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 :: Le Monde :: Les Enfers
♦ La descente aux Enfers ♦
Steek
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Lewis Steek

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Dim 8 Nov - 21:38
HRP : Ceci est un RP event. Bien sûr.

Faire une faveur à quelqu'un, c'est s'assurer qu'il sera assez endetté pour faire absolument tout ce que vous lui demanderez. Du chantage, en somme. J'avoue beaucoup aimer ce procédé, plutôt efficace. En revanche, aller demander une faveur à quelqu'un, c'est beaucoup plus compliqué. C'est être conscient qu'il pourra demander ce qu'il voudra en retour. C'est exactement pour ça que je m'arrange toujours pour ne jamais être dans ce genre de situations. Jamais.
« Réveille la ».
Évidemment, jamais sauf là. Il est drôle, vraiment. Je veux bien moi, la réveiller, mais comment ? Même pas un petit indice, rien... Peut-être qu'il n'y a pas besoin d'indice. Il sait très bien comment s'y prendre, moi aussi. Et j'aime pas du tout ça. Non pire, je déteste profondément ça. Car la personne à qui je vais devoir être redevable pour cette tâche serait capable de me demander en échange des choses qui pourraient compromettre le monde, sans qu'il ne se pose aucune question.
J'inspire, doucement, réfléchissant à ma situation. Ne pas lui montrer que je n'ai pas le choix. Même si le simple fait d'aller le voir lui prouvera le contraire. Quelle galère, il a intérêt à me la rendre, celle là. S'pèce d'impropre.
Je remonte mon col, replie les manches de ma chemise bordeaux, ramène mes cheveux en arrière, me frotte les mains. Pas de manteau, ça serait inutile. Armes non plus, normalement ça devrait aller. Bien. D'accord. Mon honneur va prendre un coup affreux, vous savez même pas à quel point. Morfler, comme ils disent les jeunes. Je hais les jeunes.
Je me dirige vers les dortoirs de la Congrégation. Il n'est pas dans sa chambre, le contraire m'aurait étonné. Après tout nous sommes en pleine nuit, il doit encore être dehors. Je laisse les élèves ouvrir grand les yeux à mon passage. Certaines n'ont d'ailleurs jamais vu ma tête tant je ne sors pas souvent de mon bureau, et je crois que certaines personnes se sont assurées de ma réputation, au vu des regards apeurés. Merci Ren, ça m'avait pas manqué tiens...
En faisant demi tour, je me concentre sur l'obscurité, cherche l'endroit où mon pouvoir est le plus faible. Sur le toit du bâtiment administratif. Il va me faire grimper les étages ce salaud, pour la peine, je lui couperai les deux bras. Et un bout de la tête, pour le fun.
Je monte sur le toit, allume une clope, regardant mon interlocuteur de dos. Je dois sérieusement faire ça ? Putain de bordel de Dieux de merde. Je respire. Zeeeeeeen...

- Ren. T'as un peu de temps à m'accorder ?

Il regarde le ciel, faisant mine de m'ignorer. C'est ça, joue ton nostalgique, tu crois que je la vois pas l'aura de ténèbres derrière toi peut-être ? L'obscurité c'est ton domaine, je sais, c'est pas pour ça que t'es obligé de te la péter. Je souffle ma fumée, attendant qu'il me réponde. Il va pas prendre sa vie quand même ?!

- Bon on va la faire courte, je sais que tu m'attendais, sinon tu auras eu 400 raisons de te casser avant. Surtout que je pourrais te coller pour ton absence de l'internat à cette heure.

Il se retourne avec un petit sourire sournois dont il a le secret. Il s'en fous sûrement, comme ces autres heures qu'il ne fera jamais. Dire qu'il faut attendre qu'il fasse nuit pour qu'il ait pas l'air d'un parfait idiot... Quelquefois, je me dis qu'il ferait mieux d'habiter aux pôles, il perdrait moins de temps. Et nous aussi.
Il hausse les épaules.

_ Je me demandais ce que tu foutais là en fait. Tu dors jamais ou quoi ?
- Il y a un temps pour tout.
_ Tu parles comme un vieux.

Je laisse échapper un petit sourire. Que dire ? J'ai lu sa thèse, je sais ce qu'il pense de moi. Ça m'étonnerait pas qu'il connaisse mon âge... Me sortir ça comme ça, c'est de la provocation, pas vrai ?

_ Tu avais un truc à... Me demander ? Attends répète le, juste pour voir ? Non parce que c'est carrément exotique !

Insupportable.

- Je dirais pas « demander ». C'est plus comme un ordre tu vois ?
_ Vous pouvez, vassal, parlez !
- N'abuse pas.
_ D'acc. Alors ?
- Je veux aller aux Enfers.
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Renzo
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Renzo Layne

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Dim 8 Nov - 21:46
Le ciel est beau la nuit ! Parce que y'a grave moins de lumière, y'a des petites loupiotes trop belles dans le ciel et puis je sais pas, l'obscurité, l'air frais ça pète. Pas dans le trip gothique ou je sais pas quel fana des cimetières hein, nan nan, juste le côté repos. Ce serait clairement pas la même si y'avait autant de mouvement la nuit que le jour, mais il se trouve que le dodo, c'est essentiel pour les humains. J'essaye souvent de dormir, peut-être pour pas perdre ce côté humain justement, mais pour tout dire j'ai du mal. En plus à chaque fois je me retrouve chez Ersh et c'est pas vraiment ce que j'appellerais du repos.
La nuit m'appelle, me force à sortir de mes draps. Elle me force à l'écouter, à me calmer, à regarder, à percevoir. A me battre, aussi. Ce côté guerrier m'empêche de dormir ce soir. Agrémenté d'un petit sentiment bien chiant, genre le sentiment que tout va mal tourner. Ça n'y trompe pas d'ailleurs.
Steek débarque sur le toit. Steek, au même endroit que moi je veux dire. Ca faisait un moment que je le suivais (STALKEUR POWER) tant c'est rare qu'il sorte de son bureau en pleine nuit. En plus il me cherche bordel, j'me demande bien ce que j'ai encore fait de mal... Je vais faire semblant de le snober tiens !
Mais évidemment ça marche pas. Il me sort des évidences, je lui sors des conneries. Il a un truc à me demander, sérieusement ?! WOW PUTAIN D'SA MÈRE ! Lewis a un truc à me demander ! Genre il a besoin d'un service, d'un dépannage, d'AIDE ! C'est abusé. Je sens que ça va être énorme.

- Je veux aller aux Enfers.

Je penche la tête. Souris. Hésite entre la perplexité et le rire. Haha. Ce sera le rire je crois... Steek aux Enfers ? Mais brûlez le ce mec. Je suis le gardien des Enfers. Celui censé veiller à ce que personne n'entre ou ne sorte. Il a bu, ou alors sa clope lui monte à la tête. Je descend du rebord de toit où je m'étais perché et me glisse dans l'obscurité, marchant lentement vers lui, comme un lion observe sa future proie (je kiffe cette métaphore les gens, surtout quand je suis le lion).

_ J'appelle ça une demande moi. Ose seulement me l'ordonner.

Il fronce les sourcil, clairement pas content. Bah alors papi, on aime pas quand on est contredit ? Fallait s'y attendre en venant ici avec une demande pareille ! Je laisse encore un temps s'écouler, un peu de suspense ça tuera ses nerfs ça sera drôle vous verrez.

_ La réponse est non. Mais je suppose que ça n'est pas une surprise...

Il ne lâche pas un soupire (même pas drôle quoi !) et se contente de tirer sur sa clope. Est ce qu'il est en train de réfléchir là ? Non parce qu'il devait quand même pas se dire que ça serait si facile ! Ou alors il est quand même plus stupide que je ne le pensais.
Après sa petite pause théâtrale, il reprend.

- Qu'est ce que tu veux en échange ?

Je laisse échapper un rire nerveux.

_ C'est de la corruption de fonctionnaires ça tu sais ?
- Parce que tu es payé peut-être.
_ Bien vu.

Un nouveau silence s'installe. Je suppose que je dois réfléchir à ce que je veux ? Je ne peux pas, c'est juste impossible de le laisser passer. Parce que c'est sûrement pas pour une visite de courtoisie. Je n'ai pas peur de ce qu'il veut faire aux Enfers, mais de ce qu'il peut y faire, vous allez voir que ça va encore me retomber dessus après...

_ C'est toujours non.
- Tu préfère peut-être qu'on se batte ?
_ Essaye toujours, mais tu risques pas d'y arriver comme ça.

La situation semble sans issues, visiblement. Je continue de jouer avec les ténèbres. Je sais qu'il ne renoncera pas, son regard me le dit, il est clairement prêt à se battre. A me l'obliger, peut-être aussi, mais ça il n'y arrivera pas. Pas en pleine nuit et pas plus longtemps que quelques minutes vu notre destination. Je me déplace encore, tournant autour de lui, calmement. Je me demande comment il va me convaincre...
Il prend une grande respiration.

- Donne tes règles, et je te donne ma parole que je les respecterai.

Hm, c'est déjà plus intéressant... Obéissant. Un Lewis obéissant avouez que c'est tentant ! Je commence à réfléchir plus sérieusement à la question. L'emmener là bas ? J'ai pas le droit. Mais j'ai jamais été doué pour respecter les règles.
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Steek
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Lewis Steek

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Dim 8 Nov - 21:51
Il m'agace. Il m'agace à tourner autour du pot. Évidemment que je sais qu'il ne peut pas me laisser entrer, évidemment qu'il va mettre ses conditions, et c'est tout aussi évident qu'il va au final accepté. Si j'en ai douté un instant ? Oui, énormément. Les autres ont beau penser Renzo comme un vrai débile, je sais ce qu'il en est quand on parle des Enfers et arrive facilement à m'imaginer le rôle qu'il y tient, et c'est loin d'être celui d'un parfait crétin.
Sa façon de tourner autour de moi comme un rapace est d'ailleurs sa manière de me le faire comprendre. Voilà qu'il se prend pour un piaf maintenant, si ça n'avait pas un minimum la classe et que ça n'était pas en pleine nuit, je pense que ça m'aurait presque fait rire. Mais obscurité oblige, j'ai autant de mal à suivre ses mouvements dans les ténèbres que si j'étais myope, ce qui rend la conversation difficile. D'autant plus qu'il s'amuse à jouer avec mes nerfs.
Je finis par céder. Je sais que c'est le seul moyen de le faire plier, même s'il me le fait comprendre de manière pas du tout subtile.

- Donne tes règles, et je te donne ma parole que je les respecterai.

A sa tête, je peux dire directement qu'il adore cette situation. Son sourire me le renvoie comme une évidence. Il laisse encore passer une de ses pauses théâtrale. Bah, je peux bien lui laisser ce petit temps de supériorité, c'est pas comme s'il avait l'habitude et qu'il l'aurait encore à l'avenir.

_ J'avoue que ça me tente bien.

Le contraire m'aurait étonné... Il s'assoit dans les airs, pensif et joueur. Comme je déteste cet air là, si vous saviez. S'pèce de bug dégénéré, tu vas voir je vais trouver une manière de te le faire payer.

- Quelles sont les règles, donc ?
_ Je suis obligé de les fixer maintenant ?

Je ne réponds pas, le regard sévère. Il pense vraiment que je vais le laisser faire les règles au fur et à mesure ? Ce serait vraiment me prendre pour une poire. Je ne suis pas une poire.
Il continue à sourire, disparaît, réapparaît derrière moi.

_ Premier commandement. Jure que tu respecteras les règles que je vais t'imposer.

Je laisse échapper un soupir. Quand je vous disais qu'il n'était pas si idiot...

- Je jure que je respecterai les règles que tu vas m'imposer, jusqu'à ce que l'on ressorte des Enfers.
_ Ha zut, j'y ai cru.

Naïf.

_ Deuxième commandement. Ne me donne aucun ordre.

Vraiment malin. Dire que je vais devoir lui faire confiance...

- Je le jure.
_ Troisième commandement. Je veux savoir où on va.
- Et pas pourquoi ?
_ Où suffira.
- Le septième étage.

S'ensuivit un silence étrange. Il fronça les sourcils, disparu un instant dans la brume sombre. Je savais qu'il n'aimerait pas ça. Les étages des Enfers sont gérés par des règles très précises, ils sont tous très différents, et à mon avis Renzo n'a même pas passé le cinquième étage. Pourquoi ? Parce que les deux derniers niveaux ne sont ni pour les vivants, ni pour les morts. La seule personne ayant d'ailleurs accès au dernier étage n'est autre que le Dieu de ce monde.
Ça ne m'étonnerait pas qu'il revienne sur sa parole après cet aveux, même si honnêtement je le pense moins trouillard que ça. Il finit par réapparaître, un air sérieux sur le visage que je ne lui avais encore jamais vu. Il se fend à nouveau d'un sourire.

_ C'est suicidaire, disons le clairement t'es pas net dans ta tête. Mais je vois mal ce qui peut m'arriver de pire que les Enfers.

Il peut t'arriver bien pire. C'est d'ailleurs bien pour ça que je veux aller au septième étage...

_ Quatrième, et dernier, commandement.

Je fronce les sourcils. Seulement quatre ? Je l'aurais imaginé plus rancunier sur les bords, il n'a même pas profité un peu de la situation... Méfiance tout de même.

_ Donne moi ton nom.
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Renzo
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Renzo Layne

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Dim 8 Nov - 21:55
_ Donne moi ton nom.

Si il me répond Lewis Steek je vous jure que je le tue. Je l'emmène en Enfer pour qu'il n'en revienne jamais. J'en suis capable, ne me croyez pas si naïf. Aucun humain censé ne demande à aller au septième étage, aucun humain tout court en fait. Aucun Dieu non plus, d'ailleurs. Cela fait 400 ans que j'observe Steek, que je le regarde changer de nom selon les tendances, que je l'observe lui, ses décisions, ses déplacements étranges, et je pense avoir compris comment il fonctionne. Il ne fonctionne pas du tout comme un humain, mais comme un immortel.
Il n'a jamais vieilli non plus. Lewis Steek a toujours été Lewis Steek. Quand bien même il s'appelait Léandre Lebel, premier Directeur de la Congrégation, ou un autre nom que j'ai pas retenu, il avait déjà sa vieille tête de poireau chiant et sa tronçonneuse à bras.
Alors oui, si il y a bien une chose que je veux savoir, c'est son nom. Même si je le connais déjà, en fait. Tout comme je soupçonne ce qu'il cherche à un étage pareil. Je cherche juste la confirmation à... Une thèse, disons. En fonction de sa réponse, je choisirai si oui ou non je l'emmènerai là bas. Sachant que je risque presque plus gros que lui. Il faut dire que j'en ai fait un max, des coups pendables à Ersh, mais j'ai encore jamais tenté la trahison. Ca va être fun je sens.
Un de ses sourires sadique se dessine sur son visage A peine quelques secondes.

- Marduk.

Sa voix rend les ténèbres nerveux, ils crépitent, entourent un peu plus le toit. Un frisson me parcoure. Il se la pète vraiment, genre vraiment beaucoup. Mais j'avoue que ça fiche un poil la frousse. Je comprends pourquoi les Dieux sont si réticents à l'énerver.
Je  lève un sourcil devant ce petit élan de puissance et je réapparaîs à nouveau derrière lui. Je préfère être dans sn angle mort, question de survie la mort ça me connaît voyez. Je laisse échapper un petit rire.

_ Tu sais que tu es dans tous les bouquins que tu présentes toi même à ces gosses ? Tu prendrais pas un peu la grosse tête avec l'âge ?
- Je pense que tu y figureras aussi dans quelques années.
_ Ho grand Dieux, pas ça par pitié...

