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Nabouh
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Localisation : Franchement... loin!
Loisirs : Embêter tout le monde et rire bien fort.
Humeur : Taquine
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Nabouh Saifi

Personnage...
Pouvoir: Inventeur
Dieu: Enlil
Age: 17 ans
Mer 10 Fév - 16:15
Mes pas foulèrent le sol de ce temple à l'intérieur duquel je ne m'étais pas rendu depuis si longtemps. C'est vrai, la dernière fois, cela remontait à mon passage missionnaire, après cette stupide mission où j'avais cru mourir à chaque sentier. Pourtant, je me souviens clairement qu'à ce moment-là, malgré la colère et tout le ressentiment que je pouvais éprouver, je m'étais senti grandement apaisé par la montée, par le vent qui semblait me pousser en avant. Les allures calme de ce temple me rappelait le palais que j'avais vu en rêve, ce royaume de silence qui avait calmé mon âme troublée et agitée. Peut-être était-ce de ça dont j'avais besoin... Peut-être était-ce pour ça que j'étais venu ici sans m'en rendre compte. La montée, bien que rude, avait épuisé mes muscles, me rendant un peu plus amorphe que d'habitude. Pourtant, ma détermination était intacte. ALors que j'aurais chanté tout le long du chemin d'habitude, j'étais resté silencieux, et je ne prononçais toujours pas un mot. Commment j'étais censé faire ? Est-ce que seulement il allait m'écouter ? Et d'ailleurs, pourquoi aurais-je envie de lui parler si soudainement ? Peut-être ma récente conversation avec Inanna, bien qu'ils soient très différents.
Après un instant de réflexion, je me mis à tourner lentement à l'intérieur pour finalement m'asseoir, adossé contre une oclonne du temple, le visage vers le toit. Mon regard portait n'importe où. Je ne savais pas comment m'y prendre. Comment... prier. Je secouai la tête. Pourquoi je faisais ça ? A quoi ça servirait ? Je n'avais jamais compris els gens qui venaient prier, pourquoi ce n'était qu'une manière d'extérioriser ses problèmes, de les fuir en les mettant sur le compte d'un autre, de demander l'aide d'une puissance invisible qui se fiche royalement de vous... Pourquoi voudrais-je le faire maintenant ?
Parce que tu n'as rien d'autre à cet instant
La réalité s'imposa d'elle-même à mon esprit... C'est vrai, je n'avais rien d'autres, personne d'autres pour l'instant. Je poussais un soupir. Je ne jugerais plus les personnes qui prient après ce que je vais faire.

-Bonjour Enlil. Vous m'aviez dit vouloir de mes nouvelles lors de notre escapabe aux Caraïbes, donc je viens vous raconter ma vie aussi, dis-je avec un faible sourire.

Je me sentez franchement idiot de parler seul dans un temple mais dans un sens, je savais qu'Enlil était réel, je savais qu'il m'entendrait. Est-ce que cela rendait les choses plus justes ou évidentes ? Non... Pas vraiment.

-Vous savez... je commence à croire que vous aviez raison en disant que j'avais des troubles d'affections. D'ailleurs vous étiez peut-être sérieux quand vous me le disiez... Vous voyez... Ces derniers temps je commence vraiment à me demander pourquoi vous m'avez choisi, et si vous avez bien vu ce que vous dîtes avoir vu dans mon âme.

C'était assez direct je l'admets, mais je m'exprimais sur un ton hagard, comme si j'étais perdu dans mes pensées, comme si rien n'avait de sens pour moi. C'était un peu l'impression qui me taraudait depuis un moment. Mon coeur me tiraillait sans cesse, rien n'avait d'intérêt pour moi, je ne parvenais plus à m'intéresser aux gens comme j'avais l'habitude de le faire auparavant... Je me sentais mal. Je me sentais... seul. Sûrement encore un problème d'affection. Mes amis me manquaient. Ma famille me manquaient. Mon pays me manquait.

-En fait ce n'est même pas ça, c'est juste moi le problèmes... Je ne suis pas très doué avec le pouvoir que vous m'avez confié, vous avez du vous en rendre compte. Et puis... Et puis rien ne va tout simplement. J'ai l'impression que toute cette vie que j'ai acquise n'a aucun sens pour moi, tout me semble lointain, peut-être parce que je n'ai personne avec qui réellement la partager... Oui je sais, vous allez dire que je ne suis pas le seul missionaire sur cette planète, mais il n'y a personne dont je sois vraiment proche ici... Je croise des gens pour ne plus les recroiser, si c'est le cas ce sera dans un cadre de mission où on peut y laisser notre peau. A quoi bon se lier avec des personens si on sait qu'elles peuvent nous être arracher d'un moment à l'autre.

Je poussais un long soupir à ce moment-là. Je divaguais sûrement, pourtant, au fur et à mesure que je parlais, mon coeur me criait de continuer, de laisser couler ma peine.

-Remarquez, c'est le comble que je dise ça. Je viens d'un pays en guerre perpétuelle. J'ai vu plus de morts que la plupart des gens ici, j'ai vu des membres de ma famille, des amis se faire tabasser et arrêté sans raison, j'ai vécu la peur au ventre durant toute ma vie sans jamais la montrer à qui que ce soit. Mais là-bas, en Palestine, j'avais mes amis, ma famille pour me soutenir, pour créer un groupe uni que rien ne pouvait détruire.

Rien si ce n'est les soldats. Mais même comme ça, on se sentait fort, on se sentait ensemble contre l'ennemi. On se sentait invincible car il n'y avait pas que notre vie qui comptait, mais celle de tous les autres, toutes la communauté, toute la ville, tout un chacun était menacé, et nous devions tous les protéger. Lorsqu'un pleurait, on pleurait avec lui. S'il riait, on riait avec lui. Cet préservation du danger, je ne parviens pa sà la retrouver ici. Mais même... Le malaise est plus profond que ça.

