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Oh mon beau désert [ Nin <3 ]
Souad
Messages : 18
Localisation : En Ethiopie
Loisirs : Chanter pour le sable et errer vers l'espoir.
Humeur : Indescriptible. Changeante.
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Souad Sheba
Ven 12 Fév - 22:16
Je m'étais réveillé très tôt ce matin, bien avant que le soleil ne jète ses premiers rayons. La lumière jouait avec les pierres de la caverne, donnant l'impression qu'elle irradiait littéralement de lumière en se reflètant dans le bassin d'eau pur au fond de la grotte. Cette entaille au sein d'une immense structure couleur sable offrait un vaste abri, en hauteur, loin de tout. Depuis ma fuite du village, je m'étais établie ici, préférant une vie en solitaire appréciant la liberté que cela comportait, regrettant parfois l'absence de Abu 'Omar. Mais quelque chose manquait toujours à mon coeur, un désir profond y était entré et, alors que je traversais les grandes étendues éthiopiennes, j'avais senti ce vide s'agrandir, peser davantage dans ma poitrine. Je cherchais quelque chose, j'étais en quête d'une partie de moi, mais je ne l'avais pas encore trouvée. Je ne savais pas où chercher. Tout ce que je savais, c'est que j'attendais. Je l'attendais.

D'une main assurée, je frottais lentement ma peau avec l'eau fraîche du bassin en creux, appréciant ce contact humide contre ma peau, cette sensation de bien être que procure l'eau en chassant toutes les impuretés de votre corps. Celle du grand bassin me servait pour me purifier, tandis qu'une petite source, ruisselant sur les parois de la grotte lors des jours de pluie achevait sa course dans une pierre creuse et servait à me désaltérer. Elle était presque pleine. Depuis plusieurs jours, je ne restai que très peu sous ma forme humaine. Le fennec est plus endurant, il boit peu, et en cas de soif, il me suffit de rejoindre les oasis alentours. Mes sens sont également plus développés, mes forces aussi. L'animal était adapté au milieu du désert, à défaut des hommes. Un léger sourire flotta sur mon visage, tandis que je revêtais une robe de tissu blanc, couvrant mon corps mais laissant mes bras et mes épaules dénudés. Jamais je n'aurais imaginer devoir me servir de ce que Omu Fida m'avait appris, je n'avais jamais aimé tisser ou broder et pourtant, j'en comprenais enfin l'utilité, maintenant que je vivais seule, à mon propre salut. D'un pas décidé, je me dirigeais vers l'entrée de la caverne. Je délogeai d'un geste élégant les grains de sable venus souiller une pierre me servant de siège à cet endroit et sortit de derrière elle un peigne un bois verni, serti d'une fleur de crocus en tissu, que j'avais confectionnée sous la direction Omu Fida. Abu 'Omar avait été très fier de cette création, disant qu'elle me ressemblait, qu'elle était faîte pour moi. Je plaçais donc ce peigne dans mes cheveux, faisant ressortir la fleur aux couleurs adaptées à ma chevelure. Je ne portais pas de bijoux ou d'accessoires, je n'aimais pas ça. Mais celui-ci était particulier, unique. Il était mon dernier lien avec Abu 'Omar.

***

Le sable offre une surface tangible à mes pattes. Je ne risque pas de glisser, ou de tomber. Un inventeur oublierait-il ses créations ? Mes pattes foulaient le sable avec légèreté, j'appréciais ce contact chaud et bref propre à la foulée de l'animal. De mes yeux de renard, je percevais chaque grain qui volait, emporté par le vent, chaque plante qui paraissait au soleil, chaque signe de vie dissimulé sous la mer dorée. Un scarabée avait eu le malheur de l'oublier... L'air m'apportait les effluves de la ville, la puanteur des humains qui suaient à grosses gouttes dans cet enfer. Je fronçais mes babines, gênée par l'odeur, puis me détournais. Je n'avais pas envie que l'on tente de me capturer, je faisais tout pour l'éviter. J'y parvenais d'ailleurs assez bien, étant plus intelligente que les fennecs normaux.
Je parcourus l'étendue désertique à petite foulée, jouant avec des insectes, m'amusant à courir pour le plaisir du vent à travers ma fourrure. Je m'amusais à japper une fois ou deux également, l'instinct animal prenant parfois le dessus sur moi.
Soudain, je sentis une perturbation dans l'atmosphère, dans ce qui m'entourait. Je m'imobilisais, humant l'air autour de moi, les oreilles dressées mais gigotants de temps à autre, à la recherche d'un son incongru.

"Qui est-là ? " Pensais-je en fond de moi.