Il ne se retourna pas mais son aura en disait assez.
Encore un silence s'installa. Un petit silence de réflexion pour moi, et lui devait sûrement m'entendre penser. Marduk dans la mythologie Sumérienne, c'est le fils d'Enki, celui qui régna sur le Panthéon comme grand maître après les nombreuses conneries d'Enlil, si on poursuit jusqu'aux acadiens et aux babyloniens. Mais vous savez quoi ? Je sais de source sûre que la religions change, évolue, se modifie. Par exemple, Perséphone était déjà morte depuis longtemps avant son apparition dans la religion Grecque. Quant au lien familial qui lie les Dieux, on sait depuis longtemps que ce n'est qu'un lien d'espèce divine, modifiable par eux à leurs souhaits, ils ne s'appellent « frères, sœurs, mères, pères » que parce qu'ils ont eu la flemme de trouver mieux ou d'inventer leur propre terme.
Alors dire que Marduk fut le fils d'Enki, je n'en doute pas, nous sommes tous plus ou moins ses fils puisque c'est lui qui créé notre corps matériel. Qu'il soit en revanche le créateur de son âme, j'ai beaucoup de doutes là dessus. Pire, je pense qu'il s'est grillé tout seul quant à l'identité de son vrai père. Et c'est pas bon.

- Alors ? N'était-ce pas la dernière règle ?
_ Si si holala ! T'es toujours aussi chiant.

J'inspirai et me levais pour de bon. Je fermais les yeux. Houla, avec son aura pourrie, on va pas pouvoir entrer comme ça. Je m'approche sans un bruit, en une seconde, attrape son bras.

_ Je te préviens, tu vas pas aimer.

J'aurai trop kiffé voir sa tête quand je l'ai emporté dans l'ombre, vraiment, ça devait être sa tête des pires jours. Mais je devais me concentrer, les ténèbres infernaux c'est pas ce qu'il y a de plus facile dans le monde des vivants. Et à peine quelques instants plus tard, j'étais glissé dans cette brume du monde des morts, veillant à rester loin de la Porte des Enfers. On ne pouvait pas entrer par là, trop simple et on passerait pas le premier étage. D'ailleurs on passerait même pas la porte si ce que je soupçonnais était vrai.
On se retrouva donc en plein milieu de la Sibérie. Je fermais les yeux, étendis mon pouvoir au milieu de la nuit astrale, qu'il recouvre le sol et une partie des airs. Je tendis la main en avant, simplement, et elle toucha une sorte de vitre invisible. Nouveau sourire. Je suis toujours aussi bon pour ce genre de choses, je pensais que j'aurai perdu en près de 300 ans. Mais non, toujours aussi genius ! Ok j'déconne, tout le mérite est pour Nanna là...
Je toque. Ouais, je tape trois fois à la porte du Royaume de la Nuit. Avant d'attendre qu'on me réponde, je m'agenouille (et pas Steek parce que c'est juste un impoli de sa race, si il fait foirer le truc j'vous jure je l'étrangle. Aucun réflexe de survie ce mec sérieux...)

_ Ô Grand Dieu Nanna, Maître de la Nuit et du Temps, qui porte la lourde charge de lier les Royaumes de la mort et de la vie, je vous prie et vous implore de me laisser entrer, moi Renzo Layne, Emissaire d'Ershkigal, Dieu des Morts, dans votre royaume pour m'entretenir avec vous.

Protocole oblige. Il m'aurait pas ouvert si j'avais sorti un « wesh sa mère laisse moi entrer là ! ». NOPE. J'ai déjà essayé. Et pour une fois, j'ai apprécié le fait de rien sentir. Je montre môsieur de Directeur derrière moi.

_ Ma requête concerne également le Dieu Marduk, heu... Je crois que ce truc non identifié va se présenter tout seul ok ?

Heu ouais, les protocoles c'était pas trop mon truc non plus, même à l'époque où c'était un cours abominablement obligatoire...
Puis avec un bruit sinistre, la porte s'ouvrit.
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Nanna
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Nanna

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Lun 9 Nov - 22:12
Rien. Il n'y a plus rien qui exise ici. Je promène un regard désespéré sur l'horizon infini de mon royaume. Un royaume, ça ? Non, tout juste le champ de ruines qui subsiste de ma vie – si mon existence peut seulement être appelée ainsi. Voilà quelques jours que Geshtinanna, ma bien-aimée, est apparue, voilà quelques jours qu'elle est repartie. Et c'est fini. Je n'ai même plus l'esoir stérile de la voir reparaître un jour. En l'enfermant j'avais très bien su que plus tard, n'importe quand, plus tard, je la reverrai. Et j'espérais que ce moment durerait longtemps. Je ne m'étais jamais autant trompé... Arrivant au beau milieu d'un maëlstrom d'événements elle a vacillé telle une lointaine étoile avant de s'éteindre à jamais. Je l'ai tout juste aperçue, de loin, sans oser enfreindre les restes des Més, sans doute en un respect trop tardif pour la Justice mon frère, qui avait déjà disparu, lui aussi. Que me reste-t-il ? Une tâche sans fin qui m'occupera jusqu'à la fin de ce Monde. L'amour de ma vie s'est terminé en un rien de temps, aussi vite qu'il a commencé, me laissant une fille disparue un instant plus tard. Et mon frère, mon frère de toujours, après m'avoir trahi et haï des millénaires, a fini par disparaître lui aussi. Il ne reste rien. Qui suis-je encore sans eux tous ? Privé de mes deux amours, de ma haine imémoriale, que me reste-t-il ?
Qu'est-ce encore qu'un Dieu ?
Je baisse les yeux sur le nœud irrésoluble qui affecte la longue ligne du Temps. Le Chaos, n'est-ce pas ? Les choses changent, à présent. Nous sommes, je le crois, à un grand tournant... Je soupire tristement. Dur de dire ce que tout cela donnera. Mais je ne devrais sans doute pas penser à ça, il me reste tellement de travail...
Je sens au fond de moi ma puissance diminuer brutalement et lutte pour rester agenouillé sur la poussière fraîche. Finis par m'asseoir. Deux présences beaucoup trop anormales pour avoir leur place ici sont juste à la porte. Renzo. Et Marduk. Oui, ensemble... Les choses changent à une vitesse vertigineuse.
J'écoute comme depuis un autre monde, avec une surprise loitaine, le pompeux discours de Renzo. Que fait-il donc ici ? Avec Marduk ? Pas que j'aie de mauvaises relations avec lui mais je ne pense pas qu'il songe à venir s'imprégner de mon profond désespoir ici. Je soupire encore une fois. Les Enfers. Ce ne peut être que ça. Renzo, introduire Marduk aux Enfers... Ils ne peuvent avoir qu'une destination, j'imagine... les portes du Néant.
Un vague espoir naquit tant bien que mal quelque part en moi. Mais je ne dois pas donner l'impression de les aider... Je ne dois pas comprendre.

Je les attire en mon Royaume, tous les deux, laissant mes yeux vaguer sur leurs attitudes, leurs apparences si profondément contraires.

_ Bonsoir Renzo, Marduk. Vous arrivez malheureusement à un très mauvais moment, je m'apprêtais à descendre chez ce cher Ershkigal pour lui proposer une partie d'échecs... Vous n'avez qu'à m'attendre ici si vous tenez vraiment à me parler. Ce n'est pas comme si cela allait gâcher quelques précieux instants de vos... vies.

J'ai un demi sourire – le premier depuis des semaines, je crois. Quelle bonne idée, des échecs... Cela me distraira sans doute un peu. Avec un regard de biais en direction de mes deux « invités » Je laisse apparaître devant nous une Porte, ouverte sur le premier étage des Enfers.

_A très bientôt, je suppose. Qui sait encore comment le Temps s'écoule...

Je me lève, songeur, et m'engouffre en quelques pas dans la béance divine ouverte à moi. Tout en sachant très bien qu'elle mettra quelques « instants » à se refermer, un instant dans le royaume du Temps pouvant être beaucoup de choses...

Enfin le Monde s'ébranle. Elle me l'avait dit, il y a si longtemps... J'apparais dans l'En-bas non loin du palais d'Ershkigal, sans doute assez loin pour que ceux qui me suivent... Assez loin pour faire une petite promenade. Sans doute cette partie occupera-t-elle le Dieu de la Mort quelques temps aussi. Assez, je l'espère...
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Steek
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Lewis Steek

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Mar 10 Nov - 0:40
Ce fut plus rapide que je ne le pensais, avec Nanna.
Je ne m'attendais pas à ce qu'il montre une réelle opposition, c'est vrai, après tout je m'apprêtais à faire quelque chose qui l'arrangeait et n'importe qui aurait eu conscience de cela. Mais feindre l'ignorance avec une telle facilité, j'en venais à me dire qu'il exagérait un peu. N'avait-il pas des protocoles à respecter ? Pouvait-il vraiment faire entrer n'importe qui comme ça dans son royaume, et surtout laisser grande ouverte de celui des Enfers ?
Après avouons le, avec des Més dans cet état il ne craint plus grand chose, surtout depuis que son frère est parti se dorer la pillule sur son astre... C'est Nanna qui aurait eu besoin de ce genre de soins, entre nous, il est plus pâle qu'une lingette. Bon, l'objectif numéro 1 est atteint, entrer dans le royaume de Nanna pour ne pas avoir à passer la porte principale des Enfers.
Si l'administration n'a pas trop changé et que Ersh n'a pas été obligé de procéder à des réductions de personnel ou à des coupes budgétaires, les 7 portes des 7 étages sont gardées par des portiers, qui ne laissent pas entrer les vivants. La mission de Gardien que s'est vue officiée Renzo est de ne laisser personne sortir, la leur est l'inverse, je suppose que les relations doivent être tendues en bas mais bon, logique infernale que voulez vous.
Il me semble aussi que le premier portier, gardien du premier étage, est le chef des portiers, donc si il m'avait refoulé à l'entrée je n'aurais même pas pu espérer atteindre le deuxième étage, d'où l'intérêt de sauter la première porte en passant par le royaume de Nanna, qui a un accès direct au premier étage. Ca ne m'étonnerait pas que Renzo se soit fritté avec le chef portier aussi, ça expliquerait un grand nombre d'autres choses...
Alors que le royaume de la Nuit s'ouvre sur le premier étage des Enfers, je m'incline devant Nanna. Fayotage, son aide sera toujours la bienvenue dans les 7 étages que j'ai à franchir.

- Merci.

C'est simple, à moitié sincère mais bon. Je n'ai jamais été en mauvais termes avec Nanna, sauf lorsque je le regarde comme le gamin prétentieux qu'il est devenu. Mais je n'appellerais pas ça de la mésentente, juste que je suis plus mature et adulte que lui, rien de bien dur, c'est valable pour à peu près tout le Panthéon.
Avant que je n'ai eu le temps de dire quoi que ce soit d'autre, je me retrouve les pieds dans un sable noir s'étendant à l'infini, légèrement recouvert d'une brume blanchâtre sous un ciel gris clair. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. On ne sent rien, pas même une brise. Pas de paysage à regarder, pas même un mort se baladant, la plénitude à tous les degrés, un désert tellement froid qu'il a perdu ses couleurs. L'image même que je me fais d'une mort chiante.

- C'est... sobre. Je sais que la couleur du deuil c'est le noir mais il pourrait faire un effort...
_ Ha ben voilà ! Au moins je serai plus le seul à lui dire que le camaïeux de gris c'est has been...

Je lève un sourcil, surpris. Surpris que ce cher mort ait encore de telles préoccupations alors qu'il doit passer par ici plusieurs fois par jour. Il doit être encore plus intenable ici, en fin de comptes... Cependant, son petit ricanement me laisse penser qu'il n'a pas l'air de trouver ça si chiant et qu'il est à proprement parler en train de se foutre de moi. Reste à savoir pourquoi.

- Tu n'aurais pas un moyen de nous faire éviter les portiers suivants ? Je ne tiens pas à finir comme Innana, si tu veux tout savoir...
_ De quoi tu parles ? Ha ouiii, de la fois où elle venait conquérir les Enfers et qu'elle s'est retrouvée en cadavre à poil et pendu par les pieds devant les portes du premier ? J'avoue que c'est très tentant, mais on va éviter, ils seraient capable de me faire subir le même sort... Ceux du premier et du deuxième ce sont mes potes mais bon, y'a le chef juste à côté donc ils évitent les conneries, et celui du septième c'est une putain de tornade, j'ai jamais essayé de lui parler mais bon, je crois pas qu'il comprenne de toutes façons, son trip c'est d’assécher les morts... Tu verras quoi.

Je pensais Renzo plus curieux que ça, sachant déjà tout des Enfers, jusqu'au moindre détail, septième étage inclus... Il faut croire qu'il n'avait pas envie de savoir. Mauviette. Ca aurait été tellement plus simple si il avait su.

_ Donc pour répondre à ta question, j'ai un moyen plus rapide. Si ces messieurs voulaient bien me suivre...

Il se retrouva à nouveau enveloppé dans une écharpe de ténèbres, mais cette fois bien plus dense, bien plus froide, qui semblait sortir de son corps même. C'est pour ça que je ne suis pas fan des Enfers : froid, obscur et plein d'emmerdeurs avec des pouvoirs froids et obscurs. Ô joie. On comprend d'un coup pourquoi la vie est en couleurs et la mort en noir et blanc. A travers son voile de ténèbres cependant, il me semble apercevoir une ville colorée, des immeubles, des personnes et même un fleuve, à l'endroit où je ne vois qu'un désert plat. Comme une oasis, l'image disparaît dès que j'ai le malheur de regarder avec mes propres yeux, sans passer par le filtre de ses ténèbres.
Il remarque mon regard surpris et sourit.

_ C'est parce que les vivants savent pas où regarder, man.

J'esquisse un sourire crispé. C'était donc pour ça. Les vivants n'ont pas leur place dans le royaume des morts, mon âme ne fait sûrement qu'effleurer ce monde. Je ne vois que ce qu'un vivant peut voir, Renzo lui voit sûrement les deux. J'ai toujours trouvé les royaumes des Dieux assez mystérieux, celui ci me fait un peu penser aux illusions d'Utu. Mais savoir que je peux traverser un mur ou me retrouver dans un endroit compromettant sans même le voir ou le savoir me perturbe un peu.

- Ça n'est pas physique au moins, je ne peux pas me prendre quelque chose d'invisible en pleine tronche ?

Renzo me regarda avant de ricaner plutôt jaune.

_ J'en sais rien du tout figure toi ! Ça me tenterait bien d'essayer mais il y a un risque pour que ça te tue, et crois moi ça me ferait vraiment plaisir mais on va dire que tu vas juste me suivre gentiment et éviter toutes actions déplacées et on verra bien.
- C'était pas parmi les règles, ça.
_ Ho, j'ai oublié celle qui disait que tu devais m'obéir au pied de la lettre ?!
- Oui, ça m'a étonné d'ailleurs.
_ Merde !

Il avait pas l'air d'être si déçu que ça, en plus. Pour une fois qu'il est sérieux, je vais pas m'en plaindre. Même si ça reste un enfoiré.
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Renzo
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Renzo Layne

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Mer 11 Nov - 10:02
Franchement, je le sens d'ici qu'on va en chier, et pas que des bulles. Un paquet de cendres aussi, sûrement. Non mais sérieusement, c'est quoi cette idée, déjà à la base ça dépasse toutes les conneries que j'ai jamais faîtes ! Si j'avais du y aller seul pas de problème, j'aurai eu des problèmes qu'à partir du cinquième étage, mais avec un vivant... C'est un peu comme une balle à 10 jouée à 2 avec une vraie bombe. Alors qu'il s'extasie devant la différence de vision vivant/mort (j'avoue que c'est plutôt stylé, même si ça sert à rien), je tourne la tête dans tous les sens pour essayer de trouver une idée.
Je les aime bien les portiers, ils m'aiment bien, mais honnêtement j'en connais qu'un seul capable de laisser passer un vivant et c'est celui du second étage (parce qu'il sait qu'on a aucune chance de sortir du troisième). Bon, on va improviser. Je regarde les gens déambuler, à demi conscient de ce qui les entourent. Tout dépend de ce qu'ils ont fait dans leur vie d'avant, certains ne voient personne, d'autres voient des choses sans qu'on sache vraiment déterminer quoi, mais le temps n'a pas vraiment d'emprise sur eux, ils en ont d'ailleurs une conception clairement douteuse. En fait ils ne le ressentent pas du tout et ne l'évaluent pas non plus. On pourrait les comparer à des légumes, mais ils pensent. Enfin je crois. La mort est une existence à part entière, comme la vie, mais elle ne fonctionne juste pas pareil.
Avec un soupir, je me concentre. Un truc qui permet de griller les portiers... Ho. Ho mais quel con, j'en connais qu'un, et il n'y en a qu'un ! J'y ai pas pensé parce qu'il est vivant, mais je crois que je vais pas y échapper cette fois... Je souris jusqu'aux oreilles.

