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Thé au clair de lune — Leaf & Azur
Emilie
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Emilie Aguila
Mar 15 Mar - 19:13
Je tapote nerveusement le bois de mon bureau alors que la page internet charge. Depuis quelques jours j’ai l’impression qu’il rame, et ça m’énerve. C’est mon seul lien avec l’extérieur, alors quand ma boite de dialogue met trop de temps à s’ouvrir j’ai l’impression de vivre au ralenti. Le rythme de mes ongles sur la surface plane m’exaspère aussi, il est régulier et résonne dans le silence de la pièce méticuleusement ordonnée. Je passe mon temps ici, il ne manquerait plus que ce soit en bordel, j’ai vraiment pas besoin de ça pour me sentir misérable.

Lorsque l’on pose ses yeux sur mon petit studio d’étudiante on y voit un gigantesque bureau longer la fenêtre. C’est cet espace de travail monstrueux qui nous avait convaincu quelques années plus tôt mes parents et moi. Peu importait la salle de bain quasi-inexistante et la cuisine minuscule, ce qui comptait jadis était l’espace de travail. A lui seul il compensait le lit une place que nous partagions avec Vincent quand il décidait de passer la nuit avec moi. Merde. Merde. Putain j’avais dit que j’penserais plus à ce con, merde. Et cette foutue page qui charge pas. J’vais la relancer, parfois ça fonctionne.

Parfois non, ça lague. J’me lève exaspérée par le contact du bois sous mes ongles et regarde le ciel par l’immense fenêtre. J’habite au troisième étage sans ascenseurs d’une résidence calme et peu éloignée de la fac. Si je tourne mes yeux vers le sol je suis persuadée que j’y trouverais quelques étudiants égarés. Ils se sont attardés à la bibliothèque universitaire ou ont peut-être ont-ils des projets de soirées alcoolisées en prévision ? Je ne le saurais pas car mes yeux se perdent dans la contemplation de ce ciel noir sans nuages.

On aura de la pluie ce soir, si je n’en étais pas persuadée, la météo qu’affichait mon portable un peu plus tôt quand j’ai regardé avec espoir si j’avais des SMS me l'a confirmé. Je n’en attends pas, de SMS j'veux dire, mais j’ai toujours cet espoir que quelqu’un pense à moi. Pourtant quand je reçois un message de l’instance parentale je me sens excédée et coupable. Coupable du mensonge et excédée de n’avoir d’autres contacts. C’est un étrange mélange d’amour et de colère, j’les aime, et en même temps j’leur en veux de pas voir que ça ne va pas. De pas voir la détresse dans laquelle j’me suis recluse. De pas voir que je sors plus de chez moi. Je leur en veux de croire en mes mensonges. J’leur en veux de pas voir ce que je ne leur dis pas, je suis leur fille… Ils devraient être tout puissants et omniscients, sentir quand j’ai un problème sans même être à mes côtés. Non ?
En fait, j’crois que c’est à moi que j’en veux le plus. J’m’en veux de pas avoir le courage d’avoir les couilles de poser mes ovaires sur la table et de leur dire « non ça ne va pas. » Je suis totalement incapable de leur parler de mes problèmes, ou même d’admettre en leur présence que j’ai des problèmes. Ils pensent que j’ai réussi mes partiels, je ne m’y suis même pas rendue. Combien de temps durera ce mensonge ? Je n’en sais rien, mais je sais qu’il ne pourra tenir indéfiniment et ça m’angoisse. Que se passera-t-il quand j’leur dirais que j’ai foiré mon année ? Je n’en sais rien. Je ne sais pas et oh ma page a enfin chargé !

MoMo
 Désolée j’ai un lag monstrueux, c’est vraiment pas un mythe que les résidences étudiante ont une co de merde.  


Faeris023
T’inquiètes, c’est pas grave, par contre j’vais te laisser ce soir j’sors avec des potes. Des kiss sur tes fesses.


MoMo
 Passe une bonne soirée ma belle, profite bien !  


Fae est une connaissance récente, j’crois qu’elle croit que je suis un mec, mais ce n’est pas grave. Je n’ai pas l’impression que cela compte entre nous, on a juste envie de parler. De tout, de rien et de n’importe quoi. Elle est en CAP petite enfance et elle passe son temps à se plaindre que les enfants la font chier… J’pense qu’elle a été mal orientée, mais je n’ose pas vraiment lui dire. Alors j’me concentre sur ses soucis et j’oublie les miens. C’est pas plus dur que ça.

