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Pause café ?
Mer 4 Juin - 19:01




Les derniers rayons du soleil s’éclipsent tandis que les couloirs de Stockholm se vident petit à petit. Tao, depuis la bibliothèque, entendit la dernière sonnerie. Pour les plus jeunes d'entre eux, les cours étaient finit. Chacun s'en retournant à leurs occupations respectives. La Médium soupire. Dire que certains sortaient à peine de l'adolescence … Les Dieux sont décidément bien étranges. Ou alors, et c'est peut-être déjà plus plausible, complètement indifférent.

Mais passons, là n'était pas la question. Tao se savait à présent au calme, et c'est tout ce qui compte. Elle s'en retourna alors à ses dossiers. Une pile plus ou moins importante trônait à la table. Des rapports de mission. Fiche technique de certains Créanne … et j'en passe. Son père en avait écrit quelques uns et lui offrait une sorte de droit de regard. Elle notait les informations ci et là, glanait le moindres détails. Pourquoi ? Pour lui, ce prénommé Darcia. Si, de manière générale, elle ne vouait aucune animosité vis à vis des Créannes. Elle ne pouvait pas en dire autant de celui-là. Et vous vous doutez bien que sa présence ici et en partie du à ça. Utu le lui en avait donné le droit et elle ne s'en privait pas. C'était donnant-donnant entre ces deux-là. En échange de son « aide », Tao répondait à ses devoirs. Difficile de croire qu'un Dieu se montre aussi conciliant …  Grande indulgence. Extrême patience. Elle ne le sait pas vraiment. Mais l'un comme l'autre n'ont jamais eu à se plaindre de ce système jusqu'à présent alors, pourquoi pas finalement ?

Tao leva son bras à hauteur d’œil et regarda distraitement l'heure. Déjà ? La Médium soupira et chercha un instant du regard l'autre « Grand Malade ». Oui, je parle du bibliothécaire là. Lui aussi s'affairait, d'où le fait qu'il accepte Tao à une heure aussi tardive dans sa bibliothèque. Ce qu'il faisait ? Aucune idée et Tao n'en avait, très clairement, rien à faire. Du moment qu'il ne se mêlait pas de ses affaires, elle-même n'avait aucune raison de le faire. C'était dans son caractère. Personnage effacé et discret. Rares sont ceux qui, au final, la connaissent. Plutôt solitaire, bien qu'intègre. Toujours est-il qu'une pause s'imposait. Tao se libéra alors de sa chaise, mais récupéra à la volée l'un des dossiers qu'elle examinait. Elle prit également dans son sac son paquet de cigarette – car oui, une pause avec Tao comporte toujours un café et une cigarette. Elle laissa sous bonne garde le reste de ses affaires. En échange de quoi elle ramena aussi « un petit jus » au bibliothécaire. Donnant-donnant avec lui aussi on dirait. La Médium trouva ensuite refuge à l'une des terrasses dont était pourvue la bibliothèque. Elle posa son café au bord de celle-ci puis, alluma sa cancerette. Elle tira une première bouffée et leva les yeux au ciel. Une nuit de pleine Lune …  Elle ne l'avait jamais vu d'aussi près. Un fin sourire se dessina alors à ses lèvres. Quand on parle de rancœur, Utu et Nanna en était l'exemple même.

«
 Je me demande comment tu l'aurais pris … » Murmure-t-elle en pensant alors à son père.

Lui qui avait servit Nanna. Lui qui avait été un de ses Missionnaires. Elle se demande si son allégeance à Utu aurait été sujet de discorde vu la tension qui règne entre les deux frères. Ça, ou le simple fait qu'elle prenne part à cette guerre. Tao sourit, un brun nostalgique. Le connaissant … les deux en fait. Mais qu'importe. Â défaut que Nanna, lui, s'en donne la peine. Tao voulait que Justice soit faite et elle ne peut plus faire marche arrière désormais.

