Poster un nouveau sujet Répondre au sujet
 :: Stockholm :: Centre commercial :: Les allées
On n’oublie pas les visages des personnes qui ont représenté votre dernier espoir [Alex ♥]
Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Dim 20 Déc - 17:16
Le corps a certains automatismes que personne ne peut comprendre. Pas même les scientifiques. On appelle ça l'état de choc il parait.
En gros ton cerveau se déconnecte. Par moment tu oublies presque de respirer et puis tu ne penses plus à rien.
T'entends juste ton cœur battre dans ta poitrine tellement fort que ça fait mal.

C'est comme un coma éveillé.

Tu entends plus rien.
Tu fais plus attention à rien.
Tu n'es plus rien.

Je ne sais pas pourquoi je suis sortie dehors. J'aurais dû rester chez moi et pleurer toutes les larmes de mon corps en hurlant ma haine.

Tout c'était passé tellement vite.
Des pâtes à cuire, une sonnerie, des policiers, une annonce, une chute.
Le reste est assez flou. Je me souviens seulement des mots du message laissé par mon père.

"Tu as tout détruit."

C'était donc ma faute ? Non enfin je ne pensais pas... Je ne savais pas, je ne savais plus.
Je marchais c'était tout.
Marcher sans but.

Il parait qu'on appelle ça errer.
Errer... Du latin errare et du grec allem, iren.
Errer, une lettre de plus et ça fait erreur.

Je commençais à me poser la question. Est ce que tout ça est réel ? Je suis peut être juste en plein cauchemar. Peut être qu'ils sont tromper d'avion...
Après tout quelle est la probabilité que mes grands parents prennent un avion pour Stockholm en voulant me faire la surprise de débarquer pour fêter Noël avec moi et que celui ci plonge tout en mer du Nord ?

Elle est nulle. Et pourtant visiblement c'était possible.

Avec le froid, je sens mon corps s'engourdir et mon cerveau se reconnecter très légèrement.
C'était comme si toute la tristesse que je ressentais inhibait mes autres émotions.
Les dernières paroles de l'officier qui m'avait annoncer la terrible nouvelle me revinrent à l'esprit.
"Ne restez pas seule"
Comment ne pas être seule alors que je venais de perdre deux des quatre personnes qui constituait ma famille ? Que l'autre moitié était a des milliers de kilomètres, à Valence et que mes parents bien que je doute du fait qu'ils m'aient déjà aimé un jour me portaient pour responsable de leur mort.

Alors je marchais. Encore. Toujours.
Jusqu'à arriver devant une porte. Je ne sais pas pourquoi j'en étais arrivée là mais ma main se leva d'elle même et je sonnais.
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Ven 25 Déc - 12:51


Le silence et le calme régnaient dans la maison. Tellement que je n'osais pas les briser avec de la musique ou avec la télévision. Mon père était encore en déplacement, il devait rentrer demain pour passer les fêtes avec nous. Ma mère était encore en train de travailler à l'hôpital, quant à Lily elle était allée faire un tour au marché de Noël avec son petit ami.

Moi, je suis installé dans la salle à manger, des feuilles, des classeurs et des stylos étalés sur la table devant moi. Devoirs de vacances, comme on disait. Depuis récemment, je m'impliquais plus dans les cours que dispensait la Congrégation, depuis la mission j'avais compris que ça commençait à être nécessaire. Du coup je travaillais comme si j'avais un examen de fin d'année, j'ai l'impression de retourner à ma dernière année de lycée. Même si je n'avais pas vraiment choisis ces études, au final ça me plaisait, j'en voyais l'utilité. Et puis, quand on est prêtre-roi, quand on étudie Sumer et sa mythologie, c'est comme si on étudiait sa propre histoire.

Mais bon, les devoirs de vacances, comme tout étudiant je suppose je m'en serais bien passé ahah... Une main enfouie dans les cheveux, l'autre jouant avec un stylo, je relis pour approximativement pour la dixième fois un texte original dans un de mes livres. Je crois que je n'ai pas trop la tête à travailler en fait.

Je sursaute en entendant la sonnette. Tiens, peut-être que c'était le facteur... C'est vrai que c'est bientôt Noël, les cadeaux de dernière minute arrivaient par colis... Je pose mon stylo et me lève pour aller ouvrir.

Je dévisage un instant, surpris, le visage de Tyarisse. Tiens, je ne m'attendais pas à la voir... Content de la voir, je lui adresse un sourire :

Salut ! Qu'est-ce que tu...

Je penche alors la tête sur le côté, me coupant dans ma phrase. Je remarque ses yeux fatigués et rougis, son teint pâle, et son expression dévastée. L'inquiétude me serre le cœur. Je me pousse, l'invite à entrer, referme la porte derrière elle. Une main sur son épaule, je la guide vers le salon, m'assois à côté d'elle sur le canapé.

Que se passe-t-il, Tyarisse ? Je n'aime pas cette expression sur ton visage.

Pas du tout.



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Ven 25 Déc - 13:26
Après quelques secondes de silence la porte s'ouvrit. Un visage familier apparaît et une boule vient se loger dans ma gorge.
Je le fixe en regardant son si beau visage passer de la surprise à un sourire doux. Je n'arrive pas à lui parler, je n'arrive même pas à ouvrir la bouche...

Je crois qu'il le comprend car il penche la tête sur le côté. Je le connais ce mouvement de tête. Il le fait quand il est contrarié et curieux. Finalement sans un mot il me fait entrer et je me raccroche à son contact sur mon épaule. Il s'assoit à côté de moi dans le canapé et fixe un point imaginaire devant moi.

Je ne sais pas pourquoi je suis venue là. Je devrais repartir, rentrer chez moi. Mais chez moi où ?
Je ferme les yeux fort et le sifflement de ma propre respiration me fait peur.
Je finis par comprendre, par saisir tout ce qui vient vraiment de se passer...

- Que se passe-t-il, Tyarisse ? Je n'aime pas cette expression sur ton visage.

Je tourne la tête vers lui, lentement. Et ouvre la bouche comme pour parler mais aucun son ne sort, à la place je tremble comme un feuille. Après mon cerveau c'est mon corps qui ne répond plus et je m'entends éclater en sanglots.
J’enfouis mon visage dans le cou de mon ami alors que les larmes coulent par flot sur mes joues sans que je puisse les arrêter. Je m'entends murmurer entre deux sanglots :

- Ils sont morts Alex... Mes grands parents sont morts...

