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LA JOIE. [Nanna ♥]
Utu
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Utu

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Mer 17 Fév - 23:55
HRP : ON SAIT QUE VOUS L'ATTENDIEZ BANDE DE STALKEURS xDDD Pour vous en offre illimitée : la fin heureuse d'Amour Gloire et Beauté à Sumer ! ♥



Longtemps. Et peu de temps à la fois.
Si peu de temps passé quand on est un Dieu, si peu. A peine quelques mois, ça n'est rien. Cela doit être à cause des années passées, des dixaines, des centaines, des milliers d'années même... Toutes ces années passées à se faire haïr, à supporter le regard de colère ardente de l'être que je chéris le plus. Une pause. Une seule et unique pause en tant d'années d'existence...
Certes, ça n'avait pas été une pause anodine, décié à la fois par le destin et par ma stupidité enfantine, j'en ai conscience. La sienne aussi mais je crois dans son regard qu'il s'en est rendu compte. Sa façon de me regarder à mon arrivée avait manqué de me faire faillir. Ses yeux perdus, vides et trop plein à la fois, son visage sans haine, pour la première fois depuis si longtemps...
Si les Dieux avaient un coeur, le mien serait probablement brisé. De joie, de manque, de culpabilité. De tant de choses en fait, dont je pensais m'être écarté avec mon séjour seul, au milieu de mon royaume transformé en véritable Enfer de solitude. Je pensais avoir atteint le fond du ressenti qu'un Dieu peut avoir, jusqu'à sa propre perte physique et mentale, mais le regard souffrant de Nanna était pire que tout ce que j'avais vécu.
Je levais une main encore faible vers mon royaume. Tout détruit, c'en est pitoyable vous devriez voir ça. Des ruines remplacent les immeubles au loin, les sommets de notre monde idéal, le miroir de lumière que je foule lui même est fendu. Mais le Soleil est revenu, le jour illumine le monde et ma force nouvelle me donne même le sourire. Les Més sont à nouveau en place, Lloyd est revenue et sa sentence est partiellement levée. Il faudra que je la vois, que je lui parle, que je m'excuse.
Je chasse d'une main les parrures lumineuses et les soiries ornées qui composent à nouveau mes vêtements. Hm, devrais-je reconstruire les bâtiments ? Ou d'abord m'occuper du sol de la Justice... Commençons par la Justice. Dans mes yeux s'affichent un instant la vision du sourire de la demi-déesse libérée. Tiens, il semblerait qu'elle appréciera Renzo, tant mieux, peut-être se sentira t-il moins seul. Lloyd d'ailleurs... Ca lui va bien.
Je lève la main en soufflant doucement, le miroir de lumière n'est pas si évident à réparer, ça va necessiter plus qu'un peu d'intervention divine. Du temps, sûrement. Et peut-être même un pacte, un serment, ou autres choses contraingnantes, mais je l'aurai mérité. Une présence attire mon attention, juste dehors, juste "devant". Une présence sombre, mais si... Sans hésitation, les portes de mon Royaume s'ouvrent. Il n'y a pas à hésiter, pas d'illusion à faire, pas de faux-semblants à avoir. Je ne l'attendais pas forcément en premier.
Mais je voulais le voir.
Je me retourne, arrangeant mes vêtements comme un gamin, enlevant la poussière lumineuse. J'ai l'air ridicule là, non ? Oui, un peu. Un sourire mi-gêné mi-joyeux, un regard un peu hésitant. Il vient me voir, de lui même. Il va me pardonner, non ? Ha, pas de faux espoirs, pitié...
Ma main rejoint instinctivement mon cou. J'ai perdu 6000 ans en deux minutes, certains psychologues se frotteraient les mains.

_ Bonjour, Nanna.

C'est si simple que ça ? Je ne vais quand même pas me mordre les lèvres, c'est ridicule...

_ Fais pas attention, je n'ai pas encore fini de ranger...

Génial. Vous vouliez voir votre Dieu du Soleil dans la peau d'une adolescente ? C'est fait.

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Nanna
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Jeu 18 Fév - 10:50
HRP : Héééé tu viens de me spoiler la finnn !


Je ne sais plus quoi penser. En fait, je suis complètement désorienté, perdu même. Voilà plus de 6000 ans de haine qui volent en éclats d'un sourire, et la moitié des accusations sur lesquelles j'ai fondé mon existence qui se déchirent d'un coup.

Utu graciant ma fille, juste après s'être retiré du Monde pour lui permettre d'y venir. Jusqu'où avait-il prévu le cours des événements ? Pourquoi l'avoir laissée revenir à la conscience ? Et ce sourire… Si triste, solitaire, presque celui de quelqu'un qui se sacrifie.

Je songe à mes incursions dans le passé. Quelle douleur de savoir ce qui arrivera sans n'y pouvoir rien changer, de me souvenir de notre entente parfaite et disparue. Mais il avait souvent ce sourire si particulier... je le reconnais à présent, son sourire millénaire. Utu, que savais-tu donc ? M'aurais-tu laissé te haïr ainsi si tu avais pu te disculper ? Aucune explication, depuis tout ce temps… Juste ton regard fuyant et la certitude de ta trahison. Et cette question : pourquoi ?

Pourquoi gracier Geshtinanna après l'avoir condamnée ? Tu semblais si heureux, soulagé de l'avoir fait. Et si désespéré en la condamnant, jadis - aurais-tu agi contre ton gré ? Peut-être as-tu cru que ton devoir de Juge t'y obligeait. Quelque chose dans le souvenir de ton visage me suggère que ce n'est pas ça, autre chose plutôt. Mais quoi ?