Tao fixa la Lune quelques instants. «  Et toi alors. Qu'est-ce que tu en penses. » Dit-elle calmement. Et le silence fut, évidement. Tao sourit doucement. Cette question resteras donc en suspend. D'ailleurs, pourquoi elle le lui demande. La fatigue sûrement. Elle écrasa sa clope dans un soupir, il était d'en revenir à ses fiche semble-t-il…


Nanna
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Jeu 5 Juin - 21:50
L'immobilité sans faille de la lande grise me tire de ma torpeur méditative. Ici, rien ne bouge jamais, tout est figé. Impossible donc de se laisser bercer par le vent dans les branches et encore moins par le murmure d'un ruisseau. D'ailleurs, ni eau ni vertes ramures en ces lieux. Tout n'est que poussière, poussière et silence. Un silence écrasant, absolu, reposant. Et l'horizon de tous les côtés, qui s'étend sans relief à l'infini autour de la steppe.
C'est mon domaine. Mon royaume.

Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est l'endroit que je préfère à l'ensemble de l'univers. Peut-être mes goûts sont-ils étranges, mais seul cet endroit est capable de me procurer une paix absolue. Attention, je ne dis pas que j'y suis toujours serein, non. Mais parfois, ça m'arrive, lorsque je médite longtemps les yeux fixés sur un point inexistant du ciel sombre.
Parfois même, quand je me sens suffisamment en harmonie avec moi-même, je ressors de ma terre d'asile dans une autre époque; je revois les jours passés du monde, mes jours heureux avec Utu, le temps où nous étions tous vivant en un système symbiotique sinon heureux, du moins incroyablement parfait. Oui, à nous tous nous pouvions tout.

Mais c'était avant ces funestes événements. Souvent lorsque je les revis je me demande ce qu'on aurait pu faire d'autre. J'essaye tout. Et chaque fois je finis par me retirer dans mon domaine, la sérénité brisée et entachée de ma rancœur, de mes regrets perpétuels.
Puis je finis par me retrouver. Et je recommence, toujours. Je ne renoncerai jamais.

Je me redresse, faisant tinter mes nombreux bijoux et laissant mes cheveux passer sur mon visage.
Enfin. Enfin Utu retire sa lumière de la Congrégation. Maintenant c'est à mon tour de régner dessus. L'esprit sans doute un peu trop triste je sors de mon royaume et contemple la terre depuis le ciel. Sa beauté me subjugue une fois de plus, avant que les lumières artificielles des villes n'assombrissent mon front. Ils aiment donc tellement mon frère qu'ils l'imitent même dans ma reposante nuit. A quoi sert-il que je leur procure cette chance s'ils n'en font rien?

Ce soir, je suis à mon apogée. C'est la pleine Lune sur terre et ma lumière brille comme jamais -la lumière d'Utu plus exactement. Mais je préférerais ne pas m'en souvenir.-
Et voilà. je suis au-dessus de la Congrégation, ce petit écrin où séjournent nos Missionnaires -ainsi que ceux des autres-.
D'ailleurs, j'en vois une, accoudée contre la rambarde d'une terrasse. Étrange d'aimer la nuit pour une servante de mon frère si "lumineux". Elle s'adonne à un vice si humain, la drogue, tout en buvant du café. Je ne peux m'empêcher de songer que cette petite Asiatique est encore très loin de tomber dans l'oubli du sommeil.
Elle tourne son visage vers moi, comme si elle avait conscience de mon regard.

Et toi alors. Qu'est-ce que tu en penses.

Bien sûr, j'ai l'habitude. Les hommes me confient leurs plus noirs secrets, croyant sans doute s'adresser à un énorme caillou inerte, tout en ayant au fond d'eux la certitude mystique que la Lune est plus que ça. Cela va sans dire, mais ça ne contribue pas vraiment à une éventuelle joie de mon  esprit.
Celle-ci pourtant, connaît mon existence et s'adresse à moi. Directement.

Je la connais moi aussi, de nom surtout, par son père qui fut à mon service, il y a quelques années de cela, avant qu'il disparaisse. Mais inutile de préciser qu'elle n'a pas été le principal objet de mon attention, tant la liaison avec mon traître de frère me rebute.
Enfin, à présent l'envie quelque peu désespérée de me distraire me prend.
Je descends sur Terre en savourant le contact frais de l'obscurité, et me retrouve derrière la jeune humaine, environné d'un peu de poussière pâle venant de chez moi. Le contact du sol sous mes pieds nus et le poids de mon corps me surprennent encore quelque peu, et -comme chaque fois- je reprends un peu de respect pour les créatures qui supportent ces entraves jour et nuit.

Je m'approche un peu d'elle, sans un bruit, par habitude. Sa boisson fume dans la nuit, sous ses yeux nostalgiques.