Je sursaute, je viens de saisir un mouvement du coin de l’œil. Mon visage se détourne de l’écran pour laisser à mon cerveau plus de temps pour interpréter ce que j’vois… Un renard. Un aigle… Il a l’air de vouloir entrer vu qu'il toque contre ma fenêtre maintenant. C’est totalement débile comme réflexion j’en ai conscience. C’est même plus que ça, et j’ai aussi conscience qu’il est hautement improbable, voire totalement impossible qu’un aigle frappe à ma fenêtre, pas en plein milieu de Montpellier. Je sais que j’hallucine mais pour combler le vide du départ de Fae j’me décide à lui parler, comme je le faisais jadis avec mes amis imaginaires, j'ouvre ma fenêtre :

« Salut toi, ça te dirait de prendre le thé ? »

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Leaf
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Leaf

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Jeu 17 Mar - 23:14

* * Azur * *

La France. Je n’étais pas venue ici depuis un moment… dans les alentours de Montpellier. C’était à peu près par ici que j’étais née, en 1789. Mais ce n’était même pas un sentiment de nostalgie qui m’envahissait, je ne reconnaissais que peu les lieux. Quelques mois après ma naissance, j’avais entrepris de prendre le chemin de Versailles, puis Paris ; je savais qu’il se déroulait des choses importantes là-bas, et je voulais apporter mon aide à la population. Le peuple avait faim, j’ai aidé les paysans que j’ai croisés comme j’ai pu. Parce que c’était dans ma nature, ça l’est toujours. Puis j’avais rencontré mon maître, qui m’avait convaincue de mettre ma compassion au profit des créannes.

Je baisse le regard vers mon petit Leaf. Le pelage ébouriffé, la tête rentrée dans les épaules pour tenter de se protéger du froid. Il y avait énormément de vent, un vent glacial qui plus est. Même en volant, j’avance particulièrement lentement, le vent allant en sens inverse. Je me pose au sol, projette mon esprit vers celui de Leaf.

« Nous devrions trouver un endroit où nous réfugier. Il n’y a pas de forêt aux alentours… »

Oui, l’entendis-je me répondre, mais où ?

Je réfléchis un instant. Je n’aimais pas aller demander de l’aide aux gens, en pleine nuit. Je trouvais ça un peu… inconvenant de demander à des inconnus de bien vouloir nous héberger. Surtout de parfaits humains, qui feraient une attaque s’ils nous voyaient prendre notre apparence animale sous leurs yeux. Et puis, je préférais éviter d’engendrer des médiums, puisque c’était des potentiels missionnaires.

Je me concentre, repère une aura. A défaut d’une créanne, une médium. Bon… au moins elle aura moins de risque d’avoir peur en me voyant. Souvent, les médiums sont habitués aux phénomènes un peu étranges.

J’effleure du bout de l’aile l’épaule de Leaf, puis reprends tant bien que mal mon envol, pour atteindre une fenêtre au troisième étage d’un immeuble. Les plumes ébouriffées, je tape sur le verre avec mon bec.

A l’intérieur, la jeune médium me remarque et ouvre sa fenêtre.

J’espérais bien qu’elle ne prenne pas peur, cependant, je ne m’attendais guère à sa proposition, parfaitement spontanée :

— Salut toi, ça te dirait de prendre le thé ?

Je tâche de me stabiliser, avant de reprendre ma forme humaine. Je suis un peu déstabilisée, sur le rebord de la fenêtre, par le vent, mais je m’accroupis avant de m’accrocher au cadre de la vitre.

Bonsoir, miss. Je m’appelle Azur. Je suis navrée de vous importuner à cette heure-ci, mais… il fait extrêmement froid dehors, et ce vent est extrêmement désagréable… et je… à dire vrai… pourriez-vous… auriez-vous l’amabilité de nous héberger quelques heures, mon ami et moi ? Le temps que la météo se… calme…

Les bourrasques de vent glaciales s’engouffrant sous ma robe légère, la plaquant contre mon corps, me fait claquer des dents. Bon sang… même en Suède, j’ai rarement aussi froid !

Je jette un regard, plus bas. Leaf s’était réfugié derrière une poubelle, cherchant à couper le vent. Il attend soit que je revienne vers lui, soit que la demoiselle ait la gentillesse d’ouvrir la porte de son immeuble.

Je tourne à nouveau mon regard vers la jeune femme.

