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Rêve et bizarreries ...
Nabouh
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Nabouh Saifi

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Jeu 17 Juil - 15:40
Je m'écroule sur le lit, sans écouter les protestations bruyantes qu'il émet à travers un loooong grincement. Je n'ai pas l'habitude de me laisser aller ainsi ( gros mensonge) mais là, je n'en peux juste plus. Déjà, je continue de me perdre. Et pas qu'ici dans ce bâtiment, mais dans la ville entière, dans les alentours... partout! Cet endroit me rejette on dirait! J'ai même pris un de ces fameux temples dédiés aux dieux ( une belle bêtise à mon avis) pour un abri destiné aux voyageurs égarés. Inutile de préciser que la proprio, une espèce d'enragée de vieille fille fagotée comme un flageolet, n'a pas trop appréciée. Si encore je m'en souciais... Mais je sais qu'elle serait capable de me faire la misère cette folle en plus. Déjà que mon dieu ne m'a toujours appelé, et que c'est supposé être le moment où ma vie s'achève pour un enfer complet, si je me met en plus une déesse que je veux pas ( et qui ne m'a pas voulu non plus d'ailleurs.... Honte à elle!), je sens que je ne tiendrai pas longtemps. C'est une bonne raison pour être fatigué non ? Non? Alors j'ajoute que je n'ai pas dormis dans un lit cette nuit car je me suis à nouveau perdu comme un idiot dans la nature lugubre et sauvage de ce pays de crotte.C'est quoi cette manie du froid en plein été? Ces gens sont pas humains sérieux... Du coup j'ai dormis dehors, transi de froid. Et là? Je m'apprête à faire un long et doux sommeil, seulement parasiter peut-être par la lumière du soleil mais je m'en moque un peu.

Alors que mon esprit commence peu à peu à s'apaiser, malgré toutes les questions et les critiques qui me viennent à l'esprit, je me prends à sombrer peu à peu dans le sommeil. Je n'aime pas cet endroit. Je n'ai pas envie d'y rester. J'ai le mal du pays... et de ma famille aussi. Moi qui ne pensais qu'à une chose en Palestine : partir. Le plus loin possible. Je voulais une nouvelle vie, que je pourrais vivre tranquillement, loin des préoccupations habituelles. Mais me voilà plongé dans une histoire encore plus compliquée, voire impossible à croire même si on ne l'a pas vécu. Je ne parvenais pas encore à réaliser pleinement combien ma vie avait changé. Et j'étais aussi loin de me douter que ce n'était pas fini... loin de là.

Lentement, mes yeux se ferment et je sombre dans un sommeil profond.
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Ven 1 Aoû - 20:10