Mes larmes s'intensifièrent et je suffoquais, respirant difficilement entre mes sanglots. Je ne me rendais pas vraiment compte que j'étais cramponnée à Alex. Mon visage dans son cou, mes mains agrippées à sa chemise devenant trempée à cause de mes larmes.
C'était comme un autre moi. Un moi que je ne contrôlais plus. Un moi qui se servait d'Alexander comme d'une bouée de sauvetage...

- Ils sont morts alors qu'ils venaient me voir... C'est de ma faute Alex... De ma faute...
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Ven 25 Déc - 16:56

Le silence se fait lourd. C'est dur pour elle, ça se voit. Même si elle ne me regarde pas, je l'encourage du regard. Allez, ne reste pas enfermée dans le silence, ça ne ferait qu'augmenter ta peine.

Elle se tourne finalement vers moi, et fond en larmes, avant de s'agripper presque avec désespoir à ma chemise, son visage enfouis dans mon cou. Je place mes mains dans son dos, trace lentement des cercles comme pour l'apaiser.

Tyarisse, calme-toi, je suis là...

Difficilement, entre plusieurs sanglots, elle murmure enfin :

— Ils sont morts Alex... Mes grands-parents sont morts...

Ah... D'accord, je comprends mieux sa détresse... Ses grands-parents, elle les aime beaucoup. De ce que j'avais pu en comprendre, ils étaient comme les parents qu'elle n'avait jamais eus. J'ouvre la bouche pour lui répondre, mais elle enchaîne :

— Ils sont morts alors qu'ils venaient me voir... C'est de ma faute Alex... De ma faute...

Je ferme les paupières quelques secondes, durant lesquelles sa peine me submerge. La culpabilité, c'est assez courant d'en ressentir pendant un deuil je crois. L'une de mes mains quitte son dos pour venir caresser ses cheveux, tandis je la berce doucement.

Non Tyarisse, non ce n'est pas de ta faute... Je crois... Que c'est normal que tu culpabilises... Mais tu n'as aucune raison de le faire.

Bon sang... Bon sang, comment trouver les mots justes...

Ce n'est pas de ta faute. Je ne veux pas t'entendre dire ça. Tu ne peux pas t'en vouloir parce que tu habites ici. Ils voulaient... Te faire plaisir, tu n'y es pour rien, tu ne les as pas forcés.

Je resserre un peu mon étreinte.

Tu n'as pas à t'en vouloir ma belle, d'accord ?

Sur le moment j'ai eu l'impression d'entendre ma mère parler, mais je ne m'en préoccupe guère.

Souviens-toi... Des moments heureux que tu as eus avec eux. Fais-les vivre à travers toi.

Je marque une pause, frissonne en sentant ses larmes couler dans mon cou.

... à travers ton sourire.


Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Ven 25 Déc - 19:20
Je me laisse aller contre lui, mes ongles me rentrent dans la peau à force de serrer son col dans mes poings. Je n'arrive pas à m'arrêter, je ne sens qu'à peine ses mains caressant doucement mon dos puis mes cheveux.
La seule chose que j'arrive à faire c'est pleurer et sangloter.

- Non Tyarisse, non ce n'est pas de ta faute... Je crois... Que c'est normal que tu culpabilises... Mais tu n'as aucune raison de le faire. Ce n'est pas de ta faute. Je ne veux pas t'entendre dire ça. Tu ne peux pas t'en vouloir parce que tu habites ici. Ils voulaient... Te faire plaisir, tu n'y es pour rien, tu ne les as pas forcés.

Je le sens me serrer plus contre lui et je me retrouve presque sur ses genoux, le tête contre son torse. Les battements de son cœur m'apaisent tout comme le son de sa voix. Ma respiration se fait moins difficile et je me pince les lèvres en retenant un autre sanglot.

- Tu ne comprends pas... C'est de ma faute... Si je leur avait as dit dans ma dernière lettre que... Qu'en ce moment c'était dur et qu'ils me manquaient ils... Ils seraient pas allé dans cet avion... Ils seraient toujours en vie...

Je ferme les yeux et me mord la lèvre le plus fort possible. Je veux juste que ça cesse. Que tout ce bordel dans ma tête s'arrête. Je n'en peux plus de ce poids sur le cœur, de cet étau qui me compresse la poitrine, qui me fais suffoquer.

J'aimerais être morte à leur place...

A cette constatation, mes larmes revinrent par milliers et je les laissais couler...

- Tu n'as pas à t'en vouloir ma belle, d'accord ? Souviens-toi... Des moments heureux que tu as eus avec eux. Fais-les vivre à travers toi... à travers ton sourire.

Ma gorge se serre un peu plus et je ne dis rien. Leurs visages me revient en mémoire. Si doux, si souriant tellement loin de celui de ma mère. Mes parents... Leur message me revient en mémoire et la colère monte légèrement en moi.

- Mes parents ils... Ils pensent que c'est de ma faute... Ils ont dit que j'avais tout détruit...
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Sam 26 Déc - 21:02


— Tu ne comprends pas... C'est de ma faute... Si je leur avais pas dit dans ma dernière lettre que... Qu'en ce moment c'était dur et qu'ils me manquaient ils... Ils seraient pas allés dans cet avion... Ils seraient toujours en vie...

Tyarisse...

La culpabilité qu'elle ressent, je ne sais pas comment la lui ôter. Je ne sais pas quels mots lui dire pour qu'elle supprime cette colère contre elle-même.

Ses sanglots reprennent de plus belle.

— Mes parents ils... Ils pensent que c'est de ma faute... Ils ont dit que j'avais tout détruit...

Je serre légèrement les dents. Ses parents. Toujours ses parents. Ils lui faisaient tellement de mal... Comment des parents pouvaient-ils faire autant souffrir leur fille ? Ils devraient l'aider, la consoler, ils devraient... Ils devraient être là, à ma place, en train de l'apaiser. Lui dire que ce n'était pas de sa faute. Une bouffée de colère me fait trembler. C'est leur fille, pourquoi est-ce qu'ils lui portent si peu d'importance ?!