_ Ça y est je sais comment on va faire mon gars, et tu vas pas aimer.
- Ça aurait été dur que ça me plaise, de toutes façons. Par où on va ?
_ Par là ! Je dis en montrant une allée principale que je suis le seul à voir.

Il ne nous faut pas longtemps avant d'arriver au fameux lieu, et pour cause, il est large, désert et noir comme de la bouillie de charbon. D'ailleurs il se meut à la vitesse d'une bouillie de charbon. Et l'odeur est affreusement attirante. Elle l'est moins quand on sait ce que c'est. D'ailleurs vous devriez voir la tête du papi à côté de moi, c'est très marrant ! Il lève un sourcil comme si je venais de l'amener devant une montagne de pudding.

- C'est quoi, ça ?
_ Ben c'est toi ! Je lance d'un air triomphant.
- Tu trouve que je ressemble à cette flaque ?
_ Ha bah carrément ! Alors Lewis je te présente Le Steek, Le Steek, Lewis. Vous pouvez vous serrer la main.

...

- Hilarant. … On ne va tout de même pas...
_ Ho que si.
- Dois-je te rappeler que je suis vivant ?
_ Malheureusement.
- Je ne mettrais pas un pied dans ce-
_ Même un mort serait pas assez fou pour foutre un pied dedans.
- Mais alors pourquoi-
_ Parce que tu vois, intelligence suprême de Ersh, le fleuve s'écoule entre les étages dans le sens de la descente.

Il regarde le fleuve, me regarde moi, l'air de me dire « c'est une putain de blague, c'est ça ?! », et je lui renvoie mon éternel sourire, l'air de lui répondre « Et ben nan, c'est pour ça que c'est drôle ! ».
Il ne soupire même pas, mais je sens que sa main cherche frénétiquement un truc à fumer pour pas partir en dépression. Attention, fumer tue. (oui elle était facile, je vous emmerde)

- On y va pas à la nag-
_ Ça c'est un de mes trucs sur mon programme de conneries monumentales à faire, mais c'est pas pour tout de suite. On prend une barque.
- J'ai l'impression d'être dans-
_ Un remix de Achille en moins viril, ouais moi aussi.
- Arrête de me couper, c'est chiant.

Je scrute l'horizon. Bon sang, comment on fait déjà pour faire apparaître la barque ? Un peu au hasard, je cherche une chaine sur le rivage, mais rien. Vous me dites qu'il y a un passeur ?! Bien sûr, vous foutez pas de moi ça fait plus de deux millénaires qu'il a pris sa retraite, il boudait la fin de l'organisation greco-romaine des Enfers. Non non, ça doit être un nouveau système, un truc plus moderne...
Je mets deux de mes doigts dans ma bouche et siffle. Z'allez voir, je suis sûr et certain que c'est aussi con que ça en vrai. Je recommence l'opération sur le rythme d'un vieux chant funèbre. Je la drague la barque, faut pas croire. Elle semble d'ailleurs apprécier puisqu'elle émerge des flots pour venir se poser sur le rivage. Ni une ni deux (ni trois du coup), je monte à bord et prends ma voix de contrôleur de bord.

_ Chers passagers, bienvenue à bord de Styx Croisière, nous allons vous informer des règles de sécurité !
- Ho pitié, souffla mon interlocuteur grognon.
_ Faites attention à la distance entre le rivage et la barque au départ et à la sortie, ne vous laissez pas attirer par l'eau noire et n'y jetez même pas un regard au risque d'y finir piégé, n'essayez pas d'en sentir l'odeur attirante de plus près, ne la touchez au grand jamais et ne répondez pas aux voix qui vous appellent. Pour finir, ramez et laissez vous guider !
- Il faut ramer ?
_ T'es vraiment le pire des fainéants toi ! (Dixit moi ouais je sais) Non, y'a trop de risques qu'on touche l'eau, on va se laisser porter et au pire, j'utiliserai mon bras comme gouvernail, mais il pourra plus jamais se régénérer après...

Du coup je préfèrerai éviter, bien sûr.

- Juste une question de curiosité, pourquoi ne faut-il pas regarder l'eau ? Si elle est remplie de cadavre à priori ça ne donne pas envie d'y sauter non ?

Je ricane dans ma barbe.

_ A ton avis, quelle eau a été assez puissante pour faire que Narcisse tombe amoureux de son propre reflet ? Et encore, lui c'était de la dilué, alors la vraie je préfère même pas essayer.

Il grimaça encore. On pourrait faire un livre des records de toutes les réactions que je découvre de lui depuis qu'il est ici, dire qu'on s'est côtoyés pendant 380 ans et j'ai même pas remarqué tout ça ! Quoique, ça m'étonnerait pas qu'il en découvre presque autant sur moi que je n'en découvre sur lui. Finalement, je comprends presque les Dieux parfois...
Il monte, je répartis mon poids de façons à ce que la barque quitte le rivage avec difficulté et j'observe le trou noir béant vers lequel nous nous dirigeons, entouré par la ville hétéroclite du premier étage. Je propose pour ne pas perdre de temps d'essayer un système de répartition des poids pour faire virer la barque mais il se révèle assez inefficace face à la densité de l'eau, je décide donc de me remettre à siffler des chants funèbres en espérant que la barque kiffe assez pour m'écouter. Et vous savez quoi, elle a pas du tout aimé le thème du mariage que j'ai glissé entre deux, en même temps il fallait s'y attendre. Quelle capricieuse...
Avec un grincement digne des pires films d'horreur -nan je déconne, y'avait pas un bruit c'était presque encore plus flippant, j'aurais préféré un truc de bloc buster mais non- notre barque récemment dénommée Sophie nous traîne lentement vers le deuxième étage...
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Steek
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Lewis Steek

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Mer 11 Nov - 18:08
Je commence très sérieusement à douter des goûts de notre cher Dieu dark du Panthéon.
Une barque qui réagit quand on lui siffle des chansons funestes ? On se croirait dans un show américain, vous savez de ceux où on ne rit tellement pas qu'il faut rajouter des rires artificiels ? Je n'ose aucun commentaire, il ne faudrait pas que la barque chavire si cet abruti se met à chanter faux. Déjà qu'on se demande comment il peut chanter sans cordes vocales...
Ne pas regarder l'eau du Styx, ne pas écouter les voix des morts, ne pas toucher l'eau... Il faudrait qu'il fasse attention à ne pas me confondre avec lui, je ne suis pas un gamin. Et surtout, je connais assez de mythes et légendes sur les bas fonds de la mort pour ne rien tenter de dangereux et pour boucher mes oreilles à d'éventuelles sirènes. Bien que je ne pense pas qu'une beauté morte soit particulièrement de mon goût, à la base.
Le trou béant de ténèbres nous avale une première fois.
Et pour la première fois, la température baisse de manière insupportable, ce qui me fait presque regretter de vent d'hiver de Stockholm. Pourtant, dès que la « lumière » semble revenir, le paysage n'a plus rien de froid. Et étonnamment, je le vois, sans l'aide des ténèbres de mon acolyte de barque. Une vallée à l'air paisible, dont les formes me rappellent tant de souvenirs. Des maisons sumériennes, des masures plutôt riches d'ailleurs si on se fixe sur l'époque, alignées et qui semblent pleines de vie. Des personnes en sortent, parlent entre elles, crient, se chamaillent, comme un lointain souvenir figé.
Je regarde avec plus d'attention alors qu'une tête grise (tout est gris c'est fou) fait son apparition à la sortie d'une maison, une tête que je semble reconnaître... Mon regard se tourne vers Renzo, son regard également fixé sur cet homme. Et sur sa femme. Son regard nostalgique me ferait presque quelque chose si je n'avais pas été habitué à ça, en quelques sortes.

- Vincent, n'est ce pas ?
_ Vins', ouaip.
- C'était un bon Missionnaire. Utu je crois ?

Renzo tourne vers moi son regard de mérou surpris, à la limite du rire. Je souffle.

- Quoi ? J'essaye d'être compatissant, je te signale.
_ Arrête, ça te va pas.
- Tu vas voir ta sœur, de temps en temps ?
_ Nope. Elle ne peux pas me voir, en fait.
- Au moins elle a l'air d'être heureuse.
_ Pitié arrête, j'ai l'impression d'être avec un être doté d'une âme...
- Bâtard.

Il détourne le regard avec regret. Les gens du temps de sa vie sont là, ils ont l'air si palpables que je pourrais moi même avoir envie d'aller leur parler. C'est étrange. Quelque part, le fait qu'ils traînaient souvent avec Renzo pendant les début de son existence de mort m'a poussé à les connaître un peu plus, à suivre leur parcours avec plus d'attention que je n'en accorde généralement aux élèves. D'une autre part, je ne peux m'empêcher de me dire que ce n'était rien d'autre que des denrées périssables, comme ceux qui les ont précédé et ceux qui ont hérité de leurs dons.
Une bonne génération tout de même, je dois admettre qu'ils ont bien emmerdé leurs Dieux respectifs et ça n'a été que pour me plaire. Je m'aperçois alors que cet abruti de zombie a arrêté de chanter et que nous commençons à aller clairement pas au bon endroit. Je soupire. Faut toujours le ramener à la réalité, celui là. Enfin la mienne, de réalité.

- Dis moi, tu comptes les éviter ces récifs ou tu attends qu'on se les prenne pour aller rejoindre nos chers amis de la berge ?
_ HO PUTAIN ! T'aurais pas pu prévenir avant ?!
- Ta gueule et siffle.

Et il se remet à siffler, l'air pas particulièrement de bonne humeur. Y'a de quoi, je suppose.
Il me mène dans les méandres du Styx qui traversent la vallée. La vallée des Missionnaires, comme un havre de paix... Si je me souviens bien, le prochain étage devrait être... Je jette un coup d'oeil à l'énorme arche en style babylonien qui surplombe le Styx alors que l'horizon s'assombrit et se refroiit encore.
Je ne fais pas de commentaire mais lève un sourcil. J'avais presque oublié à quel point cet abruti de Dieu des Enfers était mégalomane. Certains disent que c'est le sens du spectacle, de la mise en scène... Bien sûr. C'est pour ça qu'il s'est réservé un étage à lui tout seul vous me direz, il faut de la place pour un palais où il sera seul dedans.
L'obscurité revient, le lieu devient encore plus froid et je me mets presque à regretter Stockholm, sauf pour les pestilentielles odeurs d'algues, de sel et de poisson. La progression est rapide, on semble entrer dans des remous qui descendent, et le zombie s'arrête de chanter. A un moment, je cru apercevoir une salle pleine de richesses cachées dans l'ombre mais elle ne resta pas longtemps à mes yeux. Une grimace de mon partenaire m'indique qu'il va recommencer à ouvrir sa grande gueule.

_ Une fois y'a eu une fuite d'eau du Styx dans mes appartements, c'était affreux...
- Tu as des appartements dans le palais de Ersh ? C'est surprenant.
_ Haha, fit-il sans l'envie de rire. C'est un sadique, il sait très bien que je me perds tout le temps là dedans, donc c'est pas comme si c'était vraiment un cadeau, je perds plus de temps à les chercher qu'à m'y reposer. Et quand bien même je m'y reposerait, il m'envoie toujours de quoi bosser...
- Je ne vais pas te plaindre. Tu as toujours tes heures de colles.
_ Merde, j'y ai cru !

Je retiens un soupir. Je ne sais pas depuis quand il arrive à duper Ersh de cette façon mais il est évident qu'il cahe son jeu tout le temps, même quand ça n'est pas necessaire. Perdre ses appartements dans le palais de Ersh ? Ne serait-ce que se perdre dans le palais ? Je n'y crois pas une seconde. Même Dédale en personne n'arriverait pas à tromper l'instinct et la chance de cet abruti. Parce que oui, vous pouvez être sur que la moitié de sa réussite au moins tient de la chance. L'autre vient à 1/10 de son intelligence et le reste semble soutiré de ses nombreuses conneries.
Il recommence d'ailleurs à chanter lorsqu'un peu de luminosité semble revenir, bien que des yeux vivants n'y soient pas adaptés.
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Renzo
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Renzo Layne

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Mer 11 Nov - 19:52
Ce vieux papy bordel, je n'avais pas trop aimé qu'il remette un couche avec mes anciens potes. Les regarder devait sûrement rien lui faire en plus, vous savez un humain de plus ou de moins sur terre qu'est ce qu'il peut en avoir à faire ? Vous devez sûrement le trouver haïssable, mais je vais vous dire une chose, ça n'a pas toujours été comme ça. Il fut une période où... C'était moi qui pensait ça. C'est à cette époque que j'ai pensé qu'il adhérait à ça. Mais non, lui est encore pire, quelque part. Pour Marduk, toutes les vies ne se valent pas. Peut importe qu'un pion tombe. Il s'inquiète en revanche pour les tours, les fous et les cavaliers. Je sais bien qu'il fait ça pour maintenir un monde stable mais je me suis toujours demandé s'il le faisait volontairement. Et à cette question, je n'ai toujours pas la réponse.
Il se fait bien silencieux lorsque nous passons au quatrième étage. Personnellement, je ne regarde même pas, entendre me donne déjà largement assez envie de vomir.  J'ai beau avoir subbit les pires tortures, je n'ai jamais rien senti. Dans ces étages, c'est le contraire. Les plaines du jugement. Les gens emprisonnés là ressentent la douleur dix fois supérieur à ce qu'ils devraient ressentir.
Vous avez différents cursus vous savez, avec ou sans bain de lave, avec ou sans écartellement, et y'a ausse « se faire bouffer par les Créannes de Ersh » en option. Parce que oui, elles ont le droit de remonter jusqu'au 4ème étage, le palais servant de barrière par sa simple forme de labyrinthe.
Je n'ai même pas besoin de tourner la tête pour percevoir l'aura de Baal, le deuxième des 5 généraux. Une Créanne... Mais il n'est pas seul, visiblement Mephisto l'accompagne. Ils portent bien leurs noms vous ne trouvez pas ? Une bonne bande de salopards, en fait. Je vois Steek du coin de l'oeil qui les regarde avec une grimace de dégoût alors que nous passons au cinquième.

- Ceux là j'aimerai pas les croiser en haut...
_ Moi j'aimerai pas les croiser du tout, malheureusement c'est pas le cas.
- Je me suis toujours demandé si tu bossais contre eux ou avec eux.
_ Ça dépend des fois.

Et de leur humeur et du boulot eeeet d'un tas d'autres choses, en fait. Mais surtout de Ersh. A croire qu'il a des tendances sadiques, quand même, je vois pas d'autre explication. Et autant dire que ça réduit considérablement mon efficacité quand je suis en plus obligé de me méfier de mes partenaires de boulot ou, d'un autre point de vue, de travailler avec mes ennemis.
Je préfère changer de sujet pour éviter d'entendre les cris affreux qui viennent du cinquième étage. Non pas que ça me fasse vraiment quelque chose mais n'y étant pas obligés, je préfère ne pas regarder.

_ Et au fait, pourquoi Lewis Steek ?
- Tu penses sérieusement que c'est le moment approprié pour me poser la question ?
_ Je pense que je sais pas si je pourrais te la poser à un autre moment.
- Je pense de mon côté ne pas être obligé de répondre.
_ Je sais que t'étais pas gâté à la base, Marduk c'est pas super tendance mais quand même, t'as eu meilleur goût. Léandre Lebel c'était vraiment pas mal, ho je viens de me rendre compte j'ai eu les mêmes initiales que toi ?! Arg la coïncidence de fou, je sais pas si je dois rire ou vomir !
- Le choix est tout fait pour moi.
_ Non mais sérieux, pourquoi Steek ? A cause de « steak », tu aimes être une pièce de viande ?

Je croise son regard d'assassin. Ha, ça c'est bon signe !