Ta trahison demeure tout de même, ineffaçable. Je serre les poings dans un sursaut de haine viscérale dont je ne comprends plus les raisons, puis les détends d'un coup et laisse ma tête y s'y appuyer, comme abandonnée de toute force. Il n'y a pas que ça, je le sais, ou j'aimerais me raccrocher à cet espoir. Il faut juste... que je sache, une bonne fois pour toutes, ce que je dois encore honnir, et surtout pourquoi cette trahison soudaine.


Mais en ai-je seulement le droit ? Puis-je lui demander des explications comme je le ferais avec un frère ou un ami ? Après tout ce temps, sans doute me les doit-il, mais il a sa fierté, et moi aussi... Le monde ne résistera pas à une deuxième Éclipse, à mon avis, mais il est temps. Depuis 6000 ans c'est la première fois que je songe à connaître la cause de notre discorde, réalisant soudain combien j'ai été aveuglé par ma haine, fuyant en avant sans jamais me demander pourquoi. C'est pourquoi il est temps pour moi de mettre ma fierté de côté, je crois. Je dois aller le voir, maintenant, et advienne que pourra ! Maintenant que ma fille est rentrée je n'ai plus la force de haïr mon frère tout en l'aimant, elle. Et puis tout ce à quoi j'aspire, c'est un peu de paix.
Il faut à tout prix que cette rencontre, puisque rencontre il doit y avoir, se passe bien. Comme autrefois, juste me laisser tomber à-côté de lui sur le sol miroitant et engager une conversation d'une voix sereine.

Je me sonde un instant, étendu sur la poussière sans vie, les yeux au fond du néant. J'en suis capable. Je ne peux pas continuer à le haïr si mes raisons s'écroulent… Non. Mais j'ai besoin de force, que je décide finalement de le honnir encore ou de... Ou de quoi, je n'en sais rien, je ne veux pas y penser. Mais j'aimerais tellement...
Par respect pour ce qu'il a été, et ce qu'il est peut-être encore, je ferai comme autrefois. Pour laisser de la place à cet espoir, aussi. J'aimerais retrouver l'Utu que j'aimais, et peut-être n'a-t-il pas totalement disparu. Je secoue la tête, à la fois amusé et désespéré en me contemplant moi-même me donnant des excuses sans crédibilité.

Puis je me lève, lentement, ajuste mes bijoux d'or blanc sur mon long manteau couleur de nuit, recoiffe mes cheveux noirs d'une pensée. Je foule la poussière amorphe de mes pieds nus tandis que les dernières tresses se nouent dans mon dos. Puis je disparais, et rouvre les yeux en plein désert australien, plus perdu que jamais. Daignera-t-il m'ouvrir ?

Les portes divines me répondent en s'ouvrant et j'entre, écrasé sous le poids de mon acte et de ses éventuelles conséquences -submergé par l'incertitude. J'essaye de toutes mes forces d'avoir l'air normal, de ne pas vaciller ni baisser les yeux - avec plus ou moins de succès.

Utu est là, sans doute l'a-t-il toujours été. Son royaume en ruines me rappelle violemment la teneur de notre dernière discussion, c'est-à-dire une certaine Éclipse. Cela fait si longtemps que je ne suis pas entré ici… Et lui, un peu gêné, se contente de me lancer un « Bonjour Nanna » en se mordillant les lèvres comme un gosse. Juste ce geste, si familier… Une partie de moi voudrait se précipiter vers lui et lui dire en souriant qu'il n'a plus qu'à m'expliquer. L'autre ne retrouve plus dans son regard pâle la fadeur qu'elle a tant détesté.

_ Fais pas attention, je n'ai pas encore fini de ranger...

Je dissimule un sourire en scrutant son visage parfait, incertain quant à l'attitude à adopter. Je m'approche de quelques pas, hésitant, et plante mon regard dans le sien, cherchant avidement une quelconque trace d'amitié en lui, quelque chose qui me prouve que mes théories sont fondées.

Ses yeux me sont si familiers... J'ai déjà passé tant de temps plongé dans leurs profondeurs. Il me semble les retrouver, un peu. Lui aussi doute, tellement… Mais je ne vois plus autant de haine, ni de ressentiment dans son regard. Juste quelque chose d'incertain… Il faut que je lui demande. Je m'imprègne de sa présence quelques instants, en redoutant que ce ne soient les derniers. Je souris, doucement, et sans doute un peu tristement aussi. Je suis perdu.

Je suis perdu.

Mais je dois le dire.

_Utu. Je... Il y a plein de choses que tu ne m'as pas dites, depuis... depuis ce jour... Et je… suis totalement perdu, je ne sais même plus pourquoi te haïr. J'ai peur de m'être tellement trompé, alors dis-moi ! Pourquoi ?

Incertain, je m'assieds à ses côtés, un bras posé sur mon genou, et lève le regard vers lui.

_Pardon, je... S'il te plaît… Raconte-moi tout - depuis le début.

Je détourne les yeux, gêné, et retiens un soupir. Enfin je vais savoir…


EDIT : C'EST CONTRAINTE ET OBLIGÉE QUE JE METS LA VERSION NON REVUE DE CE POST ALORS RIGOLEZ BANDE DE CONS, PARCE QUE C'EST NIAIS.
Amour gloire et beauté.:
 

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Lun 21 Mar - 22:23

Arg, malaise.
C'était tellement prévisible, mais tout de même. Croiser son regard m'est impossible tant la scène paraît décalée. Lui, Nanna, dans MON royaume. Et je vois dans son attitude qu'il a autant envie que moi d'être là. Enfin pas que je n'en ai pas envie, bien entendu, mais- malaise. J'ai parlé en premier, j'aurais peut-être du attendre ? Il a l'air aussi perdu que moi, voir plus, et il n'y a aucun autre point d'accroche à cette conversation.
Il s'approche. Quelques pas hésitants, mais viens-t-il de les faire vers moi ? Je pourrais mourir de bonheur. Je suis devenu un idiot, je crois. Silence. Qu'est ce que je fais ? Il est venu pour parler ou... Ho, je vois, il se prépare. Il y a des choses dures à dire des deux côtés, en effet. Le truc avec les Dieux, c'est que rien n'est simple et rapide, il pourrait tout aussi bien faire demi-tour maintenant et qu'on ait cette discussion dans 100 ou 200 ans. Je serais déjà heureux de son premier pas vers moi.
Il me sourit. Ho Gods, si vous saviez de quand date ce sourire ! Même triste, il n'a pas une once de haine, il semble arriver tout droit du sixième millénaire dernier ! Comme son sourire me fait douter et comme il me réconforte ! Comme j'aimerai qu'il soit le premier d'une longue série...