Non, bien sûr que non ce n'est pas de ta faute. Je ne sais pas pourquoi tes parents sont comme ça avec toi, mais s'ils te disent ça ils ne se comportent pas en parents.

Je marque une pause, ravalant les larmes de colère envers ces gens qui voudraient bien monter. Comment peuvent-ils empirer la situation de la sorte...

N'écoute pas ce qu'ils te disent. Si eux sont si... Désagréables avec toi, tes grands-parents, eux, t'aimaient. Et ils voulaient te le montrer. Cette colère que tu ressens... Elle n'a pas lieu d'être là. Tu n'as pas à t'en vouloir, pour quoique ce soit.

J'appuie ma joue contre le sommet de sa tête, mes doigts caressant son bras d'un geste régulier.

Tu les aimes, et ils le savaient. C'est ce qui est important.

Je me force à arborer un sourire, à élever un peu la voix. Elle a besoin de se changer un peu les idées, ça devrait aller mieux après.

Je te l'ai dit, pense aux souvenirs heureux. Tu allais souvent les voir ? Est-ce qu'ils étaient taquins avec toi ? Est-ce qu'ils t'emmenaient à la fête foraine ?

Mes doigts jouent avec une mèche de ses cheveux.

...vas-y, raconte-moi tout ce qui te vient à l'esprit.

J'espère sincèrement que ça l'aidera à retrouver le sourire, pas que ça accentuera sa peine.



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Sam 26 Déc - 21:08
Je le sens se contracter contre moi, la raison m'échappait mais ça devait être quelque chose d'important pour qu'il s'énerve. Ce n'était pas un homme qui s'énervait facilement, contrairement à moi... J'avais bien vu au cours de la mission qu'il avait une capacité plutôt rare, celle d'équilibrer ma personnalité un peu trop... Développée.
Il arrivait à me calmer et me permettait de trouver le parfait équilibre. Sans lui notre mission n'aurait jamais été un succès et je ne suis même pas sûre que je serais là pour en parler.

Je ne dis rien quand il parlait de mes parents. Mon cœur se serrait douloureusement et la même question tournait en boucle.

Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi cet avion ? Pourquoi pas moi ?

Un frisson me fit trembler de la tête aux pieds et je me serrais un peu plus contre Alexander alors que mes sanglots grâce au son de sa voix.
Je sentais son visage contre le mien, son souffle caressant doucement mes cheveux, son cœur battant dans son torse.
Tout cela combiné me permis de calmer mes sanglots, mes larmes s'écoulant presque silencieusement sur mes joues.

- Je te l'ai dit, pense aux souvenirs heureux. Tu allais souvent les voir ? Est-ce qu'ils étaient taquins avec toi ? Est-ce qu'ils t'emmenaient à la fête foraine ? vas-y, raconte-moi tout ce qui te vient à l'esprit.

Je sentis sa main caresser mon bras, dénouant la boule qui me nouait la gorge alors qu'il jouait avec une de mes mèches.
Rouvrant les yeux je fixais un point invisible et commença à parler.

- Tous les étés je passais un mois en Espagne et un mois en France. C'est comme ça que j'ai vraiment appris à parler ces langues. J'adorais aller les voir, je me sentais libre et j'avais l'impression de pouvoir être comme toutes les petites filles... Papy adorait son jardin. Il faisait pousser des tomates et des haricots et mamie adorait cuisiner nos petites récoltes. Tous les matins quand je me levais il était là, à arroser. Il me montrait comment cueillir. Dernièrement il avait planté des citrouilles et des tournesols mais ça n'a jamais été une réussite.

Je me tus et réprima un sanglot quand je me dis qu'il ne pourrait jamais les voir...

- Ma grand mère était une femme très élégante. Elle détestait sortir sans avoir d'abord fait son brushing. Je ne crois pas l'avoir déjà vu sans maquillage ou sans talons. Tu l'aurais vu elle était si belle, si gracieuse... Elle avait une collection de vêtements et de bijoux à rendre jaloux la reine d'Angleterre.

Je marquais une pause pour reprendre mon souffle en frissonnant. Je commençais à avoir froid sans savoir pourquoi...

- Ensemble ils étaient amusant. Il ne se passait pas une journée où ils ne se chamaillaient pas mais il suffisait de les voir se regarder pour savoir qu'ils s'aimaient plus que tout au monde. Sans eux je ne sais pas si je pourrais croire en la magie de l'amour mais ma grand mère avait un collier qui disait : « Je t'aime plus qu'hier, moins que demain ». Ce collier voulait tout dire pour moi.

Les images me revenaient à l'esprit. Je les voyais sourire, je revoyais la potager ou les massifs de roses. Je revoyais les lettres écrites de leur si belle écriture.

- Je ne les voyais pas le reste de l'année mais à Noël et à mon anniversaire j'avais toujours le droit à un colis. Dedans il y avait toujours une lettre que mon grand père décorait. Il adorait dessiner alors il faisait des nounours, des bougies, des chevaux... Elles étaient magnifiques avec toutes leurs couleurs... Il n'a jamais cessé même alors que je grandissais. On se parlait par lettres essentiellement. Ma grand mère n'aimait pas internet. Alors on s'envoyait des lettres où on se disait tout et n'importe quoi. C'était dur de ne pas leur parler d'Inanna, de la Congrégation où de leur expliquer ce qui m'était arrivée en Egypte... Je déteste mentir et pourtant je leur mentais pour les protéger de tout ça.

Je relevai la tête et fixai Alex.

- Je leur ai parlé de toi tu sais... Ils t'adoraient. Je crois qu'ils étaient heureux que j'ai trouvé quelqu'un avec qui... Avec qui je pouvais être moi.
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Sam 26 Déc - 21:17


À mon grand soulagement, mes mots ne semblent pas la peiner plus encore. Au contraire, ses sanglots se calment, elle finit même par me raconter ses souvenirs. Elle me parle de son grand-père et de son jardin, de sa grand-mère et de son élégance, de sa grâce et de sa beauté.

Comme sa petite-fille alors, murmuré-je en espérant lui arracher un sourire qui n'était que trop manquant sur son visage.