Enlil & Nabouh


Le silence était de mise dans ce royaume vide.
Même si vide n'était pas tout à fait le bon mot. Vide pour celui qui ne voit pas, celui qui ne voit rien, et ils sont nombreux à ignorer la puissance invisible de ce royaume. Plat, comme tant d'autres royaumes des Dieux. Pourtant le sol, si infini soit-il, semble tellement loin. Il n'est qu'une fine trace sur l'horizon, alors que la véritable raison d'être de cet endroit est bien plus haut... Bien supérieur.
Ici on ne regarde pas le sol. On regarde le gris-bleu du ciel mouvementé, tantôt voilà par des nuages tantôt libre de montrer sa couleur si vive. Mais en dessous de cette splendeur voûtée, ils se déchaînent. Violent ou soumis, ils lèchent les pas de leur maître qui se laisse porter dans cet espace. Ils, ce sont les vents. Ils rasent le sol ou cherchent l'envol, bousculent ou caressent dans une anarchie la plus totale, brûlants ou gelés ils parcourent ce monde sans frontières et sans but, à la recherche de celui qui les aime et les choie.
Et il est là, bien plus haut qu'eux. Bien plus haut, dans ce palais de verre qu'est le Panthéon. Immense et léger, volumineux et étrangement subtile, il subjugue les regards par sa grandeur et le pouvoir qu'il dégage.
Mais plus encore que le palais, un être un seul retient l'attention de tous. Le maître des lieux. Le maître de la demeure gigantesque flottant au dessus de l'étendu infinie n'a rien d'imposant. Ni son apparence si son aura ne sont effrayante ou ne respire la puissance, il a l'air de quelqu'un de simple, tout à fait humble et perdu au milieu de cet univers. Seulement c'est loin d'être vrai. Cet univers même est son aura et sa puissance. Il l'étale doucement à travers ce château pour le moment vide mais qui a tant subit.
Si seulement il ne devait pas accueillir tous les autres dedans... Ceux qui salissent ces murs sans s'en rendre compte, ceux qui souillent cette maison de leurs gamineries. Ces pensées âpres font sourire légèrement leur propriétaire. Car c'est leur maison tout autant que la sienne. Certes elle a désormais son image, mais elle est et restera l'endroit de leur jeunesse à tous, là où ils ont tous le droit d'aller. Il n'y a jamais eu d'intimité dans ce palais, mis à part peut-être à l'entrée, sur ce fronton qui donne ouvertement vert le ciel ou la terre selon les désirs. Une sorte de chemin coupé sans barrières, d'où l'on peut facilement sauter ou observer la grandeur du royaume du premier des Dieux.
Un soupir naît entre les lèvres du maître, et doucement il en vient à grandir, à se former avant de partir rejoindre les autres souffles du Dieu. Les souffles de Enlil. Certains seront des créannes, d'autres resterons à jamais des vents signes de son pouvoir ou de son exaspération.
Il se retourne vers le palais, marche tranquillement dans ses allées encore vides et profite des fenêtres ouvertes à tout vent et de la pureté apparente des lieux. Sans aucun luxe ni apparats sur lui, il se dirige jusqu'à la salle du trône, cette salle grandiose, presque trop, où il siège. Lascivement, il s'assoit sur le symbole de son pouvoir avant de regarder au loin, perdu dans des pensées sombres et indéchiffrables.
Mais voilà, il le sent. A l'autre bout du monde, dans un autre même peut-être, celui qui sera appelé vient de s'endormir. Cherchant à allier distraction et administration, il se doit de l'appeler ici, de lui donner sa mission comme tant d'autres avant lui, espérant tomber sur quelqu'un d'assez digne pour porter sa voix.
C'est donc d'une voix calme qu'il s'exprime, calme sans être douce, autoritaire. Il appelle. Cet appel que vous ne pouvez pas refuser.

Nabouh Saifi, que ton âme entre dans ma demeure.

La demeure des Dieux eut été plus correct, mais peu importe. Son âme arriverait, se perdrait certainement dans ces couloirs somptueux, mais ses pas le guideraient vers lui, il le savait. Il n'avait plus qu'à attendre.
Et ça, Enlil avait appris à le faire très sagement.
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Nabouh
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Nabouh Saifi

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Ven 1 Aoû - 20:31
Le sommeil me gagnait progressivement, je me sentais plongé dans une léthargie proche de l'extase alors que je sentais mon corps se détendre et lâcher prise. A vrai dire, je ne sentais plus rien maintenant. Je me sentais juste en paix. Calme. Apaisé. Seul une lumière étrange me gênait et m'empêcher de dormir tranquillement. Grognant avec mauvaise humeur, j'entrouvre mes yeux en tendant une main dans le vide pour éteindre une lampe supposée allumée. Le peu que je vois à travers mes paupières mi-closes suffit à me réveiller complètement. Alors que je suis pratiquement certain, pour ne pas dire absolument sûr, de m'être allongé et endormi sur mon lit, je me retrouve tout à coup dans un espace pour le moins... plus qu'étrange. D'abord, la première chose que je retiens, c'est qu'il n'y a plus de sol. Je marche dans les airs! Ensuite, je trouve la lumière un peu forte. Je ne vois même pas d'où elle vient d'ailleurs mais elle m'agresse. Surement parce que je suis dans le ciel et tout... Attendez, dans le ciel ?
Je jette des regards paniqués autour de moi mais je dois admettre que c'est le cas. Le ciel ne m'a jamais semblé si proche et le sol si éloigné ( au point de ne plus le voir je précise! ). Ma rapide inspection des alentours me fait noter la présence d'une grande bâtisse... que dis-je, même pas une grande bâtisse! Un palais gigantesque qui, je note immédiatement avec une pointe d'ébahissement, est tout en verre. Ce qui explique la lumière si forte par ailleurs.