Nous… ne resterons pas longtemps, promis…

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Emilie
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Emilie Aguila
Dim 20 Mar - 22:11
Parfois j’me demande ce qu’il me passe par la tête, j’imagine que la réponse machinale serait pour nombre : pas grand-chose. Du moins pas grand-chose de constructif ou d’intelligent. Les idées fusent et se bousculent, se chevauchant et s’effaçant mutuellement. J’ai l’impression de ne pas avoir de pause, de temps morts ou de repos tant mon esprit divague en chaque instant, et pourtant quand j’essaie de me concentrer sur une pensée particulière je la sens m’échapper comme un filet d’eau entre mes doigts, on ne peut retenir son flux. Pourtant en cet instant où je me décide à ouvrir la fenêtre et à accueillir l’aigle chez moi le flux se tarit et le silence se fait.
Je sais que je suis folle, je sais qu’il n’y a nul oiseau me donnant la réplique derrière cette vitre. Je sais tout ça, et pourtant je dis merde. Merde à cette réalité, merde à la solitude. Je suis folle et alors ? Ne vaut-il pas mieux être folle qu’être seule ? Et si je fais la différence entre la réalité et mes illusions, c’est que je ne suis pas totalement perdue ? Je n’ai pas envie d’être seule, j’en ai assez… pourtant je ne veux pas sortir de ma chambre, je ne peux pas. J’ai peur, alors je meurs d’isolement, j’en crève…

C’est sans doute pour cela que mon subconscient me vient en aide, il sait que si ça continue… Je vais atteindre mes limites. Les limites de ma santé mentale, mais aussi les limites de ma santé physique. J’ai recommencé… J’ai replongé, et ça m’dégoute. J’ai arrêté de manger comme tout le monde, chaque repas est devenu un rituel. Oh, je me maitrise encore. Je mange, tous les jours deux repas. Certes j’y mets du temps, mais je les engloutis quand même. Je ne me laisse pas dépérir, et je m’interdis de faire du sport dans ma chambre pour perdre du poids, je maitrise d’accord ? Du moins, je m’en convaincs.

Le courant d’air est frais quand j’ouvre la fenêtre. Ce n’est pas que je chauffe énormément, en fait je n’ai pas le souvenir d’avoir allumé le chauffage de l’hiver. C’est le temps au dehors qui s’est rafraichi, la tempête qui approche n’y est pas étrangère. Je frissonne. Je m’écarte pour laisser entrer l’animal et… BORDEL DE MERDE. Je fais un saut en arrière sentant mon cœur s’emballer quand l’aigle laisse place à une jeune femme.

Je reste un instant incertaine alors qu’elle prend la parole. C’est bien la première fois qu’une de mes hallucinations prennent forme humaine. Je suppose que ma maladie évolue, ou peut-être que j’en avais… besoin ? Je ne suis pas certaine de la conclusion que je doive apporter à ce que je vois et entends. Peu importe, je me ressaisi, ce n’est qu’une illusion. Une humaine ne porterait pas une robe si fine avec un temps comme celui-ci.

« Entre je t’en prie, tu à l’air frigorifiée… Tu veux peut-être que je te prête un gilet ? »

Si elle n’est qu’une illusion je n’ai pas à avoir peur de ce qu’elle pense. Je me sens à l’aise. C’est idiot, savoir que quels que soient mes actions elles ne pèseront pas sur mon avenir, qu’elles n’entraineront pas les gens à parler de moi en mon absence… cela me rassure. Je reste sur mon idée de faire du thé pour réchauffer mon invitée et appuie sur le bouton de ma bouilloire, puis je réalise :

« Tu as dit ton ami ? Attendons-nous encore quelqu’un ? »

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Leaf
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Lun 21 Mar - 18:25

Les humains sont bien étranges parfois.

Certes, c’était ce que je voulais ; que la miss ne prenne pas peur en me voyant. Pourtant, même après m’avoir vue me transformer sous son nez, elle ne semble pas plus surprise que cela. Il y a pourtant même encore des missionnaires qui ne s’habituent pas à notre double –voire triple- forme, les surprenant donc dès que nous usons de ce don que nous possédons. Alors… une médium, aussi peu interloquée que cela ? C’est inhabituel. A moins qu’elle ait croisé beaucoup de créannes dans sa vie… Hm, je pense que si elle avait été contactée à de nombreuses reprises par des créannes, les dieux l’auraient appelée. Je pense que, stratégiquement, les dieux ne voudraient pas que les humains tombent entre les mains des créannes. Ah, la guerre entre les missionnaires et les créannes dure depuis si longtemps…

La voix de la demoiselle me tire de mes pensées.

— Entre je t’en prie, tu à l’air frigorifiée… Tu veux peut-être que je te prête un gilet ?

Je lui adresse un sourire, avant de sauter par-dessus le bord de la fenêtre, à l’intérieur de l’appartement.

C’est vraiment gentil à vous, mais ne vous inquiétez pas, je ne peux pas vraiment tomber malade. C’est surtout que le vent n’est pas très agréable, surtout lorsqu’il vous retourne les plumes…

Je passe une main gelée sur mon bras, où tous les poils de mes avant-bras sont hérissés dû à la chair de poule.

— Tu as dit ton ami ? Attendons-nous encore quelqu’un ?

