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La fourchette, cette arme méconnue [Fray]
Emy
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Emy Daniels

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Dim 8 Nov - 17:53
La fourchette, cette arme méconnue.
Fray & Emy


"Sometimes it feels like the world is falling asleep | How do you wake someone up from inside a dream ?"

Merde ça caille ! murmurais-je à mon intention en sortant du centre commercial. J'enfonçai avec précipitation mon bonnet nouvellement acheté sur ma tête, en prenant bien garde à avoir retiré l'étiquette auparavant, pour que, tant qu'à faire, je ne passe pas pour la dernière des imbéciles. Le soleil se couchait doucement derrière le parking et les bâtiment. Sans attendre, je me dirigeais vers l'arrêt de bus le plus proche, deux sacs en mains qui affichaient avec fierté les noms de marques de vêtements.

Sur les vitres de l'arrêt, une femme souriait en présentant comme un miracle une crème anti-ride. Et le bus arriva rapidement. Je grimpai dedans et allai tranquillement m’asseoir. Bon et maintenant ? Je rentrai chez moi ? J'hésitai. Mon esprit divagua un peu. Je n'étais toujours pas entrée à la congrégation, je squattai toujours le même hôtel, et j'allais clairement finir par y perdre tout mon budget, malgré les quelques petits boulots que j'avais pu exercé depuis mon arrivée. J'allais devoir me rendre à ce satané bâtiment une seconde fois... Et trouvé à la fois un logement et un moyen de me faire un peu d'argent.

Ces pensées touchèrent mon moral. Mais peut-être que si je me mettais à l'oeuvre réellement et que je recommençais une vie sur de bonnes bases, je pourrais enfin arrêter de me prendre la tête ainsi... Très bien, Emy, tu vas réunir des informations et aller à cette satanée congrégation. Mon ventre gargouilla. Très bien, allons d'abord manger. Je réfléchis. Je n'avais que moyennement envie de revenir à l'hôtel une fois encore.

C'est ainsi que je descendis à un arrêt différent de mes habitudes. Mes deux sacs en mains, j'arpentai les rues qui s'illuminaient de lumières diverses tandis que la nuit tombait. Un bâtiment m'attira alors. Un restaurant. J’accélérai le pas, et, rendu devant la source de mes convoitises, ouvrit la porte. Un serveur m'accueilli, et je me débrouillai du peu de suédois que j'avais appris pour qu'il me dirige jusqu'à une table.

Les odeurs m’apaisèrent immédiatement et m'ouvrirent encore l’appétit. Je parcourut la carte du restaurant, et ne tarda pas à commander un bon vieux steak-frites. En attendant mon repas, je me pris à observer chaque personnes, comme j'avais fait peu après mon arrivée dans un bar. A cette époque, je déprimais un peu, il fallait l'avouer. Maintenant, j'allais mieux. Même si je n'avais toujours pas répondu à mes parents qui se demandaient définitivement ou je pouvais bien être. Pour cela, j'attendais d'avoir un peu plus fixé ma situation... et d'avoir trouvé une excuse valable. Pas question de leur annoncer "ah oui, au fait, je me suis barrée parce que je peux faire apparaître des animaux et/ou des gens juste en ressentant quelque chose !". Bref.

Le serveur, un jeune brun à l'air un peu incertain, revint finalement vers moi, mon plat dans la main. Je le remerciai et il me sourit, gêné. Puis il glissa sur la table un papier avant de se tourner et de partir presque précipitamment. Je le regardai s'éloigné, étonnée. Puis je retournai le morceau de feuille. Un numéro de téléphone et un nom. Sérieusement ? songeai-je, c'est bien la dernière chose dont j'ai besoin pour le moment. Je soupirai. Je n'avais jamais été le genre à tenter des relations un peu au hasard, pour m'amuser. Étais-je rabat-joie ? Peut-être. Mais e m'en foutais pas mal.

C'est dans cet état d'esprit que j'attaquai mon steak et que j'enfournai dans ma bouche une première fourchette en poussant un soupir de soulagement lorsque mon ventre arrêta finalement de crier famine.

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Emy te parle en teal.

Fray
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Fray Almovitsh

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Mer 11 Nov - 18:56
Spoiler:
 

En quittant la Congrégation ce soir, j'étais décidé à tester le restaurant aux volets bleu. Je l'avais repéré pas loin du quartier des bouquinistes, et après avoir jeté un rapide coup d’œil aux plats proposés, je l'avais ajouté à ma liste mentale des restaurants à essayer à Stockholm. J'ai connu bien des lubies et passions éphémères, mais celle que je porte aux plats de qualité n'a jamais perdu en intensité.
Aussi, quand j'en ai l'occasion, j'explore les restaurants de la région, parfois au petit bonheur la chance, mais toujours avec la même curiosité. Du moins, j'essaie. Parce que si j'étais motivé en partant, je commence à me demander si ça en vaut vraiment la peine.