Elle me parle ensuite du couple qu'ils formaient. Un couple non pas parfait, personne ne l'était jamais. Mais ils s'aimaient. L'admiration et l'amour que Tyarisse porte à ses grands-parents s'entendent dans sa voix.

« Je t'aime plus qu'hier, moins que demain. »

Elle est belle, cette phrase. L'amour éternel, n'est-ce pas ? C'est une idée qui est devenue malheureusement beaucoup trop abstraite, de nos jours.

Ne l'oublie pas, alors. Continue de porter cette phrase en toi, si sa signification t'est si précieuse.

Elle enchaîne sur la correspondance qu'elle entretenait avec eux. J'acquiesce légèrement lorsqu'elle mentionne le fait de les préserver de l'univers de la Congrégation. Ça, je le comprenais aisément. C'était parfois un peu lourd à porter, de garder tous ces secrets. Mais nous avons tous, en tant que missionnaires, cette espèce d'instinct de tout cacher à nos proches. Maintenant Lily était au courant de tout, mais j'évitais de lui en parler quand même, par habitude sûrement...

Tyarisse relève la tête vers moi. Du dos de la main, j'essuie les larmes sur ses joues.

— Je leur ai parlé de toi tu sais... Ils t'adoraient. Je crois qu'ils étaient heureux que j'ai trouvé quelqu'un avec qui... Avec qui je pouvais être moi.

Je ne peux m'empêcher de rougir un peu. Mais je lui souris, replace une de ses mèches de cheveux qui collait à sa joue derrière son oreille.

Dans ce cas, continue à être toi, et souris. Continue de sourire pour eux.

Je remarque alors sa chair de poule, ses doigts gelés.

Tu as froid...?

Je me remets debout, lui tends la main avec un sourire aux lèvres :

Viens avec moi.

J'attrape sa main et l'emmène vers la cuisine. Je pousse toutes mes affaires de cours étalées sur la table, sors des placards de quoi faire du chocolat chaud. Pendant que le lait chauffe, je sors également des tablettes de chocolat, adresse un clin d'œil à Tyarisse :

Il paraît que le chocolat ça fait des merveilles quand on ne va pas bien.

Je lui tends une tasse fumante, avant de m'appuyer contre le frigo, une deuxième tasse dans la main.



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Sam 26 Déc - 21:20
- Comme sa petite-fille...

Cette phrase me laissa perplexe, c'était la première fois qu'Alexander me faisait ce genre de compliment et même dans un moment pareil ça me faisait quelque chose. J'étais touchée par ce compliment et je crois bien que dans une autre situation j'en aurais rougi de plaisir.

Quand je parle du fait de mentir à mon entourage sur le véritable visage de la Congrégation, je sais qu'il me comprend. Il dit en faire de même et puis dans son cas il s'agit de ses parents ce qui doit lui faire le même effet qu'à moi. Sans oublier Lily... Je savais qu'Alex s'en voulait un peu de ne pas avoir su la protéger et qu'il continuait à essayer de le faire mais parfois, c'était inévitable.

Quand je relève la tête vers lui, il essuie mes larmes d'un geste doux et son sourire me réchauffe le cœur. Cet homme me fait du bien d'une manière rare et unique...
Quand je lui explique que mes grands-parents l'appréciaient sans même le connaître je le vois rougir. Une réaction digne d'Alexander Aestas.
Il ne changerait jamais et pour rien au monde je ne voulais qu'il change.

Un pli barre son front quelques secondes et sans rien dire, je prends sa main et le suis dans la cuisine. Je le laisse chercher quelque chose dans le frigo et regarde d'un œil distrait les cours éparpillé sur la table. Je tombe alors sur un des cours que nous avions sur Marduk.

- C'est au XIIème siècle avant notre ère qu'il gagne en importance, sous le règne de Nabuchodonosor.

Je relevais la tête et tenta un faible sourire.

- Ils pouvaient pas faire plus long encore comme nom.

C'était à ce demandé si ils ne faisaient pas exprès, tout ça pour compliquer le dur apprentissage des historiens d'aujourd'hui.

Alex sortit ensuite du chocolat et mon estomac répondit immédiatement par un grondement. C'est vrai que ce midi, je n'avais pas mangé... Mais ma gorge était trop nouée pour avaler quelque chose de solide.
Quand le beau brun me tendit une tasse je priais pour que le liquide, lui, passe...

Je bus une gorgée. Elle passa plutôt bien ce qui était encourageant alors j'en pris une deuxième. C'était doux et sucrée. Ça faisait longtemps que je n'en avais pas bu...

- C'est très bon, merci...

Bien sûr je ne le remerciais pas que pour le chocolat mais pour tout ce qu'il venait de faire pour moi. Sa douceur, sa gentillesse...
Je quittais ma tasse des yeux et me mordis la lèvre avant de poser mon chocolat chaud sur la table et m'approcher de lui pour regarder le col de sa chemise.
Il portait des traces noirs et le tissu était trempé par mes larmes.

- Enlève la, je vais la nettoyer. J'ai laissé des marques de maquillage dessus... Il faut pas traîner sinon ça va tâcher et ta chemise sera bonne pour la poubelle...

Et je m'en voudrais de devoir jeter une chemise qui lui va si bien.
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Sam 26 Déc - 21:31


— C'est au XIIème siècle avant notre ère qu'il gagne en importance, sous le règne de Nabuchodonosor. Ils pouvaient pas faire plus long encore comme nom.

Je tourne la tête vers elle, remarque qu'elle a le regard tourné vers mes cours. Un faible rire m'échappe.

Je lui tends sa tasse de chocolat chaud. Elle en boit un peu, et aux traits de son visage qui se détendent je devine avec soulagement et satisfaction que ça lui fait du bien.

— C'est très bon, merci...

Je lui adresse un sourire.

De rien.

Je sirote quelques gorgées, la chaleur soudaine me fait frissonner. Je relève la tête en entendant le bruit de la tasse qu'elle repose sur la table. Elle s'approche de moi, inspecte le col de ma chemise. Je l'observe faire, le regard interrogateur.

— Enlève la, je vais la nettoyer. J'ai laissé des marques de maquillage dessus... Il faut pas traîner sinon ça va tâcher et ta chemise sera bonne pour la poubelle...

Non non ce n'est pas grave, je vais le faire...

Je lève les yeux vers son visage.