Oui, mon ami m’attend en bas. Il s’appelle Leaf et, bien qu’il supporte mieux le froid que moi, je crois qu’il ne serait pas contre un abri non plus… ne vous inquiétez pas, nous ne resterons vraiment pas longtemps. Nous vous serions vraiment reconnaissants si vous pouviez nous aider…


La fourrure ébouriffée, le vent était un peu atténué par la poubelle derrière laquelle je m’étais caché. Je fixai alternativement la fenêtre où Azur s’était posée, puis le groupe d’adolescents qui arrivaient en titubant par ici. Je reculai lentement, m’enfonçant un peu plus dans l’ombre.

Décidément, je n’aime pas rester sous ma forme de renard en ville… mais je sais que mes vêtements d’humains ne suffiront pas à me protéger du froid…

Je levai à nouveau les yeux vers la fenêtre. Azur avait disparu, probablement était-elle entrée. Peut-être le ou la médium dont elle avait repéré l’aura avait accepté de l’aider ? J’en serais grandement soulagé si tel était le cas. Les adolescents qui arrivaient en titubant et en parlant fort ne me plaisaient pas plus que le vent glacial…



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Emilie
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Emilie Aguila
Ven 25 Mar - 20:21
Quand le rêve rencontre la réalité, je me perds. Cherchant une vérité multiple dans un monde où elle ne devrait être qu’une, je me perds. Quand je ne crois plus en moi, quand tout en mon sein crie que je nage en plein délire, je me suis perdue. J’ai arrêté de croire en moi préférant un monde plein de délires fantasmagoriques… Je suis perdue. Je sais qu’elle n’existe pas et j’arrive à lui offrir un sourire accueillant moi qui n’arrive même plus à montrer ma tronche de geek asociale à ceux que je prenais jadis plaisir à appeler mes amis.
En réalité il est plus facile de se convaincre d’un mensonge que de se contenter de la réalité. Elle est fade, alors ce soir je serais une hôtesse accueillante, bonne vivante… Je peux jouer et m’inventer une vie comme je suis en train de m’inventer des amis, des personnes se souciant de moi et m’adressant la parole. C’est déjà ça, bien entendu on pourrait imaginer que je me crée une relation longue durée avec mon illusion, comme si on se connaissait depuis des années, mais je sais que je ne respecterais pas les règles de mes illusions. Il y a des règles, aussi étrange que cela puisse sembler. La première fois qu’une illusion m’apparait c’est une première rencontre, je ne peux lui imposer des souvenirs que j’imaginerais. Par la suite les souvenirs que je crée avec elle sont aussi siens que si elle était réelle.
En fait je pense que je suis encore assez consciente pour intégrer cette factice réalité dans mes délires, ce n’est pas comme si mon esprit fonctionnait mal, il fonctionne trop. La réalité ne lui suffit pas comme bornes, alors il imagine des choses que les autres ne peuvent voir. C’est mon côté créatif il parait.

Pourtant tout n’est pas parfait dans mon esprit, à moins qu’il ait intégré que la jeune femme était une illusion ? Je ne sais pas, mais elle me répond que les gens de sa constitution ne peuvent tomber malade, ce qui est logique pour une illusion… Je me demande si cette histoire de vent a un rapport quelconque avec la confrérie des nuages, une guilde que j’ai rejoint récemment. Mon esprit créer toujours des liens improbables.

Son ami est donc dehors. J’envisage un instant de sortir le chercher pour de vrai…. Je rassemble mon courage m’avance vers la porte puis me ravise sentant mon cœur s’emballer. Je ne suis pas prête, et si… Et si je parlais dans le vide ? Et si des gens me voyaient ? Et si…. J’ai peur. Je ne peux pas ! Je cache tout cela derrière un sourire et désigne les clefs suspendues à un crochet à côté de la porte :

« Je t’en prie va le chercher, je fini de préparer le thé en votre attente. Le badge jaune sert à déverrouiller la porte du bas de l’immeuble. »

L’eau a fini de bouillir et j’ai remplis la boule à thé d’un mélange pêche-raisin que j’affectionne tinte dans ma bouilloire aux inspirations asiatiques. Je pars à l’exploration de mes placards à la recherche du gâteaux pour accompagner le tout. Je ne trouve que des langues de chat.
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Leaf
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Leaf

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Lun 28 Mar - 21:48

Elle esquisse quelques pas en direction de la porte, avant de s’arrêter. Je penche légèrement la tête sur le côté, croyant sentir l’ambiance s’assombrir un peu. Elle semble… perturbée, je ne sais pas pourquoi. Je n’en suis même pas sûre à dire vrai. Une certaine tension semble peser d’un coup sur ses épaules. Je lui aurais bien demandé ce qu’il lui arrivait, peut-être aurais-je pu l’aider d’une manière ou d’une autre. Cependant, je suis une inconnue pour elle, alors je n’avais pas à m’imposer à elle ainsi. Mais si elle voulait venir vers moi pour discuter, elle le pouvait. J’intercepte son sourire qui semble, peut-être, un peu crispé, avant d’acquiescer à sa demande d’aller chercher moi-même Leaf.