_Mes pensées sont fades, et mon avis immuable et plein de colère.


Je laisse un peu planer les mots en appréciant la vibration de ma voix qui sert si peu.

_C'est une étrange chose qu'une fille renie ainsi l'allégeance de son père.

Je penchai la tête sur le côté, un peu étonné mais en vérité surtout joueur. Quelle belle nuit pour rencontrer la servante d'un traître, songeai-je en souriant légèrement, toujours plus du côté gauche, héritage d'amères années où l'ironie seule me procurait un semblant de réconfort.
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Ven 6 Juin - 16:10


Si il y a bien une chose à laquelle elle ne s'attendait pas, c'était l'apparition de Nanna. Ça se saurait si les Dieux répondaient présent aux moindre de leurs appels. Mais il faut croire que tout arrive et la Lune faisait honneur de sa divine présence pour cette nuit. La jeune femme se figea, pivota de trois quart et lui fit face. Son regard se planta dans le sien. Nanna avait soigné son entrée …  Chacun son petit plaisir vous me direz. Elle soupira devant la réplique acerbe de Nanna. À croire que tout ce qui était lié de près ou de loin à son frère était un problème en soi. Peu importe. Tao ne lui en voulait pas. Elle ne s'en donnait même pas le droit, en y réfléchissant bien. Une mortelle ne peut comprendre pareils querelles. Un doux sourire se dessina à ses lèvres.

«
 Je ne pensais avoir un jour la possibilité de vous rencontrer, Nanna. » Dit-elle calmement. Depuis le temps qu'elle avait rejoint Stockholm, il faut avouer qu'elle n’espérait plus vraiment. Mais qu'est-ce que cinq années pour un Dieu. Rien. Un battement de cils. Un claquement de doigts. Pour autant, Tao ne trouvait cette situation aucunement enviable. L'immortalité. L’omniscience. Supporter l'Homme, témoigner de ses sordides penchants.

Nanna soupesa son silence et reprit tout aussi calmement. Mordant. Tranchant. Quoi qu'un peu prévisible finalement. Tao ne dit mot. Une traître ? Est-ce donc uniquement cela qui le poussa à quitter son domaine ? Nanna jouait – avec ses nerfs, qui sait. -

«
 Mon père était un homme plein de secrets. Il s'était bien gardé de me parler de vous, de son allégeance et ce que cela impliquait. Mais je pense que nous serrons au moins d'accord sur le fait que c'est trop tard désormais. » Répondit-elle doucement.

Il s'en suivit un lourd et profond silence. Le regard de Tao s'assombrit, mais elle ne se dépara pas de son sourire un seul instant. Elle ne donnera pas satisfaction à Nanna en s'apitoyant. «
Peu importe mon allégeance. Mes convictions restent les mêmes. Et puis l'avantage des morts c'est qu'ils s’abstiennent de faire des commentaires. » Non, Renzo ne compte pas. Ni même tous les autres servants d'Ershkigal, ce serait trop facile ça. Et oui, le second degré c'est toujours plus ou moins efficace. Chacun ses armes on me dira.

« 
Même si rien n'est gratuit, votre frère m'aide. » Il faut avouer qu'Utu s'était donné un peu plus de peine. Bon gré mal gré peut-être. Mais Tao avait eu ses réponses et, maintenant, la possibilité de rendre justice à son père. C'était tout ce qui importait. Le Destin a de l'humour quand même. Tao reproduisant le même schéma que son père - elle qui, enfant, souffrait de ses absences répétées de celui-ci et voulait qu'il arrête -. Son allégeance à Utu, le traître. Oui, quelqu'un s'amusait on dirait.

Tao déposa son café à côté d'elle. Elle enfouie ses mains dans les poches de son swet' et porta son attention vers le Divin. Malgré tout admirative et bercée par sa présence, son aura. Même en tant que Missionnaire, rares sont ceux qui partageaient le temps d'une nuit ou d'une journée la compagnie d'un tel être – Et bien plus quand le Dieu ci-présent n'est pas celui que l'on sert.

«
N'êtes-vous ici que pour me lancer des piques ? Je vous sent d'une humeur bien taquine. » Dit-elle avec douceur, un brun amusée. N'y voyez rien d'irrespectueux la dedans. Mais kit à ce que la soirée ne soit qu'une succession de remontrance, autant l'aborder plus ou moins sereinement. Nous verrons bien qui de l'un ou de l'autre perdra en premier patience. Même si Nanna triche avec ses « quelques millénaires » d’existence.