- Lewis pour Lewis Caroll, qui aurait sûrement fait un bien meilleur Missionnaire que toi s'il avait été choisi, et Steek pour Stickman.
_ Alice au pays des merveilles et Stikman ?! Dis moi que t'es pas sérieux ?!
- Il fut un temps où j'avais de l'humour.

Je ne pu m'empêcher de rigoler et la barque vira dangereusement. Non mais les gens. SERIEUX LA, VOUS AVEZ ENTENDU CA ?! Il est pire que moi pour se trouver un nom ça craint un truc de fous ! J'ai tendance à croire qu'il se fout royalement de ma gueule mais l'idée même qu'il ait menti en essayant d'être drôle me donne des envies de rire nerveux.

_ Et tu changes quand ?
- Ce nom n'est effectif que depuis 8 ans, j'ai encore 30 petites années avant de pouvoir en changer, et n'y pense même pas.
_ Ho t'es pas drôle, pourquoi tu veux pas que j'en cherche un pour toi ?
- Parce que j'aurai droit au mieux à du « Nabilla ».

Ha, pas faux j'y avais pensé en plus. Tant pis.

_ Et-
- Siffle ou on va se prendre le cailloux devant.
_ Pff... ♫ ♪

Nous passons donc le cailloux. Et je commence à avoir froid, ironique n'est ce pas ? J'ai froid alors que je suis mort, bienvenue au sixième étage. Plat. Aussi monochrome que le premier. Un véritable désert qui apparaît sous nos yeux alors que l'obscurité est presque palpable temps elle est dense. L'air est comme lourd, chargé d'une odeur de sang, et le silence qui y règne est... Gênant.
Faisant signe à Steek de se taire d'un geste, je fais accoster la barque et nous descendons. Toujours pas un bruit. Le gardien ne doit pas être dans les environs. Je n'ose pourtant pas parler, il a déjà du sentir notre présence et se diriger vers nous. Je serre les dents et me retourne vers mon visiteur improvisé. J'arrive même pas à croire que j'ai réussi à emmener un vivant jusque là. Et honnêtement, même en étant visiblement à moitié divin, je doute qu'il puisse en sortir. Surtout vu l'étage... Vous savez, c'est pas pour rien si je ne suis jamais allé au septième.
J'inspire doucement avant de murmurer.

_ Bienvenue au sixième. Le gardien vers le septième étage est une... Sorte de tornade qui désintègre grain par grain chaque personne passant ici, qu'il soit mort ou vivant. Avec le lot de souffrances habituelles.
- Evidemment.
_ Parle moins fort, s'il te plait ! Sinon on risque de ne pas l'entendre arriver. Le but maintenant c'est de rentrer à l'intérieur, de survivre ou de surmourir avant de... d'entrer par miracle au septième, honnêtement personne ne sait comment on fait à part Ersh.
- Moi je sais. Mais il va falloir que tu reviennes sur une de tes conditions.
_ Celle de donner des ordres, je suppose ? je murmure avec amusement devant sa tête crispée. Je t'ai demandé de ne pas ME donner d'ordre, tu fais ce que tu veux pour le reste. e toutes façons si je t'avais empêché d'en donner tu aurais fini comme un de ces prisonniers, en grain de sable pour le désert.

Il regarda le sol avec une mine écœurée.
De mon côté, je me retourne et commence à quitter un peu la berge, enfin tente, puisque je me prends quelque- hooo. Ho je me disais aussi, que c'était un peu trop facile tout ça.

_ Tiens, coucou Ersh ! Ça va, tranquille la mort ? Dis, tu voudrais pas nous laisser passer on a une course à faire, moi et mon... Ami. Ahem.

Grillés.
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Ershkigal

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Mer 11 Nov - 22:40
J'étais en train de jouer à Pacman. Je sais. Ce jeu est profondément stupide. Mais à ma décharge je m'ennuyais terriblement, n'ayant pas trouvé de victime à mon goût, mes créannes se tenant relativement tranquilles pour une fois et Renzo ayant disparu à la surface de la terre. Logique, vu qu'il se trouvait dans le monde des vivants. Haha.
Je fixais donc mes écrans d'un œil torve, avachi sur mon trône, une manette de jeu à la main me faisant la remarque qu'au fond, ce jeu est plutôt à propos. Bah oui, Pacman poursuit des fantômes. Et nous sommes aux Enfers. Logique.
Je reste tout de même sidéré par le nombre de jeu stupides que l'homme a pu inventer durant les dernières décennies mais si Pacman n'est pas le pire et de loin.

Je jouais donc.
Lorsqu'ils ont pénétré mon Royaume.

Je relevai la tête, laissant mon Pacman se faire manger par un fantôme, trop surpris pour réagir, lâchant presque ma manette de jeu. Cette présence si soudaine, si agressive n'avait rien à faire là. Comment osait-il poser le pied sur mon sol sacré ? Comment osait-il violer ainsi mon royaume, mon antre ?! J'étais hors de moi. Ce petit con de Marduk ! Rien que de l'imaginer fouler ma terre de son être j'en étais révulsé. Je l'aurais réduit en cendre pour son impudence. Oui je l'aurais fait si Renzo ne s'était pas trouvé en sa présence.

Je plisse les yeux, fronçant les sourcils contrarié.
C'est sans nul doute Renzo qui a amené Lewis Steek car il n'aurait pu franchir l'entrée sans aide et apparaître de manière inopinée dans le premier étage encore moins. Lorenzo m'a donc trahi. Au profil de son ennemi ? Dur à croire. Impossible à envisager, peu importe la stupidité de mon Emissaire. Mais peut-être a-t-il été forcé ? Abusé par le pouvoir de Lewis…
Non. Encore une fois impossible.

La colère et le dégoût qui m'ont envahi finissent cependant par laisser place à la curiosité. D'un geste négligent je fais disparaître l'écran et la manette, restant avachi sur mon trône, suivant leur lente progression grâce à mes pouvoirs de perception.

Et Nanna entre dans la salle, soudainement. Son timing étant bien trop parfait pour que ce soit une coïncidence. Il finit par s'arrêter à quelques pas de mon trône.

- Bonsoir Ershkigal.
- Hello ! je réponds d'un ton faussement enjoué.

Il semble mal à l'aise, se grattant la tête.

- J'avais envie d'une petite partie d'échecs. Ça te dit ?
- Je m'attendais pas à te voir… c'est une apparition impromptue !

Un sourire entendu étire ses lèvres et il ne fait plus aucun doute que Nanna n'est pas étranger à l'apparition de Renzo et Steek. Ils seront passés par son royaume… La question est cependant de savoir pourquoi il aurait accepté de les laisser entrer. Il doit y avoir une raison…

- Vraiment ? je pensais que tu sentais tout ce qui entrait dans ton royaume…
- Hum… Tu crois ?
- Il est certain que personne n'entrerait ici sans une bonne raison de le faire, reprend-il.

Un sourire carnassier fleuri alors sur mon visage.
Je continu d'observer la progression des deux intrus. Je pensais qu'ils se seraient stoppés au deuxième étage. Mais non. Ils sont entrés dans le palais et avancent toujours. Et s'ils ne se sont pas arrêtés, alors il n'y a qu'un seul endroit où ils peuvent se rendre. Le septième étage.

Mon cœur se serre, tandis qu'une grande joie mêlée de colère m'enserre la poitrine. Enfin. Mon attente n'a que trop durée. "Je t'attendrais" avait-elle dit. Et effectivement. Elle aura patienté durant de longs millénaires et je ne souhaite qu'une chose : laisser passer Marduk et Lawrence.

- Sans vouloir te vexer ce n'est pas très gai ici. T'as déjà pensé à refaire la déco ?
- Que veux-tu… Ça manque un peu de présence féminine.

Ironie quand tu nous tiens… il est maintenant évident que chacun de nous joue un rôle dans une pièce qui semble avoir été répété et parfaitement orchestrée.

- Ah oui je pensais que tu aurais gardé certaines manies de ta période féminine. Mais bien sûr, tout le monde te préfère en homme, fait-il d'un ton qui se veut mystérieux.
- Bien sûr ! Je suis d'un charme fou auprès des femmes…

Les va et vient des yeux de Nanna entre moi et les écrans présents dans mon dos ne trompent personne. Il craint je ne me soustrais à sa présence, ayant remarqué les intrus. Me croit-il naïf ? Je ne peux ignorer leur présence.

- On dit pourtant que tu n'as pas eu de relation suivie avec une femme depuis de nombreux millénaires, continu-t-il.
- Et bien, les créannes sont certes charmantes mais trop prétentieuses à mon goût.
- Surtout certaines n'est-ce pas ?

Ah, douce Katharina…

- Tu sembles bien préoccupé par ce qui se passe derrière moi.

Il sourit un peu gêné.

- Qu'est-ce que tu veux… La technologie me fascine.

Mais je suis lassé de ce petit jeu. Je ne peux laisser Marduk circuler si impunément. Je ne peux les laisser faire, je ne peux fermer les yeux, peu importe combien je le désire. Mon devoir est de veiller sur le septième étage et je ne peux m'y soustraire.
Mon visage perd alors sa jovialité.

- Ah vraiment ? Je crois pourtant que personne ne dupera personne aujourd'hui.
- Certes, tu es beaucoup trop vigilant pour être trompé. Simplement, cette conversation meuble agréablement le temps si précieux.

Je me tourne légèrement vers les écrans avant de me lever soudainement, me rapprochant de mon ami. La colère peinte sur mon visage n'est qu'à moitié feinte pourtant. Car je hais mon impuissance et je hais Marduk.

- Me prend tu donc pour un imbécile ?
- Non. Je pensais simplement que ta solitude devait être adoucie et j'espérais y contribuer.
- C'est bien noble de ta part d'être venu jusqu'ici. En effet la solitude me pèse. Mais ce n'est pas pour autant que je laisserais entrer des souris dans la tanière du lion.
- Très bien, je ne vais pas te déranger plus longtemps. Va donc accomplir tes devoirs puisque ma compagnie ne te suffit pas ! Je t'attends ici.

Je hoche la tête et disparaît, englouti par les ténèbres.

Lorsque je réapparais devant Renzo, ils ont déjà atteint le sixième étage. Mon Emissaire me rentre dedans et je darde sur lui un regard noir, une aura lourde et oppressante se formant autour de moi.

- Comment osez-vous, je tonne d'une voix d'outre-tombe. Pauvres fous, vous n'auriez jamais dû poser les pieds ici. Non content de me trahir, tu as amené Marduk dans ma demeure ? Comment oses-tu violer mon royaume de ta présence ?!

Je souhaiterais tant les laisser faire. Qu'ils franchissent les portent et pénètrent dans le Néant pour en ramener ce qui m'est si précieux. Mais je ne peux m'opposer à la volonté de An, même dans ce Royaume qui est mien. Je ne peux outrepasser l'ordre donné il y a de cela des millénaires. Alors je crains que leur voyage ne se termine ici.

- Jamais vous n'atteindraient le septième étage.

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Nanna
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Nanna

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Ven 13 Nov - 21:20
"Jamais vous n'atteindrez le septième étage."

Malgré tous ses défauts et ses obligations, je ne peux ôter à Ershkigal son sens de la répartie si bien aiguisé - affûtage auquel je reconnais volontiers avoir grandement contribué, même si Renzo a aussi sa part de mérite. Un beau parleur, vraiment. Je parcours la pièce du regard avec un vague demi-sourire aux lèvres. Qui disparaît presque aussitôt.

Tout est sombre ici, du dallage de pierre au plafond d'onyx, en passant par les interminables colonnes et les fenêtres qui semblent répandre l'obscurité plutôt que la lumière. De lourdes tentures, longues comme l'hiver, parent quelque peu les murs hiératiques, entre les trop nombreux écrans dernier cri me diffusant en direct les ô combien dramatiques événements de la porte du sixième étage. Lorenzo et Marduk, en une improbable alliance, ont déjà réussi à descendre jusque là, témoignant d'une bravoure qui frôlerait la stupidité si leur but n'était pas...

Je détourne mes pensées d'Elle. Ershkigal. Lui m'angoisse un peu trop. Oh, je sais très bien qu'il ne fait qu'accomplir son lourd devoir, et qu'il a déjà plus qu'assez repoussé son rôle en acceptant de livrer avec moi cette conversation futile. J'ai juste réussi à lui faire comprendre ce qui se tramait, ou du moins à le lui confirmer, pour être certain qu'il... qu'il quoi ? Ne donne pas sa pleine mesure dans le combat qui s'engage inexorablement ? Ridicule. Nous savons tous, tous les quatre, qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour les empêcher de descendre plus avant, dusse-t-il pour cela tuer Lorenzo ou Marduk.

C'est qu'ici Marduk n'a plus son pouvoir terrestre. Il n'est plus dans le Monde d'où il tire sa force, et ici dans l'En-bas la Mort est toute-puissante. Mais il y a aussi Lorenzo... Il se fait juste appeler Renzo désormais, trouvant certainement que cela lui confère un air sympathique, mais ce soir plus que jamais il est de nouveau le Lorenzo d'antan - Lorenzaccio, comme on l'appelait, celui dont la simple évocation provoquait différentes grimaces incontrôlables. Je sais qu'il semble très pacifique à présent, rien de plus qu'un gosse impertinent à l'humour un peu morbide, mais il n'en a pas, et de loin, été toujours ainsi. Qu'il est inquiétant de le regarder ressortir des vieux placards sa puissance cachée... Un Humain immortel, de près de 400 ans... Je me demande comment quiconque peut croire qu'il n'est que le bizarre gamin qui embête Lewis Steek.

Et la délivrance de ma fille est entre les mains immortelles de ces deux-là, deux anomalies effrayantes dont le pouvoir suffirait à faire exploser la planète. Je grimace en prenant place dans le trône de pierre sombre d'Ershkigal, anxieux comme jamais. Je scrute avec appréhension les écrans qui me font face, constatant sans étonnement qu'aucun ne semble donner sur le septième étage. Seul un très petit, dans un coin, diffuse l'image désespérément immobile de la septième porte. Derrière il n'y a que le Néant. Il n'y a que le Néant d'où ont surgi Monde et En-bas. Et ce néant, celui que l'on nomme avec une certaine ironie la Mer originelle, ce néant est fait, pour une infime partie, de la merveilleuse essence de Geshtinanna, mon arbre de vie.

Je me demande si Ersh pose parfois son regard sur cet écran, si immobile qu'il pourrait être un tableau, et à quoi il songe alors. Comment il pense à elle, à quoi ont ressemblé leurs heures communes... Je crois qu'il brûle encore de la revoir, après tout ce temps, après avoir changé toute sa vie pour elle, après plus de 5 millénaires.
Je me consume, moi aussi, certes différemment. Ma fille, ma fille adorée, ne m'a jamais paru aussi proche depuis bien longtemps, mais entre elle et moi se dresse à présent mon ami de toujours. Il est strictement impensable qu'il puisse perdre un combat face à Renzo et Marduk dans son propre Royaume, et nous le savons tous. Je ne peux qu'espérer que quelqu'un ait une idée à laquelle il n'ait pas encore pensé, et qui permette aux deux anomalies de passer devant lui. Je l'espère tellement...

Je pose sur mes genoux glacés mes mains tremblant de fébrilité. Comme je voudrais pouvoir faire quelque chose, la plus infime qui soit, pour orienter les événements dans le bon sens ! Tout, plutôt que de rester assis dans le noir, impuissant, à suivre de loin un tournant de l'Histoire. Si Renzo et Marduk perdent, c'est qu'au moins l'un d'entre eux aura perdu ce que faute de mieux j'appellerai la vie. Et jamais Ershkigal n'abandonnera avant d'avoir vaincu... La situation semble insoluble, comment donc désigner le vainqueur d'un combat entre trois immortels ?
Je voudrais descendre avec eux pour les aider, mais malheureusement cela m'est impossible. Oh, ce n'est pas la mort que je crains, mais plutôt la perdition... Des abîmes de désespoir et de folies stagnent, latentes, dans l'atmosphère viciée des étages inférieurs, plongeant les morts dans des états effrayants. Mais pour un être tel que moi, ayant vécu de très nombreux et très longs millénaires dans ce monde cruel, assistant parfois à des horreurs sans nom quand ce n'est pas moi qui les commettait, plongeant jour après jour dans les tréfonds de ma haine brûlante, ne rêvant que d'annihilation dans les heures de mes sommeils agités, oui, pour moi ces abîmes parlent plus qu'à tout autre. Elles m'attirent, tentatrices, et même d'ici je les sens. Je ne peux malheureusement descendre plus bas qu'au palais de la Mort sans me perdre moi-même, et cela, bien que j'aie honte de l'avouer, me terrifie.