_ Utu.

Rien que mon nom dans sa bouche me fait vibrer. Depuis combien de temps ne l'a-t-il pas prononcé sans la douleur qui allait avec ? Tu doutes et je doutes mais tu me libères déjà de tant, mon frère ! Je pourrais mourir maintenant.

_ Il y a plein de choses que tu ne m'as pas dites, depuis... depuis ce jour... Et je… suis totalement perdu, je ne sais même plus pourquoi te haïr. J'ai peur de m'être tellement trompé, alors dis-moi ! Pourquoi ? Pardon, je... S'il te plaît… Raconte-moi tout - depuis le début.

"". Mais si tu savais le nombre de choses à haïr en moi ! Comme cette joie que j'ai du mal à contenir alors que nous devons parler, comme cette gêne idiote qui me pousse à rester figer, à ne savoir quoi faire. Tu ne t'es pas trompé, Nanna, par contre ça ne veut pas dire que tu n'as pas été excessif.
Il avance. Il avance ! Ho moi même ! Il s’assoit, juste à mes côtés. Comme avant. Il est prêt à m'écouter. Enfin. Je le regarde, son regard gêné, tout son être est là, assis, juste à côté de moi, prêt à m'écouter parler. Je suis dans une de mes illusions, c'est impossible que ça se passe comme ça.
Comme rien ne se passe, je ne peux m'empêcher de penser que c'est réel. Wow. Heu. Je fais quoi ? Bon, tant pis. Je relâche complètement la pression, pas besoin de lui proposer un pouf, la dernière fois ça l'a foutu en rogne. Je me laisse tomber à ses côtés, m'étalant, allongé sur le dos dans la poussière d'or, le regard fixant le ciel ensoleillé. Rien que Nanna, moi, et une tonne de choses à dire. Heu. Par quoi commencer ? Trop, trop, trop de choses à dire. Et tout le temps qu'il faut pour le faire.

_ Je ne sais pas vraiment si... Il y a un début, enfin si on peut considérer ça comme un début. Je...

Je me stoppe un instant. Laisse échapper un petit rire triste, fataliste. C'est vraiment bête, quand on y pense. Et ça a duré 6000 ans... Ça donne envie de rire.

_ Nintu était une femme merveilleuse. Belle, aimable, aimante, elle avait toute la bonté et la justesse qu'une immortelle pouvait avoir, sans parler de sa fille, c'est... Haha. Vous aviez l'air tellement heureux, je pensais que tu aurais voulu passer l'éternité avec elles.

Elles étaient heureuses, il l'était, la puissance de sa fille attirait les regards et ça n'aurait étonné personne qu'ils les rendent immortelles. C'est aussi ce que craignaient certains Dieux.

_ Mais tu n'aurais pas pu rester avec elles avec le lien qui nous liait. Je... Je pensais qu'en brisant ce lien tu ne serais plus contraint aux obligations de la Lune envers le Soleil. Alors, je suis... allé voir An, je lui ai demandé de briser ce lien, car tu n'avais pas besoin de moi... Et je suppose que tu devines aisément ce qu'il m'a demandé en retour.

Et comment j'ai accepté de changer mon prochain vote, choisissant par là la fin du procès et l'avenir du monde. Son avenir. Leur avenir. J'avais tout fait foiré en étant incapable de prédire le départ de An et le fait qu'il ne tiendrait pas sa promesse. Il l'avait caché, brouillé ma vision.

_ Je n'avait pas prévu qu'il partirait. Je ne savais pas encore qu'elle reviendrait avec certitude mais... Rien ne peut rester endormi éternellement. Quand son visage a commencé à me revenir sans cesse, j'ai su que le nœud, le point de réveil était proche, et il était temps pour moi de partir, de lui laisser un point d'ancrage dans ce présent là...

Etais-je responsable de son emprisonnement ou de son retour ? Coupable ou sauveur ? Double jeu ? Réparer une bêtise paraissait tellement compliqué d'un seul coup. Je passe une main lasse dans mes cheveux, pose mon regard sur lui.

_ Je ne sais si j'ai eu raison ou tort, je t'aimais tellement que j'étais prêt à tous les sacrifices, même les plus stupides- surtout les plus stupides...

Je laisse ma phrase en suspens. Qu'est ce que je suis censé dire, maintenant ? Je me rends compte de ne pas avoir été le plus logique ni le plus juste, comment puis-je attendre à ce qu'il me pardonne, maintenant ? Un nouveau rire m'échappe et je ferme les yeux.
Gesh est toujours là, mais son image est craquelée, derrière s'échappe un autre regard, inquisiteur, droit, dur, cruel. Le moment est proche, pour lui aussi. Après tout, personne ne reste éternellement endormi.

_ Je ne sais même plus si j'ai le droit de te demander pardon, Nanna.

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Nanna
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Lun 21 Mar - 22:49

Je le contemple en train d'hésiter comme le font en moi les courants hurlants qui me déchirent. Je voudrais lui infliger les pires souffrances, lui sourire en riant, me jeter sur lui… mais pour faire quoi ? Je m'égare. Il faut que je me reprenne, que je me contrôle ; je ne dois qu'écouter à présent, et comprendre. J'inspire profondément dans l'espoir illusoire que cela m'aide à me détendre. Mais paradoxalement je me sens plus relaxé que depuis bien longtemps, comme flottant quelque part entre deux états.