...moi-même...

Vu l'expression de son visage, elle y tient vraiment. Je suppose que d'une certaine façon elle veut se faire pardonner pour avoir d'un coup débarqué en fondant en larmes dans mes bras, je crois que c'est ce que j'aurais fait aussi, vouloir m'excuser d'une façon ou d'une autre mais euh... Ce n'est pas grave, ce n'est qu'une chemise... Enfin bon, pour ma part je n'aime pas que l'on refuse mon aide, je suppose que c'est pareil pour elle...

Je me détourne, pour défaire les boutons. C'est super embarrassant, ça ne sert à rien de lui tourner le dos je le sais, mais je ne peux pas m'en empêcher. Je retire la chemise et la lui tends.

Les... Les produits pour la lessive sont dans la salle de bain, à l'étage...

D'un geste de la tête je lui indique de me suivre. À l'étage, je lui montre la porte de la salle de bain, le placard où se trouvaient tous les produits.

Bon... Tu ne m'en voudras pas d'aller remettre un t-shirt, hein... Je ne suis pas frileux, mais en ce mois de décembre il fait un peu trop froid pour rester comme ça...

C'était faux. J'étais tellement embarrassé que j'avais chaud. Mais... Je déteste être torse nu.



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Sam 26 Déc - 21:33
Je le regarde se détourner pour enlever sa chemise. Visiblement il a compris que je n'étais pas d'humeur à insister... Le fait qu'il me tourne le dos m'aurait sûrement amusé dans une autre situation mais pas aujourd'hui. Je le regardais faire, le tissu glissa finalement de ses épaules dévoilant un dos musclé.

Alexandre ne faisait pas parti de ses hommes qui passaient leur temps en salle de musculation. Il avait un corps fin sans trop l'être à la fois et puis il était très bien dessiné. Je me surpris à laisser mon regard glisser sur lui et détailler chaque partie de son corps visible. Son jean lui tombait sur les hanches et on pouvait voir l'élastique noir de son caleçon dépasser.
Je clignais des yeux

En plus d'avoir un corps finement taillé, sa peau pâle était sans aucun défaut. Une peau parfaitement lisse que je devinais douce comme celle d'un bébé. En général les hommes étaient plus touchés par l’acné à la puberté, laissant des marques sur leur corps et leur visage mais pas Alexander... Il était tout bonnement parfait.

Je déglutis et reporta mon regard sur son visage avant de saisir la chemise qu'il me tend.

- Les... Les produits pour la lessive sont dans la salle de bain, à l'étage...

Je lui fis un faible sourire et le suivis dans l'escalier.
Nous arrivâmes devant une petite porte dont je reconnus facilement l'utilité grâce au petit panneau posé dessus.
Il ouvre la porte et m'indique un placard avec tous les produits dont il avait parlé. Je repérais le détachant et me retournais vers lui quand il repris la parole.

- Bon... Tu ne m'en voudras pas d'aller remettre un t-shirt, hein... Je ne suis pas frileux, mais en ce mois de décembre il fait un peu trop froid pour rester comme ça...

Je hochais la tête même si le voir aussi rouge faisait remonter un peu mon humeur. Elle passait de plus bas que terre à merdique.
Mais comme on dit « chassez le naturel et il reviendra au galop » encore une fois je me rends compte que c'est vrai car mon regard glissa sur son torse.
Il était à l'image du reste de son corps, tout en finesse... Je me demandais combien d'homme il avait rendu jaloux.
La plupart devait passer des heures à faire du sport pour avoir un physique pareil.

Dans cet océan de perfection un détail ne m'échappa pas. Je m'approchais, intriguée et sans vraiment prendre conscience de mon geste, caressai du bout des doigts la cicatrice qui formait une marque blanche sur son torse.

- Qu'est ce qu'il t'est arrivé ?
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Sam 26 Déc - 21:46

Mon cœur loupe un battement lorsqu'elle s'avance pour caresser du bout des doigts ma cicatrice. Même... Même Lily ne la touchait pas.

Un frisson court le long de ma colonne vertébrale, tandis que mon cœur tambourine dans ma poitrine. J'avais espéré qu'elle ne me poserait pas de questions...

— Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

...mais j'ai été un peu naïf, je suppose.

C'est vieux, ce n'est pas grave...

Enfin, aujourd'hui ce n'était pas grave. À l'époque, ça avait été bien plus compliqué...

Je m'adosse contre le mur, espérant que la fraîcheur du carrelage m'aiderait à apaiser ma nervosité.

Est-ce que j'en parle à Tyarisse ? Je n'aimais pas raconter cette histoire. Je n'aimais pas m'en souvenir. Lorsque j'étais enfant, et que ma mère m'avait dit que je risquais probablement d'avoir une cicatrice à vie, je me grattais la peau jusqu'au sang dans l'espoir qu'elle se reforme sans ce mauvais souvenir gravé sur moi. C'était stupide...

Mais Tyarisse m'avait raconté beaucoup de choses sur elle, son passé. Elle me faisait confiance. Moi aussi, je pouvais lui faire confiance...

C'était il y a longtemps, je devais avoir à peu près sept ans...

Une espèce de sourire amer étire mes lèvres.

Tu n'es pas sans savoir... Que je m'affirme difficilement auprès des gens. Ça a toujours été le cas, tu t'en doutes.

Je serre un peu les dents, nerveux.

Ma réserve amusait beaucoup certains élèves lorsque j'étais à l'école. Je le savais, je les entendais, mais je me taisais parce que je ne voulais pas avoir plus de problèmes. Ça allait, tant bien que mal.

Je marque une pause, cherchant mes mots.

Je t'avoue que j'ai un peu oublié le contexte de ce jour-là. En tout cas, des enfants d'une dizaine d'années étaient venus me demander quelque chose, parce qu'ils avaient compris que je ne refusais pas grand chose. Ce n'était pas méchant je crois, mais j'ai refusé, j'en avais assez. Mais je crois que ça ne leur a pas beaucoup plu, ahah...

J'effleure du bout des doigts la cicatrice.