D’accord, merci, miss.

Je récupère les clés, d’abord dans ma main, puis dans mon bec lorsque je reprends ma forme de faucon. Je repasse par la fenêtre, afin de retrouver Leaf.

J’entame par réflexe un piqué, mais suis sérieusement déstabilisée par le vent. Bon, atterrissage un peu –beaucoup- bancal sur le sommet de la poubelle…

Je sursautai lorsqu’un grand bruit retentit au-dessus de ma tête. Mes yeux se posèrent sur Azur, et c’est presque avec soulagement que j’accueillis sa voix douce dans mon esprit.

La jeune médium veut bien nous accepter chez elle le temps que ce temps se calme, Leaf.

« Vraiment ? »

Oui. Viens, on doit repasser sous forme humaine.


Je regardai à droite, à gauche, jetai un œil sceptique au groupe d’adolescents qui approchait, puis me camouflai un peu plus derrière la poubelle afin de reprendre ma forme humaine. Azur sauta à terre et fit de même. Je contemplai un instant sa chevelure argentée et ses yeux bleus assombris par l’obscurité, puis nous nous dirigeâmes vers la porte de l’immeuble.

Elle passa un étrange objet jaune devant ce que je supposais être une sorte de capteur, puis tira sur la porte pour l’ouvrir. Je la suivis, la laissai passer devant dans les escaliers, et pousser la porte d’entrée d’un appartement qui était restée ouverte. A l’intérieur, un parfum fruité de thé embaumait l’air.

J’avançai timidement dans le salon, poussé en avant par la pression de la main d’Azur. Je vis alors une jeune femme, occupée à préparer le thé. La première chose qui me sauta aux yeux fut sa chevelure rousse. J’aimais beaucoup cette couleur. Outre le fait que c’était la couleur de mon pelage, n’était-ce pas magnifique, une couleur aux reflets chatoyants, qui appelait le soleil, qui rappelait la chaleur du feu ?

Bonsoir, miss. Encore navré de vous déranger à une heure aussi tardive, merci beaucoup pour votre aide…je m’appelle Leaf, même si je présume qu’Azur vous a déjà précisé mon nom.



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Emilie
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Emilie Aguila
Lun 28 Mar - 22:36
Je la regarde sauter par la fenêtre qu’elle a ouverte, sans savoir pourquoi je m’attendais à ce qu’elle prenne les escaliers pour rejoindre son compagnon. C’est sans doute parce que c’est ce que moi j’aurais fait si d’aventure j’avais eu le courage de quitter mon appartement. Ou mon studio, cette idée même m’horrifie et je mets quelques secondes à retrouver mon calme. Je suis une idiote, je me dirige vers la fenêtre ouverte pour la refermer laissant l’air mauvais à l’extérieur. Je n’aime pas l’orage en cette saison, il a un gout désagréable. Les orages d’été ont toujours une odeur d’herbe fraichement coupée et de… poussière ? Une odeur agréable qui ne va pas sans me rappeler la campagne dans laquelle j’ai grandi.
L’orage en fin d’hivers sent le froid et la tempête, il fait peur. Il éclate et tonne comme s’il était en colère contre la terre entière, comme s’il voulait tout détruire, il n’éclaire pas le ciel de jolies lumières mais le déchire me faisant sursauter. Souvent moi qui adorait jadis me mettre à l’abris sous le balcon pour regarder le spectacle que m’offraient les orages l’été me retrouvais en position fœtale au fond de mon lit me cachant les oreilles à l’aide d’un oreiller. C’était clairement étrange la différence que je faisais entre ce même évènement en fonction de la période de l’année à laquelle il se produisait. Ma psy m’avait dit que c’était en rapport avec l’ensoleillement que j’avais reçu dans la journée, que mon moral était meilleur l’été de ce fait. Je n’ai jamais saisi pourquoi. Je me rends compte que seule la lumière de mon bureau est allumée, c’est étrange de recevoir du monde dans cette ambiance-là, j’appuis sur l’interrupteur et lance un regard noir aux ampoules écologiques que j’ai pris grand soin de prendre. Elles mettent toujours trois plombes à chauffer avant de faire une lumière correcte. Je les incendie du regard alors que je verse l’eau chaude dans la théière où tintait la boule d’acier. Bientôt une odeur sucrée embaume tout mon appartement.
J’ai finalement trouvé un paquet de petits beurres au fond de mon armoire. Je ne l’ai pas entamé, je l’ai acheté en me disant que peut-être un jour j’aurais envie de gouter, mais je ne fais que boire du thé trop, me brulant les lippes et le gosier avec délectation, je ne ressens nul besoin d’ajouter d’autre mets à mes encas.
Je pousse la petite table carrée sur laquelle j’avais l’habitude de manger quand mon bureau était encore recouvert de cours pour ne pas les souiller. Maintenant je mange devant mon ordinateur, cela me fait sentir moins seule. Je ramène ma chaise de bureau. Le tabouret, la chaise de bureau et le lit, voilà trois sièges confortables. Je n’en ai d’autre dans ce studieux logis qui n’est pas prompt à recevoir de la compagnie.