Je me renfonce dans le dur trône du maître des lieux, en m'efforçant de respirer profondément et en reprenant la maîtrise de mes membres parcourus de spasmes. Le Temps seulement me dira ce qui doit se passer à présent, mais je sais déjà que tout est sur le point de changer, d'une manière ou d'une autre. J'espère seulement que ce sera la bonne, pour le bien de tous...
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Steek
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Lewis Steek

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Mar 17 Nov - 23:21
Comment osez vous. Quand on commence une phrase comme ça c’est généralement que quelqu’un a attenté à votre honneur ou à votre intégrité. Autant dire que je me fous royalement et de l’honneur et de l’intégrité de notre cher Dieu des Enfers. Quant au « pauvres fous », je suis heureux qu’il nous prenne en pitié mais je me contenterai de son indifférence.
Il se mélange les pinceaux, en plus. Un coup il s’en prend à son cher Missionnaire devenu le plus gros traître du monde, un coup il m’insulte moi… Je jette un coup d’oeil à Renzo et m’aperçois qu’il est plus pâle qu’avant (si c’était encore possible. Imaginez vous que le blanc qui compose son visage soit passé d’opaque à fluorescent et ça vous donnera une bonne idée de la chose). Il fallait pas trahir si ça te foutait la frousse, du con.
Jamais on atteindra le septième étage ? Je lâche un rire un peu hypocrite.

- Arrêtons donc de se mentir, mon cher Ershkigal. Tu sais pourquoi je suis là et je sais l’envie qui te ronge de me laisser passer. Pourquoi ne pas continuer à ignorer ton devoir comme tu l’as fait jusqu’ici ?

Mais étonnamment, celui qui me lance le regard le plus étonné est ce cher Renzo.

_ Jamais tu te la fermes, toi.
- Et toi donc.
_ Non mais si tu veux finir en cendres dis le tout de suite, comme ça je me barre, hein.
- Ho, donc ça ne te dérange pas de trahir mais tu te barres dès qu’il faut se battre ? Tu n’as pas vraiment changé, au final.
_ Ha-ha, merci c’est très gentil, on va dire que je le prends bien. Mais non en fait, je le prends PAS bien.

Je ne prends même pas la peine de regarder cet abruti fini et ses considérations personnelles complètement hors sujets vu la situation actuelle. Mes yeux restent fixés sur Ershkigal, il est la vraie menace ici. Bien que je me méfie d'un retournement de situation de Renzo qui a reculé jusqu'à être derrière moi. Si je lui fais confiance ? Non, pas du tout. Une menace derrière et un traître derrière. Au sixième étage des Enfers. Sans le montrer, j'ai un peu l'impression d'être une souris au milieu d'un piège géant. Comme Inanna lors de sa descente, je suppose.
Je n'ai pas d'amis, ici.

- Bon, c'est pas tout, mais j'ai un truc à faire au septième moi. Tu viens ou pas ?
_ De 1 je suis pas ton chien, de 2 t'es complètement maboule...

Je n'attends pas réellement sa réponse. Je reste juste attentif, savoir si il a l'intention de me tuer. Après tout, m'éliminer à cet étage, il se pourrait bien que tout le monde ferme les yeux. Je comprends d'un coup la couleur pâle de Renzo.
Je fais un pas vers le Dieu des Enfers. Puis deux, le défiant du regard. J'avance. Il me regarde. Dément. Il sourit. Il sait qu'il est le roi ici. Je sens que je ne vais vraiment pas apprécier ce qu'il va se passer. Trop de tension, de noirceur. Et ça l'amuse.

- Crois-tu seulement pouvoir me défier ici bas Marduk ? Tu es vraiment fou si tu crois pouvoir passer. Tes pouvoirs ne sont rien dans mon royaume et ce n'est pas un petit con dans ton genre qui réussira là où bien d'autres avant toi ont échoué.

Sa voix est toujours aussi mielleuse. Un relent de féminité ? La mort a toujours été très attirante. Personnellement, elle me donne envie de vomir. Son regard aux arrières goûts de massacre se pose sur son Missionnaire, qu'il ne se gêne évidemment pas pour insulter.

- Sache que tu es mon chien et que si l'un d'entre vous, si ce n'est pas vous deux, a perdu la raison c'est bien toi.

Contre toute attente, un rire à peine étouffé arrive derrière mon dos et je ne peux m'empêcher de jeter un regard consterné à Renzo. Putain ce débile, tuez le, achevez le une fois pour toute. Ou aidez le à saisir une ambiance.

_ Haha, il t'a traité de "petit con", ça te va tellement bien !
- Et toi donc, sale chien.
_ Petit con !

Il est vraiment irritant. Vraiment.

- Sale chien.

J'avance encore. Je vais bientôt arriver à la hauteur du Dieu, mon attention redouble. Je respire lentement, me prépare. Autant tenter, on ne sait jamais. Même si mon pouvoir doit être considérablement entamé vu l'étage, j'ai encore l'espoir que le pouvoir de la vie arrive jusqu'ici. Pour qu'il réponde, il faut juste y croire. Très fort. Pas facile, quand on s'est enterrés avec des cadavres tout autour. Un dernier regard de défis.

- Je vais passer.

Voilà. C'est annoncé. Je passerai. Quoi qu'il se passe, quoi qu'il arrive je passerai. Maintenant, il va falloir faire attention à l'état dans lequel je passerai, et autant que ça soit vivant. ET quels seront les sacrifices probables. Car il y en aura.
Ersh me regarde et explose littéralement de rire.

- Tu crois vraiment que tu es en position de me donner un ordre ? Ici ? Aux Enfers, dans mon royaume ?

D'un cou, les ténèbres s'intensifient, et se mettent à ramper comme une nappe de brouillard malsaine jusqu'à moi. Ces trucs qui rampent, on dirait une épidémie se faufilant vers des cochons. Elle semble doter d'une vie, mais tellement lente... Les ténèbres, c'est lent. Ça laisse le temps de parler.
Je tente un petit sourire.

- Directement, je n'oserais pas. Mais aurais-tu oublié que nous sommes deux ?

Je n'arrive pas à croire que j'ai dis ça. Faîtes moi oublier ça, de suite.
Mais au contraire, un silence me répond. Un silence, long, qui m'oblige à me retourner. On peut savoir ce que fait cet énergumène ?! Il passe son temps à se vanter et quand je lui fait un compliment il se tait ? Bien sûr ! Je regarde le zombi, l'air perdu dans ses pensées. Il est capable de penser ? Étonnant.

- Renzo, je te prie ?
_ Hein ? Ha oui, deux. Heu non.
- Quoi encore ?
_ Non rien. Content de t'avoir connu moi je me barre, bye bye !

Et il disparaît dans une nappe de ténèbres froids.
Et.il.disparaît.
Mes dents se serrent. Au point que je vais finir par avoir mal au crâne. Je m'attendais à ce qu'il essaye de me tuer ou qu'il essaye de m'aider, pas qu'il... Se barre. Je vais énucléer ce stupide être, je vais touiller ses restes de cervelle par les trous de nez, à l’égyptienne. Je lâche un rire nerveux. Ho oui, je vois bien cette image, ça sera parfait.
Je me retourne vers Ersh, conscient que je viens de me prendre le plus gros vent de l'histoire (quoique je ne pourrais jamais battre Utu).

- Merde. Bon ben on va faire sans. Une chape de lumière de vie m'entoure.

Une lumière revigorante me possède et m'entoure, repoussant un peu les ténèbres. Je ne tiendrais pas longtemps, avec ça, les ténèbres sont partout, ici. C'est comme allumer une bougie au milieu d'une tempête de neige. Et je déteste les bougies. Surtout celles avec des parfums.
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Renzo Layne

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Jeu 19 Nov - 23:36
Faut pas m'en vouloir.
Je sais qu'il va m'en vouloir mais il faut pas, c'est pas de ma faute, si on regarde bien. On avait aucune chance de s'en sortir non ? J'ai pris la bonne décision. OUI, me barrer au moment le plus chaud était une bonne décision, je vous chut ! En même temps, qu'est ce qu'il voulait que je fasse ?! Mon Dieu m'a donné mes pouvoirs il peut tout aussi bien choisir de les reprendre. D'ailleurs je pense que je suis déjà bientôt fini vu la taille de ma trahison... Autant aggraver encore mon cas, c'est pas comme si ça allait changer quelque chose.
Dès qu'on a été arrêtés par Ersh (ok, quand je lui ai lamentablement foncé dedans serait plus correct) j'ai su qu'on y arriverait pas. Je comptais un peu sur l'objectif de notre pseudo mission pour le tenir à distance mais il semblerait que ça ne suffise pas. Il doit être forcé d'exécuter son rôle, sinon ça irait envers une loi quelconque. Enfin non, je sais très bien que ce qui lie Ersh au septième étage est bien plus fort qu'une loi. Parce que Utu s'est barré avec les lois, donc elles ne devraient presque plus avoir d'emprise ici. Par contre, les ordres... Eux, ils peuvent durer, et très, très longtemps.
Il fallait donc trouver autre chose. Et j'ai trouvé. Je vais sûrement être le plus gros bâtard et le plus immonde traître que l'histoire des Missionnaires ait jamais connue, mais vous savez quoi ? Je suis d'accord avec Steek, pour une fois. Je pense que ce qui est là, endormi/caché/enfermé au septième étage des Enfers, ça c'est de la pointure et ça mérite de se réveiller. Avec un peu de chance, ça m'aidera peut-être à régler la faute que je m'apprête à faire et toutes ses probables désastreuses conséquences...
Une nappe de noirceur m'entoure. Je me laisse d'abord glisser dans l'infini de l'épaisseur des ténèbres avant de commencer à me diriger. Je me faufile, je cours, me glisse dans les interstices que je connais maintenant par cœur. J'évite plusieurs fois les eaux sombres du fleuve, prends des chemins détournés pour éviter les protections que Ersh laisse derrière lui pour Sheeva.
Et je sors. Arrêt au quatrième étage demandé, s'il vous plait !
Un bruissement attire mon attention et sans attendre, je me projette sur le côté, roule et me relève sur mes gardes avant d'éviter une deuxième fois la mâchoire géante qui tente de se refermer sur ma tête. Une vague d'obscurité me percute et je laisse mon corps se faire envahir par les ténèbres pour contrer l'attaque suivante. Il n'y a rien. Rien que le noir complet, et une machoire qui essaye de me croquer, comme ça, apparaissant de nulle part et disparaissant dans la brume.
La lueur faible d'une dent m'averti de la prochaine attaque, j'attrape la dent à pleine main et la projette sur le côté. Un grognement se fait entendre alors que les ténèbres refluent.

_ Coucou Sheeva, comment ça va ! Moi écoute très bien, tu as faim un peu non ?
- Immonde être, qu'as tu fais ?!
_ Moi ? Rien du tou-
- Amener un vivant ici, c'est ça que tu appelles rien du tout ?! On se demande qui de toi ou de moi est le plus fiable ici.
_ Certainement pas toi, mais je dois avouer que dans le genre, je ne suis pas mal non plus. On peut parler ?

Ses yeux apparaissent, ainsi que son pelage et sa carrure. Les gens, le gros chat qui peut aussi se transformer en médecin psychopathe à ses heures perdues, c'est Sheeva. Sheeva, les gens. Un peu comme le Cheshire, en plus gros, plus flippant et moins sympa. Comme toute Créanne Ancienne, il a la capacité très particulière d'avoir une troisième forme. Troisième forme qui peut être absolument n'importe quoi. Et pour ceux qui se demandaient pourquoi Sheeva est à la fois la Créanne la plus dangereuse que je connaisse et le deuxième bras droit de Ersh, c'est parce que... Sa troisième forme n'est autre que les ténèbres, eux mêmes. Comme moi, en somme. C'est aussi pour ça que je le hais autant.
Il se redresse, je fais de même. Il me menace toujours, je me permets donc de lui lancer un avertissement du regard, laissant tout mon pouvoir m'entourer et devenir aussi froid et repoussant que possible. Haine cordiale envers son collègue de bureau, fait.

- Qu'est ce que tu veux ? crache t-il.
_ Appelle les autres, j'ai un truc à vous proposer.
- On ne traite pas avec toi, Layne. On est pas assez stupides pour ça, pas comme cet abruti de Marduk.
_ En l’occurrence, dans le marché que je compte vous proposer je n'ai rien à y gagner.
- Menteur !

Sa voix sifflante résonne dans tout l'étage alors qu'il se déplace lentement en tournant autour de moi. Ouais ok, j'ai menti. Mais bon, c'est pas comme si c'était dans MON intérêt hein. Mon regard se fait plus dur. Steek ne va pas tenir une éternité, là dessous.

_ Appelle les autres.

Il soutient mon regard. Et ne bouge pas. Je sens leurs auras arriver. Je sais qu'il les a appelé. Un petit sourire cynique traverse mes lèvres.

_ Bien, gros matou, tu veux des guilis aussi ?

Sa mâchoire énorme tente à nouveau de se refermer sur moi mais j'esquive de justesse, juste avant de devoir esquiver une autre rangée de dents de taille humaine cette fois, le bras d'un robot, la gueule d'un dragon et les crocs acérés d'une mante-religieuse. Bon, je crois qu'ils sont tous là.
Eeeeeet voilà qu'ils balancent des insultent dans tous les sens, en sifflant leur mécontentement et blablabla... Je leur envoie une impulsion à base de ténèbres pour les calmer.

_ Silence.
- Silence toi même Layne, s'insurge le robot. Je vais te bousiller ta petite gueule de con cette fois, espèce de fils de pute comment tu oses montrer ton visage ici et mainten-
- Belial, nous aurons le temps pour ça, plus tard. Le jeune Layne a un marché à nous proposer.
_ Je te dirais pas merci Sheeva, mais merci.
- Ne te réjouis pas trop vite, j'attends juste le moment idéal pour te mettre en charpie.

J'inspire doucement. Bon et ben. C'est parti. Je respire lentement, grandement, pour me calmer. Allez Renzo. Allez. Tu PEUX le faire. C'est contraire à tout ce que tu as fait pendant toutes ces années, ils vont probablement t'ôter la vie mais tant pis. Allez.
Je leur tourne le dos. Me dirige vers la porte. D'un geste vif, je me transporte vers l'autre côté de celle ci, exécute le gardien. D'une lame entre les deux yeux. Ho vous en faîtes pas, il est déjà mort, et depuis un moment en plus. Il fait que me remplacer quand je suis pas aux Enfers, en plus, c'est mon rôle normalement, Gardien de la 4ème Porte. Je la regarde, sa grandeur, sa majesté. Puis je l'ouvre.
Je me retrouve en face des 5 généraux des Enfers, les 5 Créannes les plus dangereuses que Ersh a pu créer tout au long de sa vie divine. Sheeva, Baal, Belial, Lucifer et Mephisto. Je les regarde. Je les vois sourire. Je ne souris pas.

_ Si mesdames et messieurs qui souhaitent sortir me suivent, je vais les aider à ne pas se perdre dans le palais de Sa Majesté.

Je serre les dents lorsque je sens comme un pic me traverser. J'arrive pas à croire ce que je suis en train de faire. C'est presque par automatisme qu'ils me suivent, que j'emprunte les chemins du labyrinthe de Dédale pour les mener... Au second. Lorsque la paisible vallée apparaît, ils me passent devant et me dépassent sans même me jeter un regard.
Quant à moi, je me sens vidé. Il n'y a pas de plus grosse trahison pour un gardien que de laisser sortir ses prisonniers. J'essaye de ne rien dire, de ne rien faire. Je disparais.
Retour au septième.
Il fallait au moins ça pour retenir l'attention de Ersh ailleurs.
Au moins.
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Ershkigal

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Mer 25 Nov - 22:56
C'est avec un regard froid et un visage inexpressif que je regarde Renzo disparaître, englouti par les ténèbres. Je ne bouge cependant pas, préférant focaliser mon attention sur le véritable danger : Marduk. Je m'occuperais de Lawrence plus tard même s'il a raison d'avoir peur. Il devrait pisser dans son froc car il n'a pas la moindre idée de ce que je vais lui faire subir. Il va apprendre qu'on ne trahit pas impunément son Dieu !