L'un d'eux a pris une pierre, mais je crois qu'il n'avait pas vu qu'elle était aussi... Tranchante. Il voulait me faire mal, mais pas me blesser je crois, parce qu'il a été surpris quand il a vu que ça s'était mis à saigner. Ils se sont enfuis, après ça. Ils m'ont laissé tranquille aussi, je crois qu'ils voulaient éviter les ennuis.

Je lui adresse un sourire.

C'était il y a longtemps. Ça va, maintenant.

J'expire lentement, la respiration tremblante.

Je crois que c'est la première fois que je raconte ça à quelqu'un en-dehors de ma famille...



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Sam 26 Déc - 21:53
Il est mal à l'aise. Ça se voit à son attitude, il recule, se colle au mur et j'en viens à regretter ma question. Je ne pensais pas que c'était quelque chose qui le gênerait autant, que cette marque représenterait quelque chose d'aussi désagréable pour lui.

Il commence alors à parler.

- C'était il y a longtemps, je devais avoir à peu près sept ans... Tu n'es pas sans savoir... Que je m'affirme difficilement auprès des gens. Ça a toujours été le cas, tu t'en doutes. Ma réserve amusait beaucoup certains élèves lorsque j'étais à l'école. Je le savais, je les entendais, mais je me taisais parce que je ne voulais pas avoir plus de problèmes. Ça allait, tant bien que mal. Je t'avoue que j'ai un peu oublié le contexte de ce jour-là. En tout cas, des enfants d'une dizaine d'années étaient venus me demander quelque chose, parce qu'ils avaient compris que je ne refusais pas grand chose. Ce n'était pas méchant je crois, mais j'ai refusé, j'en avais assez. Mais je crois que ça ne leur a pas beaucoup plu, ahah...

Alors qu'il parle, je vois tellement d'émotions passer sur son visage. Il en tantôt amer, tantôt nerveux. Alors qu'en moi il n'y a qu'un seul sentiment qui grandit : la haine.
Je serre les dents tout le long du récit. Je donnerais tout pour retrouver ses types et leur faire payer. Ils méritent tous de crever. Comment des enfants peuvent-ils être aussi monstrueux ? Même moi je ne marchais pas sur les gens à 10 ans !

- L'un d'eux a pris une pierre, mais je crois qu'il n'avait pas vu qu'elle était aussi... Tranchante. Il voulait me faire mal, mais pas me blesser je crois, parce qu'il a été surpris quand il a vu que ça s'était mis à saigner. Ils se sont enfuis, après ça. Ils m'ont laissé tranquille aussi, je crois qu'ils voulaient éviter les ennuis.

Il touche sa cicatrice et moi je sens mes phalanges me faire mal tellement je sers les poings. Quels bandes de monstres. Alex a beau que c'est vieux, qu'ils avaient compris la leçon je mourrais d'envie de leur faire la même chose. Je voulais les humilier.
On ne s'attaquait pas à ceux que j'aimais.

Les larmes me montaient aux yeux face à cette colère dévorante qui refaisait surface. Comment la vie pouvait-elle être une telle traînée ? S'attaquer aux gens les plus formidables c'était donc ça son secret ?
Un silence s'installe et je vois un petit sourire se dessiner sur ses lèvres en même temps que je le vois reprendre son souffle. Son attitude trahit encore une fois sa nervosité.

- Je crois que c'est la première fois que je raconte ça à quelqu'un en-dehors de ma famille...

Cette fois je crispe à mon tour et le fixe dans les yeux. Il me faisait donc tellement confiance ? C'était quelque chose qui n'appartenait qu'à lui, si il ne voulait pas m'en parler il pouvait parfaitement refuser ou inventer une quelconque histoire. Non, à la place il m'avait dit la vérité.
Cela me toucha bien plus que je ne l'aurais pensé.

Ne sachant quoi dire et les mots n'étant pas mon arme favorite, je décidais d'agir à la place.
J'avançais vers lui et passa mes bras autour de sa taille et enfouissant de nouveau ma tête dans son cou.

- Merci.

Ce fut le seul mot qui franchit mes lèvres. Merci pour sa gentillesse, pour sa confiance.... Je lui devais tellement et ce, depuis la première fois où j'avais posé mes yeux sur lui.
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Sam 26 Déc - 21:58


Je la vois, la rage qui passe dans ses yeux tandis que je raconte mon histoire. Ça passe par des larmes, par ses ongles qu'elle plante dans les paumes de ses mains. Elle ne dit rien, tout du long, me laisse parler. Et je lui en suis reconnaissant, c'était bien plus facile de tout raconter en une seule fois. Finalement, je lui adresse un sourire en lui avouant que je ne parlais généralement pas de cette histoire aux gens.

Elle plante son regard dans le mien, que je soutiens sans peine. La regarder ainsi dans les yeux, je suis incapable de le faire avec des inconnus. Les choses ont bien changé Tyarisse, n'est-ce pas ? Comme quoi ce n'était pas une si mauvaise chose d'être collé, ce jour-là. J'ai l'impression de la connaître si peu et tellement à la fois. C'est tellement... Étrange.

Elle s'avance, passe ses bras autour de ma taille et enfouit à nouveau son visage dans mon cou. Là aussi je vois que les choses ont changé, je ne me crispe même pas.

— Merci.

Je bats des paupières, un peu surpris. Merci ? Pourquoi ?

Je ne sais pas trop pourquoi tu me remercies... Pour t'avoir raconté cette histoire ? Tu n'as pas à m'en remercier. Ma confiance, c'est toi qui l'as gagnée. Tu as su la gagner, et dieu sait que ce n'est pas donné à tout le monde.

J'esquisse un mince sourire.

C'est moi qui te remercie. Pour ta patience, et puis même si c'est embarrassant parfois, pour ta curiosité à mon égard. Il faut parfois affronter ses défauts pour avancer, et je crois que t'accorder ma confiance m'a fait grandir.

Je laisse les muscles de mes épaules se détendre, les battements de mon cœur se calmer. Je pose mes mains sur son dos, et recommence à tracer des cercles du bout des doigts, comme je l'avais fait plus tôt.

Tu es si... Naturelle. Tu n'as pas peur de montrer ce que tu ressens, de le dire et de l'exprimer face aux gens. C'est quelque chose que je suis incapable de faire, ou difficilement, pour ça je t'admire beaucoup. C'est important de savoir exprimer ce que l'on ressent, tout garder pour soi n'est pas bon...