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Nin
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Localisation : Sous Terre
Loisirs : M'ennuyer tout seul dans mon royaume
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Nin Hursag

Personnage...
Pouvoir: Absolu quelle question
Dieu: Nin Hursag
Age: Aussi vieux que la Terre
Ven 15 Avr - 19:25
Parfois j'aime rester à ne rien faire d'autre que ressentir. Je m'assois dans le désert ou sur la montagne et je ferme les yeux. C'est un espèce d'état second où je me connecte profondément avec mon royaume, mes pouvoirs de Dieu. Je deviens la Terre et je sens tout ce qui s'y passe. C'est en même temps incroyablement grisant et vertigineux mais aussi douloureux. Quand je rentre en transe de cette façon je suis lucide et surtout mon état m'apparaît clairement.

Je sens le souffle brûlant du désert et celui, glacial, des terres du Nord sur ma peau. Je sens les pas des hommes qui me foulent comme autant de fourmis qui rampent sur mon échine. Leurs chemins résonnent à travers les chemins de sable, de goudron et de terre battue. Ca ne me fait plus mal. Enfin plus autant qu'avant, plus autant que la première fois. Peut-être que c'est pour ça que je fume ? Pour oublier la douleur quand ils creusent sous ma peau, dans ma chair. Pour eux je suis tellement comme une simple chose inanimée dont ils disposent. C'est parfois pénible, désagréable.

Quand tout ça devient trop insupportable je me connecte sur les battements lents du désert. Là-bas il n'y a presque personne. Les touaregs sont silencieux, les dromadaires marchent avec lenteur, presque légers. L'envie de plus me prend. J'inspire un peu, souffle puis inspire encore. Je suis là, assis en tailleur sur le sable. Le vent est tombé. J'attends un peu que les animaux s'habituent à ma présence et cessent de s'agiter. Le calme revient.

Enfin presque. Je sens une présence intruse non loin. Je ne la vois pas mais je sais qu'elle est là, à quelques mètres dans le sable. Elle ne semble pas hostile pour autant que je puisse en juger, seulement intriguée. Je n'ai pas spécialement envie de la compagnie d'une créanne maintenant mais si elle vient je ne la chasserais pas. Ce n'est pas comme si j'avais actuellement quelque chose à faire de toute façon.

Spoiler:
 

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Merci Ina ♥
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Souad
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Souad Sheba
Mar 24 Mai - 16:42
Les pas du fennec frôle doucement le sable d'un mouvement aérien. Il progresse doucement, sans bruit, mû plus par l'instinct que n'importe quel autre sens. Quelque chose l'appele. Une sensation forte, puissante, qui parcoure son corps comme un million de flux d'énergie venus de partout. Une sensation qu'il n'a jamais ressenti auparavant dans ce désert à la fois hostile et hospitalier pour celui qui sait y faire. Pour la première fois, le fennec sent battre davantage que le désert au coeur de sa fourure. La désert lui apparait plus resplendissant que jamais, comme un endroit sûr. L'aura qu'il ressent perturbe sa perception des choses, mais pas dans une mauvaise voie. Il apprécie ce changement. Il est curieux. Il s'approche, il le sait. Bientôt il découvrirait la source de tout cela.

Au nord de plateau où il se trouve, l'animal s'arrête enfin. Il s'assois sur son postérieur et observe avec attention le spectacle sous ses yeux. Un homme s'y trouve. Un homme semblable à ceux de son pays, mais en même temps différent. Son visage, sa corpulence... Ce qu'il dégage surtout clame à l'univers entier qu'il n'est pas de la même veine que le reste des hommes, qu'il n'est pas l'un d'eux. Au fond d'elle, Souad s'interroge. Qui est cet homme ? Que fait-il ici ? Et surtout, quelle est cette sensation étrange qu'elle ressent à la regarder ? C'était comme contempler l'infini, se laisser happer par les méandres complexe du monde. Pour la première fois, elle se sent minuscule face à une personne.
Le fennec s'ébroue. Cela lui plait et en même temps ne lui plait pas. Cela ne lui plait pas car il ne comprend pas, et ceci est la pire des faiblesses ici bas. Après une courte hésitation, il descend lentement les rebords du plateau d'où il observait l'homme étrange pour s'en approcher, à pas tranquille. Il s'arrête une seconde face à lui puis son ombre s'étire, et là où se tenait un beau renard des sables, se tient à présent une jeune fille élancée à la peau noire, entièrement nue, bien que cela ne la gêne pas le moins du monde. Elle dévisage en silence l'inconnu avant de briser la paix qui s'était installée.

-Je n'ai jamais rencontré un homme comme vous, déclare t-elle simplement.

Elle se tient debout tout d'abord, puis, d'un mouvement délicat, s'affaisse pour se retrouver à genoux. Elle détaille toujours l'individu de ses yeux noirs, plus intriguée que jamais.

-Qui êtes-vous?

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