Un rictus sadique apparaît sur mon visage en même temps que la cape de lumière de Steek. C'est une bonne idée je le lui accorde, mais ce n'est pas suffisant. Il va devoir faire mieux que ça s'il veut survivre au fin fond du tréfonds des Enfers.

Sans prévenir je me jette sur mon adversaire, une immense faux faite d'os et des ténèbres eux-mêmes dans les mains. Au départ il se contente d'esquiver mes attaques mais cède rapidement du terrain. Il finit par faire apparaître des lames et nous nous battons ainsi durant plusieurs longues minutes. Il n'en a certes pas l'air, mais Marduk est un bon combattant. Très bon même. Chose que je ne lui concéderais certes pas… Et de toute façon il est clairement moins bon que moi.
Je m'amuse donc à apparaître et disparaître soudainement pendant qu'il tente avec grand mal de me repousser, sa lumière salvatrice diminuant drastiquement. C'était une erreur de venir ici, il le sait et il commence enfin à comprendre l'ampleur de son acte. Il ne l'avouera jamais car il est bien trop fier mais je peux sentir la peur qui émane de lui, l'impuissance qu'il ressent face à mon pouvoir.

Et le combat continue. Lewis, tentant de manière ridicule de passer et moi l'en empêchant. Je jubile de le voir presque à ma merci car s'il y a bien quelqu'un que je hais c'est cet homme ou plutôt créature. Ce n'est en rien un Homme bien qu'il tâche de le prétendre.
Et pourtant. Pourtant chaque coup que je porte est une blessure profonde à mon âme. Chaque fois que ma lame rencontre les siennes, je sens ma bien aimée s'éloigner un peu plus. Alors je maudis An, je maudis mon opposé pour m'avoir infligé de tels tourments, pour m'avoir fait gardien de la septième porte. Je maudis Lewis Steek pour se tenir là où je voudrais être depuis des millénaires.

Soudain une faille se fait dans la garde de mon adversaire et je m'y engouffre sans hésitation. Je lève ma faux et l'abat d'un seul…
Je me stoppe, ma lame à quelques millimètres de Marduk.
Je mets quelques instants à réaliser, à comprendre ce qui vient de se passer. Je l'ai senti. A l'instant même, quelqu'un a ouvert la porte du quatrième étage et je les ai sentis s'y engouffrer sans aucune hésitation, pénétrant le territoire qui leur ai interdit. Pénétrant dans mon palais.

Je me recule, faisant disparaître ma faux, le visage plus pâle que d'ordinaire. Il n'a pas… Si. Si. Il a osé. Renzo a bafoué le plus fondamental de ses devoirs. Il a trahit le tout premier commandement que je lui ai donné : il a ouvert la porte du quatrième étage et a laissé passer les Créannes, leur permettant de se déverser sur les étages supérieurs.
Elles atteignent rapidement la porte du troisième étage et Renzo réapparaît devant nous.

Mon visage se déforme de colère et une immense vague de ténèbres se déverse sur eux les envoyant bouler une dizaine de mètres plus loin. Je n'ai pas aussi furieux contre quelqu'un depuis longtemps et la colère qui émane de moi est bien ancienne.

- COMMENT OSES-TU ?!

Ma voix résonne dans tout l'étage, faisant vibrer l'air, assourdissante.

- TRAHIR TON DEVOIR LE PLUS FONDAMENTAL ! FAILLIR AINSI A TA TÂCHE DE GARDIEN ! TU N'EST QU'UNE HONTE !

Oh certes il vient de nous donner à tous l'opportunité parfaite. Mais il n'a pas idée de ce qu'il vient de faire. Relâcher mes Créannes va mener au chaos. Elles vont tout saccager sur leur passage, tuer chaque missionnaire qu'elles rencontreront.
Le regard que je pose ensuite sur mon missionnaire lui promet mille années de souffrances et des tourments qu'il ne pourrait imaginer. Sans doute ne pourrait-il y lire que mépris et dégoût.

- Tu souffriras pour ta traîtrise, Lawrence Layne, de ça tu peux en être sûr, je profère en sumérien. Sache que les tourments des champs du châtiment ne sont rien en comparaison à ce que tu subiras.

J'en fait sans doute un peu trop… Haha… Moi et le mélodramatique… Mais c'est tellement drôle de le voir suinter la peur !

Un dernier regard froid à Marduk, puis je disparais, colère et espoir étreignant douloureusement mon cœur. Lewis et Renzo ont fort intérêt à se dépêcher car je suis las d'attendre le retour de Geshtinanna. Las de plus pouvoir sentir sa présence près de moi, de ne plus pouvoir toucher mon amour.

Tandis que je glisse entre les ombres, je songe que mon royaume s'est définitivement transformé en passoire, laissant entrer et sortir n'importe qui.

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Steek
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Lewis Steek

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Dim 29 Nov - 0:58
Comment voulez vous que cette lumière, aussi existante soit-elle, me permette de résister à un Dieu aussi casse pied ?
Aucune chance, malheureusement, je suis trop loin de chez moi, trop affaibli. Trop impuissant. Alors je résiste comme je peux, même si je vois qu'il s'amuse avec moi. Et ma seule "aide" a foutu le camp, très très pratique.
J'essaye d'esquiver, mais mes mouvements sont entravés par l'obscurité, par le froid. Ils ne frappent pas au bon endroit. Bâtards d'Enfers, va. Je hais tout ici, tout ce lieu sans "vie", ce lieu sans rien qu'une pâle copie de ce qu'An a créé en haut. Je hais le Dieu qui gouverne ce monde inerte et incapable de procréer.
Je serre les dents, fait apparaître une lame de lumière en lui en donnant l'ordre, discrètement. Tente quelques coups en les ordonnant, mais honnêtement, en les murmurant dans ma barbe ainsi en plein milieu du monde des morts ils n'ont même pas le dixième de leur efficacité. C'est déprimant et passablement pitoyable.
Tandis que je croise le fer avec Ershkigal, j'essaye d'économiser des forces pour la suite. Inutile ? Sûrement, mais je sais que j'arriverai à passer. J'essaye de le forcer à me tourner autour pour me retrouver du bon côté, mais il est intelligent, il ne se laisse pas prendre et décide finalement d'achever le combat en élevant sa faux. Je m'attends à recevoir le coup, un peu curieux de ce qu'il se passera ensuite, je l'avoue.
Mais elle se stoppe à quelques millimètres de ma gorge.
Et c'est ce moment que Renzo choisit pour refaire son apparition, me laissant admirer pour la première fois depuis très longtemps la face furieuse de Ersh. Mais vraiment furieuse, à un point que c'en est presque écœurant, comment un Dieu peut-il s'abaisser à faire une tête pareille ? Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Renzo non plus ne sourit pas. Il se tait et regarde la scène avec gravité, sans bouger, me tournant le dos. Puis son Dieu disparaît. Et il reste là, sans bouger, encore quelques instants.
Hautement perturbant, autant vous dire que je n'aime pas qu'il me tourne le dos.

- Je ne te remercie pas.

Pour m'avoir lâchement abandonné, inutile de préciser. Connaissant Renzo comme je l'ai connu, croyez moi ça n'était pas sûr qu'il revienne. D'ailleurs je ne comptais pas là dessus.

_ Tu devrais, me réplique t-il sèchement.

Je fronce les sourcils. Sèchement ? Ho, on dirait que lui aussi est en colère. Pas bon signe. Certes, la colère de son Dieu ne l'était pas non plus, mais il ne me semble pas que ça soit communicatif.

- Inutile de te demander ce que tu as fait, je suppose.
_ En effet, ce serait une belle perte de temps.

J'ai déjà ma petite idée là dessus ne t'en fais pas, Ersh a été plutôt explicite. Ce qui m'inquiète plus, c'est qu'il ait perdu son humour. Parce que Renzo sans son humour, c'est le Renzo que je déteste le plus. Non pas que je l'aime quand il en fait, ça le rend complètement pitoyable, mais quand il n'en fait plus il n'est rien de plus qu'un danger pour tout ce qui a le malheur de se trouver autour. Et je ne voudrai pas soit faire parti des dommages collatéraux, soit d'avoir à me battre contre lui alors que j'ai réussi à éviter le combat contre Ersh.
Il commence à avancer, je le suis, presque par résiliation.

- En tous cas bravo, je ne l'ai jamais vu aussi en colère, il était presque carrément flippant... Tu sais te faire détester.
_ Content que ça plaise au roi des connards.
- De nous deux ça a toujours été toi le plus gros connard, je te rappelle.
_ Marduk, ta gueule.

Ok, il y a clairement un truc qui ne va pas. Et je refuse de lui faire confiance dans cet état.

- Ho mais c'est que j'ai irrité Môsieur Layne, je mériterai une médaille moi auss-

Sans que je n'ai le temps de finir ma phrase, il se retourne et sa main vient se poser sur mon coup, ne se faisant pas prier pour mettre un bon coup de pression. Bordel, j'en étais sûr.

_ Ok je vais être clair, monsieur de demi dieu de mon cul. J'avais le droit de te laisser pourrir ici et j'ai toujours le droit de faire sauter ta tête, quand je veux, ça serait même plutôt bien accueilli, alors si j'étais toi j'essayerai de rester en vie. Et ça n'appelle aucune réponse de ta part. Maintenant si tu veux aller dans ce foutu étage, tu me suis ou je te décapite, c'est clair ?

Un rictus crispé me prend alors qu'il serre encore. Je me suis laissé surprendre. Je ne dis pas que je n'ai pas les moyens de me libérer de son emprise, loin de là, seulement ça n'arrangera rien. De plus, je ne peux lui donner aucun ordre, je vous avais dit qu'il était malin. Je le regarde dans les yeux. Espérons que ce vieux truc marche toujours, sinon je peux dire adieux à mon septième étage pour de bon.

- "La vie est si fragile", n'est ce pas ?

Il me relâche et j'en profite pour remettre mon col en place. Le style ça compte. "La vie est si fragile". C'est une de ces phrases. La deuxième fois que je l'ai entendu dire ça, je lui ai arraché la tête et je l'ai mise dans un bocal d'alcool.

- Renzo, tes yeux sont noirs.

Complètement noirs. Sans pupille n'est plus qu'un point blanc minuscule, très flippant. Et je déteste ces yeux, je déteste tout son être de toute manière. Mais ces yeux qu'il prenait pour défouler son humeur sur des personnes sans raison, oui je les hais profondément. Les humains ne sont pas faits pour être immortels.
Il chasse la remarque de la main.

_ Sans blague.
- Mauvaise réponse, je coupe d'un ton cassant. Tu n'as pas relevé que c'était un charmant parallèle avec une technique de drague.

Ses yeux s'agrandissent et retrouvent un peu de leur clarté.

_ Tu essayes de me draguer ?! Ça peut être considéré comme de la pédophilie ?
- A part le fait qu'il faut vraiment que tu élargissent ton répertoire, c'est bon, on peut y aller.

Il bougonne dans sa barbe un instant comme quoi "son répertoire est très bien" et se retourne pour marcher, prudent, vers le gardien du septième étage.
Vous n'avez pas compris ? Vous connaissez ceux qui utilisent l'humour comme mécanisme de défense ? Et bien voilà. Sauf que ce code pourri c'est lui qui l'a inventé et qu'il m'en plus demandé de le mémoriser. Je pensais clairement pas qu'une de ses inventions pourrait s'avérer utile un jour. Un code pour qu'il reprenne ses esprits... Je ne connais pas plus narcissique que ce gamin.

~*~

Le gardien du septième, c'était l'Enfer.
Très drôle l'expression, je sais. Mais je n'avais jamais vécu quelque chose d'aussi horrible, même en étant moi même à moitié divin. Malgré la protection de ténèbres dont nous entourait Renzo, et celle de lumière que j'avais créé de mon côté et qui s'émiettait à vue d’œil, j'avais l'impression que mes tympans explosaient sous la pression des voix stridentes qui nous harcelaient. Mon corps était déchiré de toutes parts par des jets de sable fin qui pénétrait nos peaux au plus profond. C'était comme être siphonné au sable de l'intérieur, tout brûlait de froid, on ne voyait rien, on entendait rien. Et ça n'en finissait pas.
Je n'arrivais même plus à savoir quand nous nous étions retrouvés entourés de sable, je ne savais plus ce qu'on cherchait, j'avais du mal à supporter ne serait-ce que 3 secondes de ce calvaire et le temps semblait s'écouler tellement plus lentement... Renzo serrait mon poignet comme un bourrin pour être sûr de ne pas le lâcher à cause d'une bourrasque trop violente qui nous aurait tué tous les deux, mais la pression qu'il exerçait sur mon bras n'était rien face au reste. En réalité je n'avais qu'une hantise, que son corps de zombi mal recomposé parte en miette d'un instant à l'autre.
Mais il teint bon. Et je ne pu communiquer avec lui à aucun moment, comme il ne le fit pas. D'un coup, je sentis ma main se faire aspirer vers le bas, vers le sol, m'enfoncer dans le sable. Shit, des sables mouvants, on avait bien besoin de ça. Sans vraiment avoir le temps de comprendre, c'est la main de Renzo qui me précipite dans le sable et...

Plus de bruit. Plus aucun bruit, en fait. Plus de douleur, plus de vent, plus de lumière. J'ouvre les yeux, me débarrassant du sable qui a incrusté mon visage. Encore un costume de foutu, génial. Renzo tient toujours mon bras mais je ne le vois pas.

- Lumière.

Un ordre puissant, à la base. Qui n'a pour effet ici que de me procurer la lueur d'une bougie lilliputienne. Très chic, merci. Enfin, ça ne m'avance pas. J'aperçois Renzo dans ses vagues contours, nous avons l'air... Flottants, au milieu de pas grand chose. Nous descendons lentement, en silence, jusqu'à toucher un "sol" aussi sombre que le reste mais avec un semblant de matérialité.
Nous avançons lentement. Un pas après l'autre. Jusqu'à ce qu'apparemment une marche nous fasse face. Une marche ? Non, sur cette marche qui semble infinie, une eau plus noire, plus dense, plus lente que celle du Styx s'étend à l'infinie. Je regarde, une respiration sereine.
Renzo finit par me lâcher (laissant une marche assez sympathique sur mon bras, je te la revaudrai), et à observer ce qui retient mon attention. Et qui devrait aussi retenir la sienne.

_ Bon ben voilà, on est au septième. Là aussi y'a clairement un problème de décoration, non ? Bon, je te laisse faire ce que tu veux avec la soupe géante moi j'avance pas plus.
- Ce que tu appelles la "soupe" n'est autre que la Mer Originelle, Renzo. Lis et instruit toi, de temps en temps.
_ Ha, le début et la fin du monde ? Je pensais qu'elle se trouvait en dessous du temple d'Enki...
- Oui aussi, c'est son point d'accès dans le monde vivant. Mais elle es partout, tu sais.
_ Et, je dis ça comme ça hein, mais ça aurait pas été plus simple de passer par chez Enki ?!
- Et nager dedans jusqu'ici ? Bien sûr, essaye donc, on en reparlera quand tu auras poser ton pied dedans et qu'il retournera à ses origines, c'est à dire à cette soupe.

Il me lance un regard résigné et hausse les épaules. Il a pigé, bien.

_ Donc tu es venu récupérer quelque chose en ce point particulier de la Mer, alors que la Mer est omnisciente et présente en plusieurs points et que rien d'autre de matériel ne peux exister en son sein qu'elle même ?
- Tu as toujours des formulations aussi inutilement compliquées mais dans le principe, c'est ça. Et si rien de matériel ne peut exister d'autre qu'elle même en son sein, ça veut pas dire qu'on ne peux rien en sortir.
_ Tu m'as perdu.
- Je t'ai perdu dès qu'on s'est mis à parler de la Mer Originelle.

