, avant qu'il énerve un peu plus notre amie.

« Est-ce que ça vous revient maint- » Fauve s'interrompit et fixa un point éloigné de la prairie. Au loin un épais nuage de poussière se levait. Une jeep en déduit-elle. Des gardes-forestier ? Elle en doutait. Cet endroit n'a rien d'une réserve. Le poil du Fauve se hérisse, elle n'aime pas ce genre de visite … Les muscles de la Créanne se raidirent. Si ils s'aventurent un peu trop près, ils risquent d'avoir des surprises … Fauve n'est pas agressive, mais impulsive. Elle tient à sa tranquillité et n'hésitera pas à se faire comprendre si ils insistent.

« D'autres de vos protégés ? » Ironise-t-elle, un peu acerbe. Elle ne lui reproche rien, mais admettez quand même que certain sont mieux lotis que d'autre et en profite bien. Fauve resta cependant à sa place. Si elle répondait aux moindres attaques et provocations de la part des Hommes, elle n'en finirait pas. Et elle n'avait pas particulièrement de s'emporter en présence de Nin Hursag. Alors on attend. On attend ladite goutte qui fait déborder le vase.


 

 


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Nin Hursag

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Lun 9 Juin - 22:18
Solitude… Mon regard s’évade au loin un instant. Oui je me rappelle, je crois. Je me rappelle de longs mois que j’ai passé seul comme toujours. Peut-être parce qu’Enki était encore une fois trop occupé pour passer me voir et qu’Inanna… Eh bien Inanna étant Inanna elle était occupée quelque part en Syrie. Oui je me sentais très seul, enfermé chez moi comme toujours sans aucune envie de sortir. J’ai parfois des phases où les humains ont tendance à m’agacer plus que de raison, il suffit d’un forage mal placé, d’une proposition de loi agaçante dans un pays.
En vérité j’aime beaucoup les Hommes, simplement ils ont aussi des côtés que je ne supporte pas. Leur égoïsme me sidère souvent, même quand ils ont des actes altruistes il y a souvent une motivation personnelle derrière. Pas toujours bien sûr, et heureusement car sans ces personnes l’Humanité n’aurait plus aucune espérance de vie, mais souvent je désespère des humains. Je ne sais plus bien pourquoi je les ai épargnés après le déluge. Peut-être parce que j’ai l’espoir qu’ils s’améliorent un jour. C’est sûrement utopiste mais je sais pardonner aussi.

« Est-ce que ça vous revient maint- »

Je suis son regard, pince les lèvres en apercevant la jeep qui roule dans un nuage de poussière, piétinant les hautes herbes de la savane et faisant fuir les animaux. La jeune femme à côté de moi se tend, Léopard. Je plisse les yeux et me projette pour regarder de plus près. C’est un groupe d’homme en treillis de chasse. Ils sont cinq, leurs fusils brillent au soleil. Des braconniers. Je reviens vers mon corps d’emprunt et un sourire cruel étire mes lèvres. Ceux là ne méritent pas ma pitié et ils le sauront.

« D'autres de vos protégés ? »
-Non, ceux-là n’attirent la sympathie de personne.


Je fais un geste de la main vers la voiture qui s’immobilise brutalement, le réservoir d’essence vide. Les hommes descendent de la jeep, râlant contre la mécanique pour prendre un jerrycan de carburant dans le coffre. Mon sourire devient amusé alors que je les vide les uns après les autres. Leur perplexité me fait sourire, je fais trembler la voiture. Un amas de métal c’est si simple à manipuler pour moi. Je fais sauter deux trois câbles, exploser leur radio et leur téléphones, avant de casser leurs fusils de manières définitives. Utu n’aura rien à y redire je ne les ai pas tué directement. De toute façon ils sont en tord puisque le braconnage est interdit ici.

-En voilà cinq qui ne feront plus de mal à personne. L’Afrique se chargera d’eux très bien.

Je sourit en coin et fais apparaitre un petit bol d’argile vide que je lui tend. J’attends qu’elle le prenne et agite mon index alors que le nom « Fauve » s’inscrit sur le bord en caractère arabes. Un cadeau d’un Dieu, fait avec la terre de mon royaume.

-Je ne sais pas si ça te sera très utile mais prend le. J’ai appris que les nomades aimaient les jolis choses et ils ont parfois beaucoup plus à partager qu’on le pense. En quelques millénaires je ne sais pas encore si j’en ai fait le tour. L’être humain est vraiment très complexe.

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Sam 14 Juin - 10:36
À peine s'était-t-elle attardée à la Jeep et ses occupants que Nin Hursag avait déjà pris les devants. En un instant les braconniers se retrouvèrent privés de ces armes qu'ils affectionnaient tant. Fauve esquissa un fin sourire, le courage de ses Hommes ne tenaient visiblement qu'à un fil. Mais son Maître avait bien fait d'intervenir. La Créanne ne se serait pas montrée aussi clémente, aussi patiente que lui. Son sang n'a tendance à faire qu'un tour face à ce genre de type. Ceux qui se montrent un peu trop sûres d'eux, défient la nature et brise volontairement son équilibre. Pénible. Détestables au possible. Et c'est – non sans faire preuve d'inconscience – que Fauve aurait déjà déboulée sur eux pour les réduire en charpie. Elle en croisait un peu trop selon elle et se montrait toujours particulièrement agressive. Et le fait que la tribu de nomades auquel elle appartenait s'était établie à moins de deux kilomètres ne faisait qu’accroître son malaise, car elle savait ce que ce genre de confrontation engendrait. Fauve estimait qu'ils avaient asse souffert et les protégeait, à sa manière.