J'avais prévu de rejoindre le centre-ville en bus, et quelques minutes après avoir quitté la Congrégation, je saluais un chauffeur apathique, qui semblait se moquer de ma personne comme de ses premières chaussettes. En fait, il paraissait n'accorder d'importance qu'à son trajet routinier de chauffeur de bus, et à rien d'autre. Pas même à l'embouteillage monstrueux dans lequel nous nous trouvâmes coincés. Puisque qu'il n'avait pas l'air décidé à faire un détour pour y échapper, en dépit du retard considérablement qu'il accumulait, j'ai abandonné ce bus d'extrémiste de la routine pour continuer à pied.

Bien évidemment, il fallait qu'en marchant, je me retrouve devant la cause des embouteillages. Un braquage de banque. L'enquête semblait en cours car la zone était complètement bloquée par les forces de l'ordre. Sincèrement, le braquage de banque, c'est complètement passé de mode depuis Bonnie et Clyde. D'accord, il y a eu un court revival dans les années 80 grâce à Thelma et Louise. Mais c'était son chant du cygne, maintenant c'est esthétiquement fini le braquage, il faut passer à autre chose !

La zone bloquée ne paraissait pas englober le quartier des bouquinistes, maintenant proche. Malgré mon retard, je pouvais encore y arriver à temps pour avoir une place. Mais parce que les choses ne sont jamais aussi simples que cela, une retraitée du quartier décréta que j'avais l'air suspect et demanda aux policiers de m'interroger.
Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, je sais que je n'ai le physique d'un bibliothécaire inoffensif. Tout de  même, ça n'est pas une raison pour m'infliger une petite heure en compagnie des forces de l'ordre. Je n'ai rien contre eux, mais je préférerais de très loin la compagnie d'un beau plateau de fromages à la leur !
Quand ils se sont rendus compte que, effectivement, je n'avais rien à voir avec cette affaire, ils eurent l'air enchantés à l'idée de remplir avec moi toute leur paperasse administrative pour un témoin qui ne servait strictement à rien.

Dès que je réussi à m'extirper de cette situation, j'ai continué mon chemin jusqu'au restaurant. Cela fait un moment déjà que le soleil est couché et je dois bien avoir plus d'une heure de retard par rapport à l'heure à laquelle je pensais m'y rendre. Je ne suis plus vraiment motivé. Les appels que me lancent mon estomac me pousse à continuer même si je doute fort de trouver une place à cette heure-ci.

La vue des volets peints en bleu interrompt le cours de mes pensées. Quand j'entre dans le restaurant, le doux fumet des plats chauds m'assaillent. C'était vraiment une bonne idée de le mettre sur la liste, je ne pense pas que je vais être déçu !

Malheureusement, mes inquiétudes se sont réalisées et je ne vois pas une seule table de libre. Je fais signe à un serveur qui m'accueille avec une mine sincèrement désolée et m'annonce qu'en effet, il n'y a plus de place. Cependant, je remarque que certaines tables pour quatre, voire six personnes, ne sont pas entièrement occupées. Par exemple, la jeune femme là-bas, avec le plat de viande et de pommes de terre frites. Les trois places autour d'elles sont vacantes, et elle ne semble attendre personne. Pourquoi pas ?

Je rattrape en deux enjambées le serveur qui était déjà reparti en direction des cuisines :

- Excusez-moi, est-ce qu'il y a des places réservées là-bas, au niveau de la jeune femme brune ? Si c'est possible, j'irais lui demander si je peux manger à la même table qu'elle.

Il grimace, puis essaie de se rattraper avec une sorte de sourire commercial pas franchement convaincant. Il s'emmêle un peu dans son explication, ne réussis pas à cacher sa réticence, et mélange plus ou moins habilement éthique du métier de restaurateur et tranquillité des jeunes femmes seules. Le tout n'a aucun sens, mais à la façon dont il jette des coups d’œil à la jeune femme en question, je commence à me demander s'il a peur que j'en profite pour la harceler... J'essaie de le rassurer :

- Je vous promets que je ne la dérangerait pas, et si c'est le cas, je trouverais bien quelqu'un d'autre qui veuille bien partager un bout de table.

Et parce que je ne veux pas l'entendre repartir dans ses arguments stériles et décousus, je n'attends pas sa réponse pour me diriger vers les places vacantes. Du coin de l’œil, je remarque l'expression du serveur... de la jalousie ? Il n'a pas l'air bien net celui-là.

La jeune femme lève la tête en me voyant approcher. Je glisse en arrière mes cheveux pour avoir le visage bien dégagé, j'essaie de garder une expression neutre, et je lui demande doucement :

- Bonsoir. Navré de vous déranger pendant votre repas. Est-ce que cela vous ennuierait si je m'asseyais à la même table que vous ? Je crains que le restaurant ne soit complet, et il semble y avoir suffisamment de place ici pour que je puisse m'installer pour manger sans vous déranger. Qu'en pensez-vous ?

Je pense que ça n'est pas trop mal, assez neutre et aucune bizarrerie à l'horizon. Alea jacta est, comme dirait l'autre imbécile.

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