La porte de l’appartement s’ouvre sans que je sursaute, je savais qu’ils allaient arriver. J’offre un sourire qui se veut accueillant au nouveau venu en bonne hôtesse que je suis. Ou que je prétends être, ces illusions sont les premières « personnes » depuis longtemps que j’invite ici.

« Bienvenue Leaf, en effet ta compagne ma déjà révélé ton nom… Oh mais je manque à tous mes devoirs, je m’appelle Emilie, Emilie Aguila ! Enchantée de vous rencontrer tous deux. »

Quelqu’un de bien élevé doit toujours se présenter, du moins c’est ce que j’ai lu… J’ai l’impression qu’en réalité les gens ne se présentent plus et se foutent royalement des autres bipèdes qu’ils croisent. Un nom ça s’oublie vite, pourtant dans mon monde d’illusion je tiens à ce que l’on soit polis, à ce que tout se passe bien. C’est… dérisoire non ?

« Je vous laisse choisir vos sièges le thé est prêt… J’espère que vous l’aimerez. »


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Leaf
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Dim 17 Avr - 17:02

Je tiquai légèrement en entendant le mot « compagne ». Ah, je n’aimais guère ce mot, pour qualifier Azur. Parce qu’il avait plusieurs sens, dont celui de la compagne amoureuse. Azur et moi étions si loin de ce genre de relation… Elle était comme ma mère, jamais je ne pourrais la considérer autrement.

J’adressai néanmoins un nouveau sourire à la demoiselle rousse. Puis elle nous donne alors son nom. Emilie. Je m’inclinai très légèrement en guise de salutations.

C’est un honneur aussi.

— Je vous laisse choisir vos sièges le thé est prêt… J’espère que vous l’aimerez.

Un nouveau sourire en coin étira mes lèvres. Emilie se comportait comme si nous étions ses vieux amis… elle semblait nous faire tellement confiance. C’était plutôt particulier. D’ordinaire, on ne se sentait pas aussi facilement à l’aise envers des inconnus… peut-être cette jeune fille était-elle juste particulièrement à l’aise avec les relations humaines.

Je regarde avec un sourire en coin mon petit Leaf, en bon gentleman, prendre place sur le tabouret, nous laissant ainsi le siège et le lit, à Emilie et moi. Il était amusant de constater que chacun évoluait différemment. Jamais je n’avais enseigné à Leaf la notion de la galanterie, il l’a observée et appliquée de lui-même. C’est un bon garçon… avec un petit rire amusé, je lui ébouriffe les cheveux (je remarque avec amusement sa petite moue et ses gestes frénétiques pour tenter de redonner une allure correcte à sa chevelure rebelle), avant de prendre place sur la chaise qui prenait auparavant place près du bureau.

Je ferme les paupières un instant, humant le parfum fruité du thé. Je pose ensuite mes prunelles sur Emilie.

Puis-je vous demander à quoi est ce thé ? Il sent bon. Nous sommes plutôt habitués au thé à la menthe…

J’esquisse un sourire en avisant la tasse en face de moi, remplie du liquide fumant, agréablement ambré. Je saisis la tasse avec gratitude, murmurant un nouveau remerciement.

Un petit silence s’installe, jusqu’à ce que je le brise, dans le but d’engager la conversation :

Hum… dites-moi, Emilie ! Que faites-vous dans la vie ? Vous paraissez bien jeune, vous êtes encore étudiante non ?

Je penche la tête, avant de boire une gorgée de thé, qui me réchauffe des pieds à la tête.