La bouche à moitié ouverte, je reste scotché, incapable de réagir. Mon premier réflexe est de me pincer, très fort, la joue, en la tirant à la manière d'un élastique. Voyant que c'est sans effet, je me frappe le haut du crâne avant de recommencer sur le ventre pour m'assurer de ne pouvoir me réveiller. Et au fond, je ne le voulais pas vraiment. Le palais écrase littéralement par sa magnificence et sa grandeur. C'est comme contempler la huitième merveille du monde que personne n'a jamais découvert avant vous. Associé au ciel et à ce sol ( inexistant ) qui semble constitué des nuages même, la demeure céleste irradie de beauté, dégageant une aura sacré qui ne peut que frapper un profane comme moi. Car c'est ainsi que je me sens : comme un intrus. Je me sens misérable face à tant de grâce et de splendeur, que je qualifierais de divine.

C'est à ce moment-là que je me ressaisis. Divine... Bien sûr! Ça doit être ça. Renzo et l'autre folle, Inanna, m'ont prévenue que lorsque je serai appelé, je le saurai. Ce serait ça l'appel. Cet impression de charme et ... d'attirance en quelque sorte. Comme si la demeure m'appeler, m'inviter à entrer. Je sentais que je devais entrer, pire que j'y étais obligé, que c'était la raison de ma venue. Presque malgré ma volonté, mon corps fit un mouvement, suivi d'un autre, puis encore d'un autre. Mes pas me conduisaient directement à l'intérieur du palais, alors que mon esprit était comme endormi par la prestance et la domination de l'endroit. L'intérieur n'était pas en reste. Le verre parcourait chaque surface de l'édifice comme les plantes dévorent un mur. Tant de beauté, de lumière, de charme... J'étais bel et bien dans la demeure des dieux. Ou d'un dieu au moins. Je continue d'avancer, mal à l'aise. Je me sens de plus en plus intrusif, bien que l'on m'ait appelé. C'est une sensation étrange. Un sentiment de respect mêlé à de la crainte, un sentiment de sécurité mêlé à celui de danger... Tout comme un sentiment d'être le bienvenue, d'être comme chez moi tout en étant un intrus, un étranger à cette demeure et à ce monde qui se développait autour de moi. D'où mon malaise, que la suite ne fit qu'accentuer. Les couloirs s'enchaînaient, se ressemblaient et pourtant me semblaient différents. Je savais que je ne pouvais être perdu, mon corps agit comme si je n'avais pas mon mot à dire, mais je m'inquiétais de plus en plus. Je pensais que le dieu devait nous apparaître. Et je ne voyais toujours rien. Peut-être aussi que je sous-estimais la grandeur du palais. Soufflant un bon, je me calme rapidement, refusant de céder à une sorte de crise divine. C'est alors que, comme s'ils n'existaient pas avant, je sens une brise caressait mon visage. Le vent souffle dans cette demeure, comme une invitation à le suivre. Un vent agréable, dont je profite silencieusement, les yeux fermés. Après un temps qui me parut infini, je ne sus d'ailleurs jamais combien de temps cela avait réellement duré, je parvins dans une immense salle, qui écrasait davantage par sa somptuosité.

Loin au-dessus de moi, comme si la distance lui permettait de se marquer comme intouchable et inaccessible, se tenait l'homme le plus impressionnant que je n'avais jamais vu. Pourtant j'ai connu beaucoup de gens qui dégageaient une présence particulière de par leur apparence ou leur expérience, par leur voix ou leur regard. Mais comparé à celui qui se tient face à moi, ils ne tenaient pas la comparaison. Son apparence était atypique pour sûr, avec ses cheveux blancs et ses yeux gris presque comme ceux d'un albinos. Mais davantage que ça, il dégageait une aura de force et d'assurance, une supériorité qu'il savait détenir et dont il abusait pour me montrer comment se jouait le rapport de force entre nous. Il était assis sur un immense trône, qui ferait surement pâlir d'envie les rois les plus riches de l'ancien temps, et qui accentuait ce côté supérieur. J'avais pourtant croisé une déesse (une folle furieuse oui), Inanna, et je me souvenais avoir été un peu impressionné par elle. Mais même elle ( et je me ferais un plaisir de lui dire ) ne tenait pas la comparaison par rapport à ce que je ressentais en ce moment. L'homme en face de moi était hors classement. La force de son regard me captivait, comme pour m'empêcher de détourner les yeux. J'étais piégé et il le savait très bien. Je suis sûr que ça l'amusait d'ailleurs. Et pour combler le tout... Je ne savais pas qui il était!