Nanna
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Sam 14 Juin - 18:10
Étonnante soirée. Mais pas désagréable pour autant. Le temps est doux, et cette petite humaine est pleine de surprises. Je dois reconnaître qu'elle a du cran de rester calme après ce que je lui ai dit.

Mais je suis un Dieu. Mes jeux sont cruels et ce soir j'ai envie de jouer. Elle cédera.
Je contemple son visage qui se veut impassible avec un léger sourire, comme souvent lorsque je suis agacé.
Ainsi Lin ne lui avait jamais parlé de moi. Ça ne m'étonne pas vraiment de lui, à vrai dire. Il protégeait même tellement sa famille que je n'avais jamais vu cette fille que de loin, depuis le ciel. Peut-être inconsciemment s'était-elle défié de son allégeance pour ne pas risquer de disparaître comme elle pensait que cela lui était arrivé. Les Humains sont si fragiles.
Mais celle-ci au cran surprenant avait bien  raison: il était trop tard -et rien de ce que je lui dirai ne changera quoi que ce soit. Rien de mes actions ne change jamais rien, c'est ainsi depuis la nuit des temps, mais ce soir au moins c'est un avantage; mon champ de manœuvre est totalement libre.-

Elle aussi arbore un petit sourire, mais son regard est loin d'être calme et s'agite comme un océan par grande tempête. Plus ou moins satisfait, je m'accoudai au rebord de la terrasse et contemplai les étoiles pendant qu'elle continuait à parler avec son orgueil immense, son orgueil d'humaine tentant de dépasser ses parents, de décrypter les Dieux même et de se mêler à leurs jeux. Cet orgueil nous l'avons au moins en commun avec eux; il permet au moins de paraître fort dans les pires situations.
Pourtant il fallait bien que j'admette que son assurance était attendrissante et m'inspirait encore un peu d'amour, revenu de très loin sans doute, envers la nature humaine.

_Même si rien n'est gratuit, votre frère m'aide.

Utu. Que lui as-tu promis en échange de ton aide? tu finiras par la trahir elle aussi et tu t'éloigneras encore davantage de ton idéal de Justice. Tout ça pour quoi.

_Le soleil est changeant comme le traître qu'il est et un jour ton paiement ne lui suffira plus. Et toute ton assurance n'y changera rien.

Si tu savais. Pour nous Dieux une vie humaine n'est rien. Juste une chose si facile à orienter lorsqu'on s'ennuie. Bientôt tu mourras comme ton père et rien ne restera de ta quête que ce dont un traître voudra bien se souvenir.

N'êtes-vous ici que pour me lancer des piques ? Je vous sens d'une humeur bien taquine.

Je me contente d'un petit rire sans joie pour sa réponse. Et d'un regard peut-être un peu intrigué.

_Tu es bien téméraire de t'adresser ainsi à un Dieu. Mais comme tu l'as dit je cherche l'oubli, aussi je te répondrai.
Je reportai mon attention sur les lointaines étoiles.
_Je suis ici parce que tu m'as appelé.


Voilà, petite Lin. C'est tout. Je n'ai rien à te dire ni rien à obtenir ici. Rien que tu perçoives à l'échelle de tes quelques années. Comprendre peut-être, un jour, changer une unique journée. Juste une chose divinement simple et pourtant cela fait plus de 6000 ans que je m'y essaye sans succès. Mais ça viendra. Je suis patient et je chercherai encore. Mais peut-être m'y aideras-tu sans le savoir.

Je fis quelques pas autour d'elle en crevant la chape de silence tacite tombée sur cette terrasse, avant de me percher sur le rebord. Je voudrais que la Lune soit noire pour que mon frère ne m'épie pas dans le reflet de sa lumière. Quand je regarde cet astre depuis la terre c'est pour moi comme si je me retrouvais face à mon propre regard plein de reproche. Mais moi je n'ai pas trahi. Je n'ai pas changé depuis tout ce temps.
Un peu de fumée ternit l'éclat du ciel et ramène mon intérêt vers sa source.

_N'as-tu jamais pensé que tu finirais par t'autodétruire, vaillante petite humaine?


Et surtout, toi qui es si fine mouche, comprends-tu les forces qui se battent autour de toi?
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