-Vous savez, je ne devrais pas vous dire ça d'ailleurs, mais j'avais même songé à ce que vous me retiriez mes pouvoirs et me rendiez ma vie d'avant... Mais je me suis rendu compte que ça n'aurait servi à rien. Je n'aurais jamais pu oublier cette vie, tout ce que je sais, tout ce que j'ai appris. Et j'aurai eu peur, dans un sens, que tout me manque. C'est idiot n'est-ce pas ?

Oui je parlais toujours tout seul mais curieusement, entendre le son de ma propre voix me faisait du bien. Cela me rendait plus calme. J'avais cessé de trembler, je n'avais plus envie de pleurer malgré les images qui torturaient mon esprit. Je n'avais plus envie de m'effondrer comme c'était le cas depuis plusieurs jours. Pourtant, je savais qu'à l'instant où je sortirais d'ici, abandonnant la quiété des lieux, je retrouverais cette instinct morbide qui m'habite et qui refuse de me lâcher.

- Savoir que l'on a ôté la vie à quelqu'un... Même si ce n'était pas vraiment vous... Ca brise quelque chose en nous. Peut-être est-ce différent pour les dieux, mais pour nous, pour moi, ça change énormément de choses. J'ai l'impression d'avoir tout brisé dans ma vie, que tout à été détruit. J'ai retiré une vie alors que je ne connaissais pas cet homme. Je me suis laissé manipuler... Je sais je sais, je n'aurais rien pu faire de toute façon, mais ça ne me rassure pas. Ca me console encore moins.

Je reniflai un coup avant de poursuivre.

-J'aurais dû trouver quelque chose... J'aurais dû faire quelque chose... Comme lorsque cette fichue créanne a attaquer la congrégation. Je n'ai rien pu faire, juste me protéger avec Warren et tenter de lui sauver la vie. MAis je n'ai rien fais... Rien ne me venait, j'étais paralysé. De toute façon, mon pouvoir était bien trop faible. Je suis trop faible.

A ce moment-là, je remarquai qu'il faisait plus sombre dans le temple. Le soleil avait changé de côté et ses rayons ne parvenaient plus à l'intérieur de la bâtisse. Je regardais le ciel avec amertume, comme s'il pouvait avaler tous mes soucis. Mes pensées tourbillonaient dans ma tête. Pourtant, c'est l'esprit parfaitement clair que je m'adressais à lui.

-Mais je ferais des efforts, je m'améliorerais. J'essaierais de ne pas vous faire honte, puisque c'est mon rôle...

Je me levais alors, en profitai pour m'étirer langoureusement, appréciant le craquements de mes os et la détente de mes muscles engourdis. Ce temple n'était pas pour les arthritiques, ni pour toutes autres personnes malades. Je me tournai une dernière fois vers l'intérieur du temple et avisai l'autel en son centre. Mes lèvres se fendirent d'un léger sourire, le premier depuis longtemps. Pourtant, comme j'allais m'en rendre compte, je ne me sentais pas mieux pour autant.

-Bon eh bien... je vous laisse. J'imagine qu'entendre vos missionaires se plaindre ne fait pas parti de vos projets d'éternité. Au revoir Enlil.

Je m'apprêtais à partir lorsqu'une bosse dans mon manteau me rappela à l'ordre. Je re-rentrais dans le temple rapidement et m'approchai de l'autel.

-J'allais oublier... puisque vous me reprochez de ne pas vous faire de sacrifice, et que je n'ai pas trouvé de jeune vierge, je vous donne ça en échange. Tenez.

Je déposai alors un paquet ressemblant à un petit tas de mouchoirs sur l'autel. Je sortis alors du temple, sans me retourner. Un vent souffle, dispersant les mouchoirs qui servaient d'emballage. A l'intérieur se tenaient trois cornes de gazelle faîtes mains, fruits de ma cuisine laborieuse.
Je ne me retournai pas, me conentai de redescendre la pente pour retourner vers la congrégation. Sur le chemin, mes pensées revinrent me hanter, pour ne plus me lâcher. Une fois rentré dans ma chambre, je me laissais aller à ma peine.
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Enlil
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Enlil
Mer 10 Fév - 16:34
Je le laissa parler. Je n'étais pas présent physiquement mais de mon royaume je percevais ce qu'il me disait. Nabouh était quelqu'un de sensible. Peut être encore trop. Mais son âme était plaisante et bien qu'il ne suive pas toujours un chemin parfait je ne regrettait pas l'avoir soumis à ma cause. Peut être cela ne lui plaisait. Visiblement il avait du mal. Il était encore trop jeune pour savoir ce qui était bon ou mauvais. Plus tard peut être qu'il comprendrait. Là, maintenant, dans l'immédiat, il ne savait rien. La suite viendrait plus tard. Peut être est ce que je songerais à quelque chose pour faire de lui quelqu'un de plus solide. Peut être. Il y a quelques années cela aurait été le dernier de mes soucis. Aujourd'hui les missionnaires ce font trop rares pour que l'on ne garde pas un bref regard sur eux. Il gardera cet air fébrile pour avoir prit une vulgaire vie mais ne devra plus en être aussi affecté. C'est ainsi. Toi plus que quiconque le sait Nabouh, la guerre est partout.

Plus tard alors qu'il était dans sa chambre je laissa passer un vent du sud jusqu'à lui, lui laissant comprendre que je l'avais entendu.

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