Voyant qu'il ne se décidait pas à parler, je me jetais à l'eau en premier, me raclant la gorge afin de faire passer ma gêne.

-Euh... Bonjour, Bonsoir Monsieur..., commençais-je, avant de me rappeler que je ne connaissais pas son nom, enfin Votre altesse, ou le Trés-haut, ou sa Majesté, ou votre Sainteté...

Je cherchais à épeler les marques de respect que je connaissais le mieux. Ben c'est vrai en même temps, comment vous vous adresseriez à un dieu vous hein ?

-Oh et puis, vous pourriez pas me dire comment vous vous appelez, ce serait plus simple... Sauf si vous avez une préférence bien sûr, ajoutais-je d'une voix timide.

Ça c'est tout moi! D'abord ma langue agit malgré l'interdiction de mon esprit et enfin, lorsque je reprends conscience, je me ratatine comme une crotte de pigeon tombée du sixième étage d'un immeuble.
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Ven 1 Aoû - 22:27




Enlil & Nabouh


L'attente ne fut ni plus longue ni plus courte qu'à l'accoutumée.
Combien d'âmes humaines s'étaient perdues à contempler la magnificence des siècles de vie de Dieux ? Beaucoup trop. Enfin, encore fallait-il qu'ils se rendent compte de leur chance. Habituellement, ils étaient appelés dans les royaumes de leurs Dieux respectifs, mais là... Que faire quand le palais, la demeure la plus importante et imposante du monde et ce à travers les siècles se trouvait être dans son royaume ? Enlil devait bien s'avouer que c'était une fierté.
Le temps qu'il avait passé avant d'acquérir cet endroit lui avait paru trop long et trop court, et cela faisait maintenant bientôt six mille ans qu'il traversait ces couloirs en se demandant s'il avait fait mieux que l'ancien palais. Celui d'avant. Car tout, tout dans cet habitat volant, changeait en fonction de son maître, le maître du Panthéon. Il y avait, comme en chaque Dieux, l'image de la maison de leur père encore imprimée dans son esprit et ce pour toujours et à jamais.
Et pourtant, il n'était pas mécontent de ce qu'il avait accompli et de la façon dont il tenait le Panthéon. Trop dur ou trop laxiste, jugé comme toujours selon l'humeur de ses frères et sœur, il avait appris à ne pas trop en dire. Les laisser tergiverser et faire leur avis sans qu'il n'ai besoin d'intervenir dans leurs querelles de plus en plus incessantes.
Pour lui, seule la vue du palais lui suffisait. Et non seulement sa vue, mais aussi celle des faces émerveillées qui y entraient à son invitation.
Comme cet enfant. Nabouh. Un appel, une simple voix dans un souffle, une brise, un rien l'avait amené jusqu'ici. Peut-être était-ce à cause de l’émancipation de plus en plus précoce des générations humaines, mais il avait eu de plus en plus de mal à parlementer de façon correcte avec ses missionnaires depuis une petite centaine d'années. Et lorsqu'il vit l'enfant arriver dans cette pièce immense, lui toujours sur son trône, il sut que cette journée en sera de même.
Un petit sourire, microscopique, s'échappa de ses lèvres lorsque l'humain chercha une façon de l'appeler. Ils étaient tous les mêmes. Mais lui ne semblait pas surpris de croiser un Dieu. Sûrement avait-il déjà fait cette expérience... Enlil s'étonna que, dans ce cas, il soit toujours en vie, avant de se rappeler que si les humains devenaient de moins en moins dociles, c'était loin d'être le cas des Dieux, dont l'autorité s'affaiblissait de plus en plus au fur et à mesure des années. Enfin, peut-être n'était ce pas plus mal, l'âge de cette terre n'aurait pas supporter les Dieux tels qu'ils étaient au temps de Sumer...
Un nouveau soupir s'envola rejoindre le ciel alors que le Dieu des Dieux écoutait toujours l'enfant parler, sans bouger. La tête appuyée contre la main, l'air las et pensif, il regardait. Il regardait cet énergumène s'énerve, à peine, avant de s'excuser. Ses yeux le transpercèrent, et à nouveau, le silence emplit la pièce. Lourd et léger à la fois, il s'installa naturellement, comme s'il n'eut rien de plus durable que l'absence de bruit.
Puis il se décida enfin à bouger. Qui sait ce qu'il pensait ou pensa, il finit par se décider, enfin. Doucement, son bras encore logé confortablement sur l'accoudoir du trône bougea. Il se souleva, lentement, très peu, et les doigts fins du Dieu s'ouvrir comme une fleur après la nuit, comme une invitation.
Et à nouveau, sa voix pleine, filante et posée résonna entre les murs.