Je m'approche du bord de la marche. Ou devrais-je dire du quai, du coup. Je fais tourner ma petite lumière dansante sur le pseudo sol, à la recherche de... Bingo, un reflet. Un simple reflet. Je saisis la petite chaînette en or posée sur le bord dont le bout trempe dans l'eau. Je la tire, doucement, lentement, alors que je la sens frémir entre mes doigts, opposant une résistance. J'ai un peu l'impression d'être un pêcheur en train de remonter un gros poisson, c'est plutôt déstabilisant, quelque part.
Je continue à tirer doucement sur la petite chaîne, pas plus épaisse qu'un fil de nylon, avant de commencer à parler. A ordonner. A prier. Il faudra au moins ça.

- Par le pouvoir de l'âme de mon Créateur qui m'a été conféré, je te prie ô Nammu, Déesse des Origines des Mondes des Vivants et des Morts, de me rendre le présent que nous t'avions offert en condamnation pour ses pêchés.

La chaîne continue à glisser entre mes doigts et à venir s'amasser sur le quai.

- Par le pouvoir du Verbe conféré par l'âme de mon Créateur, je t'ordonne, fille de Nanna et de Nintu, déesse des rêves et traîtresse de son Père, à toi j'ordonne de séparer ton corps et ton esprit de la Mer Originelle à laquelle tu étais retournée et de reprendre ton apparence au moment de ton enfermement.

Au bout de la chaîne, une main semble s'extirper lentement et difficilement de la Mer. Puis un bras encore difforme, puis une tête, un buste, et lentement c'est un corps qui se retrouve sur le quai, enroulé dans la chaîne de son sceau. Une chaîne si fine...
J'attends quelques instants encore que le corps soit unifié dans ses courbes, sentant derrière moi le regard de Renzo l'air pas plus étonné que ça. Je souffle et respire lentement. Ce n'est que mon deuxième ordre et pourtant, ça n'a jamais été aussi dur. J'espère que le dernier ne m'achèvera pas. Ça serait con, comme ils diraient, au Panthéon.
J'inspire lentement, la chaîne toujours en main, le corps sans vie, sans couleurs, à mes pieds.

- Par ma voix, celle de An, Créateur du monde et des Dieux de son Panthéon, j'estime le châtiment de Geshtinanna arrivé à son terme et proclame son réveil et sa libération du monde souterrain.
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Geshtinanna
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Lloyd
Sam 12 Déc - 0:06
On dit qu'on ne prend conscience de la valeur des choses que lorsqu'on les perd. Maintes fois, j'ai pu le vérifier, perdant successivement tout ce qui m'a jamais été cher, le retrouvant le temps d'un battements de cils avant de le perdre à nouveau. On dit aussi que l'espoir est la plus cruelle des émotions humaines, mais je ne le pense pas, et de toute façons je ne rentre pas vraiment dans ceux que l'on nomme humains. Difficile donc de dire, à présent, ce qui m'arrive.
Il y a quelques instants, ou peut-être est-ce une éternité je n'étais qu'une. Une, je le sens confusément en moi, une avec la Mer, de telle manière que je m'étais complètement transcendée moi-même, qu'il n'y avait plus... qu'une immense conscience, commune. Ensuite, j'ai eu très mal, de cette douleur aiguë qui me submerge lors des pertes. Oh... qu'y avait-il, déjà, avant cette douleur ? Je me trouve soudain incapable de m'en souvenir. Y a-t-il eu un avant ?  Je dois le retrouver, c'était, il me semble, incroyablement fort. Ah, oui... J'ai fait mes adieux à Ershkigal, à Marduk, à Père et à tous. Oui, c'est cela. J'ai dit à Marduk cette phrase... "Aie confiance", autant pour lui que pour moi, ou que pour le Marduk de plusieurs millénaires après. Puis je leur ai dit à tous de m'attendre... Qu'un jour prochain je reviendrai. Je n'ai dit à personne quand, ni comment c'est, leur futur, ni ce que j'y ai fait et encore moins ce que j'y ai vu. J'ai juste confirmé d'être allée dans leur futur. Je suis la seule à savoir ce qui sera et c'est aussi bien ainsi, peut-être Utu seulement sait-il comment les choses tourneront, ce qui expliquerait son étrange tristesse de ces derniers temps.

Ces derniers temps.
Ces derniers temps.
Ces... derniers temps.

Quand suis-je ? Je... n'en ai aucune idée, à part... Oui, je dois être à un moment quelconque après ma visite dans le futur et mon retour vers le passé, quelque part plus loin que dans 5000 ans, sinon lors de ma visite j'aurais senti la deuxième Geshtinanna vivante, or elle m'a semblé comme absente. Et à présent, je ne sens rien comme un double de moi-même. Je suis donc après... Combien après ? Je ne sais pas. Je ne sais plus, tout est si confus, j'ai tellement emmêlé le long fil du temps que je m'y perds.
Ah oui... Il y a un instant, j'ai eu mal, très mal. C'était il y a peu de temps, il me semble. J'ai perdu quelque chose de très précieux et de très fort, j'ai l'impression d'avoir su beaucoup plus de choses qu'à présent, d'avoir oublié quelque chose d'essentiel.

Et maintenant, j'ai froid.

Je me sens lourde, aussi, et étrangement... physique. Mes paupières frémissent - j'ai donc des paupières, mais pourquoi cela m'étonne-t-il ? J'ai...un corps, j'ai toujours eu un corps, oui. Je le sens à présent, chaque parcelle de ma peau, chaque muscle et chaque tendon, tous détendus comme en plein sommeil.

Je suis vivante, alors ?

...

En tout cas, je suis différente, aucun doute là-dessus. Cette impression d'avoir tout su reste présente, létale, et me donne force et assurance, comme un brasier glacial m'éclairant de l'intérieur.
Bon, récapitulons. Je suis Geshtinanna, fille de Nanna et Nintu, demi-déesse traîtresse et déchue, vivante malgré les millénaires qui se sont écoulés, et frigorifiée. Je peux donc dire qu'autant que possible, tout... va bien ? Il semble que j'aie encore le droit de vivre.
Mais je me sens si vieille. De ces millénaires il ne reste pas une seule trace dans ma mémoire mais je les sens, lourds comme un fardeau, peser sur moi. Haaaaaa... Je suis encore vivante. Consciente.
Je prends une très longue inspiration, goûtant avec avidité l'air qui circule dans mes poumons, que j'avais oublié. Et j'ouvre les yeux.

Je suis éblouie, d'abord, par toute cette lumière qui déferle en moi le temps que mes yeux s'habituent et me dévoilent finalement une obscurité à peine éclairée par une étincelle mourante. Ma première lumière, ma première inspiration... c'est comme si je recommençais tout.
Deux silhouettes sombres sont penchées sur moi et me scrutent avec gravité. Au frisson qui parcourt mon échine je devine aisément que ces deux-là sont très loin d'être des innocents mais qu'importe, c'est à eux que je dois ma vie -enfin je crois.
Le plus jeune des deux s'accroupit et son visage maladif se perd dans les ombres derrière moi. Je dévisage l'autre, intriguée par son visage qui me scrute, vaguement familier. Oh... Marduk, encore. Décidément c'est toujours lui que je retrouve, à toute époque, et dans les circonstances les plus surprenantes. Marduk... Marduk m'a éveillée de mon sommeil sans âge comme il m'a renvoyée dans le passé avec un mot pour à transmettre à lui-même. Marduk sait beaucoup trop de choses, toujours à se retrouver au bon endroit au bon moment, je me demande bien jusqu'où il a pu avoir planifié les événements... Et l'autre, plus jeune, mais seulement en apparence. Son aura me dit qu'il est Émissaire de mon cher Ershkigal, mais ce devrait être impossible, d'autant plus qu'il semble âgé d'au moins quelques siècles... Ces temps doivent être bien troublés pour qu'un tel phénomène soit là ici, maintenant, avec Marduk.

Oh, mais maintenant je suis consciente, je peux déplacer mon regard et sentir le froid qui me ronge, je dois être capable de parler, n'est-ce pas ?

_Bonjour.
... Je me dois de vous remercier pour m'avoir éveillée, toi Marduk et vous, Émissaire d'Ershkigal.
...
Quelle mystérieuse raison a pu pousser deux immortels tels que vous à venir chercher la pauvre traîtresse que je suis au fin fond des Enfers ? Dites-moi en quoi je puis vous être utile et je vous aiderai en retour, dans la mesure de mes compétences.


Je tente de me redresser, avant de réaliser que je suis entravée par une longue et fine chaîne d'or qui me recouvre entièrement. Je roule tant bien que mal sur le côté pour replier mes jambes jointes sous moi et dévisager mon vieil ami dont je ne sais plus rien. Je lui lance un sourire pâle, à demi ironique à demi reconnaissant.

_Marduk, tu sembles être présent à chaque tournant de mon existence... Le moins que je puisse dire c'est que tu fais preuve de constance ! Et moi je commence à accumuler mes dettes envers toi. Laisse-moi te demander encore une chose : quand sommes-nous ?
...Hahaha, si comme je le devine cette époque doit devenir la mienne je vais avoir besoin de cours particuliers pour me mettre à la page ! Malgré tout ce temps j'en suis restée aux palais et temples de ma chère Ur qui ne doit plus être que ruines à présent. Mais je suis... très heureuse de pouvoir à nouveau vivre quand que ce soit. Merci.


Je me tourne vers l’Émissaire, les bras toujours collés le long de mon torse.

_Puis-je vous demander de me détacher ? Ce cher Marduk ne semble pas très disposé à le faire... Et tel que je le connais il ne pourra pas s'empêcher d'enrober la vérité à sa manière si je lui demande, alors voudriez-vous bien me dire ce que vous devinez qui m'attend dehors ? Et cela vous causera-t-il le moindre problème de m'avoir délivrée ? Je suppose que si aucun Dieu n'est ici c'est qu'ils ne sont pas au courant, alors laissez-moi faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous disculper de toute responsabilité en ceci, expliquez-moi seulement quoi faire...
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Renzo
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Renzo Layne

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Pouvoir: Primordial et complémentaire, la grande classe pas vrai ?
Dieu: Ershkigal
Age: 380 cette année, ça se fête non ?!
Ven 18 Déc - 0:25
Je ne sais pas ce qui m'a fait le plus trembler.
Le fait de m'énerver, d'une colère que je n'avais pas ressenti depuis bien longtemps. M'énerver parce que j'ai trahi, que mon Dieu me hait, que je me hais, et que pourtant tout le monde voulait que je le fasse. Me foutre la haine parce que je sais que je vais me faire profondément enculer à la fin, vous verrez ! On pari quoi que c'est moi qui prend pour tout le monde ? Allez y c'est ma tournée les gens ! Oui, j'ai trahi. Ose me dire, Ersh, ose me dire que ça ne t'as pas libéré, que je ne t'ai pas rendu service. Bah non hein, c'est pas ça qui va alléger ma peine, ô comme je le sais. Alors j'ai tremblé.
J'ai tremblé aussi au milieu de la tempête, une tempête affreuse. Plus que mon corps, elle déchirait mon être, je la sentais se glisser dans ma tête, remémorer mes erreurs récentes et plus anciennes, je la voyais venir, cette vicieuse, je la sentais au plus profond de moi en train de remuer et de tout saccager sur son passage. Alors j'ai tremblé.
J'ai tremblé aussi en me trouvant face au royaume de Nammu, je l'avoue. La Création à l'état pur, le Tout et le Rien à la fois, comme ça devant moi, et à mes pieds. Oui, j'ai tremblé d'un léger sentiment de supériorité, non mais attendez ! Sérieux, c'est planqué tout au fond du fond du trou du cul des Enfers, c'est que c'est un minimum fragile nan ?! Donc je peux bien foutre un coup de pied dedans, personne verra rien. HO. PUTAIN. JE SAIS. JE SUIS UN GÉNIE. C'est l'endroit parfait pour faire des essais nucléaires. Pas de traces, pas de mort et honnêtement, je pense que Nammu et Ersh s'en tapent un peu de la radioactivité.
Mais j'ai tremblé aussi aux premières paroles de Steek. Dire que je pensais être épargné par Parkinson, j'ai vraiment raté ma mort... Si j'ai eu ce frisson absolument désagréablement froid, ce n'est pas parce qu'il a une voix grave du genre vieux pervers, pour une fois c'était pour la puissance qu'il y mettait. Il ne se passait absolument rien, au début. Mais il s'adressait à la Créatrice des Dieux. Et sa voix, cette voix là, non seulement on ne l'entendait pas souvent, mais on ne l'entendait jamais avec une telle puissance. On aurait dit que toutes ces années, il s'était limité, il avait conservé ses forces pour cet instant précis. Et l'air -enfin s'il s'agit bien d'air- avait frémi. L'atmosphère s'était tendue comme un bout de verre sur le point d'exploser. Tout était lourd, chaque mot pesait affreusement, je n'osais pas bouger, et la Mer elle ne régissait pas.
Jusqu'au bras. Jusqu'au corps qui est sorti. Jusqu'à la fin de l'ordre, je restais tendu comme un arc. Jusqu'à ce que Lewis chancelle en fait. Je l'attrapais par l'épaule pour l'aider à rejoindre le sol en douceur alors qu'il tombait tête la première dans la Maman de tous les gens de la terre (VIVE L'INCESTE). Autant j'ai jamais vu Steek donner un ordre aussi puissant, autant j'ai jamais vu un ordre l'épuiser autant. Il respirait bruyamment, en regardant la forme sur le sol.
Elle d'ailleurs ! Haha putain la blague ! A peine réveillée que-
….
Ouais voilà. Je me suis contenté de la regarder avec des yeux énormes. Genre atta-quoi-kessepassa-tupeuxlarefaire-enmoinsvite-stp-vazy-sérieux-Tkila (ou whisky-coca ?). Promis, j'ai révisé mes cours. Mais elle là, elle y était dedans, vous croyez ? Ben ouais, vous croyez que les Dieux vont mettre le secret le mieux gardé de leur temps dans un bouquin pour apprendre à leurs Missionnaires comment bien se comporter ? Il l'a traité de traîtresse. Vas y je suis sûr qu'on va trop s'entendre en vrai. Y'a pas moyen.
Elle parle plus. Ha merde, elle veut qu'on lui réponde en plus ?! Heu ouais ok. Je jette un coup d’œil à Steek, avec le murmure le plus discret du monde.

_ Hey le croulant, je crois qu'elle te parle, ta copine.
- C'est pas...
_ Merci c'est super sympa de te proposer pour la gérer, je te kiffe mon pote !
- Je te hais...

Je regarde la fille en question. Donc. Aura que je connais pas, jamais vu dans le coin, vous croyez qu'elle est européenne ? JE DÉCONNE OK ?! J'ai bien compris que c'était une demi-déesse, fille de Nanna je sais pas quoi, honnêtement, je m'en tape, mais à un point...
Et puis une idée brillante me vient (mes idées sont toujours brillantes, vos gueules).

_ Hey ! Comment t'as dit que tu t'appelais déjà ? Tu l'as pas dit d'accord, c'est le steak confis qui l'a dit, c'est Geshtinanna ? Alors voyons... Gesh ? Titinana ? Titi tout court ? Ouais non ça te plait pas hein ? Trouvons autre chose. Non parce que pour être honnête avec toi, Gesthimachin, c'est pas du tout, mais alors pas du tout tendance, en plus tu vas être fichée directe avec l'étiquette sumérienne, avant même que tu aies ouvert la bouche.

J'étais tenté de rajouter un « d'ailleurs si tu rencontres quelqu'un, sois pas si polie, pitié ». Bref. Il lui faut un nom un peu décent, pas vrai ? Mais si j'ai raison je vous permets pas.
Alors, un truc stylé déjà. Et- HO JE SAIS ! C'est un peu moi et Steek qui l'avons sauvé non, ça mérite son petit caméo non ? Hashtag LawrenceLayne et Léandre-Lebel. Je sais que vous me voyez venir. Il DOIT y avoir 2 « L » dans son prénom. Je souris.