Mon frère se laisse tomber contre moi et s'allonge sans bruit, totalement vulnérable. Moi, je n'esquisse pas un mouvement, craignant de perturber l'équilibre instable qui nous retient – nous retient de quoi, je n'en sais rien – me contentant de garder les yeux rivés au loin. J'écoute son rire, un petit rire triste qui trahit beaucoup trop de souffrance.

Et je l'écoute lui, sa voix harmonieuse s'arrêtant parfois en hésitant, me racontant des passages de ma vie d'un point de vue différend. Je voudrais pleurer et sourire à la fois, et me contente lâchement de rester de marbre.

Utu… Tu ne m'as donc pas trahi par haine. Je suis si troublé ; tu aurais donc fait tout ça pour me permettre de rester avec Nintu et Geshtinanna… Et ton vote de traître n'aura servi à rien, au final. Pourquoi avoir voulu se sacrifier ainsi en faveur d'une humaine ? N'aurais-tu pas pu faire preuve de l'habituel égoïsme propre aux Dieux et me faire comprendre… Me faire comprendre quoi ?

Je l'ai senti jadis, c'est vrai… En vivant avec Nintu je m'éloignais d'Utu, mais je n'ai jamais songé à rompre le lien qui nous unissait. C'était une relation d'entente fusionnelle et d'harmonie profonde, d'un amour teinté de respect qui n'avait rien de commun avec ce que j'ai pu éprouver pour mon épouse.
Et de quel droit a-t-il cru pouvoir prendre une décision de cette ampleur à ma place ? M'a-t-il cru à ce point désireux de me débarrasser de lui, comme on le ferait d'un enfant collant ? Quel imbécile. Je pensais qu'il savait qu'il était irremplaçable, que seule l'assurance de sa présence me permettait d'être serein, que je n'aurais pas été heureux si je n'avais pas su que le Soleil avait un éclat particulier juste pour moi.

Mais il a cru bien faire, à l'entendre. Un sacrifice, par amour… Je ne peux m'empêcher de trouver sa réaction complètement disproportionnée – briser notre lien, cette simple idée m'horrifie !– mais aussi stupide, et adorable. Utu est un vrai gamin… Idiot et sensible.

Je cherche en moi la haine qui m'a nourri pendant des millénaires, pour qu'elle m'aide. Je voudrais le haïr encore, maintenant que je sais quelle erreur il a commise, et que c'est lui qui a douté de moi le premier … Mais je comprends aussi ; que s'il a fait enfermer ma fille c'était au moins à moitié pour honorer sa promesse. Un pacte avec An, quelle erreur… Celui par la bouche de qui la Vérité parle a toujours été aussi celui qui sait le mieux la contourner.

_ »Je ne sais même plus si j'ai le droit de te demander pardon, Nanna. »


Je garde le silence, perdu à nouveau. Je ne sais pas si je pourrai le lui accorder, ni même si je le souhaite seulement.
Je me retourne et me penche vers lui, étrangement calme.

_J'ai été aveugle moi aussi… Vraiment aveugle.
J'étais heureux avec Nintu et Geshtinanna, je les aimais, mais Nintu était bien trop sage pour vouloir de l'immortalité, et nous savions tous les deux qu'elle mourrait. Je n'ai jamais voulu… m'éloigner de toi, tu sais. Si An avait brisé notre lien, si nous n'avions plus été frères je… j'en serais sans doute mort. Que serait donc la Nuit sans le Jour ?


J'étouffe un rire cynique devant mes paroles. Je ne pensais pas dire à nouveau cela, ni en des termes si… sentimentaux

_J'aurais dû te le dire, ne pas te laisser penser que… J'aurais dû comprendre aussi. Utu… An t'a donc donc demandé ton vote au Conseil en retour ? Dans quel était devais-tu être pour lui demander des mesures tellement extrêmes, je… Mais tu lui as permis de revenir, merci. Merci.

Là je voudrais bien dire que ces remerciements m'ont arraché la langue. En vérité, je n'en sais rien.
Je secoue la tête, agacé, pour chasser de stupides larmes. C'est clairement trop d'un coup.Tout ça,6000 ans de haine pour un stupide malentendu né d'une initiative aussi stupide que bienveillante. Nous ne sommes que des enfants, tellement idiots qu'aucun de nous n'a jamais daigné ravaler sa fierté pour aller s'expliquer, convaincu de la déchéance de l'autre. Tout ça pour rien. Rien. RIEN !
Je soupire.

_Tu peux me demander pardon, Utu, j'ai été aussi idiot que toi, je crois. Il nous aurait suffi de discuter, mais j'ai été aveuglé par ma colère et me suis enfermé dans la haine comme un enfant… Et j'ai gâché six millénaires de nos existences.

Je laisse échapper un rire désespéré et joyeux, presque fou, en renonçant à retenir mes larmes.

_Et qu'est-ce qui nous reste maintenant qu'on a tout détruit… Utu… Utu.

Je contemple éperdument son visage parfait illuminé par les rayons de son astre, submergé par le déluge de mes émotions contradictoires. Je veux te haïr, Utu.
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Ven 1 Avr - 22:54

Est ce que j'ai le droit de hurler ? "Que serait la Nuit sans le Jour"- pitié permettez moi de hurler, juste une fois. D'abord je hurlerai de rage contre lui, parce que c'est quand même pas faute de lui avoir dit, de lui avoir montré ma détresse, de lui avoir signifié qu'il me menait au bout, que j'étais prêt à craquer, et que c'était seulement MAINTENANT, maintenant que j'avais craqué, que j'avais vraiment été au bout de tout et même de la vie d'un Dieu que j'avais le droit d'entendre ça ?! A noter à l'avenir, Nanna est quelqu'un d'excessivement lent à la détente.
Ensuite je hurlerai de joie. De libération, quel poids en moins sur mes épaules. Nanna veut encore de moi, il reconnaît mon importance, ma valeur, ma connerie aussi sûrement, mais il comprend à nouveau notre lien, il n'a plus l'air de le haïr. Imaginez vous enfermé pour l'éternité avec votre pire ennemi, qu'il vous impose toutes sortes de tortures avant de se rendre compte, et ce pour sûrement presque l'éternité, que ce qu'il faisait était mal. Ce genre de libération. Certes, je ne nie pas mon implication idiote dans cette affaire. Mais enfin, je suis libéré par ses simples mots.
Mais visiblement, ça n'est pas encore assez. J'en ai amplement entendu assez, j'ai eu ses excuses même lorsqu'il ne les a pas dites, mais il continue. Mais en quelques secondes, il a admit ses erreurs, il m'a compris (dans quel état j'étais en face d'An ? La limace avec un minimum de dignité, je suppose, il a souvent pour effet de nous ramener à l'état de limaces quand on a le malheur de lui demander un service), il m'a excusé, il m'a remercié et il me demande maintenant de... LE PARDONNER. Je pense que je comprends dans quel état sont les humains lorsqu'ils prennent du LSD.
Je n'écoute même pas ce qu'il dit ensuite, je répond à son visage plein de je ne sais pas trop quoi par un sourire d'idiot du village et des yeux submergés de larmes pathétiques. Nanna et Utu sont des idiots bornés, à la une du Panthéon cette semaine.

_ Mon royaume pour un replay de cette scène.

LE moment où je voudrais être celui qui a le pouvoir du passé, je vous assure que je me repasserai cette scène autant de fois qu'il le faut pour faire sortir toutes les larmes accumulées en 6000 ans. Je dois avoir l'air d'un vrai enfant. D'ailleurs, je ris, comme un enfant. Parce que c'est drôle, un petit peu ? Je suis pris d'un fou rire incontrôlable, j'en aurais du mal à respirer, si je respirais.
Je m'étale de tout mon long par terre, en proie à ce rire, ces pleurs, le temps de me calmer un peu. Je croise les bras derrière la terre. Je regarde le ciel s'illuminer. C'est beau. Est ce que ça a un jour été aussi beau ? Sûrement, il suffisait juste de regarder, en fait.
Mon visage rayonnant se tourne vers Nanna. Il me semble que j'ai pris un coup de jeune, lifting express voyez vous.

_ Et si on arrêtait de parler de ça ? Je t'aime, tu m'aimes, laissons la culpabilité de côté à partir de maintenant. Elle est trop lourde à porter.

A nouveau vers le ciel.

_ Et je promets d'être bon, Juste, de ne plus être aussi naïf face à An, de t'aimer toujours et de ne jamais trahir notre lien ! Et de ne plus voler les Més, accessoirement.

Je n'ai certainement pas fait le tour des choses qu'on peut me reprocher mais je vais continuer à pleurer si je recommence à ne serait ce qu'y penser. "6000 ans ? Bof, c'est passé vite finalement non ?" J'espère au moins que je pourrais dire ça dans 100 ans.

_ Tu es plus Brandy ou Café, j'ai oublié ?

Je fais apparaître un tas de tapis, de soieries luxueuses à nos pieds. Pique-Nique time. Est ce que mes actes ont encore du sens ? Si il se vexe, je pense que je saurais que non.

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Nanna
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Mar 19 Avr - 22:31
Il a l'air heureux. J'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi... N'est-il pas censé me détester après ces honteuses confessions ? Pourquoi rit-il, cet idiot ?! Ce n'est pas possible, cela fait à peine dix minutes que je suis à ses côtés, déterminé à repartir du bon pied, et il m'agace déjà. Je laisse mon rire s'éteindre dans un étranglement et sèche lamentablement mes larmes en reniflant, pour continuer de passer d'une émotion contradictoire à l'autre en quelques secondes. Je me radoucis un peu en constatant que lui aussi pleure entre deux rires, mais qu'est-ce qui nous prend de nous mettre dans des états pareils bon sang...
Du coin de l'oeil je l'aperçois se retourner vers moi et je baisse les yeux pour réaliser, surpris, que son visage est radieux comme jamais.

_ Et si on arrêtait de parler de ça ? Je t'aime, tu m'aimes, laissons la culpabilité de côté à partir de maintenant. Elle est trop lourde à porter.


...

Aouch. Je crois que c'est le plus violent arrêt de mes pensées à ce jour. Je le fixe, interloqué, affichant certainement un air des plus idiots et des plus figés. Je cligne des yeux plusieurs fois, sous le choc. Quoi ?! Tout abandonner, tout ce qui a constitué mes derniers millénaires d'existence, juste comme ça ? Mais... Mais qu'est-ce que je vais devenir, moi ?! Qu'est-ce qu'il reste de moi si j'oublie tout ? Le Dieu de la Lune d'avant-avant est bien loin et c'est lui que j'ai oublié, pour le coup. Et puis lui, qu'est-ce que c'est que cette désinvolture ?! Traiter comme ça toute ma vie, mon mode de pensée, ME traiter comme ça ?!
Son visage radieux contemple le ciel, ne semblant ne se soucier de rien d'autre que de l'admirer, de s'emplir de l'instant présent. Ca n'a pas l'air de lui poser problème. Et quoi ? Il vit comme ça, lui, sans se préoccuper de rien ? Il s'en fout, c'est tout ?
Et moi qui me soucie sans cesse de cette trahison, qui la ressasse inlassablement depuis des centaines d'années, qui entretient avec soin autant ma haine que ma solitude pendant que lui payait des maisons à ses amantes Créannes, JE SUIS QUOI ?!
Je le sais très bien, au fond, mais je déteste l'admettre. Je suis ridicule, voilà ce que je suis. J'ai horreur de ça. Et pourquoi lui a l'air si cool ? Pourquoi maintenant c'est lui qui a la classe ?


_ Et je promets d'être bon, Juste, de ne plus être aussi naïf face à An, de t'aimer toujours et de ne jamais trahir notre lien ! Et de ne plus voler les Més, accessoirement.


Je cligne des yeux une fois de plus, étonné au sens propre, comme si je venais de me prendre le tonnerre dans le crâne. Ca tourne à l'héroïsme de sa part, d'ailleurs ce dialogue mérite certainement d'être cité dans toutes les légendes tellement il est épique. Enfin pas pour ma participation, il faudra que je demande que mes répliques soient écrites à la voix passive histoire que le monde n'aie pas connaissance de mon peu de répartie, qui deviendrait tout aussi légendaire je le crains.
Je crois que je n'ai pas vraiment enregistré le contenu de ses paroles, je n'ai pas le temps d'y penser, là, et de toutes façons je n'ai pas envie de continuer à m'étendre dans mes pensées mélodramatiques. Je crois que je vais essayer de vivre façon Utu, ça a l'air si facile et si agréable, et puis c'est bien ce qu'il me propose, non ?

_Euh... Brandy. S'il te plaît.

Je me déplace sur les somptueux tapis qui viennent de surgir de nulle part, encore sonné. M'avachis lentement, le regard perdu dans le vide. Prends une profonde inspiration. D'accor- non, ok. Ok. A partir de maintenant, j'oublie tout, même ce que j'étais avant-avant, et je repars. De zéro.
Je me penche en arrière et laisse tomber ma tête inerte sur mes épaules.
Aarrgh, j'ai envie d'être dans ses bras. Qu'est-ce qui lui prend d'avoir l'air si confiant, assuré, fort, d'un coup ?! Juste quand j'ai le cerveau en vrac ?! Ce n'est pas juste.
Je n'ai même pas le courage d'accepter sa proposition, moi. Il devra se contenter d'une acceptation muette cette fois-ci. Mais il s'attendait à quoi, en me demandant de renier 6000 ans de ma vie ?! C'est pas facile, crétin ! Tout le monde n'a pas la capacité comme toi à tout foutre en l'air; et surtout pas moi ! Je sais, je te le dois bien pour rembourser toute ma haine mais c'est quand même beaucoup demander pour le coup. Je soupire.
Me souviens de la partie "t'aimer toujours" de sa promesse. Toujours, ça fait beaucoup pour un Dieu, mais ça me va. C'est quand même une belle déclaration. Cash, pour ainsi dire. Je ne me souviens pas, ou plus, des autres, et du coup, c'est aussi la première. C'est bizarre. Mais je me sens heureux, quand même, un peu.

_Ok. Hum, je ne sais pas trop quoi promettre. Mais merci.


Je ne peux pas promettre de ne plus être naïf face à An, parce que je ne l'ai jamais été. Ni de ne plus voler les Més, parce que ça ne m'a jamais traversé- et ne me traversera sans doute jamais- l'esprit. Inutile donc. Et je refuse de porter des chaînes inutiles. Je ne veux pas non plus promettre de l'aimer toujours, ce ne serait pas drôle sinon. Que ferions-nous si nous étions certains de l'amour de l'autre ?! Rien. Il me semble que je préfère essayer de le regagner, une fois, puis chaque jour.
Même si en mon for intérieur je sais très bien qu'il n'y aura jamais personne d'autre que lui dans mon existence.
Je me donne une claque intérieure en me murmurant à moi-même "Ridicule"

_Ah si. Ce lien, je promets de le maintenir, quoi qu'il m'en coûte. Et toujours.

Et Utu ? ... Arrête un peu de jouer les héros.


Tu y arrives beaucoup trop bien. Mais ça je ne te le dirai pas.
D'un geste de la main, j'ajoute à notre nappe de pique-nique un toit de toiles tendues, quelques coussins et des plateaux de fruits.
A vrai dire, je ne sais pas où on va comme ça, ni ce que je vais devenir. Je n'ai pas non plus eu le temps de prendre un peu de solitude pour penser à tout ça, mais je n'ai ni l'envie d'y penser, ni celle d'être seul. En fait, c'est comme si quelque chose de chaud remuait dans mon torse et faisait comme des bulles d'euphorie. Je crois bien que ça me plaît.

Aargh.:
 

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Utu
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Utu

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Jeu 28 Juil - 23:07

Il a l'air tellement perdu. Il plonge plusieurs fois son regard dans le mien, et à tous ses doutes je ne renvoie qu'un sourire, le sourire du bonheur que je ressens. J'ai envie qu'il en prenne aussi, de cette libération, finalement je ne veux pas qu'on parle plus de tout ça, de tout ce qu'on a remué encore et encore dans nos cœurs, car plus de la moitié n'est que spéculation, et celle qui ne l'est pas n'est presque rien de plus que des remords. Le soleil est revenu dans mon regard, l'aube dans mes cheveux et des rayons salvateurs percent enfin les nuages de mon esprit. Réjouissons nous, Nanna ! Nous n'avons plus à avoir peur de rien, plus à être anxieux ! Car je te pardonne tout, je me pardonne aussi. Finis les 5000 ans de deuil de nous même, construisons ensemble un nouveau lien entre le Soleil et la Lune.
Je le sens encore loin d'un tel idéal. C'est mon défaut et mon plus grand atout, je dois regarder vers l'avenir. D'accord, j'admets qu'après l'instant passé, je me rends quand même compte de ce que j'ai dit et, soyons honnêtes, c'est très idéaliste et ridicule. On dirait presque moi, plus jeune. Avant tout ça. Sauf que je en veux pas revenir en arrière, je veux juste avancer, ne plus me faire écraser par rien ni personne, assumer.
Brandy. La coupe apparaît flottant doucement à ses côtés. Il prend le temps, tout de même pas très assuré, de s'installer confortablement sur les tapis, je l'imite en m'y jetant presque. Un instant passe avant qu'il... Ne me remercie. Je cache d'une main embarrassé mon sourire rougissant, non j'avais raison, j'ai vieilli, j'ai muri. Mais avouez que notre chère Lune se comporte de façon d'autant plus juvénile et mignonne...
Un murmure. J'aurais presque envie de pleurer.

_ Tu n'as pas besoin de me remercier...

Je n'ai rien fait, ou plutôt j'ai tout fait, mais de travers. Pas une fois je me suis comporté comme un Dieu de cette pitoyable existence. Pas une fois je n'ai vraiment dit ou fait ce qui était juste. Mais il s'excuse ?! Il me promet de maintenir le lien, alors que je suis le seul qui ait jamais essayé de le briser ? Il me demande d'arrêter de jouer au héros ? Où voit-il un héros, là est la question...
Ne plus se cacher. Je me redresse, le visage souriant mais laissant perler mes larmes. Ça devrait être à moi de m'excuser, tu ne sais pas faire Nanna... Toujours, que j'aime ce mot... Je le regarde tendre des drapés sombres pour compléter notre abris. Que c'est beau. Cela faisait longtemps que je n'avais pas contemplé l'obscurité. Je souris comme un enfant qui a vieilli un peu trop vite.

_ Je ne suis pas un héros... Je suis tellement plus charismatique qu'un héros !

J'essuie mes larmes devant cette tentative d'humour pitoyable. Enfin, avouez qu'elle n'est pas tout à fait fausse. Je laisse passer un temps où j'observe ses étoles, et puis son visage, confus mais si serein. Comme toutes ces années m'ont paru vides. Je n'avais besoin que de toi pour les remplir. Mais où étions nous Nanna...
D'un coup, une nouvelle me frappe. C'est un renouveau, un nouveau jour va naître, une nouvelle ère ! Il faut montrer ça, il faut que ça se sache, que nos Missionnaires le fêtent, que tous les cœurs soient aussi en liesse que les nôtres ! Je tire une étole du bout des doigts, une étole encore incomplète. Il ne manque qu'une rangée sur deux, et malgré son extrême finesse, cela devient compliqué de la manier si il manque la moitié de sa consistance. C'est un nouveau rayon. Je le tends à Nanna, la tête baissée en signe de respect.

_ Que dirais tu de finir ce rayon avec moi ?

Que l'on reprenne les oeuvres que nous avons commencé ensemble, que nous créions. C'est tellement plus amusant à deux.

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Nanna
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Nanna

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Mer 24 Aoû - 14:53
Comment n'aurais-je pas besoin de te remercier ?! Tu viens juste de me donner ta vie alors que tout ce que j'ai su faire ces derniers millénaires c'est te haïr. C'était d'une générosité insensée, voilà tout. Mais bon, avec ça on repart un peu plus du bon pied, j' imagine. Tu rougis, c'est bon, pas besoin de te cacher ! Je ne voulais pas avoir cet effet-là. Tu me vois sans doute bien meilleur que je ne le suis... Et tu ne sais pas non plus à quel point tu es quelqu'un de bien. C'était une bonne idée de promettre d'être juste, mais ne l'as-tu pas toujours été ? Tes erreurs si rares n'y enlèvent rien.
Il faut que je lui dise --
Il sourit, il me sourit au travers de ses larmes - et je comprends que malgré sa nonchalance lui aussi est ébranlé. Son visage est beau, oh je sais bien qu'il n'a pas changé depuis des lustres mais je ne peux penser qu'à ça, là. Sous les tentures qui nous surplombent, dans la pénombre, sa peau semble briller et son sourire irradie littéralement tout ce qui l'entoure de lumière chaude. ...Vraiment plus charismatique qu'un héros, oui. Un vrai Dieu.
Je ne dis rien, je n'ose pas - c'est trop difficile, tout ces événements sont trop soudains, et j'ai trop de fierté aussi. Je lui suis reconnaissant de parler à ma place aussi, mais ce n'est pas juste, je dois lui dire...
Tandis que je rumine mes pensées, mes hésitations, mes réserves, il sort d'on sait où un splendide lai de tissu, fin comme de la soie d'araignée, semblant flotter plus qu'être posé... Je m'interromps, surpris de retrouver cette vision qui m'était autrefois familière, d'Utu tissant patiemment ses rayons de soleil avec une minutie incommensurable, sous mon regard serein, moi qui me tenais à côté la tête appuyée sur les mains, contemplant calmement son labeur et lançant quelques mots de temps à autres. La faible luminescence de l'étoffe, pâlie par la propre lumière des mains d'Utu, bien plus vive, et le sentiment que les choses se font comme elles doivent être faites, mais en beaucoup plus beau. Grâce à lui...

Il me la tend soudain, et me propose de la finir avec lui, avec un respect des plus...

_Héééééé, Utu, je t'en prie, redresse-toi ! Comment peux-tu me proposer ne serait-ce que de toucher cette étoffe ?! Même avant, avant tout ceci tu ne l'as jamais fait, et à présent, après tout ce qu'il s'est passé tu voudrais que je la complète ? Tu sais, tout ce temps je n'ai fait que te haïr, je ne voyais en toi que l'ombre de ce que tu étais, je te pensais perverti, taché, souillé et perdu, indigne de ton rang - je n'ai voulu voir que tes défauts, je t'en ai sans doute inventés, au fond, je te méprisais de tout mon être. Je pensais être meilleur, n'avoir pas failli à mon devoir ni trahi qui que ce soit. Comment peux-tu pardonner cela. Ton étoffe, ton rayon - tout ce que ça fera si je la touche, c'est l'assombrir. Je vais juste lui enlever toute sa brillance, comme je l'ai fait avec toi.
...
Je ne vaux pas tout ça. Pas ton respect, ni même d'être traité en égal. Si tu as commis une erreur, c'est car tu as été abusé... J'ai persisté aveuglément dans la mienne durant six millénaires.


J'ai baissé la tête, laissant mes cheveux dissimuler mon visage honteux. Je pensais chaque mot de ce que je viens de dire. Quelques jours plus tôt ça aurait été à des années lumières de me traverser l'esprit. Je ne sais pas ce que je vais devenir après ça. Ou comment j'ai pu prétendre pardonner, comme si c'était à moi de le faire. Sans doute ferais-je mieux de partir, avant qu'il ne se fâche à nouveau. Je veux juste lui dire, avant de partir.

J'ose un regard vers son visage, au travers de mes cheveux, me mordillant la lèvre. Je murmure, terrifié par moi-même autant que par lui, le cœur au bord des lèvres.

_Mais tu sais, je n'aurais pas pu me tromper davantage. Je ne suis plus si aveugle à présent. C'est moi qui étais une ombre, déchu par ma haine, et toi tu brillais juste autant qu'avant, si ce n'est plus. Et aujourd'hui tu brilles comme jamais, toi qui n'es que droiture, qui assumes tes devoirs, qui es si... juste, et doux... Tu brilles comme l'astre précieux que tu es, depuis toujours. Je n'ai jamais vu tout ça. Je t'aime. Je suis désolé.
...
Je ferais mieux de partir. Porte-toi bien...


Laissant à nouveau mes cheveux masquer mon visage, je me lève et me détourne, des larmes glacées coulant sur mes joues. Je ne l'ai retrouvé, plus beau que jamais, que pour mieux le perdre. Je ne le mérite plus, voilà tout. Il ne me reste qu'à faire de mon mieux pour l'éternité et d'essayer de noyer mes regrets dans l'oubli.
Je me déteste.
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Utu
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Mer 7 Sep - 17:56

Ses mots, je ne les comprends pas. Alors que je lui tends cette étoffe, plein d'espoir, il me rejette, encore. Et alors que j'en crains la raison, ses mots se percutent à mon incompréhension. Quoi ? Qu'y a t-il de mal à vouloir à nouveau tisser des liens avec lui ? Son utilisation du passé, du passé d'à peine quelques heures, me réchauffe le cœur avec force. Il me voyait ainsi. Il me voit donc aujourd'hui comme je suis. Le masque de la haine s'est envolé, Nanna n'a plus rien derrière quoi se cacher. Nanna a peur.
Mais Nanna a peur comme une petite fille a peur de ne plus avoir d'amis. Il est affolé par un geste qu'il ne connait plus, trop habité à sa cruauté et à sa propre tristesse. Nanna a peur de ma générosité ? J'ai l'impression que les rôles sont inversés d'une bien drôle de façon. N'étais je pas celui qui se tassait devant lui, avant cela ? Je ne pensais pas que la haine et l'amour pouvaient provoquer la même peur.
Nanna ne veut pas de mon respect. Ou du moins, se rend il à peine compte qu'il l'a, et cela depuis bien plus longtemps qu'il ne peut l'imaginer. Pourtant, il ne veut pas avancer, veut-il persister dans son erreur ? A quoi cela servirait-il que je ne le traite pas en égal, veut-il que je lui inflige ce qu'il m'a infligé toutes ces années ? Dans ce cas, il devrait me prendre une fille. Et même pour cela, je ne lui en voudrais point. Parce que je ne peux pas haïr Nanna. A mon grand malheur.
Son discours est incohérent, craintif, ses gestes sont théâtraux. Voyons, mon cher frère, mettons un terme définitif à cette comédie dramatique que nous jouons, veux tu ? La honte ne te sied guère. Ses derniers mots me brisent le cœur. Non, point les mots, le ton, cette voix cassée, faible, détruite. Est ce moi qui suis responsable de ça ?! C'est moi qui devrais culpabiliser, tous comptes fais. mais je ne le veux plus. Je- Je ne peux plus.
Il fait mine de partir. Non. Non, sûrement pas Nanna, tu ne fuiras pas comme j'ai fuis toutes ces années, ni toi ni moi. Je te l'interdis. Sans même attendre, j'apparais devant lui, assez proche pour l’enlacer, forçant son visage à se poser dans le creux de mon cou. Je veux sentir sa présence, je veux qu'il soit assez prêt pour enfin pouvoir le toucher. Tant pis si la démarche est un peu violente. Depuis combien de temps n'ai-je pas senti ce contact froid sur ma peau ? Je pourrais y devenir accro.

_ IMBÉCILE ! Qu'est ce que tu veux, exactement, que je te regardes comme tu m'as regardé toutes ces années ?! Que je t'ignores ?! Finissons en, il n'est plus nécessaire que nous nous punissions, si tu m'aimes pourquoi ne restes tu pas simplement avec moi ?! Pourquoi toujours compliquer les choses, Nanna, je ne veux pas...

C'est ridicule, j'en suis presque à pleurer. Je ne veux pas qu'il me soit enlevé, je ne veux plus partir. Je sers ma prise plus fort, passe une main dans ses cheveux. Je veux qu'il reste là, pour l'éternité.

_ Nanna, je t'en supplie laisse moi une chance, laisse nous un chance de recommencer. N'ai pas peur, ne me laisse pas, je... Je ne veux pas passer un seul instant de ce qu'il nous reste de l'éternité sans toi.

Plus un seul.

_ Je t'aime, Nanna.

Que c'est niais. Mais que c'est vrai.

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