Moi, Enlil, Dieu de l'air et Dieu des Dieux, vais te confier une mission. Une mission qui fera de toi mon serviteur.

Pouvait-on dire qu'il avait simplement ignoré la question de Nabouh ? Ou bien qu'étaler ces titres de cette façon lui procuraient un quelconque amusement sadique, celui de montrer sa supériorité ? Peut-être. Peut-être pas. Enlil ne l'avait pas appelé pour parler. Mais pour le soumettre à la voix des Dieux, à leur volonté depuis des siècles. Et cela, aucun homme n'avait pu s'y soustraire autrement que la mort. Et manque de peau pour Nabouh, il ne pouvait pas mourir ici sans que le maître ne l'ai décidé.
Un nouveau silence passa, plus court.
Les yeux perdus dans le vide, Enlil sourit cette fois un petit peu plus. A peine visible, mais souvent de mauvaise augure, comme le ciel avant la tempête. Pourtant lorsqu'il s'exprima, sa voix était rêveuse. Calme. Semblable à toute les fois où il s'était exprimé avant.

Ta mission est simple.

Généralement, personne n'aime quand un Dieu dit ça. Vraiment personne.

Ramène moi un squelette de lutin.

Le silence retomba. Le regard ardent de Enlil était à nouveau retombé sur l'humain devant lui. On aurait pu y déceler une lueur d'amusement. Les Dieux aiment jouer avec les humains.

Il y en a un, dans une forêt lointaine. Je crois.

Et ainsi la bouche du Dieu se referma.
Sans plus de précisions.
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Nabouh
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Nabouh Saifi

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Sam 2 Aoû - 19:44
S'il y a une chose que je peux dire avec certitude, c'est que ce Dieu est d'un calme olympien ( c'es rien de le dire...). Rien ne semble perturber sa posture ou ses pensées, que ce soient mes pitreries ou même le simple fait que je lui adresse la parole. Il ne faisait pas mine de m'avoir remarquer d'ailleurs. Sauf peut-être le fait que ses yeux se soient posés sur moi l'espace d'un instant, mais j'aurais tout aussi bien pu arriver à poil ou en pyjama rose que l'effet aurait été le même. Il doit surement avoir l'habitude de voir des gens débarquer dans son royaume... Dans un sens, il me plait bien. Certes, il est trop calme à mon goût, mais en même temps, les opposés s'attirent. Et puis, il a quand même l'air vachement cool avec son apparence de tueur en série psychopathe et ce regard qui vous donne l'impression de se faire transpercer la tête et décortiquer chaque pensées. J'admets que décrit comme ça, ce n'est pas tentant, mais faut le voir pour le croire. Et au moins, il ne m'a pas attaqué ou agressé direct, comme l'autre folle aux pâquerettes! Comme quoi, il y a des Dieux qui savent se tenir.
Enlil, il me dit... Dieu des Dieux ? Attends, il dit ça juste pour se la péter ou c'est genre vraiment le chef des Dieux? Avant d'avoir pu me retenir, je lâche un petit "ooh" mi-surpris, mi-impressionné. Mais ne vous tromper pas, je suis surtout impressionné par moi! J'ai été appelé par le roi des Dieux en personne, c'est juste la SUPER classe internationale. Genre je suis digne de l'intérêt du grand manitou. Je ne peux m'empêcher de me redresser légèrement, bombant un peu la poitrine. Surtout qu'il vient de m'annoncer qu'il va me confier une mission, la fameuse mission dont Inanna et Renzo m'ont parlé! C'est du sérieux là les gens, de l'officiel donc je prends mon air le plus sérieux... Qui s'effondre comme un soufflé à l'annonce de ma mission.