_ Lloyd. A partir d'aujourd'hui, toi c'est Lloyd, et moi je suis ton mentor pour la découverte du monde actuel de 2015. Après Jésus Christ. Merde, tu connais pas Jésus Christ.

Ça veut dire qu'elle est encore plus inculte que moi putain... Je sens que ça va être génial, je vais lui apprendre plein de trucs ! A mesure que mon sourire s’agrandit je sens dans mon dos l'autre rabat joie qui se relève, et qui doit sûrement froncer ses sourcils de crispés avec un « ho misère » dans la barbe... Mais si vous savez, son petit sourire chelou qui équivaut à 3 chars qui te rouleraient dessus ! Voilà, celui là.
Je continue à sourire lorsqu'un mal de poitrine soudain me traverse. Un déchirement. Je fais la grimace. Ho putain non, putain... Je vais tellement prendre cher, je vous jure... Je serre les dents.

- Ça va, tu as fini ton speech ?
_ Yep, d'ailleurs si tu pouvais faire le tien une fois qu'on sera sortis, ça m'arrangerait.

Il se tourne vers Lloyd (oui c'est adopté cherchez pas). Il comprend pas le mot « sortis » ou quoi ?!

- Geshtinanna, je m'excuse de devoir ainsi déroger à tous les codes d'honneurs dus à ton rang, seulement le temps presse, et je ne suis pas dans une domaine juridiquement favorable. Nous ne t'avons pas encore exclu de ce royaume donc tu devras faire abstraction de tes questionnement pour le moment, t'en sens tu capable ?
_ En attendant je veux bien qu'on reparle du service que tu me dois en échange du coup, parce que moi une fois sorti je vais me faire atomiser hein.
- Renzo, ta gueule.
_ Houuuuu, t'as de la chance qu'elle le connaisse pas ce mot là. Bon, à part si tu as encore envie de parler comme si t'étais resté bloqué dans l'Antiquité, tu peux détacher la demoiselle qu'on se tire ?

Il grogne avant de donner l'ordre à la chaîne de se rompre, ce qu'elle fait sans résistance. Je l'aimais bien aussi, quand elle était saucissonnée. Mais je lève un regard plutôt inquiet vers le haut. On va mais tellement en chier...

- Tu vas remonter ?
_ Premièrement c'était pas dans le contrat de te faire sortir, ensuite j'ai moi même besoin de me tirer même si ça servira pas à grand chose et troisièmement, si tu veux prendre le chemin inverse jusqu'à la première porte te gêne pas, ils ont beaucoup d'autres problèmes là haut.
- Ho, je ne comptais pas ressortir par là où je suis entré.

Je le regarde, il regarde Lloyd.

- Geshtina-
_ Elle s'appelle Lloyd maintenant. Respecte ça au moins, c'est un nouveau départ pour elle !
- … Tu ne pourras pas nous disculper, du moins pas lui (batârd va), mais tu peux au moins nous faire sortir d'ici. Ton royaume est comme celui de Nanna, proche des Enfers et de la Vie, fais nous entrer ici et sortir de l'autre côté. C'est la seule chose que tu puisses faire maintenant pour nous aider, une fois là bas nous aurons tous droit à un procès équitable.

Avec Utu en fuite ? Qui va jouer le juge, Enlil ? Ha la blague. Et en avocat à la défense, j'ai nommé Nanna ! On peut pas trouver plus motivé comme défenseur, je sais.
Je soupire. Je pourrais rejoindre le monde des vivants par mes propres moyens. Mais autant pousser le vice jusqu'au bout, je me sens pas de repasser dans les étages vu le bordel que j'y ai mis, et puis -non mais sérieux MOI aussi je veux mon royaume perso vasy là ! C'est quoi cette arnaque, moi aussi je suis vieux j'en veux un !
Allez, je boude.
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Lloyd
Lun 28 Déc - 14:20
Je dévisage avec curiosité l'Emissaire centenaire. Ce... garçon, puisqu'il faut bien l'appeler ainsi, m'est de plus en plus sympathique, il a tout à fait l'air de ceux qui ne prennent pas pour argent comptant les paroles des Dieux. Et il arrive à agacer Marduk, ce qui n'est assurément pas rien, et puis je devine qu'entre ces deux-là il y a plus que de simples taquineries. Un peu de haine, sûrement. Je dirais qu'avec Marduk, qui m'a servi de "frère" pendant un certain temps, ses ennemis sont mes amis - pas que je n'aime pas ses amis, mais ses ennemis sont beaucoup plus intéressants. Et puis il n'a pas vraiment d'amis, au final. Moi, peut-être, ou Gil, je n'ai jamais vraiment su.
Soit, je vais me rapprocher de ce jeune homme, au niveau comportemental je veux dire... Oui, parce que mes manières semblent susciter de la gêne de la part de mes interlocuteurs, d'où le besoin d'une adaptation. Et puis sa nonchalance espiègle me plaît... En fait il fera un bon guide de cette époque, je crois, dans le genre cynique et qui prend beaucoup de recul par rapport aux choses - un recul ironique plutôt bienvenu. Ah oui, de la clairvoyance, c'est cela, ainsi qu'un anti-conformisme : un beau détonateur à révolution. Puisque je suis ici, dans ce terreau si instable, autant en profiter pour mener mes idées jusqu'au bout, non ? Et il me semble avoir trouvé un parfait allié... Enfin un allié tout court, ça suffira. Je ne vais quand même pas lui faire confiance comme ça, à l'Emissaire, parce qu'en plusieurs siècles on ne peut PAS être uniquement espiègle et sympathique, on est nécessairement cruel, méchant, mégalomane parfois. En fait, parfait c'était pas mal. Je lance un sourire assorti d'un regard en coin à mon "parfait allié" en lui lançant :

_Va pour Lloyd, alors, ça me plaît !

Je m'arrête un instant. Je devrais peut-être le tutoyer comme il le fait avec moi. Allons-y donc.

_Et je veux bien t'adopter comme... Non, pas mentor, guide plutôt. Guide ça te va ? En attendant que j'en sache assez, au moins. Après...

Je me tais subitement en réalisant la présence de Marduk. Mieux vaut ne pas parler de ça en sa présence, pas qu'il soit contre mais sa nature en fait un délateur. Il parle davantage comme j'en ai l'habitude, d'ailleurs... les "honneurs dus à mon rang", comme il dit... Maintenant que je suis là, peut-être pourrais-je les amoindrir quelque peu, je perdrais moins de temps en politesses ainsi. J'essaierai, petit à petit.

Oh, il y aura donc un procès, encore ? Et équitable, n'est-ce pas ? Maintenant que j'y pense, le dernier ne l'était pas vraiment, j'ai eu une impression bizarre et je suspecte que des votes aient été achetés. Ou que des cas de conscience aient empêché certains Dieux de voter selon leur ligne habituelle de conduite. Mais peut-être que cette fois-ci tout se passera bien, enfin je l'espère.
Allez, Gesh-- Lloyd, sois forte, tu l'as toujours été. Et maintenant il faudra l'être plus encore.
J'ose un sourire téméraire en m'avançant vers les deux hommes et en prenant leurs mains.

_Soit. Allons-y !

En refermant mes doigts sur les leurs je réalise d'un coup combien leurs natures sont "anormales" et contraires. J'ai certainement été la première anomalie, demi-déesse et émissaire beaucoup trop puissante. Marduk m'a suivie de peu, créé pour contrebalancer mon pouvoir. Et l'émissaire - Renzo - semble entrer dans nos rangs avec ses 400 ans bien tassés, à en voir son aura, et ses doubles pouvoirs. Une belle bande de bras cassés, mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que ce n'est pas un hasard que nous soyons réunis ici et maintenant. Selon Marduk, il y en a d'autres aussi. D'anomalies, je veux dire... Ce sera à moi de les rassembler sous la même bannière, n'est-ce pas ? Je ne vois pas pourquoi quiconque aurait souhaité mon réveil, sinon. Ou... pour réveiller An peut-être, mais pourquoi faire cela ? Les Dieux trouveront certainement un moyen de prolonger son sommeil en dépit de mon retour à la conscience, aucun à ma connaissance n'aurait d'intérêt à le voir de retour, ce serait comme se choisir un bourreau.

Je resserre ma prise sur les mains des deux hommes en essayant d'oublier la désagréable sensation d'être prise entre deux puissances contraires, ferme les yeux puis disparais.

L'instant d'après je les lâche, debout dans mon royaume, ou ma chambre comme je l'appelle. Une haute charpente d'ébène nous surplombe, remplaçant d'éventuels murs, et s'élève haut au-dessus de nos têtes, très haut. La pierre blanche et lisse du sol reflète les hautes poutres du toit en luisant faiblement. Çà et là des coffres de bois noir et d'or blanc ornés de pierres sombres reposent contre la charpente, ou suspendus aux poutres en hauteur par des systèmes de poulies. J'en suis très fière, car j'en ai eu l'idée moi-même ; les Hommes ne connaissent pas encore cela, mais ce n'est pas à moi de le leur donner. Grâce à ces simples roues de bois on peut démultiplier sa force, et hâler sans effort ou presque de lourdes charges. J'en ai fabriqué plusieurs et je les utilise pour stocker des affaires en hauteur, parce que je dois avouer que mon royaume n'est pas très grand. Mon lit utilise la même principe ; il est actuellement suspendu à une trentaine de coudées de hauteur, attendant d'être descendu. J'ai souvent utilisé mon royaume comme lieu de vie, quand je voyageais ou que je souhaitais simplement m'isoler. C'est mon père qui me l'a fait découvrir, lorsque j'étais enfant. A l'époque ce n'était qu'une vague zone du néant dans laquelle j'avais le pouvoir de m'y rendre ; j'y ai créé un sol et un toit pour tenir l'infini à distance. Seule une fenêtre, au faîte du toit, me permet d'y sortir, si je le souhaite, grâce à une plate-forme suspendue qui monte jusqu'en haut. Les rêves, ici, ont leur demeure, et c'est aussi de là que je les fais naître. Chez moi.

Je descends rapidement l'un des coffres et en sors une longue robe blanche ainsi qu'une cape couleur de nuit, ce n'est pas que la nudité me dérange mais des vêtements participent tout de même à ma crédibilité. Je souris.

_Je crois que ce sera mieux ainsi... Et à présent Renzo, Marduk, si vous voulez bien me suivre...

Je retiens de toutes mes forces un soupir. Forte, sois forte, Lloyd. Ce procès sera certainement le dernier, après, je serait libre, et vivante. En attendant, autant finir ça le plus vite possible. Tout ce que je peux savoir, c'est que Père votera en ma faveur, Inanna contre moi, Nin... Je ne sais pas pour les autres, ils ont forcément changé depuis tout ce temps... Peut-être Utu est-il encore sous la contrainte du pacte que je le soupçonne d'avoir passé avec... Enlil, ou An, aucune idée. Je voudrais pouvoir me dire que les Dieux ne voteront pas une deuxième fois contre moi, à présent que j'ai été éveillée. Mais ce n'est pas le moment de penser à ça. Il faut y aller.
Je prends fermement les mains de mes deux anomalies et les lâche au sommet de l'Everest. Je m'attendais à rencontrer des problèmes à cause du manque d'air, mais non : Je n'ai pas besoin de respirer, Marduk peut bien s'en passer aussi, et Renzo, s'il a plus de 400 ans, doit être mort depuis longtemps, comme le suggère son teint d'une délicate couleur cendre. Parfait.

A présent il n'y a plus qu'à attendre. Les perturbations engendrées par l'ouverture du septième étage des Enfers, mon réveil, les Créannes anciennes infernales dont je sens les auras à la surface, le déplacement de mon royaume 6000 ans dans le temps (à vrai dire il est hors du temps. Mais je l'ai utilisé pour la dernière fois avant de... partir, il a donc dû effectuer un grand mouvement temporel pour que nous puissions y accéder maintenant. Mine de rien, le Néant bouge, et les autres royaumes ont au moins dû en frémir), les redoutables pouvoirs que Marduk a dû utiliser pour me rappeler de la Mer Primordiale, et j'en passe... Tout cela devrait rameuter nos chers Dieux aussi sûrement que le miel attire les guêpes. Ils ne tarderont pas... Un Conseil est sur le point de commencer.
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Utu
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Utu

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Lun 28 Déc - 17:38


Parfois, je m'en veux un peu de faire ce que je fais.
Enfin, disons que je m'en suis très longtemps voulu, voulu d’exercer le rôle qui m'est dû. Maintenant, il faut que je corrige ça. Je ne veux plus rien regretter, même pour une seule seconde de cette vie divine et presque infinie. Alors je mets en ordre mon royaume, je le range, je relève de terre ce sol poussiéreux, rapporte la lumière en son sein, le luxe et la beauté du vide de mon sol de astral. La lumière revient dans on royaume, le Soleil revient sur le monde.
C'est avec un sourire satisfait que je descend pour la première fois depuis longtemps sur terre. Après avoir encore trahi, après avoir fauté gravement, après avoir compris que le temps est si long et si douloureux pour un Dieu qui se meurt. Je sais maintenant ce que fera le fait de disparaître, cette nouvelle douleur qui peut se muer en peur si l'on pense que notre vie est liée aux humains que nous avons créé. S'ils cessent de croire en nous, cette douleur nous sera sûrement commune, à mes frères et à moi. Mais je me tais, je ne suis pas venu en victime, je n'ai pas le droit de me comporter comme tel, car rien ni personne n'assume plus que moi les actes récemment commis.
Alors je descends sur Terre, annonçant l'aube à l'heure même où elle devait être annoncée. Mes voiles d'espérance se répandent, reprennent leur place, et je descend, lentement, entouré de mes riches parures, remettant en place mes cheveux désormais d'or. J'ai pris soin de les recouper un peu avant de me présenter, de les coiffer, de les orner de bijoux datant de la belle époque, de me rendre présentable. Car aujourd'hui est un nouveau jour pour moi, certes, mais c'est aussi un grand jour tout court.
Je descends d'abord jusqu'à la Congrégation. Je fais passer par la fenêtre de mes quelques Missionnaires un rayon apaisant, un rayon qui leur est réservé à eux seuls. Cherchant distraitement leurs auras, je souris à la vue de celle de David. Et bien, je ne m'étais décidément pas trompé, fidèle à moi et à toi même. Il faudra que je passe le voir, lorsque le travail me laissera un temps de pause. Que je l'invite pour le féliciter.
Mais là ce n'est point ce qui m'importe. Je continue ma route jusqu'à l’Everest, je sais que je dois me rendre à cet endroit même, tout comme je savais que je devais partir.Je laisse le vent froid me carresser, attendant, sur place. Attendant qu'ils arrivent.
Et ça ne rate pas. Quelques instants seulement, et une porte s'ouvre, la porte d'un tout petit royaume. En sortent Marduk et son aura assurée et plus en forme que jamais, Renzo, un poil grimaçant et assez peu enjoué contrairement à son habitude, et enfin Gesthinanna. Ho non, je me suis trompé, il me semble qu'il s'agisse de Lloyd. Je la laisse fermer la porte de son royaume, sans bouger. Nos regards se croisent. Ils savent. Si pour certains l'augure de ce jugement n'est point un mauvais présage, ce n'est pas le cas pour tous, et rien qu'à leurs visages je sais que chacun au fond d'eux même ont compris quel rôle sera le leur, et que seul ma décision compte. Quelle lourde décision.
Je les accueille en hochant la tête, leur réservant un sourire aimable.

_ Marduk, Renzo et Geshtinanna, vous êtes convoqués devant le tribunal des Dieux pour être jugés. Vous êtes respectivement accusés de désobéissance divine, refus d'obtempérer, haute trahison par deux fois et évasion. Vous serez maintenus en détention jusqu'à la tenue du tribunal, prenant effet dès maintenant. Toute résistance physique ou orale ne fera évidemment qu'aggraver votre cas.

Je les regarde. Les ai-je un peu poussé à agir de la sorte ? Sûrement. Mais vos savez, l'avenir est fait de ponts que l'ont est obligés de franchir. Et celui là en fait parti.
Je lève lentement le bras, claque des doigts. La porte du Panthéon s'ouvre. Ils sont aspirés à l'intérieur par les chaines dorées de la prison divine.

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