D'ailleurs, c'est à se demander si la Créanne appartenait bien à La Terre. Même si elle possède deux visages, dans l'instant T il est difficile de s'imaginer notre Divin emporté par ces mêmes accès de rage. Ou, auquel cas, il les cache bien mieux que sa Créanne. Le privilège de l'âge ? Peut-être bien. À croire que sa patience et sa bonté ne se sont pas totalement érodées face à la stupidité grandissante des Humains. Fauve suivit du regard les braconniers, forcés de constater que leur partie de chasse était ajournée.

D'autres viendront. Ils viennent toujours, ne comprennent jamais la leçon. Dit-elle calmement tout en se réinstallant confortablement. Elle reporta ensuite son attention vers Nin Hursag lorsque celui-ci fit apparaître … un bol. Fauve inclina légèrement la tête de côté.

- L'un de vos passe-temps ? Demande-t-elle doucement. Terre, poterie, un mariage heureux en un sens. Après quoi le Divin le lui tendit. Elle le regarde à nouveau, cette fois-ci surprise. Elle le récupéra d'un geste timide après avoir au préalable remercié, comme si elle craignait qu'à son contact il se brise. Cette terre …

- Je connais cette odeur. Dit-elle un brun nostalgique. De cette terre elle s'en était dés sa naissance imprégnée, ne l'avait pas un seul instant quittée. Elle effleura du bout des doigts le nom qu'il venait d'être gravé. J'en prendrais soin, promis.

Elle détacha son regard du présent et sourit gentiment à Nin. Et oui. J'apprends beaucoup d'eux. Bien plus que je ne voudrais certainement l'admettre. C'est eux qui m'ont trouvés. Je les vois aussi souvent que je le peux, tant que j'en ai encore la possibilité. Fauve marqua un profond silence, perdue dans ses pensées. Non, pour l'instant elle ne pouvait se résoudre à l'abandonner.

À quoi ressemble-t-il ? Votre royaume je veux dire.
Reprend-t-elle calmement. Je n'en ai que peu de souvenirs. Et, accessoirement, tu ne sais même pas si c'est de ton fait que tu sois parti.


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Mar 19 Aoû - 21:24
Elle semble se détendre et je souris. Elle est encore jeune, prompte à s'emporter. Je ne déteste pas ça, je suis quelqu'un de très placide par nature et parfois il m'arrive de le regretter un peu. Bien sûr j'ai aussi mes éclats, mes colères, mais j'ai peut-être trop pris l'habitude d'endurer en silence aussi. C'est sûrement pour ça que mes coups de sang sont si violents, je décharge toute la rancœur, la frustration que j'accumule lorsque je me retiens. La petite leçon que je viens de donner à ces hommes me fait du bien, c'est agréable de se décharger de temps en temps.
Ses paroles me font froncer les sourcils. Je sais qu'elle a raison, si ce n'est pas eux d'autres viendront. Toujours plus nombreux. Je ne suis pas comme Inanna qui protège les tribus amazoniennes si chères à son coeur. Je me contente de regarder le désert qui avance vers les terres. On aurait pu penser que le dieu de la Terre n'a qu'un coeur de pierre pourtant. Peut-être est-ce vrai, mais pas pour tout. Certaines choses me touchent plus que d'autres, comme tout le monde.
L'objet que je lui offre semble la faire sourire. Je passe mon temps libre à créer ce genre d'objets. Pas que je m'ennuie, non. Mais je suis malgré tout un peu seul chez moi au milieu du désert de roche qu'est mon royaume.

- L'un de vos passe-temps ?
- En effet, je fais avec un sourire. J'en fais à ne plus savoir où les mettre.

J'émet un petit rire amusé. Au final je ne garde que ceux que je trouve les plus réussis ou ceux que je compte offrir. Les autres je les détruis ou les fait retourner d'où ils viennent. Sa réaction me fait très plaisir. Je n'offre que rarement ce genre de chose excepté aux autres dieux. Mais parfois sur le moment...

- À quoi ressemble-t-il ? Votre royaume je veux dire. Je n'en ai que peu de souvenirs.
- Mon royaume... C'est assez compliqué à décrire. Son aspect dépend beaucoup de mon humeur. En général ça ressemble à un désert de roche ou de sable. Quelques falaises, une rivière et pas mal d'animaux terrestres.

Et au centre mon temple. Ma petite faiblesse caché avec le grand chêne au milieu. Nos royaumes nous représentent vraiment bien, ils montrent ce que nous sommes, c'est pour ça que je laisse peu de personnes y entrer - du moins physiquement.

-Et toi Fauve, tu dois bien avoir une maison ? Un endroit où rentrer ? Même quand on vient de la solitude on peut avoir besoin d'un endroit où se reposer.

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