Je parle beaucoup. Pourquoi est-ce que je parle autant ? D'habitude, j'écoute plutôt les autres... Un faible rire m'échappe lorsque je comprends que je suis en train d'appliquer mes propres paroles.

... il semblerait que tu aies réussi à la briser, cette coquille que tu voulais faire disparaître. Félicitations, Miss Fent.

Je recule légèrement, pour voir son visage.

Tu es bien mieux comme ça, tu sais. Énergique et souriante. Sache cependant que si tu as besoin d'une épaule pour pleurer, je suis là...

Je montre la chemise que je portais plus tôt, adresse un clin d'œil à la jeune femme.

...Je mettrai des t-shirt foncés pour l'occasion.



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Sam 26 Déc - 22:00
Dans sa poitrine, j'entends son cœur battre la chamade. C'est moi qui lui fait cet effet ? Il se mit alors à parler, encore et toujours. Je l'écoutais émerveillée de le voir se révéler comme ça. Il ne parlait jamais autant d'habitude...
Je caressais des pouces ses hanches mais c'était sans vraiment m'en rendre compte. Je restais attentive à ce qu'il me disait. Concentrée sur ses mots et sur leur signification.

- Tu es si... Naturelle. Tu n'as pas peur de montrer ce que tu ressens, de le dire et de l'exprimer face aux gens. C'est quelque chose que je suis incapable de faire, ou difficilement, pour ça je t'admire beaucoup. C'est important de savoir exprimer ce que l'on ressent, tout garder pour soi n'est pas bon... il semblerait que tu aies réussi à la briser, cette coquille que tu voulais faire disparaître. Félicitations, Miss Fent.

C'est à mon cœur de s'emballer, j'étais touchée par ses mots. Je ne pensais pas lui apporter tellement ou être si... Importante à ses yeux. Ses mains se posent sur mon dos et je le sens faire de légers cercles avec ses pouces. Je suis alors prise dans une sorte de malaise, un malaise intérieur et délicieux.
Je m'abandonnais totalement dans les bras de cet homme qui avait su me consoler après un événement qui allait bouleverser ma vie à jamais.

Je cherche mes mots. Pour une fois c'est lui qui parle et moi qui ne sait pas quoi dire. J'aimerais lui confier tout ce que je ressens en ce moment mais je n'arrive pas à mettre des mots dessus.
Mais je n'eus pas besoin de reprendre la parole car il parla de nouveau après avoir reculé légèrement et plonger son regard dans le mien.

- Tu es bien mieux comme ça, tu sais. Énergique et souriante. Sache cependant que si tu as besoin d'une épaule pour pleurer, je suis là... Je mettrai des t-shirt foncés pour l'occasion.

Un sourire étira mes lèvres et pour la première depuis que j'étais arrivée chez lui ce fut un vrai sourire. Il avait réussi...
Les paroles de mon grand-père me revinrent alors en mémoire. « Tu comprendras que c'est le bon quand à son contact tu deviens une meilleure personne et qu'à ton contact lui aussi se trouve être un homme meilleur ».
C'était comme si je venais d'assembler la pièce manquante du puzzle et que je découvrais enfin le résultat. Je comprenais mes propres agissements, mes propres sentiments.
La colère que j'avais ressenti quand j'avais cru qu'il sortait avec cette « Laura », cette bouffée de chaleur dans le café quand j'avais cru qu'il allait m'embrasser et que j'avais finalement senti ses lèvres sur mon front, cette pointe de déception ou encore le fait que mes pas m'avaient mené inconsciemment à lui.

Je ne savais pas quand j'étais tombé amoureuse de lui mais une chose était sûre, c'est que c'était bien réel.

Mon cœur s'emballa encore plus et c'était comme si le contact de sa peau contre la mienne me brûlait. Je détournais le regard et me mordis la lèvre.

- Alex... Je...

Qu'est ce que j'étais sensé dire ?
La réponse fut comme une évidence. Rien. Je n'avais rien à dire mais tout à faire.
Relevant les yeux vers lui, je pris un inspiration et mon courage à deux mains. Me mettant sur la pointe des pieds je pris son visage dans mes mains et posa mes lèvres sur les siennes.
Voir le profil de l'utilisateur



Alex
Messages : 366
Localisation : Stockholm, toujours.
Loisirs : Observer le ciel nocturne.
Humeur : Heureuse.
avatar
Alexander Aestas

Personnage...
Pouvoir: Poussière
Dieu: Nanna
Age: 23 ans
Sam 26 Déc - 22:07

Elle m'adresse un sourire. Sincère. C'est bien, elle va mieux alors.

— Alex... Je...

J'attends qu'elle termine sa phrase, mes doigts caressant toujours son dos. Sauf qu'elle ne termine jamais sa phrase.

Elle pose doucement ses mains sur mes joues. Puis pose ses lèvres sur les miennes.

Mon cœur manque un battement, avant de repartir à un rythme effréné. Pourtant... Je ne peux même pas dire que je suis surpris. Les frissons qui me parcourent... Ne sont nullement dus à un quelconque malaise. Bon sang, tout se mélange dans mon esprit... Par contre... Cette envie de sourire et de serrer Tyarisse plus fort contre moi ne trompe pas.

Je recule légèrement, pose mon front contre le sien. J'observe quelques instants ses mèches de cheveux qui se soulèvent à cause de mon souffle, et de notre proximité. Un sourire étire mes lèvres. Un sourire doux, et sincère.

Était-ce un geste désespéré pour oublier ton chagrin ou...?

Au moment où je murmure ces mots, je me surprends à espérer que ça ne soit pas le cas. Je ne voulais pas que ça ait juste été pour se changer les idées. C'était peut-être un peu égoïste, mais... Oh et puis, tant pis. Pour lui faire comprendre ce que j'attendais comme réponse, je dépose un baiser sur le coin de ses lèvres.

Du dos de la main, je viens caresser son cou, partant du haut de sa mâchoire pour finir à la base du cou.

Un faible rire m'échappe, et nous sommes tellement proches qu'il nous fait trembler tous les deux.

Je croyais... Que tu pensais qu'avoir une vie de couple en étant au service d'Inanna était impossible, entre les missions et tout ça. Tu as changé d'avis, alors ?