Ma première réaction ? Etre littéralement bouche bée, en le regardant comme si je contemplais un phénomène particulier rare et dangereux de maladie mentale. Seconde réaction ? Je pouffe de rire, sans pouvoir me retenir, et je me dis qu'il se fiche de moi. Il n'en pas l'air comme ça avec son air impassible, mais c'est un grand rigolo en fait mon dieu. Il est même capable de faire des blagues ( et pas des pourries comme l'autre cinglée qui fait pousser du lierre... ). Mais voyant que sa tête ne change toujours pas, et qu'il insiste encore dessus par une remarque... plus que pertinente, je perds mon air amusé. Dans ma tête, je cherche une manière correcte de lui annoncer ce que je veux dire.

- Un lutin ? Ah oui, simple comme bonjour... Un lutin, ça se trouve où ?

Ben oui, mais mine de rien, c'est une question pertinente. Déjà que je viens d'apprendre que les lutins existent ( décidément j'en apprends tous les jours!), faut pas s'attendre à ce que je connaisse leur habitat naturel. Non mais un lutin quoi, un LUTIN ? Vous vous rendez seulement compte du truc ? On vous demande ça fréquemment vous ?
Puis, comme s'il avait lu dans mes pensées, car il me réponds immédiatement, à peine ma remarque achevée, il me donne une indication. A nouveau, je prends un air que je qualifierais de franchement stupide sur le coup. Puis, je fronce les sourcils, pince les lèvres, le regardant comme si je le soupçonnais de se foutre de moi ( et de bien s'en amuser en plus ).

-Une forêt lointaine..., répétais-je en détachant chaque syllabes. Euh soit, mais c'est que le monde est vaste et qu'il y en a beaucoup des forêts... Lointaine comment ?

Je crois en plus qu'il me dit, genre t'es un dieu et t'es même pas sûr ? Allo quoi! ( trop tentant... mais je ne lui dis pas). Pour le coup, je comprenais enfin ce que Renzo m'avait dit, en me disant que le boulot du gars appelé par son Dieu, c'était de subir leur quatre volontés, même les plus débiles. Le pire instant de ta vie... Eh bien croyez-moi, je n'ai pas encore commencé cette foutue mission, mais je sens déjà que ce seront les pires jours de ma vie.

-Vous pouvez pas me donner au moins le pays... ?

Non parce que si je tape "lutin forêt " sur google, je ne suis pas sûr de trouver grands nombres de résultats vraiment utiles... Et comme il est HORS de questions que je me tape TOUTES les forêts du globe, je préfères demander en insistant lourdement. Et puis d'ailleurs, vous savez à quoi ça ressemble vous un lutin ? Parce que dans ma tête, je vois un petit bonhomme avec les oreilles en pointes et des habits champêtres avec un grand chapeau pointue, sautillant partout. Bizarrement, je ne me souviens pas avoir croiser ce genre de spécimen dans les rues... Ou alors c'est des nains déguisés mais bon, c'est pas courant ça chez moi.
A ce moment-là, une partie de la mission qu'il m'a confié me revient en mémoire et un air de pure horreur se peint sur mon visage, penchant carrément vers le dégoût.

-Attendez, vous avez dit un squelette ? En gros, si je croise un supposé lutin, je dois le zigouiller, le dépecer et lui arracher la colonne vertébrale pour réussir ?

Je parle alors sur le ton de la plaisanterie, mais des hauts-le-coeur viennent ponctué mon discours de temps en temps. Rien que d'imaginer ce que je dois faire, je me sens une profonde envie de vomir ( ce que j'évite de faire bien sur, car je ne suis pas sûr qu'il apprécie que je tâche son superbe palais en verre... ). Mais le dégoût fait vite place à l'incompréhension. On a pas idée de demander des trucs pareils!
Finalement je retire ce que j'ai dit, ce Dieu craint à mort!
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Dim 10 Aoû - 23:29




Enlil & Nabouh


A peine sa phrase prononcé et les yeux du Dieu revenaient sur la petite âme. Petite âme dont il dévorait ardemment toutes les réactions. Et celle attendue arriva à point nommée. Ce parfait mélange de béatitude, d'incompréhension et d'attente mélangés. Il n'était pas bien dur pour le Dieu de deviner ce qui se tramait dans la tête du garçon.
"C'est un blague. C'est forcément une blague non ? C'est trop tordu pour être vrai. Et si c'était vrai ? Genre vraiment vrai ? Non, il se moque de moi ! Comment il veut que je trouve ça moi ?!"
Réaction attendue et recherchée peut-être un peu par l'être divin. Les Dieux au moins avaient cette capacité. Celle de comprendre et de réagir sans attendre. Les humains, il leur fallait toujours un certain temps de réaction, d'intense réflexion avant de comprendre. Un problème de connexion avec le cerveau ? Il ferait attention à ce que les nouvelles âmes n'en pâtissent pas.
Puis enfin, après ce temps d'attente qui parut interminable et où Enlil resta haut dans ses pensées, Nabouh parla. Une phrase pas très constructive mais pas tout à fait dénuée de bon sens non plus. Ce qui fit sourire (ou plutôt micro-sourire) le dieu un peu plus. Là était tout l'intérêt du jeu. Les lutins ça ne se "trouve" pas. Pas parce que ce sont des êtres malins et capables d'échapper à n'importe quel piège, loin de là, mais tout simplement parce qu'ils n'existent pas. Et c'est bien cette pensée qui réjouissait le Dieu.
Sentant bien que l'interlocuteur n'en avait pas fini, il attendit patiemment, écoutant avec une certaine décontraction. C'était loin d'être la pire des missions qu'il avait donné, certaines nécessitaient plus de force ou de courage, mais celle là convenait parfaitement au garçon, du moins c'est ce qu'il supposa. Parce qu'au fond, rien n'intéresse plus un Dieu que son propre amusement, qu'il compte bien au dessus de la vie d'un humain.
Lointaine comment ? Il en avait, de drôles de questions... Mais encore une fois, un silence lui répondit. C'est vrai ça lointaine comment ? Lointaine, c'est tout. C'est plus amusant s'il n'en sait rien, comprenez...
Et l'enfant réussit même à étonner un peu le Dieu. Un peu. A peine. Assez pour lui faire lever un sourcil interrogateur et le sortir de ses rêveries. Peut-être Inanna lui aurait-elle confié une mission d'écorchage à vif ou de partie de chasse à l'homme, mais lui ce n'était plus dans ses coutumes depuis un bout de temps, et il pensa même que Utu avait réussi à enlever de telles pratiques à leur sœur.
Non non, cela faisait un moment lui semblait-il qu'il avait arrêté de se comporter comme un Sumérien pour adopter des meurs un peu plus raffinés, disons. Le palais lui même n'en était-il pas une preuve ?
Enlil se redressa dans son trône et décroisa ses jambes avant de se lever, lentement, et d'observer le petit bout qu'il allait avoir comme missionnaire. C'est si fragile ces choses là... Il aurait abandonné depuis longtemps l'idée d'en appeler si ses frères et sœur avaient fait de même, et malheureusement il se devait d'en avoir toujours le plus grand nombre... Parce qu'il dirigeait. Absurde. Enfin, il espérait que celui là ne finisse pas comme la dernière petite, sa plus puissante recrue du moment, Levy.
Il se rapprocha donc de deux pas avant de s'arrêter.

Les lutins n'existent pas. Mais je vais en créer un.

Juste pour lui. Etait-ce vraiment un privilège ? Ou simplement une façon pour Enlil de franchir les barrières de l'ordre imposées par Enki qui l'empêchaient de faire tout et n'importe quoi ? (bien que saouler un peu son frère pour envoyer sur Terre une horde de licornes avait été sa meilleure réussite du siècle)
Cette fois, plus besoin d'utiliser le pont faible de son frère le plus proche, il passerait par la manière légale pour donner raison à son imagination scabreuse.

La forêt lointaine est... Lointaine.

Pas plus de précisions sur ce qui semblait au Dieu le plus intelligent une évidence certaine. Il espérait que son nouveau serviteur ai moins de tact que lui et se mette à chercher partout, remuant ciel et terre pour quelque chose n'étant pas censé exister. Très amusante pensée...

Quand au dépeçage... Je m'en chargerai.

Toujours égal à lui même, il ne laissa pas transparaître une once de plaisanterie, enfin tout du moins pour qui ne le connaîtrait pas bien. Certes, il avait (dans ses mauvais jours) été plus bavard et expressif, mais généralement aussi plus violent et beaucoup moins sympathique. Tout dépendait du vent de ses mystérieux desseins.
Il finit par perdre de sa patience (mais non de son charisme) et décida qu'il en avait assez pour le moment, au point de s'asseoir sur l'accoudoir du trône.

Bien. Si tu n'as rien d'autre à dire, je te congédie.

Ho si, il se doutait bien qu'il en avait, des choses à dire. Et beaucoup même. Les humains ont toujours quelque chose à dire. Mais c'est rarement intéressant.
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Age: 17 ans
Lun 11 Aoû - 19:23
Ce mec est... enfin ce dieu on va dire, parce que j'ai lu quelque part que les dieux étaient asexués parait-il et comme je me vois mal lui demander ça... Bref ce dieu est frustrant, mais un truc de malade. Il est même pas fichu de réagir à mon indignation tout ce qu'il y a de plus normale. Ben oui, je sais pas si on vous envoie souvent chercher des lutins vous, mais moi non! Du coup, je m'attendais presque à ce que, gracieusement, il m'explique un peu, ou alors se mette dans une bonne vieille colère mais rien, nada. Du coup, je reste avec avec ma frustration actuelle, limite à taper du pied par terre. Le pire, c'est que je suis sûr que ça le fait rire en plus et qu'il apprécie de me voir dans tous mes états. Saleté de dieu sadique va!
Enfin il ouvre la bouche... Pour dire un truc tout à fait surprenant : il va créer un lutin pour mon épreuve. Je suis alors partagé entre deux réactions, être perplexe à l'idée qu'il crée un lutin ou être heureux à l'idée qu'il me fasse mon premier cadeau, rien qu'à moi. Finalement, je fais un mixte des deux en arborant un air poliment intrigué. Vous remarquerez que je ne me vexe même pas lorsqu'il me dit que les lutins n'existent pas. Genre j'ai attendu toute ma vie cette rencontre pour que tu me le révèles! Je pourrai tout aussi bien me vexer voire m'énerver lorsqu'il ne me révèle rien d'utile sur la forêt ( en gros je suis bon pour fouiller le globe terrestre en entier...) mais encore une fois, je garde mon calme, en apparence. Par contre, quand il parle du dépeçage, je ne peux m'empêcher de tirer une grimace en l'imaginant en mode boucher, le tablier plein de sang, un grand sourire sadique sur les lèvres. Je déglutis avec peine, faisant toujours l'oreille attentive, au cas où il me lâche une info supplémentaire...
Jusqu'à ce qu'il me lâche sa bombe : "Je te congédie".

-Me congédier ? Mais, mais... On n'a pas encore vraiment parlé de l'affaire là! Je gagne quoi moi dans tout ça ? Oui bon en fait je sais à peu près ce que je gagne mais dîtes-moi quand même! Et ça ressemble à quoi un cadavre de lutin... ?

Mais il n'y a rien à faire. Il m'a bel et bien congédier. Je vois déjà que mes mots ne lui font ni chaud ni froid ( bref, rien de différent ) mais en plus, un peu comme dans les film kitch, je le vois s'éloigner au fur et à mesure alors je me fais expulser de ce maudit palais. Alors je m'éloigne, je continue de crier le plus fort possible pour qu'il me réponde, battant des jambes et des bras comme si nager en l'air me permettrais de freiner mon expulsion.

-Attendez, répondez-moooooooooooi...!

Boum! C'est le bruit que fait mon crâne en percutant le sol de ma chambre. Je me relève avec peine, me massant le sommet de la tête en grognant. Je jette un bref regard autour de moi. Je suis de retour dans le monde réel. Ma chambre. Finit le palais en verre. Frustré, je grogne tout seul comme un chien enragé, avant de bourrer mes draps et mon oreiller de petits coups pour me défouler!

-Mais c'est quoi ce dieu de crotte qu'ils m'ont fichu ?! Roi des dieux tu parles, roi des emmerdeurs oui!!!

Vous l'aurez compris, je ne me soucis pas de savoir s'il peut m'entendre comme les religieux disent. Là, je suis énervé donc je me lâche, sachant que demain serait une rude journée. A cette pensée, je me calme direct et prends un air boudeur. Je le ferais pas sa mission nah! Comme ça il pourra toujours attendre sur son trône!
...
Mais juste pour ne pas m'attirer le courroux divin, je devrais au moins tenter... Non ?
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