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Emilie Aguila
Dim 17 Avr - 17:33
Je regarde le jeune homme rosir quand j’utilise le mot compagne… Enfin, ce n’est pas comme s’il devenait rouge pivoine non plus, c’est une expression. Il semble plutôt mal à l’aise avec la dernière que j’ai employé. Je lui offre un sourire amusé, je ne sais trop s’il se sent mal à l’aise car la relation qu’ils entretiennent est bien loin de ce que je pourrais imaginer, ou parce qu’il se sent percé à jour. Au fond peu importe, il me rend mon sourire en inclinant la tête. Il a l’air d’un gamin comme ça.
Ce sentiment se trouve renforcé quand la main de Leaf vient le décoiffer. C’est adorable, mais le geste bien qu’affectueux ne semble pas être celui d’une amante, plus celui d’une mère. Vu leur similaire jeunesse apparente j’en conclue qu’ils sont frères et sœur. Ce n’est pas parce que je passe ma vie derrière un écran que je ne sais pas observer les sentiments humains.
Je crois pouvoir me venter d’avoir toujours été quelqu’un de très observateur, sans doute tellement observatrice que ce que je vois ne me suffit pas et que j’ai besoin de me créer des choses qui n’existent pas. Enfin, c’est une autre histoire.

Je la vois humer le thé, le bout de son nez remuant légèrement à cette occasion alors qu’elle s’imprègne de l’odeur du thé. Les orbes de la jeune femme se pose sur moi, elle a dû deviner que je les observer, m’interrogeant sur qui ils étaient. Ils ont une histoire, comme toute mes hallucinations, mais je ne sais pas encore laquelle.

« C’est du thé pèche-raisin. J’ai peut-être un peu de miel si vous voulez le sucrer… »


Pas de sucre, j’ai fait disparaitre cette substance de l’appartement pour éviter les crises de boulimies compensatoires. En fait, j’ai aussi quelques sachets de thé à la menthe, c’était pour quand je recevais mon amie Sonia, elle aimait beaucoup le « thé du désert » et bien que je ne puisse lui en faire à partir de feuilles de menthe fraiche depuis que je lui avais offert la plante qui embaumait ma chambre, elle appréciait toujours de passer discuter. C’est dommage qu’elle soit partie en erasmus cet année, je me sens vraiment seule depuis son départ. Je chasse ces pensées pour répondre à ma vis-à-vis :

« J’étudie à la faculté d’histoire, mais je ne suis pas très studieuse ces derniers temps… Et vous-deux, d’où venez-vous ? »

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Age: Bien plus jeune que toi...
Dim 17 Avr - 18:26

La faculté d’histoire ? Je devais avouer que le concept d’études m’était un peu flou, je n’avais rien connu d’autre que la forêt, les créannes, les missionnaires… Je me demandais ce que cela pouvait bien faire, d’être assis derrière un bureau, et d’apprendre. Pouvait-on réellement apprendre des choses sans les expérimenter ? Peut-être pas de manière très concrète. J’esquissai un regard vers Azur. L’histoire. Elle s’y connaissait en histoire, bien sûr, parce qu’elle en avait vécu une partie. Deux-cents ans, si peu par rapport à l’étendue de toute l’histoire humaine, mais bien plus que cette jeune humaine. D’autant qu’Azur était née en France, alors l’histoire de ce pays devait lui être bien familière… je remarquai le sourire qui naissait sur ses lèvres. Bingo.

L’histoire, vraiment ? Quelle période aimez-vous étudier ? Pour ma part j’en connais un rayon sur la Révolution française… nous avions au lycée un professeur passionné de cette période.

Tandis qu’elle parlait, mentait sur le pourquoi de sa connaissance –probablement pour ne pas effrayer la demoiselle-, je lui jetai un petit regard en coin surpris. Je n’y avais pas fait attention auparavant, mais, elle ne parlait plus la même langue avec Emilie. Elle était passée du Suédois au Français, si facilement. Je la comprenais toujours, du fait que tous ceux qui étaient liés de près ou de loin aux dieux se comprenaient, au-delà de la barrière de la langue. Parce que des racines sumériennes sont présentes dans les langues d’aujourd’hui. C’était pourquoi Emilie comprenait ce que je disais aussi, et pourquoi moi je la comprenais. Mais ces sonorités m’étaient si étranges que, sur le moment, cela me déstabilisa.

Je revins sur Terre en me souvenant que la jeune rousse avait posé une question.

Nous venons de Suède…

… et nous étudions les civilisations anciennes, compléta Azur.

Je crus à sa bouche entrouverte qu’elle allait ajouter quelque chose, mais elle se tut, et referma la bouche, avant de boire une nouvelle gorgée de thé. Je fronçai les sourcils. Pourquoi disait-elle cela ? Nous n’étudiions pas les civilisations anciennes. Enfin je supposai que pour notre âge apparent, ce devait être étrange de ne pas faire d’études. Surtout pour moi à dire vrai, qui devait donner l’apparence d’un garçon de seize ou dix-sept ans, tandis qu’Azur en donnait plutôt dix-neuf ou vingt…

Je tins ma langue à temps. J’avais failli mentionner la Congrégation, qui était réputée pour être une grande école spécialisée dans les civilisations anciennes. Je ne voulais pas que cette demoiselle soit attirée par la Congrégation. Je ne voulais pas qu’elle se rapproche de cet univers, je ne voulais pas qu’elle ait un plus grand risque de se faire appeler. J’apprécie Emilie, je ne voudrais pas avoir à me retourner contre elle. Et puis les missionnaires courent des dangers aussi, en étant au service des dieux, leurs missions se constituent rarement, pour ainsi dire jamais d’aller chercher le pain. Ou alors d’aller chercher le pain à l’autre bout de l'Europe, en faisant le trajet à pieds et en combattant quelques créannes au passage.

Vous avez déjà voyagé ? demandé-je avec un sourire.

Je crois que j’ai la fâcheuse tendance à toujours enchaîner sur cette question lorsque l’on nous demande d’où l’on vient…

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Emilie
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Emilie Aguila
Mar 24 Mai - 22:17
« En fait de base je m’intéressais à l’empire byzantin, je ne sais pas d’où me venait cette passion… Puis sans trop comprendre comment j’en suis venue à périodes plus anciennes, l’antiquité… Les grecs, les égyptiens… J’aimerais faire de l’archéologie, enfin j’aurais aimé… Là je me demande ce que je veux faire plus tard et si je ne voudrais pas me réorienter… J’imagine que ce n’est pas bien intéressant. » dis-je dans un sourire essayant de passer sans transition à autre chose. Parler de ma passion pour l’histoire c’est comme remuer le couteau dans la plaie.

Parler d’histoire me ramène sur les bancs de la fac et un frisson de dégoût me transperce. Je me rappelle la peur de sortir de chez moi, la crainte d’agir bizarrement en société, de répondre à une personne qui n’existe pas. De fixer interloquée une scène qui ne se passe que dans mon esprit, d’entendre mes camarades rire dans mon dos, me donner des surnoms dont le plus commun, et moins grossier de surcroit, est la petite rousse bizarre. En général il y a un pamphlet sur mon poids associé à leurs mesquineries, bien que j’avoue avoir énormément perdu depuis le début de l’année scolaire.

Je me contiens en un sourire assez faux. Je sais très bien faire semblant et prétendre que tout va bien, je cache mes ennuis à mes proches depuis assez longtemps pour cela.

« Ainsi, nous nous étudions aux mêmes histoires. »


C’est ainsi que je vois l’Histoire, non pas comme une succession de dates et de hauts faits, mais plus comme une succession de destins entrecroisés. Je ne m’investissais souvent dans la recherche de ces noms oubliés. J’aime par-dessus tout consulter les archives, je ne sais d’ailleurs comment mon intérêt a pu glisser vers les civilisations anciennes alors que j’aime tant parcourir les papiers jaunis des archives départementales. C’est là qu’est née ma passion pour l’histoire alors qu’âgée d’une dizaine d’années j’avais entrepris de reconstituer mon arbre généalogique. Ou tout du moins de le compléter suite à un travail que j’avais entrepris pour l’école. J’étais comme ça, quand je commençais quelque chose je ne me satisfaisais pas de le faire à moitié, j’étais de fil en aiguille remonté jusqu’à un forgeron Ariégeois du dix-septième siècle. Bien entendu, ces recherches m’avaient pris des années, années durant lesquelles j’avais souvent dû insister auprès de ma mère pour qu’elle accepte de faire chauffeur jusqu’aux archives des différents départements jouxtant le mien. Heureusement, certains avaient entrepris de numériser tout ce qu’ils posséder et de le mettre à disposition sur internet. Cela m’avait grandement aidé, heureusement par ailleurs que la mémoire familiale remontait jusqu’à plus de cent cinquante ans, il m’avait suffi de consulter les carnés de famille de mes grands-parents et arrières grands parents quand on ne les avait pas jetés pour dépasser la période trop récente où les archives étaient encore classifiées et interdites à la consultation. C’était parfois un challenge, passant par l’envoi de lettres au préfet pour pouvoir reconstruire son arbre généalogique, maintenant que je considérais les racines de mon arbre assez profondes je prenais un grand plaisir à en compléter les branches, notant avec plaisir la naissance de chacun de mes petits cousins.

« Je n’ai que rarement voyagé, je suis allée quelques fois en Espagne avec mes parents et une fois en Irlande avec mon collège, mais je n’ai jamais réellement roulé ma bosse »
je réponds. « Et vous qui venez de Suède, quelles contrées avez-vous traversées ? Quelles histoires y avez-vous vécus ? » demandais-je curieuse.

HRP : désolée du temps pour répondre, les exams sont passés par là, puis beaucoup d'autres choses. J'essaierai d'être plus réactive à l'avenir.
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