Nouveau sourire de ma part.

Un bruit sur ma gauche me fait alors sursauter, je recule précipitamment pour regarder ce que c'était. Alors, je me liquéfie. Lily, figée dans une posture et une expression dignes d'un dessin animé, me regarde d'abord comme si j'étais un extraterrestre.

— Oh mon dieu... Alex, tu...

J'entrouvre la bouche pour parler. Mais l'expression de son visage change. Elle m'adresse un sourire, à la fois satisfait, mais aussi malicieux.

Elle se détourne, et dévale les escaliers en sens inverse, en hurlant :

— MAMAAAAN ! ALEX IL EST TORSE NU DANS LA SALLE DE BAIN EN TRAIN D'EMBRASSER UNE FIIIIIILLE !

J'avoue que sur le moment, même si je n'avais honte de rien, mon visage devient écarlate. J'esquisse un mouvement pour la suivre, puis m'arrête. Je prends Tyarisse par le poignet, hésite quelques secondes. Puis fais glisser ma main de manière à entremêler mes doigts aux siens.

Viens.

Je l'entraîne avec moi, dans les escaliers puis dans le salon où se trouvent ma mère et ma sœur, les deux un immense sourire aux lèvres. Ma mère nous serre, Tyarisse et moi, à tour de rôle dans ses bras. Je l'entends murmurer à la jeune femme « Bienvenue dans la famille ma belle. Je t'avais dit qu'il n'y avait aucune raison que tu n'y crois pas...». Et pendant ce temps, ma sœur qui me frappe gentiment l'épaule en disant : « Hé Alex, va mettre un t-shirt, ça craint là...».

Pendant ce temps-là, je tiens toujours fermement la main de Tyarisse. La magie de Noël, hein...?

Je me penche légèrement en avant, viens murmurer à l'oreille de la jeune femme :

Joyeux Noël.



Voir le profil de l'utilisateur



Tyarisse
Messages : 348
Localisation : A la croisée des chemins
Loisirs : Cogner, aimer, pleurer
Humeur : En perpétuel mouvement
avatar
Tyarisse Fent

Personnage...
Pouvoir: Guerrière
Dieu: Inanna
Age: 22 ans
Sam 26 Déc - 22:28
Alors que je l'embrasse je ne sais pas vraiment à quoi je m'attends. Le fait est qu'il ne me repousse pas, il ne se fige même pas. Ses mains sont toujours dans mon dos et je les sens faire de légers ronds. Finalement il s'écarte mais pose son front contre le mien. Je n'ose pas le regarder, je n'ose même pas ouvrir les yeux je me concentre sur son front contre le mien, ses mains dans mon dos, son souffle qui balaye mon visage.

- Était-ce un geste désespéré pour oublier ton chagrin ou...?

Je rouvre subitement les yeux et relève la tête vers lui. Ses lèvres se posent alors si proche des miennes, mon cœur loupe un battement et je n'arrive pas à dire un mot. Pourtant sa dernière phrase résonne dans ma tête et je retrouve bien vite ma voix.

- Non. Je le voulais... Depuis un moment même mais... Je crois que je viens juste d'en prendre conscience...

Sa main glisse alors contre ma peau et je frissonne. J'ai l'impression que rien ne peut venir briser notre bulle. C'est notre petit cocon à nous... Parce que si il ne m'a pas repoussé c'est que maintenant il y a un nous non ? Le doute m'assaille et je me mordille la lèvre mais je n'ai pas le temps de lui poser la question que son rire nous secoue tous les deux. Il sourit, c'est qu'il doit être content non ?

- Je croyais... Que tu pensais qu'avoir une vie de couple en étant au service d'Inanna était impossible, entre les missions et tout ça. Tu as changé d'avis, alors ?

Sa question me fait réfléchir et je joue avec une de ses mèches.

- Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis non ?

Je lui fais un petit sourire et prend une grande inspiration. C'est bien joli de se dire tout ça mais j'ai toujours un point d'interrogation en tête. Je m'apprête à lui poser la question interdite quand un bruit sur ma droite me fait tourner la tête et celle d'Alex par la même occasion.
Je cligne des yeux plusieurs fois avant de vraiment comprendre que la fille qui se tient devant nous n'est autre que la sœur d'Alexander elle même.

Bordel de merde.

J'avais pas vraiment prévu que Lily nous voit dans ce genre de situation... A vrai dire je n'avais pas prévu non plus que ce genre de situation nous arrive mais bref. Elle fait une drôle de tête et je crains un instant qu'elle nous fasse une syncope.
Bon au moins c'est sa sœur pas sa mère...

- MAMAAAAN ! ALEX IL EST TORSE NU DANS LA SALLE DE BAIN EN TRAIN D'EMBRASSER UNE FIIIIIILLE !

Là, ça craint... Nan mais sérieux elle pouvait pas la fermer ?! Je sais pas moi la solidarité entre frère et sœur c'est une légende ou merde ? Je me passe une main sur le visage quand Alex va pour la suivre mais il se fige et me prend le poignet en me disant de venir. Venir où ? VOIR SA MERE ?! Mais il est torse nu et et et... Tout s'envole au moment où il lâche mon poignet et qu'il mêle ses doigts aux miens.

Ce qui se passe ensuite est assez étrange, je sais pas si c'est comme ça dans toutes les familles mais sa mère nous prend tour à tour dans ses bras et j'ai même le droit à un petit mot à l'oreille. J'aimerais lui répondre mais mes joues me brûlent tellement je suis mal à l'aise. La réflexion de Lily ne m'échappe pas et me fait baisser les yeux. Pendant ce temps, Alex n'a pas lâcher ma main et je la sers. Une fois les « formalités » passées, Alex se penche à mon oreille et me murmure :

- Joyeux Noël.

Un sourire timide étire mes lèvre et je caresse sa joue.

- Il faut une tragédie pour qu'un bonheur arrive...

Alors que j'entends les deux femmes s'éloigner j'embrasse Alex, un baiser timide, moins avide que l'autre mais tout aussi sincère.

- Je devrais y aller, merci encore Alex... Pour tout.
Voir le profil de l'utilisateur



Page 1 sur 1
 
Les Chroniques de Sumer :: Stockholm :: Centre commercial :: Les allées
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet